Les années GUEGUEN : 1978 – 1980

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Les années  “GUEGUEN”     

Le jeudi 18 mai 1978, le Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA remet le commandement de la BA 136 au Colonel Gueguen.  Il est le septième commandant de la base. 

Le colonel GUEGUEN
Le colonel GUEGUEN

Le Général Bigeard, ancien ministre, assiste à cette cérémonie. On relève également la présence du Général d’Harcourt, commandant de la 4ème DB61ème DMT à Nancy ; du Général Forget, commandant en second la FATac 1ère RA ; du Général Logier, adjoint au commandant de la 1ère division et des généraux Bourdin ; Chevalier ; Arin ; Anquetil et Gouret, ces deux derniers ayant été commandant de la BA 136 précédemment.

Le 21 mai 1978, l’escadron de protection 42.136 se classe second de la marche des 100 kilomètres organisée par la FATac 1ère RA. 

Les cocoyes à l'oeuvre
Les cocoyes à l’oeuvre

Classé 1er en 1977, le cyno groupe de la BA 136 se classe second en 1978. Réintroduite depuis peu dans l’armée de l’air, la spécialité de chien de pistage permet d’utiliser nos amis à quatre pattes pour la recherche d’individus hostiles ou simplement perdus. Le chien “Indigo”, du chenil de la BA 136, a obtenu la mention “Très Bon” et s’est classé second au concours de pistage FATac 1ère RA. Afin de perfectionner la valeur technique du personnel de l’escadron de protection 42.136, le centre d’entraînement des commandos de Pont-Saint-Vincent a mis ses cadres et ses installations à la disposition de la base. Ces spécialistes de l’armée de terre sont unanimement reconnus compétents en la matière. Les fusiliers commandos de l’armée de l’air, détachés pour l’occasion, ont remporté les épreuves sélectives. Ce magnifique résultat prouve que les jeunes de cette époque valent bien leurs aînés qui se sont glorifiés dans le passé.

Le 31 mai 1978, le Colonel Gueguen, commandant la base aérienne 136, inaugure la salle du CIM. Une fois le ruban traditionnel coupé, le Colonel félicite le personnel du service infrastructure pour la qualité des travaux. Les 7 et 8 juin 1978, un exercice des moyens complémentaires de protection se déroule sur la base. Au cours d’un stade de protection “charlie”, stade dit de “guerre”, une vingtaine d’officiers et de sous-officiers aux ordres du Capitaine de réserve Jadelot, participe à cet exercice. Un exercice concluant, selon les responsables de l’époque, puisqu’il a permis de mettre au point et de renforcer les méthodes de travail.

Inauguration de la salle du CIM
Inauguration de la salle du CIM

Le 9 juin 1978, c’est la réouverture officielle de la piste au trafic aérien. Les travaux entrepris par le régiment du génie de Toul-Thouvenot sont enfin terminés. Une cérémonie d’inauguration, présidée par le Général Cornavin, adjoint au Général commandant la FATac 1ère RA, se déroule en présence du Colonel Gueguen, commandant la BA 136, et des représentants du 15ème régiment du génie. L’activité aéronautique peut reprendre sur la base. Les avions, qui s’étaient déployés sur d’autres bases, peuvent rentrer au bercail. Une piste toute neuve leur est offerte…

La piste est de nouveau opérationnelle !
La piste est de nouveau opérationnelle !

Comme nous l’avions déjà précisé, le football est un sport très en vogue à cette époque.

Le 22 juin 1978, le Colonel Gueguen inaugure le nouveau terrain de football baptisé pour l’occasion “El Rosiera”. C’est en ce mois de juin que se déroule la coupe du monde de football, événement de grande importance pour certains mais aussi de moindre importance pour d’autres… les préférences sont partagées sur la base, il y a aussi les inconditionnels du rugby, du hand et du volley…

Enfin, depuis le temps que les “footeux” attendaient leur terrain, le voici enfin ! 

Cela valait bien une inauguration en grande pompe. A cette occasion, l’équipe des vétérans de la BA 136 rencontre l’équipe du 15ème RGA. La bataille est dure, le 15ème   RGA l’emporte 5 buts à 2, mais l’honneur est sauf, les deux équipes ont testé la solidité des filets et l’état de la pelouse….

