Histoire de Ravitaillement

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Histoire de Ravitaillement

Je vous propose un article un peu polémique qui selon la formule consacrée n’engage que son auteur, mais que je peux confirmer puisque présent à cette époque. Gérard a oublié de dire que juste avant Lamentin, il fallait faire une année de RVT sur biplace avant d’être lâché sur monoplace. La soupe étant bonne, il fallait en limiter l’accès ; mais la 11EC, c’était aussi çà.

Jusqu’à cette fin d’année 1977 où se déclencha l’opération LAMENTIN le ravitaillement en vol des chasseurs bombardiers français, pratiqué uniquement à la 11 sur F100 puis sur JAGUAR (1) était ultra confidentiel.

Seuls les chefs et quelques vieux CP ORSA étaient transformés au ravitaillement en vol et chacun de ces « pilotes d’excellence » de vanter la complexité de la tache, les risques encourus et combien il était nécessaire de réserver cet exercice difficile à une « élite » soigneusement choisie.

La vraie raison de cet élitisme était qu’à la clef de la mission CAFI il y avait chaque année un voyage Africain avec frais de mission, médailles en chocolat, séjour dans des hôtels de luxe aux frais de la princesse et corvée de charbon pour les plus téméraires.

Il était donc de prime importance de garder l’affaire confidentielle, et puis les ravitailleurs étaient réservés principalement aux Mirages IV.

Arriva la menace d’envoyer des avions en AFRIQUE, et tout à coup l’Armée de l’Air se rendit compte qu’avec les deux pelés et trois tondus seuls autorisés à faire du ravitaillement en vol notre force d’intervention ne pouvait pas accomplir sa mission.

C’est ainsi qu’il fut décidé de transformer les CP puis SCP de la 11ème EC. Cela serait largement suffisant.

La transfo ravitaillement en vol était quelque chose de très lourd, au regard de la simplicité de l’exercice qui n’est finalement qu’un simple exercice de patrouille serrée :

9 missions d’entraînement en biplace suivies de quelques missions en solo sur biplace avant contrôle et feu vert pour le ravitaillement sur JAG A qui de l’avis général était encore plus confortable pour le ravitaillement en vol, la perche étant beaucoup plus près du centre de gravité de l’avion et subissant de façon minime les mouvements dus aux turbulences.

Mais après quelque temps, le commandement trouva que cette limitation aux seuls pilotes de la 11 devenait très lourde. Avec deux opérations en même temps, l’escadre et les escadrons à TOUL privés de chefs, de pilotes expérimentés et d’avions n’assumaient plus du tout leur rôle de formation.

Par exemple pour ma part en 1978, j’ai effectué 3 détams LAMENTIN et 2 Détams TACAUD soit environ 6 mois en Afrique, le commandement d’un CI, une campagne de tir à CAZAUX, une campagne de combat à Mont de Marsan, j’ai juste échappé au DETAM à FASSBERG parce que j’étais en Afrique à ce moment là.

Bonjour la vie de famille !

L’escadre étant totalement désorganisée, il m’est arrivé à deux reprises, alors que l’on était en période de fonctionnement de routine, d’apprendre le matin même que je partais en OPEX.

Pourtant les relèves étaient programmées, les ravitailleurs ayant leur programmation plus de six mois à l’avance. Nous dans le meilleur des cas, avions une semaine de préavis.

Suite à cette chienlit, il fut convenu d’autoriser les autres escadres de JAGUAR, la 7 et la 3 à fournir des CP et SCP puis des détachements complets et ils s’en tirèrent aussi bien que la 11 !

Heureusement nécessité faisant loi, il fut décidé après quelques années que tous les PO pouvaient et même devaient faire du ravitaillement en vol, ce dont ils s’acquittèrent sans problème.

Gérard CHANTOISEAU

1) en fait les Français n’avaient pas requis cette option mineure et le Jaguar ne devait qu’à l’insistance des Britanniques le fait d’être équipé de perches de ravitaillement en vol.

F-100D_Ravito

JAG_Ravito_011


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Une pensée sur “Histoire de Ravitaillement”

  1. Ce que Gérard écrit est exact : le monde des bisounours n’ existe pas ! Certaines périodes ont été difficiles : la difficulté est d’être réactif et rapidement adaptable . La guerre froide , c’ était aussi une routine et des certitudes . La défense des couloirs de Berlin à partir de Fassberg : aujourd’ hui c’ est très loin ! Live Oak , ça vous dit quelque chose ?
    Mais finalement , le travail a été fait , et bien fait : Bravo Gérard et merci !

    Pierre

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