Comme quoi de temps en temps ça touche, une fois !!

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Toul Rosières le 6 mai 1971 – F100 D 136 EB

Ce jour-là, par une météo des plus clémente, je suis désigné pour effectuer, en solo, une navigation basse altitude avec tir roquettes et canon à Epagny. Le trajet aller et le tir se déroulent sans fait notable.

A l’issue de ces tirs, je prends le chemin du retour pour rejoindre Toul-Rosières. Au cours de ce retour, j’accorde un moment d’attention pour afficher le chanel TACAN de la base. Après un rapide coup d’œil pour vérifier mon affichage, je redresse la tête et…. soudain, devant moi, une masse sombre à ma rencontre. Instinctivement, je baisse la tête en tirant sur le manche. J’entends un bruit comme celui d’une feuille de papier que l’on déchire, puis redresse la tête et commence à regarder autour de moi : aile droite rien à signaler, devant moi rien à signaler, en revanche, en bout d’aile gauche, je vois des morceaux de métal et de fils électriques qui flottent dans le vent relatif.

Je constate qu’il me manque une bonne partie de bout de l’aile. J’agite un peu les commandes, tout répond.

C’est alors que regardant vers l’arrière dans mes cinq heures, j’aperçois un avion effectuant un éventail en montant par la gauche. J’en déduis, peut-être hâtivement, que :

– cet avion que j’ai heurté est en difficulté et le pilote cherche à s’éjecter,

– que cet avion est un Mystère IV.

Ces deux hypothèses se révèleront fausses.

J’annonce sur la fréquence d’auto-info que je viens d’entrer en collision avec un Mystère IV dont le pilote cherche à s’éjecter, puis je contacte l’approche de Toul-Rosières.

Je l’informe de mes ennuis et demande à effectuer des essais de maniabilité à basse vitesse au-dessus du terrain. L’avion se comportant correctement à des vitesses proches de l’atterrissage (les becs de bord d’attaque intacts fonctionnent correctement), je me présente à l’atterrissage qui se déroule sans encombre.

Après mon annonce, tout le monde se met rapidement à la recherche de ce Mystère IV et très rapidement, il s’avère qu’aucun appareil de ce type ne manque à l’appel dans l’armée de l’air

Les recherches se poursuivent et c’est alors que les services du contrôle apprennent qu’un appareil de la base de Florennes est rentré en panne radio d’un vol sur la France (et pour cause le haut de sa dérive où siègent les antennes radio avait été découpé par l’aile de mon F 100).

Du côté français, les gens prennent l’affaire très au sérieux (d’autant que plusieurs collisions en vol récentes avaient agacé le Chef d’état-major de l’Armée de l’air qui avait parait il mangé deux ou trois casquettes). Le commandant de la 11e escadre prend alors contact avec son homologue belge, et c’est là que de l’autre côté de la frontière, on a prit l’affaire d’une autre façon.

Devant les explications contrites du français, l’homologue belge s’est alors écrié :

« comme quoi de temps en temps ça touche, une fois ».

En réalité, ma collision avait eu lieu avec un RF 84 belge en vol d’entrainement sur la France.

Les deux morceaux d’avion ont été très rapidement retrouvés, car tombant sur une ligne haute tension alimentant la Haute-Marne, les services de l’EDF les ont retrouvés côte à côte. Le morceau de F 100 a été très rapidement identifié par un des gendarmes présent sur les lieux. Celui ci auparavant, avait dans la gendarmerie de l’air, exercé ses talents sur la base aérienne de Bremgarten.
Par la suite, à l’issue d’une enquête binationale, les morceaux d’avion furent remis à leurs propriétaires à l’issue d’une …. petite réception comme on savait les faire à l’époque, occasion de raconter d’autres anecdotes toutes couvertes par le secret défense !!!

Gérard PAQUERON

L'aile gauche du F100 ; le morceau qui n'a pas été ramené
L’aile gauche du F100 ; le morceau qui n’a pas été ramené
Haut de la dérive du F84 une fois !
Haut de la dérive du F84 une fois !

                                  


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