Les années CHAMPOISEAU 1983-1985

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Le 2 septembre 1983, le Général Forget, commandant la FATac 1ère RA, préside une prise d’armes au cours de laquelle le Colonel Champoiseau prend le commandement de la base. Il est le dixième commandant de la base.

Le Général Archambeaud, inspecteur Général de l’armée de l’air, sous les ordres duquel travaillait le Colonel Champoiseau était présent. Parmi les invités on note la présence de messieurs Boileau et

Martin, sénateurs, monsieur Gossiot, conseiller général et maire de Toul, monsieur Deluce secrétaire général de la sous-préfecture, monsieur Rollin, conseiller général et de nombreux maires des villages des alentours et des commandants de base. La musique du 15ème RGA était présente pour cette cérémonie.  

La prise de commandement
La prise de commandement

Le 7 octobre 1983, le vicaire Général des armées, Monseigneur Fihey rend visite à la BA 136. Nommé par le pape en février 1983 au poste qu’il occupe, son action fondamentale consiste à donner des directives pour la pastorale chrétienne dans les armées. Il est aussi le responsable de tous les aumôniers militaires. Etaient présent à cette visite l’aumônier Général de l’armée de l’air, Mangeolle, l’aumônier régional de la FATac, Gardes et l’aumônier Derule, nouvel aumônier de la BA 136.

Visite du vicaire général
Visite du vicaire général

L’abbé Gérard Derule a été nommé aumônier à temps partiel de la BA 136. Curé de la paroisse de Malleloy (1.200 habitants) depuis 25 ans, il continuera de s’occuper de ses paroissiens ainsi que de l’aumônerie départementale des sapeurs-pompiers de Meurthe et Moselle (5000 hommes). L’aumônier Derule a été nommé sur la base aérienne 136 le 1er septembre 1983. Il sera une figure au sein de la base. Il sera mêlé à de nombreuses anecdotes, dont certaines seront rapportées quelques pages plus loin. Il obtiendra l’adhésion de tous, remontant le moral des troupes en tout temps. Il passait dans les unités avec un mot pour chacun et offrant, à qui le voulait, une dragée, et en période d’exercice, un petit remontant (un petit verre de mirabelle de Lorraine). Passionné d’histoire, il se distinguera notamment en écrivant dans les pages du journal Reflets la vie quotidienne sur la base américaine de Toul-Rosières (TRAB).

L’aumônier DERULE
L’aumônier DERULE

Le 28 septembre 1983, la base accueille le chef d’état-major des armées suédoises, le Général Ljung. Accompagné du Général Forget, commandant la FATac 1ère RA, du Général Gosset, de l’état-major des armées, du Général Selender, attaché de l’air auprès de l’ambassadeur de Suède à Paris, le Général Ljung s’est montré extrêmement satisfait de sa visite, comme en témoigne la lettre qu’il adresse au Colonel Champoiseau…

Visite du CEMAA Suédois
Visite du CEMAA Suédois

La base aérienne 136 a son nouveau “trombinoscope”. Il sort dans le numéro 90 du journal Reflets de septembre octobre 1983. C’est une initiative prise pour permettre à chacun de voir la tête des principaux chefs de la base et, surtout, de les reconnaître…il n’y aura plus d’excuse, qu’on se le dise !

Le 8 décembre 1983 la base est à l’heure américaine. Le Lieutenant-Général William Eart Brown J.R., commandant en chef des forces aériennes alliées en Sud Europe visite la BA 136. Les drapeaux américain et français flottent devant le bâtiment du PC base lorsque le Lieutenant-Général William Eart Brown, accompagné du Général Forget, commandant la FATac 1ère RA, arrivent en salle d’honneur. Le visiteur de marque s’est rendu dans un escadron déployé sous abris métalliques (shelters), au PC enterré et a assisté à une démonstration de la défense sol-air et de la défense de la base. Quatre Jaguar étaient exposés dans différentes configurations armement. Le Lieutenant-Général William Eart Brown a participé ensuite à une mission Jaguar à bord d’un biplace. 

