Touche pas à mon avion !

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Avec le F 100, la 11EC a toujours été fière d’afficher sa particularité ; c’était un avion US, capable de l’arme nucléaire, ravitaillable en vol (le seul avec le Mirage IV), 4 canons de 20 mm, un passage PGS (plein gaz sec) direct à pleine charge PC,…. Les pilotes n’insistaient pas trop sur le fait que parfois la mission commençait au “break” et qu’en piste 22 à Toul (celle qui descend), panne parachute et piste mouillée, ça se finissait en général dans la barrière.

Donc, il ne fallait pas trop chatouiller les gens de la 11EC sur le F 100 ; “un avion d’homme”, qu’ils disaient.
Pour le montrer, 2 anecdotes ;

la première, d’un mécano, Christian OLIER dit “Brennick”

Toul Rosières durant l’été 1973 sur le parking du GERMAS, nous étions une poignée de mécanos assis sous la plume d’un F 100 à l’abri du torride soleil lorrain, attendant d’effectuer un point fixe.

Mécanos F100
Mécanos F100
Les mécanos (bis)
Les mécanos (bis)

Comme souvent à cette période, l’exposition statique d’un Super Sabre était programmée et des plates-formes hydrauliques installées de part et d’autres du cockpit. Surgit alors un fils d’archevêque (1) cornaquant un groupe de visiteurs. En ces années-là, les visites des clubs du troisième âge, d’élus, d’enseignants, de centre aéré etc.… étaient courantes sur la base. Notre futur officier de réserve, après avoir brillamment présenté l’avion à sa vingtaine d’auditeurs en précisant où se trouvait l’avant et l’arrière, les ailes droite et gauche dans le sens du vol, déclama que le F 100 était « un vieil avion».

L’un de nous bondi alors s’adressant à l’aspirant, lui déclara que si cet avion n’était pas de première jeunesse, il reste cependant l’un des plus virils de notre armée de l’air. Surpris, le cornac lui demanda ce qui lui permettait d’affirmer une telle chose. La réponse fut brève : « ben c’est clair il est toujours en couilles ! ». Explosion d’hilarité chez les mécanos, demi-tour du guide occasionnel parti du côté de la SALE admirer un avion moderne (Broussard, T33, Fougua ou Flamand), avant d’aller saluer les chiens de guerre.

Ceci dit ou plutôt écrit, un avion en panne usuellement est déclarée en couilles, mais savez-vous pourquoi ? Après de nombreuses recherches qui m’ont mené de bibliothèques techniques en point d’eau officiel ou clandé, l’hypothèse la plus vraisemblable : il y a quelques décennies, les liquides indispensables au fonctionnement d’un aéronef (huile et hydraulique) étaient conditionnés dans des fûts de grande contenance. Pour avitailler un avion, des « réservoirs à roulettes » d’une quarantaine de litres servaient de relais, étaient aisément transportables et surnommés « couilles ». Le fait de voir de loin un avion accompagné de ses nourrices, préjugeait immédiatement de son inaptitude au vol. De là, tout avion immobilisé par une (doux euphémisme) panne était déclarée en couilles.

Si vous connaissez l’étymologie (aussi véridique celle-ci) d’un terme utilisé en aéronautique n’hésitez pas nous en faire profiter

A bientôt, techniquement vôtre !

  • (1) Fils d’archevêque : qualifiait les appelés EOR dès qu’ils portaient la tenue de sortie, c’est-à-dire bien souvent de la toilette matinale aux ablutions nocturnes.

la seconde par Jeanjean lors de la visite du ministre de la défense à Mont de Marsan .

“C’était à Mont de Marsan, en 1975, je crois. Yvon BOURGES, ministre de la défense était venu nous visiter à l’occasion d’un exercice de grande ampleur, dont j’ai malheureusement oublié le nom. Sur la photo, on reconnait de gauche à, droite : Hartweck (Ernest), Bourdier, Guérin, Saussier et tout au fond à droite Zurlinden. Il y avait un tas de journalistes avec des questions foireuses. L’un deux m’a demandé si le F 100 n’était pas un avion vieux et dépassé. Je lui ai répondu par une question : “Et moi, vous me trouvez vieux ? ” Surpris, il n’a pas répondu, alors j’ai enchainé : “Le F100 date de 1951 et moi je suis de 48 !”. IL a tourné les talons en haussant les épaules”

Visite de Yvon BOURGES
Visite de Yvon BOURGES

 


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2 réponses sur “Touche pas à mon avion !”

  1. Sur la première anecdote et la première photo on peut reconnaitre
    de gauche à droite:

    LECOURIAU – PASCALIN – OLIER – SPARBE

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