BA 136 ; les années BOICHOT 1976 – 1978

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Les années BOICHOT 1976 – 1978

Le mardi 31 août 1976, le Colonel Ghesquière rend son commandement. C’est au tour du Colonel Boichot de prendre la tête de la BA 136. Il est le sixième commandant de la base.

Le colonel Boichot
Le colonel Boichot

Placés sous les ordres du Lieutenant-colonel Lanzarini, nouveau commandant en second de la BA 136, les 600 hommes sous les armes sont passés en revue par le Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA. A l’occasion de cette cérémonie, le Colonel Boichot reçoit l’insigne d’officier de la légion d’honneur.

Monsieur Yvon Bourges, ministre de la défense, sera la première personnalité que le Colonel Boichot accueillera après sa prise de fonctions. Désireux de se rendre compte des conditions de vie des aviateurs, le ministre se rend sur la base de Rosières le 23 septembre 1976. Il est accueilli à sa descente de l’Alouette III par le Colonel. Le ministre est accompagné de nombreuses personnalités civiles et militaires. Citons le Général de corps aérien Fleurot, commandant la FATac 1ère RA, monsieur Rochet, préfet de Meurthe et Moselle, monsieur Dupuch, chef des cabinets civils et militaires auprès du ministre de la défense, le Général de division aérienne Grouiller, commandant en second la FATac, monsieur Hibon, ministre plénipotentiaire, chargé de mission auprès du ministre de la défense, le Général de brigade aérienne Forget, chef de l’état-major particulier du ministre de la défense. 

La visite du ministre de la Défense, Mr BOURGES
La visite du ministre de la Défense, Mr BOURGES

Monsieur Yvon Bourges visite les locaux du PC Guerre où il s’entretient avec une délégation de réservistes participant à l’exercice “Toul 76”.

Janvier 1977, la nomadisation des jeunes recrues se prépare. Nouveau concept pour le centre d’instruction militaire (CIM), les appelés du contingent doivent désormais effectuer une nomadisation sous la tente et ce pendant une semaine. C’est l’ancienne base américaine de Chambley, terrain de déploiement de Toul-Rosières, qui est désignée pour l’occasion. Malgré un hiver assez vigoureux, les jeunes recrues prennent un bon bol d’air et le traditionnel défilé du 5 janvier 1977 lors de la présentation au drapeau de la 11ème escadre se déroule sans incident, malgré quelques plaques de verglas sur le terrain…

Nous arrivons au 11 mai 1977, une date historique pour la base aérienne. Le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136, est aux commandes sur le F 100 qui sera fixé, pour la postérité, sur un socle à l’entrée de la base. Petite anecdote : en 1958, le Colonel Boichot est le premier pilote français à se mettre aux commandes d’un F 100. Cela se passe à Nellys AFB aux USA. Dix-neuf années plus tard, l’histoire le rattrape, il effectue le dernier vol de l’avion qui sera exposé à l’entrée de la base… Le dernier vol sur F100 du Colonel est suivi, comme le veut la tradition aéronautique, par un baptême aux œufs et à la farine, scène immortalisée par le photographe de la base. Atteint par la limite d’âge et dépassé par les progrès en aéronautique, le F 100 super sabre doit laisser sa place à un avion plus moderne : le Jaguar. Engagée depuis avril 1975 sur Toul-Rosières, la procédure de remplacement du F 100 touche maintenant à sa fin. 

Le samedi 25 juin 1977 est une journée historique pour l’armée de l’air qui voit son dernier F 100 quitter Toul-Rosières, base support de la 11ème escadre de chasse où les appareils auront effectué près de 205.000 heures de vol.