Le CDT d'AAFCEE a pu apprécier les qualités du Jaguar
Le CDT d’AAFCEE a pu apprécier les qualités du Jaguar

On a beau être militaire, on n’en reste pas moins un être humain avec toute sa sensibilité. Nous approchons de Noël et en cette période, à l’intérieur du PC de la base, une gentille histoire se déroule…

Erwan se réveilla tard ce mercredi matin de décembre. Après s’être longuement frotté les yeux, les fleurs dessinées sur la vitre retinrent son attention. Toute la nuit la neige s’était étendue sur la campagne environnante. Erwan était émerveillé, il passa un moment sur le rebord de la fenêtre à contempler les flocons qui descendaient lentement du ciel embrumé. Soudain il remarqua que sa maison était vide. Son père, un haut responsable militaire, avait dès l’aube repris ses fonctions et sa mère était partie au village voisin effectuer ses achats quotidiens. Envahi par le besoin de sortir, Erwan s’emmitoufla. Dehors, il faisait froid et la neige gémissait sous les pieds d’Erwan qui s’avançait vers le bâtiment voisin. Un lapin qui se trémoussait dans la neige le regarda puis disparut. Erwan était heureux de pouvoir seul découvrir une nature qui lui était inconnue. Une branche craquant sous le poids de la neige le fit tressaillir, mais plein de bravoure, du haut de ses quatre ans, il surmonta sa frayeur. Le bâtiment, qui devant lui se dessinait dans le brouillard l’intéressait. Lorsqu’il franchit la porte de cette construction grise, la chaleur l’enveloppa. Personne dans ces locaux ne remarqua la présence de ce petit bonhomme qui déjà gravissait les marches conduisant à l’étage supérieur. Le va et vient du personnel l’étonna, il s’escrima à demander son chemin, mais personne ne lui répondit.

Chez les grands, Erwan était mal à l’aise, il ne savait que faire. Lorsqu’il reconnut sur une porte bleue un dessin de lettres capitales que ses aînés lui apprenaient depuis peu, il comprit qu’il s’agissait du bureau de son père et fut rassuré. Fébrilement il poussa la porte. Personne…Que faire ? Non dépourvu d’imagination ; Erwan s’installa. Les cartes et vues aériennes qui garnissaient les murs l’impressionnaient, les petites lumières clignotantes des claviers téléphoniques l’enchantaient. Tout à coup, la sonnerie du téléphone retentit ; il hésita un instant, devait-il répondre ? Pourquoi pas ? Erwan décrocha timidement et porta le combiné à son oreille. “Allô ! Erwan ?” Il ne sut répondre et écouta. “Je sais que tu es là Erwan !” Mais d’où venait cette voix chaude et caverneuse ? “Je peux te donner tous les cadeaux que tu désires…à condition que tu aies été sage, je peux te faire voir des milliers de choses, je peux réaliser ton vœu le plus cher…”.”Mais qui es-tu ?”. Demanda Erwan de sa petite voix aiguë et mal assurée ? “Chut !” fit la voix,” Tous les enfants me connaissent et tu peux me faire confiance ! Alors que désires-tu ? Erwan se frotta le nez, réfléchit un moment, puis ses yeux s’illuminèrent d’envie. “Je voudrais du soleil, je voudrais des oiseaux, je voudrais une mer bleue, je voudrais un écureuil et un bonhomme de neige ! Bien”, ponctua la voix, “au revoir” et on raccrocha. Le petit fugitif rentra chez lui, sans que personne ne le remarquât. Pour Noël, Erwan reçut une panoplie de chevalier de l’espace. Il n’a jamais compris pourquoi…

Erwan téléphonant au père Noel
Erwan téléphonant au père Noel

Nous sommes le 13 janvier 1984, le GERMaC 16.136 reçoit son insigne officiel. Trait d’union entre les personnels, cet insigne renoue avec les traditions et stimule l’esprit de corps en favorisant la cohésion de l’unité. Depuis 1914, les aviateurs ont ressenti le besoin de se fédérer derrière un insigne d’unité. Il y avait l’insigne d’escadron, que l’on peignait sur les carlingues d’avion, il y avait l’insigne pour les mécaniciens “avions”, qui voulaient ainsi se distinguer des autres mécaniciens, bref, chacun voulait se démarquer…les mécaniciens automobiles n’étaient pas en reste et il était, tout à fait normal, qu’ils se voient attribuer un insigne.

