Témoignage d’un biffin

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Témoignage d’un biffin

Pour les aviateurs, le terme biffin désigne une personne appartenant à l’Armée de Terre et est  passé dans le langage courant. Les biffins sont des personnes avec qui on était amené à travailler puisque qu’à l’époque la mission principale de la FATAC à laquelle appartenait la 11EC, était l’appui de la 1 ère Armée. En Afrique c’était aussi le cas et les JAGUAR sont intervenus réellement à leur profit, notamment à ATI au Tchad en 1978 où il a fallu dégager des éléments du 2 ème REP en mauvaise posture. Le contact entre troupe au sol et avions s’effectuait via un OGT (officier de guidage terre) maintenant appelé FAC (forward air controler) et nous pilotes, avions des contacts réguliers avec ces biffins. Les rapports  étaient excellents et il existait un respect mutuel ; personnellement j’avais beaucoup d’estime pour ces gens qui pratiquaient un métier très dur pour lequel je ne sentais que peu de prédisposition.

Les hasards de la vie m’ont mis en contact avec un ancien OGT de la 11ème DP qui m’a probablement guidé au cours de mission en Afrique mais que je n’ai jamais rencontré. Nous échangeons de temps en temps et récemment, il m’a envoyé des photos de la prise de Ouadi Doum (que je mettrai en ligne dans quelques temps) et de fil en aiguille, il en est arrivé à m’envoyer le texte que je vous propose ci-dessous et qui porte un regard particulier sur cette population qu’il appelle “les félés” (vous comprendrez un peu pourquoi). Bonne lecture.

equip OGT
Equipe OGT

MANTA EPERVIER EFAO

LES  DETJAG

Témoignage d’un BIFFIN

Ils nous appelaient les BIFFINS

On les appelait les FELES

Je les ai « fréquentés » pour la 1ere fois en 81/82  BARRACUDA / EFAO.

Nous étions tous des COM (pour commandant), j’étais le COMTRANS  AEROPORTE, il y avait le COMAIR, le COMJAG (autoproclamé), le COMTRANSALL, le COMALAT, mais tous interdépendants et dans la même galère.

Sacré ambiance aussi !!!!

La remontée de l’OUBANGUI !!!!  en BA voir très très BA et  si je me souviens bien, il y en a même un qui a fait des ricochets !!! (NdR : Henri avait touché le fleuve avec le  bidon du JAGUAR !).

Le TRANSALL faisait des vagues avec ses hélices et les piroguiers plongeaient.

Le PUMA allait se poser sur un rocher au milieu des chutes de BOALI.

Le JAG aurait pu mettre le feu à la savane tellement le réacteur était au ras des broussailles.

Et le champ de tir de YAKA !!!!

jeep OGT
jeep OGT
ogt1
Un OGT prêt pour un guidage

J’étais OGT (officier de guidage terre), binômé avec un pilote. La cible : un drap de lit, tir canon, la butte de tir explosait, la cible était volatilisée, et seulement après arrivait le JAG. J’ai retenu cette phrase du pilote : quand tu entends l’avion c’est que tu es encore vivant !

Les JAGS dans le ciel c’était la force de dissuasion à l’africaine ; çà suffisait à calmer la situation.

1987/1988  EFAO

Les mêmes, mêmes missions mais avec une barrette en plus, les lieut (lieutenant) étaient passés capitaines.

Invité par le DETJAG dans leur fortin à M’POKO.

J’avais demandé à assister à une préparation de mission, j’ai eu le droit à la complète ! J’ai terminé harnaché sur le siège, photo et finex !

J’en avais déduit qu’un pilote de chasse avait 2 cerveaux et des mains à 8 doigts !!, et que le biffin n’en n’avait qu’un, mais que finalement avec nos 3 cerveaux le CAS (close air support) était très efficace et surtout craint par ceux d’en face !

Les DETJAG vous étiez des « gens biens », nous parachutistes en 1 ère ligne on savait que l’on pouvait compter sur vous, à la seconde près (çà ma toujours bluffé cette exactitude).

Quand j’allais annoncer au COMPARA «  c’est bon a eu les JAG «  je voyais dans son regard un certain soulagement, et le « LES JAGS ARRIVENT »  se répercutait jusqu’au dernier des soldats du détachement, qui lui résumait par un « çà va être leur fête en face !! ».

J’aurais pu aussi traiter sous forme humoristique la mise en place du  brin d’arrêt à « M’POKO », quel cinéma !! j’avais du  filmer (vhs ) le malheureux JAG  désigné pour tester !!

La cassette est remontée jusqu’à l’EMAA.

A la fin de mon séjour de biffin multitâche, le COMAIR est venu me chercher et à M’POKO. On m’a attaché sur la rampe arrière du TRANSALL, après 40 mn de vol bizutage, la rampe s’est ouverte, il y avait 2 JAGS en approche ravitaillement, inoubliable !! (j’ai le film) à un moment j’ai cru que le félé allait rentrer dans la soute, je pouvais lire son nom sur la bande patronymique de son casque !!!


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