Fer de lance de la FATac 1er RA, le F 100 vaut à la 11ème escadre de chasse l’honneur de se voir confier la mission nucléaire tactique dans le cadre de la 4° ATAF. C’est le 20 mai 1963 qu’un avion aux couleurs de la France porte une arme nucléaire pour la première fois. La France quitte le commandement intégré de l’OTAN en 1966 et ce sont trois escadrons de F 100 qui se retrouvent sur le plateau de Toul-Rosières. Ayant perdu sa vocation nucléaire, la 11ème escadre se voit alors confier d’autres missions sur F 100 : la protection des bases nucléaires des forces aériennes stratégiques (FAS), la défense aérienne haute altitude, l’appui au sol des forces terrestres, l’intervention outre-mer. C’est dans ce cadre que le 1er janvier 1973, l’escadron de chasse 04/011 Jura est créé sur le détachement air de Djibouti en Afrique. Equipé de F 100 le 4/11 constitue la force de soutien et de défense dans ce coin du monde…

A l’occasion de la journée du 25 juin 1977, tous les pilotes et mécaniciens, ayant travaillé sur F 100, au cours de ces vingt années d’utilisation, sont conviés sur le site. Une messe est célébrée en la chapelle notre Dame des ailes. Elle est dédiée aux quinze pilotes et aux mécaniciens qui ont trouvé la mort aux commandes ou à bord d’un F 100. Une cérémonie militaire se déroule ensuite sur la base. Cette cérémonie est présidée par le Général de corps aérien Fleurot, commandant la FATac 1ère RA.

C’est au cours de cette journée du 25 juin 1977 que le Colonel Boichot inaugure la stèle où le F100 numéro 131 est figé en vol pour l’éternité et l’admiration de tous …

Le colonel Boichot inaugurant la stèle F 100
Le colonel Boichot inaugurant la stèle F 100

Depuis quelque temps, une construction attirait le regard des curieux à l’entrée de la base. Il s’agissait du socle qui allait recevoir le F100 destiné à entrer dans la postérité. Ce sont des hommes du GERMaC 16.136 qui ont œuvré pour accrocher le F100 sur ce socle. L’équipe du Lieutenant Lasserre, commandant le GERMaC 16.136, est toujours prête à faire face et à relever les défis.

En cette journée du 25 juin 1977, un buffet champêtre, servi à midi, permet de fêter maintes retrouvailles entre les anciens du F 100. C’est l’après-midi, que le dernier F 100 de la ,11ème escadre quitte la base pour rejoindre le musée de l’air et de l’espace. Son dernier passage, au-dessus de la base de Rosières, à la tête de neuf Jaguar, est chaudement applaudi par toute l’assistance.

Une page de l’histoire est tournée, Rosières va vivre maintenant à l’heure du Jaguar…

Au cours de l’année 1977, l’escadron de ravitaillement technique 17.136 se met à l’heure de l’informatique. L’unité est dotée d’une nouvelle unité de traitement et cette machine, une “Logabax LX3050”, va entrer dans le jargon des mécaniciens pour de longues années. Toutes les informations saisies sur cet ordinateur sont transmises au centre de gestion des matériels techniques de l’armée de l’air de Châteaudun (CGMTAA). Véritable révolution au plan de la logistique, l’informatique va permettre une gestion centralisée et une distribution automatique des matériels. L’ère du papier touche à sa fin, enfin c’est l’objectif recherché, il restera toujours un bon de commande à remplir…

Le Capitaine Berthon, commandant l’ERT 17.136, est fier de sa nouvelle machine et se fait une immense joie de présenter le système au Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136. Il sera courant d’entendre certains mécaniciens se réfugier derrière la fatidique litanie : “ce n’est pas moi c’est la faute à l’ordinateur !” Une excuse que les logisticiens de l’ERT n’accepteront jamais, le système étant prévu pour supprimer quasiment les risques d’erreur.