Remise du premier insigne du GERMAC
Remise du premier insigne du GERMAC

C’est le Lieutenant Chemineau, commandant le GERMaC 16.136, qui le premier se voit remettre l’insigne des mains du Lieutenant-colonel Faubladier, chef des Moyens Techniques 10.136, le personnel de l’unité reçoit le sien, chacun en même temps, en un seul geste emplit d’émotion. Les anciens de l’unité, invités pour la circonstance, sont venus de loin et de très loin, témoignant de cet état d’esprit de corps et de camaraderie que cette unité a su conserver au fil du temps…Selon l’auteur de l’article du journal Reflets, “le GERMaC est une juxtaposition hétéroclite de personnels, de matériels et de missions, juxtaposition théorique puisqu’elle admet cependant dans son organisation, la dissociation de lieu…”  Il est vrai, compte tenu de la dispersion géographique sur le site, que la cohésion d’un tel ensemble est un résultat qu’il faut féliciter car il suppose un effort des plus intenses. La cohésion de l’unité accomplie, il fallait un symbole pour rassembler tous les personnels. C’est chose faite, en ce 13 janvier 1984, l’insigne rassemble sous son aile les mécaniciens, civils et militaires…

“Hexagone d’azur à la bordure d’argent chargé d’une partie de roue crénelée de sable, en chef, le majestueux épervier essorant d’or, hissant d’un foudre jaune dirigé vers la pointe, celui-ci brochant sur un nuage gris bleu en canton senestre de la pointe.” Désormais, vous pourrez reconnaître un personnel de cette unité, grâce à l’insigne qu’il arborera sur sa poitrine… 

Insigne du GERMAC
Insigne du GERMAC

Le Colonel Champoiseau, commandant la BA 136 inaugure en ce début d’année 1984 le nouveau mess des militaires du rang. Tout neuf, spacieux, agréable et pratique, c’est un endroit qui a tout pour plaire et favoriser le nouveau repos du guerrier. Œuvre unique dans l’armée de l’air (c’est le premier du style) ce mess est réalisé par le service local constructeur avec l’aide du service infrastructure. Il offre un cadre d’un genre nouveau et plus intime avec des séparations de bois et l’on remarque, dans l’entrée, le panneau d’information clignotant qui indique, outre le menu, le saint du jour pour les distraits, qui pourraient oublierait de le fêter.

Le 22 février 1984, le Général Forget, commandant la FATac 1ère RA, vient visiter les installations de la BA 136. Accueilli à sa descente d’avion par le Colonel Champoiseau, commandant la BA 136, il visite les unités pour se rendre compte de l’état d’avancement des travaux des logements cadres et troupe, de l’aménagement des nouveaux locaux opérationnels des escadrons 01.011 et 03.011, et, bien sûr, le nouveau mess des militaires du rang. Le commandant de la FATac 1ère RA a deux casquettes. Celle des forces aériennes tactiques, qu’il commande au niveau emploi opérationnel et celle de la région, dont une des responsabilités est l’infrastructure. Il est donc normal qu’il vienne se rendre compte de l’avancement des travaux pour lesquels il a débloqué des crédits. 

Le général FORGET
Le général FORGET

Petite anecdote, au cours de cette visite, le grand chef s’aperçoit que certains militaires du rang ne savent pas saluer, et ce, malgré les deux mois d’instruction au CIM. A titre de remède, il est envisagé de doter le centre de lecture des MIMAA (Manuel d’Instruction Militaire de l’armée de l’air) volume 1 et 2 pour parfaire leur connaissance en la matière. Une façon assez humoristique de traiter le problème.

Le 13 avril 1984, les mécaniciens du GERMaS 15.011 sont à l’honneur. Au cours d’une cérémonie, présidée par le Général Ortolo, Directeur technique de la FATac 1ère RA, le Commandant Gimenez, commandant le GERMaS 15.011 reçoit un témoignage de satisfaction destiné à récompenser les mécaniciens de l’unité. Cette récompense fait suite au comportement de l’unité lors de l’exercice AIREX. C’est l’effort d’organisation et la rapidité d’exécution qui sont ainsi récompensés. Dans le domaine des sanctions, chez les militaires, il y a les récompenses et les punitions. Les récompenses sont décernées à titre individuel ou collectif. Il n’est donc pas rare de voir, dans les archives, des lettres de félicitations ou des témoignages de satisfaction, à titre collectif, pour des unités.

