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    Tir MARTEL sur Ouadi-Doum ; c’était il y a trente ans

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    Tir MARTEL sur Ouadi-Doum ; c’était il y a trente ans 

    Vous pouvez trouver un article publié en 2015  sur le tir MARTEL de l’EC 3/3 sur un Flat Face de la base de Ouadi-Doum, et je n’en aurai pas écrit d’autre si je n’avais pas retrouvé par hasard des photos du tir prises par l’EV 130 qui était la caméra embarquée du Jaguar. Antoine, “le grand Tonio” y  racontait l’affaire comme lui seul sait le faire et à la suite j’avais ajouté un paragraphe que j’avais intitulé “la petite histoire”, dans lequel je racontais que la décision d’envoyer les Jaguar équipés de MARTEL n’avait tenu qu’un cheveu. 

    La petite histoire

    Pour compléter cette histoire et tous les détails que seul Tonio est capable de donner, je voudrais rajouter ce qu’il s’est passé en marge de ce tir. C’est vrai qu’à cette époque le contexte politique est compliqué et preuve en est du nombre d’avions d’armes présents à N’Djamena : 12 Jaguar, 4 F1C et autant de F1CR. La France veut marquer le coup et frapper un objectif militaire. Deux options sont étudiées et préparées ; la 1 ère et celle qui fut réalisée fut ce tir Martel. Mais pour tirer un Martel, il faut que le radar émette ce qui n’était le cas qu’épisodiquement. Et c’est comme ça qu’en tant que chef de détachement des autres Jaguar de l’EC 1/11, je reçus l’ordre de préparer une mission « spare », l’attaque d’un terrain d’aéroclub situé dans le Tibesti et sur lequel stationnaient des Macchi. 8 Jaguar armés chacun de deux paniers de 36 roquettes de 68 mm, à l’évidence on allait en faire du petit bois de ces Macchi.

    L’Atlantic 2 qui était aussi à N’Djamena avait décollé en avance et devait astiquer le 16 Nord pour intercepter les émissions des radars du terrain de Ouadi-Doum. Une heure limite avait été fixée et si aucune détection n’était perçue à ce moment, c’était la mission spare qui décollait. Le COMAIR, le LCL PECCAVY que j’avais eu comme commandant d’escadron au 2/11 était à bord de l’ATL et c’était à lui que revenait la responsabilité de déclencher la mission de frappe. A l’heure prévue toujours aucune détection de radar et normalement j’aurais dû partir. Au lieu de rentrer, il interpelle le commandant de bord de l’ATL « aujourd’hui, c’est mon anniversaire, on fait un dernier run ». Et c’est sur la branche retour du dernier run que les Libyens ont mis le Flat Face en route.

    Je me souviens encore, être dans la salle d’OPS équipé avec mes 7 autres pilotes en train de regarder le chrono et les autres pilotes de la 3EC ; l’ambiance était particulière. Le compte à rebours était proche de la fin ; tout le monde était tendu, prêt à courir aux avions quand tout d’un coup, quelques minutes après ce qui aurait dû être le top départ pour moi, l’officier de permanence est entré brusquement dans la salle d’OPS en annonçant le mot code « Chalumeau » qui signifiait qu’une émission radar avait été captée. Et c’est ainsi que ce furent les pilotes du 3/3 qui se sont rués aux avions.

    Chalumeau devrait rappeler des souvenirs à certains car c’était un mot code utilisé lors de certains exercices nucléaires ; c’est vrai que Peccavy venait de la 4EC, une escadre de M IIIE dont la mission principale était la mission nucléaire tactique.

    Comme quoi l’histoire ne tient pas à un grand-chose ; une date anniversaire et à quelques minutes. Ce jour-là la chance n’était pas de mon côté.

    Les photos du tir. 

    Tir Martel

    Tir Martel.  Départ du missile. La conduite de tir de l’avion était des plus simples ; le chiffre “1,5” au centre correspond à la distance restante à l’objectif, soit 15 Nm

    Tir Martel

    On distingue bien le missile devant l’avion

    Tir Martel

    Missile toujours bien visible en bas à gauche. Le pilote commence à virer à gauche

    A l’occasion de l’anniversaire des 30 ans du tir MARTEL sur le Flat Face de Ouadi-Doum, l’EC 3/33 Ardennes a organisé le 1 er Mars une commémoration sur la base de Nancy à laquelle ont participé quelques  anciens qui avaient vécu et/ou  participé à cet événement.

    Une superbe journée très riche en émotions ; un grand merci au 3/3 pour la qualité de l’accueil et l’organisation parfaite de cette journée sur laquelle je reviendrai. 

    Quelques photos prises pour l’occasion que vous pouvez retrouver sur la page FB de l’Armée de l’Air.

    Un Flat Face et le A100 qui a tiré le missile

    Un Flat Face et le A100 qui a tiré le missile

    Le M2000D vanille chocolat spécialement décoré pour l'occasion

    Le M2000D vanille chocolat spécialement décoré pour l’occasion

    L'escadron 3/3 et les invités

    L’escadron 3/3 et les invités

    Les autorités :le commandant de la base et le commandant d'escadron

    Les autorités :le commandant de la base et le commandant d’escadron

     Guitou devant le M2000D vanille/chocolat à son nom

    Guitou devant le M2000D vanille/chocolat à son nom

    La carte de LA mission

    La carte de LA mission

    Autour de THE carte

    Autour de THE carte

    La salle d'OPS à l'époque où on peut voir le Guitou, Minet, Sausback, Taquet,...

    La salle d’OPS à l’époque où on peut voir le Guitou, Minet, Sausback, Taquet,…


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    1. Jean-Loup FROMMER
      Publié dans 17 juin 2017 le 09:26

      Bonjour,
      je ne connais pas toute la carrière de Pécavy, il fut aussi à la 13 à Meyenheim vers 1972, sur Mirage III E.
      Cordialement.