ALBACETE : le rapport d’enquête

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Le rapport de la commission d’enquête est sorti fin Juillet dans une certaine indifférence, compte tenu de la période des vacances. Il m’a semblé important de le publier, ne serait ce que pour mettre fin à toutes les autres hypothèses qui auraient pu circuler. Pour ce faire, j’ai repris un article paru dans le “Piège” (la revue des anciens de l’École de l’Air) écrit par l’ancien rédacteur en chef d’Air et Cosmos, Jean Pierre Casamayou (avec son aimable autorisation).

Le rapport officiel sur l’accident  survenu le 26 janvier sur la base aérienne d’Albacete en Espagne a été rendu public à la fin du mois de juillet. Sept secondes après son décollage, un F-16D grec biplace qui participait à l’exercice interallié TLP (Tactical Leadership Programme) s’écrasait sur un parking où stationnaient plusieurs appareils français, italiens et américains avec leurs équipages et mécaniciens.

Cet accident, qui a fortement touché l’Armée de l’air, avait entraîné de décès de neuf aviateurs, de très graves blessures à sept autres et des blessures plus légères à quatorze autres. On déplorait également la destruction d’un Mirage 2000D et d’un AlphaJet, de graves dommages sur un autre Mirage 2000D et un AlphaJet (hors service), avec des dommages plus légers sur un Rafale. Outre les pertes françaises, on déplorait la mort des deux pilotes du F-16D, de graves blessures pour douze Italiens, deux AMX italiens touchés (dont un détruit) et un F-15E américain endommagé.

Selon le rapport d’enquête international, la cause principale de l’accident est un décollage avec le compensateur de lacet braqué à fond « par inadvertance » vers la droite (12°). De ce fait le pilote n’a pu remettre en ligne de vol son F-16 parti en brusque dérapage avec un fort roulis induit vers la droite dès le décollage. « Le comportement du pilote fut celui que l’on pouvait attendre de la part d’un pilote moyen, en tenant compte de la faible altitude, de la masse élevée, du taux de roulis important et du temps de réaction très limité », notent les enquêteurs qui estiment en outre que la raison la plus probable de ce braquage intempestif est « le déplacement d’un objet entre le bouton de commande du trim et son arceau de sécurité”

Comme le veut la procédure, l’équipage a bien effectué la check-list “avant décollage” au cours de laquelle les commandes des compensateurs situées à l’arrière de la console gauche du F-16 (mais hors du champ visuel du pilote) et protégées par des arceaux de sécurité, sont vérifiées. Une minute après la fin de cette vérification, alors que l’avion attend avant le roulage vers le point de manœuvre (il s’écoule 20 minutes entre cette vérification et le décollage), l’enregistreur de vol note une légère rotation du compensateur de roulis et une très forte rotation (maximum vers la droite) du compensateur de lacet. Il est probable que cette double rotation a été causée par le mouvement d’une carte ou d’une des check-lists (le pilote était en possession de trois carnets de procédures pour cet exercice) posée sur cette console (voir photos).

Trim du F16
Trim du F16
Les molettes des compensateurs
Les molettes des compensateurs

Probable explication du braquage “par inadvertance” des compensateurs par une check-list qui entraîne la rotation des deux molettes des compensateurs.

Jean Pierre CASAMAYOU

Pour ceux qui veulent lire le rapport complet, le document PdF ci-joint

Download (PDF, 859KB)


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2 réponses sur “ALBACETE : le rapport d’enquête”

  1. C’est vrai, mais il faut aussi reconnaitre que les trims sont protégés et une fois vérifiés au neutre, il n’y a pas de raison pour qu’ils bougent. Ici ce ne fut pas le cas, hélas.

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