Le 9 mai 1984, le Lieutenant-général Kuebart, commandant la Luftflotten Kommando, (équivalent à la FATac 1ère RA), vient en visite sur la base. Accompagné du Général Forget, commandant la FATac 1ère RA, il se rend au PC enterré et à l’escadron 02.011 où il assiste à la remise en œuvre d’un Jaguar en ambiance chimique. 

Les visites se suivent, le 13 juin 1984, l’Air Chief Marshall Hine, visite le site. C’est avec le célèbre flegme britannique que notre visiteur se soumet au traditionnel circuit de visite. Le programme comprend : le PC enterré, un escadron, (ce jour-là c’est au tour de l’EC 03.011 de s’y coller) une remise en œuvre en ambiance chimique et un vol sur Jaguar pour contempler le zénith toulois. Un programme chargé mais complet. Accompagné du Général Forget, commandant la FATac 1ère RA, l’Air Chief Marshall irradiait de son sourire cette visite guidée. 

Juin 1984 marque également le rattachement de L’équipe d’utilisation opérationnelle Jaguar de St Dizier à l’EETIS de Toul-Rosières. Elle rejoint Toul-Rosières après dix années passées sur la BA 113. L’EUOT Jaguar, c’est le nom de cette nouvelle unité, comprend désormais un officier pilote, trois officiers mécaniciens, douze sous-officiers mécaniciens et un secrétariat, composé d’une secrétaire et d’un aviateur. L’ETIS dispose d’un officier et de 15 sous-officiers pour assurer la formation des pilotes et des mécaniciens sur l’aéronef. Salle de cours, maquettes grandeur nature, bancs d’instruction sont les outils dont disposent les instructeurs qui forment environ 400 stagiaires par année.

Le personnel féminin de la base s’implique dans de nombreuses activités. A l’occasion du 11 novembre, une vente de bleuets est organisée au profit des victimes de guerre. Cette initiative revient au bénévolat d’une équipe fort sympathique composée des sergents-chefs Gisèle Mertz et Joëlle Lacroix, des Sergents Marion Keller, Martine Kubs et Nadine Huhn. 

Vente de bleuets
Vente de bleuets

Le 5 décembre 1984, le Père Noël apporte des jouets aux enfants de l’institution Clairmatin de Vandoeuvre. Madame Champoiseau, épouse du Colonel procède à la distribution, aidée, dans cette tâche, par madame Thiry et l’Adjudant Nicole Tapin. Félicitations Mesdames !  

Cette année encore, la base répond aux invitations des communes. Il y a l’invitation de monsieur Gossot, maire de Toul, la base participe au 66ème anniversaire du 11 novembre 1918. La base envoie également une délégation à Pont à Mousson. Une autre délégation se rend à Rosières-en-Haye pour répondre à l’invitation de monsieur Petitjean, maire de Rosières. La commémoration du 11 novembre 1918 garde sa signification intacte en 1984.

“Les choses répétées plaisent” l’exercice “AIREX” est de retour. Cet exercice fait la une du journal le Monde du vendredi 15 mars 1985. Nous sommes toujours dans une optique de riposte à l’attaque du pacte de Varsovie. Se déroulant du 11 au 22 mars, cet exercice réunit huit pays alliés participant aux manœuvres nationales de l’armée de l’air. La BA 136 n’est pas en reste pour cet exercice, il s’agit de réactiver la base de Chambley. Et l’on assiste : au départ du matériel de Toul-Rosières vers Chambley, puis vient la mise en place d’une tour de contrôle tactique, l’activation du PC enterré, le filtrage renforcé au poste de police, la mise en place du Crotale, le camouflage de la plate-forme, l’activation des bitubes, l’armement des Jaguar, l’accueil des avions extérieurs, le desserrement des mess, celui du bâtiment troupe T10, l’alerte NBC et le confort des abris, la tour de contrôle en tenue de soirée, la fameuse tente de décontamination pour le personnel contaminé, le tir des réservistes, la déconnexion du réseau téléphonique….

Une tour de contrôle camouflée !
Une tour de contrôle camouflée !