Mais le progrès ne s’arrête pas là ! En ce début d’année 1977, c’est au tour du téléphone de passer du standard manuel au standard automatique. Un immense chantier vient d’aboutir. Lancé sous les auspices du Capitaine Vacher, le projet a nécessité un énorme travail de la part des mécaniciens fils de la STB. Le nouvel annuaire, représentant 4.800 feuillets, a été imprimé par les soins du 15ème régiment du génie de l’air (RGA) de Toul-Thouvenot. La mise en page et le découpage ont été effectués à la section de transmission base (STB). La scie à ruban du GERMaC a même été utilisée pour cette opération.  Au jour fatidique, à 17 heures 45, le standardiste fait terminer les dernières conversations en cours et l’Adjudant-chef Duffros coupe l’alimentation du central manuel. En même temps, les mécaniciens débranchent les fils reliant les postes à l’ancienne installation. Une fois les branchements effectués, la mise en marche de l’alimentation de l’autocommutateur permet de reprendre les conversations sur la base. Le Colonel Boichot supervise toute l’opération avec une certaine sérénité, avant d’inaugurer ce nouveau central.

Le 16 juin 1977, Monsieur Beucler, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense vient en visite sur le site. Accompagné du Général Saint Cricq, chef d’état-major de l’armée de l’air et du Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA, il répond  aux questions des journalistes. Après la revue de presse, il reçoit une délégation du personnel de la base. Le Colonel Boichot lui fait faire son baptême de l’air sur Jaguar avant le déjeuner.

Le secrétaire d'état, Mr BEUCLER,  à son retour de vol
Le secrétaire d’état, Mr BEUCLER, à son retour de vol
Les remerciements de Mr BEUCLER
Les remerciements de Mr BEUCLER

C’est en Juin 1977 que le banc d’essai réacteur (BER) doté de son silencieux, est inauguré par le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136. Les représentants des sociétés SNECMA, ELECMA, et TURBOMECA sont présents, lors de cette cérémonie. Le banc d’essais dépend du GERMaS 15.011 et sert à effectuer les contrôles des moteurs du Jaguar, sortant de révision, avant leur repose sur avion. 

C’est en 1967 que l’état-major de l’armée de l’air décide de doter les bancs d’essais pour moteurs nouveaux de cabines à enregistrement automatique des paramètres. La base reçoit sa première cabine en septembre 1976. La lutte contre les nuisances sonores impose de doter les bancs de silencieux. Après de longs travaux les installations de points fixes pour moteur ADOUR de Toul-Rosières sont prêtes à fonctionner.

Les sportifs, qui font désormais un petit footing le long du chemin qui borde l’escadron 03.011, peuvent remarquer un gros cylindre allongé se terminant par un coude vertical s’élevant vers le ciel. Il s’agit du silencieux qui équipe le BER. Cet aménagement est le résultat d’une politique de préservation de l’environnement que l’armée de l’air a menée pour tous ses bancs d’essais. La nuisance sonore est désormais prise en compte avec le plan d’exposition aux bruits que toutes les bases aériennes doivent impérativement rédiger.

Le 22 décembre 1977, le centième Jaguar monoplace est livré à Rosières. Monsieur Caron, directeur de l’usine Breguet-Dassault ouvre la sympathique cérémonie qui se déroule à l’escadron 01.011. Il rappelle la brillante carrière déjà accomplie par cet appareil et précise que 336 Jaguar ont été livrés en Angleterre, 140 à l’armée de l’air française, 12 au sultanat d’Oman et 12 à la république d’Equateur.

Le commandant DUMAZ, à la réception du A 100
Le commandant DUMAZ, à la réception du A 100

Le premier exemplaire du Jaguar a été livré à la 11ème escadre le 07 février 1975. Il faut attendre le premier trimestre 1976 pour que l’escadron 01.011 soit loti en totalité. Le Jaguar est équipé d’une crosse d’arrêt ce qui lui permet d’apponter sur un porte-avions. Pour utiliser ce système sur la piste de Toul-Rosières, celle-ci doit être modifiée et recevoir des brins d’arrêt. Les deux câbles sont opérationnels dès le 2 août 1976. L’escadron de chasse 02.011 est opérationnel à compter du 26 octobre 1976, les 11 derniers F 100 sont alors regroupés en une escadrille sous le commandement des Moyens Opérationnels. A la fin de l’année 1976, les trois escadrons sont équipés de Jaguar avec un total de 45 avions. C’est à partir du premier janvier 1973 que l’escadron 04.011 Jura reçoit ses premiers F  100 à Djibouti (18 appareils).

