Jeanjean du 2/11

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 Jeanjean du 2/11

Jean Marie MAUJEAN dit “Jeanjean” était mon parrain au 2/11 quand je suis arrivé jeune pilote à l’escadron ; aéronautiquement et humainement parlant, difficile de tomber mieux. Au cours de ma carrière dans l’Armée de l’Air je n’ai pas eu beaucoup de chance avec mes chefs, mais coté vol ce fut tout  autre chose, notamment avec Jeanjean et “le baron” comme moniteur de début.

Jeanjean a été le premier pilote à qui j’ai parlé au cours du  petit déjeuner le jour de mon arrivée à Toul. Il était accompagné de Rufus et quand ils m’ont vu en tenue “buck”, pas fier, ils m’ont demandé ce que je venais faire . “Je suis muté à la 11EC”. “Ça va être dur pour toi aujourd’hui”. Effectivement ce fut très dur. “Et dans quel escadron tu es muté ?”. “Je ne sais pas je viens juste d’arriver”.

“Ecoutes petit, on va te briefer ; le 1/11, il est de l’autre coté de la piste, c’est un escadron de voyous. Le 2/11 c’est l’entreprise familiale et à chaque fois qu’un âne est muté à la 11EC il va au 3/11”. Je fus donc muté à “l’entreprise familiale”

Ça m’a marqué et je peux dire que pendant les 9 ans que j’ai passés à Toul il y a eu un gros fond de vérité en ce qui concerne le 2/11 et  le 1/11 que j’ai eu la chance de commander.

Jeanjaen fut malheureusement muté sur Mirage IV un an après mon arrivée et on s’est perdu de vue comme cela arrive fréquemment puisque n’habitant pas la même région. J’ai eu l’opportunité de le revoir grâce aux les réseaux sociaux. Il m’a confié ses albums personnels dans lequel se trouvent pas mal de dessins. Car il faut dire que Jeanjean dessine très bien, a tenu le cahier de marche de l’escadron et a notamment peint la fresque de Jeanjean (le vrai) dans le bar  du 2/11.

J’aurai l’occasion de publier ses photos et dessins ; aujourd’hui, je vous propose “sa barrière” vue par lui même.

Ca s'est passé un 26 Janvier
Ca s’est passé un 26 Janvier
Ca s'est déroulé comme ça
Ca s’est déroulé comme ça
Au résultat
Au résultat
Le F100 dans la barrière
Le F100 dans la barrière

Après enquête, explication de l’intéressé :

Ouvrieu, contrôleur au CLA était surtout connu pour son incroyable débit de paroles. C’est lui, qui a levé pour moi une barrière salvatrice. C’était le 28 janvier 1973, il faisait froid, je ne devais pas être très réveillé. J’étais rentré de Val d’Isère le 20 où les nuits étaient très courtes. Au retour, avec Titi (Domelier) le rythme a été, hélas conservé… L’avion, le 169 était en configuration lisse et avec cette température, le réacteur poussait bien. J’attendais que ce foutu badin décolle, mais même en tapant sur l’instrument, rien ne s’est passé. J’ai donc annoncé l’interruption de décollage, en coupant la PC et le moteur. J’ai rentré les volets et j’ai… largué le parachute-frein. Il s’était ouvert, mais j’ai trouvé, que ça ne ralentissait pas beaucoup. J’ai tiré une seconde fois… en tournant la poignée et il s’est naturellement décroché. Debout sur les freins, j’ai vite pris conscience, que c’était mal barré, mais je voulais encore y croire. C’est alors, que notre Ouvrieu, d’un ton très urbain, m’a demandé : “Vous avez des ennuis ?” “Oui” ai-je répondu ! “Voulez-vous la barrière ?” J’ai encore répondu par l’affirmative. La barrière s’est levée, j’ai cessé de freiner en dirigeant l’avion vers le centre de la barrière. La décélération fut incroyablement douce, je m’attendais à quelque chose de plus musclé. L’avion s’est arrêté, puis il a reculé un peu. Ce fut, dans le silence ambiant, un instant de pur bonheur. Puis les secours sont arrivés et les questions ont commencé, bref la routine.


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