Pas moins de 675 heures de travail, 15 hommes du GERMaC 16.136 sur le tarmac. Cent quarante avions de combat doivent faire des sorties en mettant en jeu 24 terrains différents, alors que les armées de l’air alliées ont prévu d’accomplir en attaque, 785 missions contre le sol national. Les Jaguar de Toul mettent en œuvre l’armement guidé laser (fictivement bien sûr). Parmi les opérations réalisées pour cet exercice, notons le balisage de la piste de Chambley. 

Une deuxième série d’exercices est prévue pour la semaine du 18 au 21 mars. Deux cinq appareils répartis sur 22 terrains différents entrent en scène. Les forces aériennes stratégiques entreront en action pour cette manœuvre. Le guet à vue est activé. Dans la série contes et légendes de Toul-Rosières, “ruban leader” contacte “ruban 7” pour lui demander s’il ne voit rien venir…et “ruban 7″de répondre : deux Jaguar au cap 2.3 ! Ces informations sont capitales pour la défense de la base.

Mais le guet à vue a ses propres limites, la vitesse des avions, l’altitude et la météo. L’unité d’acquisition du Crotale est un moyen plus sûr d’obtenir des renseignements dans la zone de couverture du radar. Ces exercices ont pour but de contrôler l’efficacité de l’armée de l’air dans le domaine de l’espace aérien ainsi que ses possibilités de contre-offensives. Ils permettent également d’évaluer l’efficacité et la cohérence des mesures de mise sur pied de guerre dans le domaine de la défense des bases aériennes, du support et du soutien technique des forces. L’exercice de défense aérienne, DATEX, est intégré à l’exercice AIREX. Il doit permettre d’entraîner les équipages et les contrôleurs aériens. On note une prise en compte des nuisances sonores puisque des précautions particulières ont été coordonnées et arrêtées avec les organismes civils compétents. Pendant l’exercice, les manœuvres se sont déroulées dans des conditions très proches de la réalité. La disponibilité et la compétence ont été mises à rude épreuve dans des situations dégradées, cependant, la réaction du personnel a toujours été exemplaire. Il n’a pas été possible, évidemment, de mettre le personnel sur tous les fronts mais la succession des incidents a tout de même permis de confirmer la capacité opérationnelle de la base et de faire ressortir la motivation du personnel.

En juillet 1985, le journal Reflets sort son numéro 100. C’est une occasion de renouer avec l’histoire de la base, depuis sa présence en Allemagne, sur la base de Bremgarten, son repli sur Toul-Rosières et son évolution jusqu’à juillet 1985.

Chaque base aérienne s’est dotée d’un organe de presse qui ne doit pas être considéré comme le caprice d’une bande de littérateurs oisifs en quête d’admirateurs. Ce journal reste avant tout un moyen de cohésion entre les unités et les individualités de la base. Reflets a bien rempli sa mission, dans chaque unité se trouve un correspondant qui a pour tâche de faire découvrir la vie de l’unité et d’apporter son témoignage à l’évolution de la base. L’histoire que vous lisez actuellement est tirée, pour une bonne partie, de la collection du journal “Reflets”, journal de la BA 136, et de son successeur”le courant d’air”, journal du détachement air 136. 

Le journal
Le journal “Reflets”
Le successeur de
Le successeur de “Reflets”

Le journal de la base est réalisé par une équipe sympathique, il est financé par le budget de fonctionnement de la base. Il traite de tous les sujets, offrant une place, dans ses rubriques, à qui veut bien faire un article sur son unité. C’est aussi un moyen de communication entre les unités. Il intègre de la publicité qui finance une partie de son impression. C’est donc une mini salle de rédaction qui se situe dans les locaux du commandement base pour sa réalisation. Un exemplaire de chaque parution est envoyé au service historique de la défense (SHD), division armée de l’air (ex service historique de l’armée de l’air). Vous pouvez donc consulter la collection complète au SHD qui se situe au fort de Vincennes.  (17-18)