Le 22 février 1978, le nouveau mess des sous-officiers est inauguré. Le Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA souligne lors de son discours : ” c’est une amélioration des conditions de restauration de l’armée de l’air “…

Inauguration du nouveau mess
Inauguration du nouveau mess

Le libre-service instauré dans le nouveau mess permet de traiter 1000 rationnaires le midi et environ 200 le soir. Le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136, met l’accent dans son discours sur : “l’efficacité de ces nouvelles méthodes qui allient un souci constant de présentation et de recherches gastronomiques”…

Le 17 mars 1978, c’est l’inauguration du nouveau salon de coiffure hommes du rang. Un local agréablement décoré et doté de matériels modernes accueille désormais les soldats qui veulent se faire rafraîchir une coupe de cheveux parfois un peu longue…Notez sur la photographie le civil à gauche, c’est le coiffeur de la base, vous le retrouverez un peu plus tard, certes vieilli, mais toujours fidèle à son poste…

Après le mess, le salon de coiffure
Après le mess, le salon de coiffure

Le 23 mars 1978, le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136, franchit le cap des 5.000 heures de vol. À sa descente d’avion, il est accueilli par le Lieutenant-colonel Pissochet, qui lui remet le diplôme officialisant sa réception dans l’ordre des vieilles tiges…

Le 24 avril 1978 le 15ème Régiment du Génie de l’Air commence la réfection de la piste. Les travaux et l’agrandissement de 1975 avaient permis d’obtenir un revêtement correct mais il fallait obtenir une solidité et une longévité supérieures. Il faut également aménager les brins d’arrêt pour le Jaguar qui possède une crosse d’appontage.  La base est donc obligée de suspendre toute activité aéronautique en provenance ou à destination du terrain.  Le régiment du génie doit procéder au rabotage et à d’autres opérations permettant d’obtenir une piste neuve en béton et tarmacadam rainuré. 

Le génie de l'Air en action
Le génie de l’Air en action

Malgré la fermeture de la piste, le contrôle local d’aérodrome (CLA) est obligé d’ouvrir le terrain en fin de semaine. On relèvera 47 ouvertures spéciales pendant la période des travaux. Ces ouvertures de piste sont commandées par le trafic issu des opérations extérieures (FAE). Toul-Rosières est la base de la force d’action rapide (FAR), elle ne peut se permettre de se mettre en veille. Cette mission essentielle de la base, c’est-à-dire le support des unités en opérations extérieures, est ce qui a motivé le personnel des unités de support tout au long de la période glorieuse. 

En effet, du Caporal des cuisines au Colonel commandant la base, chacun connaissait l’importance de la mission et son implication personnelle dans le plan d’exécution. C’est ainsi que les militaires et civils œuvraient, sans relâche, pour le bon renom du drapeau français sur les théâtres d’opérations extérieurs.

Pour le succès des armes de la France !
Pour le succès des armes de la France !

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Une pensée sur “BA 136 ; les années BOICHOT 1976 – 1978”

  1. C’est toujours avec un grand plaisir que visionne les articles sur les avions de chasse et plus particulièrement le F100 qui fut un de mes bébés lors de mon passage au 2/3 Champagne de Lahr en 63/64
    J’étais mécano avions appelé, avec “PM Air” j’avais plusieurs cordes à mon arc, chauffeur de MA2, barman de l’escadron, co responsable du bloc alerte (chasseur de lapin, faisans, escargots, champignons) tout cela pour le bonheur des pilotes d’alerte que nous chouchoutions avec mon pote Roger Maltère !!

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