Le 1er juillet 1978, la base s’agrandit avec la création d’une unité supplémentaire. Il s’agit du groupe d’entretien et de réparation des matériels spécialisés 15.351. La mission de cette unité est l’entretien et la réparation des équipements électroniques de contre-mesures au profit de tous les escadrons de France et de Navarre. Cette nouvelle unité s’installe dans le bâtiment HM30, un bâtiment spécialement conçu pour cette mission. Compte tenu de la notion de secret qui entoure les contre-mesures électroniques, le bâtiment est entouré de clôtures et un sas d’entrée, gardé par les commandos de l’air, assure le filtrage du personnel. Ce bâtiment se situe près de l’escadron 02.011, chargé de la mission de brouillage électromagnétique. Il est possible de faire entrer un Jaguar devant les locaux, de manière à l’équiper des brouilleurs et à effectuer tous les tests avant vol.

Le GERMAS CME
Le GERMAS CME

Cette unité ne cessera de prendre de l’ampleur au fil des ans. En effet, la guerre électronique aura ses lettres de noblesse lors de la guerre du Golfe. C’est à partir de cette époque que les Etats-majors comprendront, très vite, mais un peu tard pour la France, l’importance du brouillage électromagnétique. Cette nouvelle technique permet de prendre la maîtrise du ciel dès le début d’un conflit armé et de protéger les vecteurs se rendant au-dessus du territoire ennemi. 

Le GERMaS 15.351 restera en activité jusqu’à la dissolution de la base aérienne 136. Comme cette unité, travaille au profit des escadrons de toute la France, il est décidé, dans un premier temps de la conserver au sein du détachement air 136. Le GERMaS 15.011, quant à lui, chargé de la maintenance de l’armement guidé laser, aurait dû se reconvertir, à la dissolution de la base, en escadron de soutien technique spécialisé et se maintenir au sein du détachement air. La décision est prise par le commandement des forces aériennes de combat (CFAC) mais l’unité est la plus éphémère du moment.  Elle est créée officiellement sur le papier, les ordres de mutation du personnel sont prononcés, puis, sans aucune explication, elle est dissoute au bout d’une semaine et les ordres de mutation sont annulés. Personnel et matériels sont regroupés avec le GERMaS contremesures. Cette nouvelle entité prend l’appellation “escadron de soutien technique spécialisé 15.530”. Le commandement du nouvel escadron se tiendra dans les locaux du bâtiment HM30, les ateliers contre-mesures resteront dans le bâtiment, la maintenance de l’armement guidé laser continuera de s’effectuer au niveau du dépôt d’alerte, le personnel, spécialiste AGL, sera délocalisé dans le bâtiment de l’ancien escadron de défense sol/air. Une situation assez particulière au sein du DA 136…

Le mardi 5 septembre 1978, la base accueille des militaires soviétiques conduits par le Général-Lieutenant Andreiev, commandant l’aviation de l’Okroug de Moscou. Reçus par le Général de division Forget, commandant en second la FATac 1ère RA et par le Colonel Gueguen, commandant la base, les visiteurs découvrent le Jaguar à l’escadron 03.011. Parmi les accompagnateurs, citons la présence du Colonel de réserve Risso, héros de l’escadrille Normandie-Niémen. Après le déjeuner, nos camarades soviétiques sont conduits à Verdun, où ils visitent le fort de Douaumont et les champs de bataille de la Grande Guerre. Ce genre de visite correspond bien à la politique de communication appliquée, à cette époque, par la France. Pour convaincre un ennemi potentiel, il est utile de lui faire visiter ses troupes et de lui démontrer sa capacité de riposte en cas d’attaque. C’est ainsi que les postes de commandement des forces aériennes tactiques, à Metz, et les unités sont ouvertes aux visites. Le discours tenu, lors de ces visites, est, bien sûr, savamment orchestré…

Le mois de septembre est également l’époque de la rénovation de la fonction production d’oxygène liquide. Le GERMaC 16.136 bénéficie de nouveaux locaux rénovés par les mécaniciens pour abriter les bureaux de l’usine de production d’oxygène. Cette usine de production d’oxygène liquide est installée dans l’ancienne zone des caravanes près de l’escadron 03.011. Baptisée UMAT (usine mobile aérotransportable) elle permet de produire de l’oxygène liquide et de remplir les citernes mobiles nécessaires aux escadrons.  Comme elle est équipée d’un réacteur, elle doit être isolée, à cause du bruit. Il n’était pas rare d’entendre l’usine fonctionner à l’embauche. Au plus fort de sa production elle fonctionnait même la nuit…  

La fillode refaite à neuf
La fillode refaite à neuf

Pour les besoins des unités, la base dispose d’une usine de production d’oxygène liquide. Cette usine permet de remplir les citernes d’oxygène liquide pour les besoins des escadrons et du GERMaS 15.011. Située près de l’escadron 03.011, à l’emplacement des anciens “home-trailers”, cette usine a même fonctionné la nuit à l’époque des grands besoins.