“Plus près de toi mon Dieu”, c’est ainsi que le père Derule, aumônier de la BA 136, entonne son chant liturgique, par une quête digne des chevaliers de la table ronde. Eh bien c’est chose faite en ce beau jour de 1985, ce simple mortel devant Dieu, qui rêvait de se rapprocher de son créateur, a vu son rêve s’exaucer.  Revêtu des habits de lumière d’aviateur (la traditionnelle combinaison de vol, qui lui sied à merveille et l’anti-g) il s’est envolé dans un magnifique Jaguar, ficelé à son siège par les sangles, comme Ulysse à son mât, soucieux simplement de la bonne tenue de son estomac et non d’un hypothétique chant des sirènes. Après avoir volé bien haut, par le biais de cet oiseau métallique, Il est accueilli, à son retour, selon les dignes traditions de l’aéronautique militaire. Que Dieu tout puissant lui pardonne les quelques mots qui sont sortis de sa bouche ! Il dira lui-même qu’il a gratifié ses arroseurs d’une expression peu charitable, mais qui lui est malheureusement coutumière. Il faut dire que notre padré est un curé de choc, qui en a vu bien d’autres, d’ailleurs au sein de sa caserne de pompiers il a côtoyé bien des situations bien plus délicates. 

Plus prêt de toi, mon Dieu !
Plus prêt de toi, mon Dieu !

Ce voyage restera, certainement, le plus beau souvenir de son passage à Toul-Rosières et un temps fort dont il parlera encore lorsqu’il sera à la retraite : Celle des aumôniers bien sûr !

Qui a dit que les appelés du contingent perdaient leur temps ? Une mauvaise langue, bien sûr, qui n’a pas réussi à s’intéresser à quelque chose durant sa période. Le 7 juillet 1985, l’aviateur de 1ère classe Ménard Pascal, du contingent 85/06 reçoit les lauriers de champion de France de voltige aérienne radiocommandée. Le club d’aéromodélisme de la BA 136, animé par cet aviateur, qui a su faire partager sa passion à d’autres, est à l’honneur. L’appareil utilisé pour cette compétition est un Dalotel. D’une envergure de 1,80 mètres, équipé d’un moteur de 10 ccs deux temps, la maquette pèse entre 4 et 5 kilogrammes et peut atteindre une vitesse de 180 kilomètres par heure.  (20)

La base a compté beaucoup de clubs sportifs et artistiques du temps de la conscription. Il y a eu un club agricole, entre autres, sur Rosières. La promotion sociale était également présente, proposant des cours aux jeunes, leur permettant de passer leurs diplômes pendant leur service militaire. J’ai encadré une promotion d’appelés, à l’intérieur de laquelle nous avons relevé des jeunes en difficulté scolaire, qui avaient de gros problème de lecture et d’écriture. Nous avons inscrit, d’autorité, ces jeunes aux cours de soutien, dispensés, après le travail, par les sursitaires de l’éducation nationale. Je dois dire que ce fut une grande joie de voir les progrès réalisés par nos jeunes. En voilà, quelques-uns au moins, qui n’auront pas perdu leur temps.

Si l’armée de l’air a son héros légendaire, le Capitaine Guynemer, elle commémore, néanmoins, les grandes aviatrices françaises qui se sont distinguées. Maryse Bastié reste un exemple sur le plan militaire.  Capitaine de l’armée de l’air, elle participe à des actions dès la Seconde Guerre. Le 12 juillet 1985 la BA 136 commémore la disparition de l’aviatrice Maryse Bastié, c’est donc un personnel féminin qui lit la citation. C’est l’Adjudant Nicole Tapin, une ancienne “marinette” reconvertie à l’aviation, qui est désignée pour l’occasion.

Née en 1898, elle obtient son brevet de pilote à 27 ans, déjà décidée à se faire un nom dans l’aviation. Elle bat plusieurs records en tant qu’aviatrice civile, avant de s’engager dans l’armée de l’air en 1939. Elle rejoint la Résistance au sein du réseau “Darius ” dès septembre 1940, et bien qu’ayant été arrêtée par la Gestapo en 1944 elle reste active pendant toute la guerre. Elle poursuit le combat une fois la France libérée en rejoignant les forces du général De Gaulle. Elle reste dans l’armée de l’air jusqu’en 1951. Elle trouve la mort le 6 juillet 1952 dans l’accident du prototype du Nord 2501 lors d’un meeting aérien organisé à Lyon-Bron.

Maryse BASTIE
Maryse BASTIE

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