C'est à partir d'un réacteur qui comprime l'air que l'on obtient l'oxygène. Très bruyante, cette usine a fonctionné jusqu'en 1994
C’est à partir d’un réacteur qui comprime l’air que l’on obtient l’oxygène. Très bruyante, cette usine a fonctionné jusqu’en 1994

Le 17 septembre 1978, Toul Rosières organise une journée portes ouvertes. Plus de 60.000 personnes se pressent à l’entrée pour profiter de cette journée. La patrouille de France est de la partie. Pour son 25 ème anniversaire elle offre un spectacle où le savoir-faire et l’adresse des pilotes est le résultat d’un quart de siècle de recherches et d’expérience.

Pour le 11 novembre 1978, la base aérienne de Rosières est retenue par le Président de la République pour représenter l’armée de l’air aux cérémonies à Paris. C’est un grand honneur qui est fait à la base, le personnel est conscient que cette cérémonie doit être une réussite pour le bon renom de Rosières.

La BA 136 lors du défilé du 11 Novembre
La BA 136 lors du défilé du 11 Novembre

Placée sous les ordres du Colonel Gueguen, commandant la base aérienne 136, la délégation se compose du drapeau de la 11ème escadre, porté par le Capitaine Hartweck, d’une demi compagnie de la 11ème escadre de chasse aux ordres du Lieutenant-colonel Pissochet, commandant la 11ème escadre et d’une demi-compagnie de l’escadron de protection, commandée par le Capitaine Debonnet. L’entraînement des troupes est contrarié par un épais brouillard et un froid tenace. Ces conditions climatiques désastreuses n’entament pas le moral des troupes qui, selon les dire de l’époque, se conduisent à la perfection lors du défilé. Pour s’en convaincre, il suffit de relire les messages officiels de félicitations adressés, après la cérémonie, au commandement de la base.

Le Capitaine Hartweck, appelé” HTW” par les intimes, sera commandant de la 3 ème escadre de chasse par la suite. Le Lieutenant-colonel Pissochet, dit “Pisso” est une figure emblématique connue dans toute la force aérienne tactique. Ces deux personnes font partie des anciens qui ont marqué leur passage et qui ont été appréciés par tous leurs subordonnés… 

Le 17 novembre 1978, le Lieutenant-colonel Pissochet, passe les 6.000 heures de vol. L’événement est salué selon la tradition aéronautique. A noter au cours de cette mission, le Capitaine Ricour, qui passe son brevet de chef de patrouille. Au cours d’une cérémonie de remise de décorations, qui fait suite aux opérations extérieures (OPEX), on relève la présence de plusieurs militaires qui reviendront par la suite sur la base.

LISSONDE-RICOUR-HUET-TANI-ROBERT
LISSONDE-RICOUR-HUET-TANI-ROBERT

Le second en partant de la gauche n’est autre que le Capitaine Ricour, qui sera un des commandants de la BA 136 par la suite. Le quatrième n’est autre que l’adjudant Tani, pilote de Jaguar qui s’est distingué en OPEX. Il reviendra sur Toul-Rosières, après avoir passé le concours des officiers de réserve, comme adjoint au chef du soutien opérationnel. Le cinquième n’est autre que le Lieutenant Robert qui sera également commandant de la BA 136 et dont nous avons parlé précédemment. 

La 11 ème escadre de chasse est remodelée le 12 décembre 1978. Après 5 années passées à Djibouti, les F 100 sont considérés comme obsolètes. L’escadron 04.011 Jura est officiellement dissous et ses appareils sont remplacés par des Mirage III C venus de la base de Creil. L’état-major de l’armée de l’air décide cependant de renforcer la Force Aérienne Tactique par un escadron supplémentaire de Jaguar. Cet escadron sera positionné sur la base de Bordeaux Mérignac. Il est rattaché à la 11ème escadre de chasse et il reprend le nom et les traditions, de l’escadron 04.011 Jura, qui vient juste d’être dissous à Djibouti. Encore une bizarrerie des Etats-majors… 

C’est donc le 12 décembre 1978, sur la base aérienne de Toul Rosières que l’escadron de chasse 04.011 Jura est officiellement créé, selon la version officielle, car on devrait dire recréé, puisque comme le phœnix il renaît de ses cendres…La prise d’armes est présidée par le Général de corps aérien Fleurot, commandant la FATac 1ère RA. L’escadron de chasse reprend donc les deux escadrilles SPA 158 et SPA 161, et se succède… à lui-même…Le Lieutenant-colonel Pissochet, commandant la 11ème escadre de chasse, remet officiellement le commandement de l’unité au Commandant Argelier. A l’issue de cette cérémonie l’escadron fait mouvement sur la base de Bordeaux Mérignac son nouveau terrain de stationnement. 

C’est là que le 9 février 1979 à 15 heures, au cours d’une cérémonie présidée par le Général de division aérienne Atla, commandant la 3ème région aérienne, que le Lieutenant-colonel Pissochet confie respectivement les fanions des SPA 158 et 161 aux Capitaines Croci et Goutx, commandants respectifs, de la première et de la deuxième escadrille.

Le 25 janvier 1984, le Capitaine Croci, de l’escadron 04.011, est abattu par une colonne de l’Armée de Libération Nationale (ALN) au Tchad. Ce décès marquera la 11ème escadre de chasse. Le Capitaine Croci totalisait 3.860 heures de vol dont 1.100 sur Jaguar. Chef du détachement Jaguar à l’occasion de l’opération Manta, il trouve la mort en accomplissant son devoir. Le 26 juin 1984, la commune de Théoule sur Mer, dans les Alpes Maritimes, rend hommage à ce chef de patrouille en dévoilant une plaque au nom de Michel Croci. La cérémonie s’est déroulée en présence de M.Medecin, président du conseil général, de Monsieur Blanc, maire de Théoule sur mer et du Lieutenant-colonel Farina commandant la 11ème escadre de chasse.

 C’est sous une tempête de neige et un vent glacial que la présentation au drapeau du contingent 78/12 se déroule, le 10 janvier 1979, en présence du Général Bigeard député de Toul, qui n’aurait manqué cette cérémonie pour rien au monde. Parmi les invités citons : Monsieur Moulin, Sous-préfet de Toul, le Colonel Petitjean, représentant le Général gouverneur militaire de Nancy, le Colonel Martinage, commandant d’armes de la place de Toul, et de Monsieur Petitjean, maire de Rosières. C’est le Général Bigeard qui remet, en personne, l’insigne de la base aux plus méritants du contingent.

Le général BIGEARD remet l'insigne de la BA 136
Le général BIGEARD remet l’insigne de la BA 136

A noter la présence de notre camarade Yves Lemilbeau, fondateur de l’association TRAB 136, dans la garde au drapeau.

Madame Leclair n’est pas contente…en cette nuit de janvier 1979, son Capitaine de mari, désigné de permanence déneigement est rentré normalement à la maison au lieu de rester sur la base. Les “grenouilles” de Toul n’annoncent pas de neige mais un temps radieux. C’est trop faire confiance aux prévisionnistes du moment car lorsque le téléphone sonne en pleine nuit, Madame réveille son mari en protestant “Bravo ton alerte, tu aurais mieux fait de dormir sur la base ! Ecoute le gosse maintenant, de vrais sauvages ces militaires !”. Notre Capitaine regagne son poste, il est 2 heures 30, la neige, censée ne pas venir est au rendez-vous, la campagne est blanche… Madame découvre les joies d’être femme de militaire. Elle ne sera pas la seule à vivre ces conditions. Je voudrais, ici, rendre hommage à toutes ces femmes qui ont supporté la vie en décalé de leurs maris militaires sur la base de Rosières, au gré des alertes et des appels en pleine nuit pour assurer la mission de la base. Et ce lot était celui de toutes les unités de support de la base, il n’était pas dévolu uniquement aux unités aériennes. Lorsque notre Capitaine arrive, enfin sur la base, tout le monde s’affaire autour de madame “Bertin”, la thermo soufflante. On s’échine à faire démarrer ce réacteur de Fouga monté sur un châssis de bus Renault S45. Le réacteur hoquette, s’engorge, s’étouffe et finalement démarre dans un vacarme assourdissant. Il prend son rythme aigu, et cela fait penser au Capitaine que les consignes relatives aux nuisances sonores sont bien loin d’être appliquées… Vient ensuite le plus pénible : Le casse-tête du chauffeur ! Il faut maintenir la bonne vitesse car si la “bête” roule trop vite, la neige n’est pas traitée et si elle roule trop lentement l’air à 500° c qui s’échappe des tubes fond le revêtement de la piste…

La déneigeuse
La déneigeuse

Pas facile de tenir les 0,000666 Mach requis (soit 800 mètres par heure) pour obtenir le résultat optimal. Alors il a raison, ce brave Capitaine, de souhaiter que les chevaliers du ciel, qui s’envoleront dans quelques heures sur une piste impeccable, aient une pensée pour les chevaliers de l’apocalypse, qui ont débarrassé la piste de l’épais manteau blanc qui la recouvrait cette nuit…qui sait ? Ils ont peut-être bon cœur nos pilotes !

Le 22 mars 1979, sur le parc de l’escale, il y avait des képis blancs, des bérets rouges, des bérets noirs, bref ! Une multitude de militaires sans calots. La BA 136 recevait les stagiaires du centre d’entraînement des commandos de Pont-Saint-Vincent. A cette occasion, le Lieutenant-colonel Bescond, commandant le 26ème régiment d’infanterie de Nancy[1]  invite le Colonel Gueguen à remettre les diplômes aux plus méritants ainsi que les insignes et les fanions à leurs camarades.

Dans le cadre des
Dans le cadre des “bonnes” relations avec les biffins

Toujours dans le cadre de l’information du public, du 27 février au 2 mars 1979, la base reçoit une équipe de télévision (TF1) pour le tournage d’un téléfilm qui sera diffusé le 21 mars 79. En effet, depuis le poste de commandement enterré de la FATac 1ère RA, Monsieur Yves Mourousi présente, aux téléspectateurs, les missions de la Force aérienne tactique avec des images tournées dans les unités de ce grand commandement. La mission qui illustre cette présentation est une attaque de chars ennemis par une formation de Jaguar. Et ces Jaguar décolleront de Rosières, les caméramans parcourent les escadrons à la recherche d’images illustrant la préparation de la mission. Les mécaniciens et les pilotes des escadrons sont les vedettes éphémères de ce documentaire militaire…

Le jeudi 29 mars 1979, un exercice d’un nouveau genre se déroule sur la base. Il s’agit de l’exercice “LOG 79” un exercice mettant en œuvre tous les acteurs de la logistique.   Chacun sur la BA 136 occupe son poste, du mécanicien de piste en passant par le mécanicien du deuxième échelon, le pilote de Jaguar, le ravitailleur de l’ERT, le mécanicien des Moyens Techniques, la cellule logistique du PC enterré : tout le monde est sur le pont pour la manœuvre ! Le but de l’exercice est simple, il suffit de rendre disponible tous les Jaguar avant de livrer bataille. Un exercice qui va donner la migraine à bien des personnels. Tout au long des jours et des nuits que va durer cet exercice, les spécialistes du ravitaillement vont rester en éveil. Depuis la direction technique de la FATac, à Metz, le centre de gestion de Châteaudun, l’organisation logistique Jaguar (ORLOJ), les entrepôts ; tous sont concernés par cette manœuvre qui est vraiment une première en son genre.

Les ravitailleurs de l’ERT 17.136 regardent, avec effarement, les camions du service du matériel venir livrer les rechanges. Les colis s’entassent sur le quai de déchargement et il faut trier, contrôler et livrer aux abonnés. La manœuvre continue jour et nuit à la lumière artificielle des néons dans le PC enterré. En surface on s’active aussi. L’escadron 01.011 s’est déployé à Mirecourt pour l’occasion. Il fournit des rechanges à l’escadron 03.011 qui se prépare à partir, tandis que l’escadron 01.007 de Saint-Dizier, venu s’installer sur la base, appelle au secours ! Le GERMaS fait des prouesses. Jour et nuit les mécaniciens s’affairent autour des avions en révision tandis que le GERMaC apporte son aide pour améliorer l’environnement des postes de travail. 

Le 6 avril 1979 à 18 heures, la BA 136 atteint les 100% de disponibilité. Le décompte est effectué au sein de la FATac et après les derniers mouvements de matériels, la victoire est proclamée.

” La BA 136, sa fonction logistique et son escadre sont déclarés vainqueurs de LOG 79 !”

La coupe LOG 1979
La coupe LOG 1979

Le Général Charton, chef d’état-major de la FATac 1ère RA et le Général Simonet, directeur technique remettent officiellement la coupe au Colonel Gueguen le 22 juin 1979. 

Hasard ? Chance ? Sûrement pas ! La devise de l’escadre “Res non verba”[2]  a gagné toute la base, la victoire se construit et se perpétue.

 

 


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Une pensée sur “Les années GUEGUEN : 1978 – 1980”

  1. Je cherche mon grand pere, ancien militaire de la marine ou de laire.il sapel robert gueguen. Il a conu ma grand mere en nouvelle caledonie. Je ve connaitre ses enfants.

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