Les années ” GHESQUIERE”

Partagez cet article !
  • 28
  •  
  •  
  •  
    28
    Partages

La BA 136 en 1975
La BA 136 en 1975

Les années ” GHESQUIERE”

Le 6 septembre 1974, le Général de corps aérien Renther, commandant la force aérienne tactique et la première région aérienne, remet le commandement de la base aérienne 136 au Colonel Michel Ghesquière. Il succède au Colonel Anquetil dans cette fonction. C’est le cinquième commandant de la base aérienne.

Ancien commandant de la 11ème escadre de chasse, le Colonel Ghesquière fut le premier pilote à se poser sur le terrain de Toul avec son F 100 le 13 septembre 1967, soit pratiquement sept ans auparavant…

Le 28 octobre 1974, le film tourné en juin 1974 sur la base, est dévoilé au commandement par monsieur Marcellot son réalisateur. Intitulé “une étrange petite ville”, le film sera projeté sur les trois chaînes de la télévision française les dimanches 3 et samedi 9 novembre 1974.

Le samedi 18 janvier 1975, la base aérienne de Rosières organise la journée des réservistes. Près de 250 réservistes, affectés de mobilisation ou non sur les bases de Nancy-Ochey ou de Toul Rosières sont présents sur le terrain. Cette journée s’inscrit à l’occasion des activités du centre air de perfectionnement et d’information des réserves (CAPIR), centre commun aux deux bases et commandé par le lieutenant de réserve Saulnier. Le capitaine Menessier, commandant en second l’escadron de chasse 01.011

Roussillon fait une conférence sur le Jaguar, avion qui devrait équiper prochainement le terrain de Toul-Rosières. En effet, il est question de remplacer le bon vieux F 100 par un avion moderne, le Jaguar.

Depuis le mois de janvier, les pilotes et les mécaniciens de l’escadron 03.011 “Corse” sont à Mont-de-Marsan pour effectuer leur transformation sur le nouvel appareil qui va équiper la 11ème escadre de chasse. Le vendredi 7 février 1975 sonne le glas pour le F 100. Le premier Jaguar, piloté par le commandant Eyraud, commandant la 11ème escadre et par le capitaine Robert, commandant d’escadrille               à l’escadron 03.011, se pose sur le terrain. 

Arrivée du premier Jaguar
Arrivée du premier Jaguar

Encadré par trois F100, le Jaguar 11RA fait son apparition dans le ciel du toulois, c’est le premier d’une longue série. Après un éclatement de la patrouille, le Jaguar se pose à 14 heures 56 Z après un vol de 40 minutes. A noter que le destin joue, parfois, de mauvais tour aux hommes. Le Capitaine Robert qui est le premier à se poser avec un Jaguar, sera chargé plus tard, lorsqu’il sera à l’Etat-major de l’armée de l’air, de travailler sur le plan de fermeture de la base. Pire encore, il reviendra sur Rosières comme commandant de base et il sera chargé de mettre en application les plans sur lesquels il a travaillé auparavant…

 L’escadron mobile d’instruction (EMI) doit venir s’implanter ensuite sur la base pour assurer la formation du personnel des escadrons 01.011 et 02.011. Après une étape pratique sur la base de Saint Dizier, la transformation de l’escadron 03.011 devrait être terminée pour la fin de l’année 1976.

Le 5 mars 1975, le Général Grouiller, commandant en second la FATac 1ère RA inaugure les nouvelles installations de la salle d’approche. La BA 136 est la 14ème base aérienne de France à bénéficier d’équipements très modernes. La standardisation des équipements des CLA (contrôle local d’aérodrome) permet d’installer en moins de trois mois un ensemble opérationnel complet composé de la vigie, d’une salle d’approche et d’une salle d’équipements techniques.  Les avantages attendus sont très appréciables, une meilleure fiabilité des appareils, une meilleure sécurité d’ensemble, une utilisation plus rationnelle. Associés à l’installation d’une climatisation et à la mise en place d’une insonorisation de qualité, ils vont contribuer au confort et à l’amélioration des conditions de travail des personnels. Les postes de percées sont équipés de scopes IP 16. Les indicateurs IR 11A du SPAR sont intégrés directement aux consoles. Le CLA fait peau neuve à l’occasion de l’opération RENAP. (Rénovation des salles d’approche).

La nouvelle salle d approche
La nouvelle salle d approche

Le 23 mars 1975 le CLA se distingue par le sauvetage d’un F 104 belge égaré suite à une panne d’instruments de navigation. Le lieutenant Franqueville, alors directeur d’approche, voit apparaître sur son écran de contrôle le symbole distinctif traduisant l’appel de détresse de l’avion belge. Très vite identifié, le F 104 est contacté et orienté sur l’approche de Toul. Le CDC (centre de détection et de contrôle) dans le même temps fait décoller deux Mirage IIIE de la 4ème escadre de Luxeuil pour escorter l’appareil en détresse vers le terrain le plus proche. Immédiatement pris en compte, le F 104 peut se poser sur le terrain de Toul. Il était temps, à peine posé le réacteur s’arrête faute de carburant.

Le mardi 24 juin 1975, onze conseillers généraux de Meurthe et Moselle viennent visiter la base aérienne 136. Répondant à une invitation du Colonel Ghesquière, ils vont vivre une journée au rythme des aviateurs toulois. Notons la présence de MM Boileau, sénateur maire de Dombasle, Grégoire, vice-président du conseil, Koenig, de Nomeny, Teyssandier de Nancy est, Eigner de Nancy sud, Durupt de Tomblaine Saint Max, Gossot maire de Toul, Pastant de Mont-Saint-Martin, Vallin de Gerbéviller, Dalainzy de Lunéville sud et monsieur Texier secrétaire Général. Les visites des élus locaux font partie de la politique de communication mise en place par le ministère de la défense. A ce titre, toutes les bases aériennes disposent d’un bureau des relations publiques. Il est important que les militaires ouvrent les portes des unités au public et aux représentants de la population. Il faut expliquer pourquoi des petits hommes en bleu font du bruit au-dessus des têtes des villageois, pourquoi les jeunes de la nation viennent faire leur service militaire sur la base. Il n’est donc pas rare de voir les contingents, qui se succèdent sur la base, se rendre dans les villages avoisinants pour la traditionnelle cérémonie de présentation au drapeau…

Les unités aériennes organisent des échanges avec les unités étrangères, dans le cadre des accords de l’OTAN. La base aérienne de Rosières n’échappe pas à la règle. La semaine du 4 au 11 septembre 1975 est marquée par un échange d’escadron avec l’armée de l’air belge. Les évolutions dans le ciel du Toulois des F 104 ne passent pas inaperçues. En effet, le bruit caractéristique de ces appareils fait lever bien des têtes. Six F 100 en contrepartie sont allés se poser à Kleine Brogel en Belgique flamande. Les huit pilotes et les 27 mécaniciens belges, sous le commandement du major Van Handerhove, se montrent très satisfaits des multiples échanges culturels, familiaux et professionnels. Ils sont également ravis de la randonnée en Alsace qu’ils ont faite. Leur départ, le 11 septembre 1975, suit de près la cérémonie en souvenir du Capitaine Guynemer, héros de la Grande Guerre, tombé en Belgique.

Les échanges ne se limitent pas seulement aux unités aériennes. A l’occasion d’échanges franco-américains, le contrôle local d’aérodrome (CLA) reçoit le “technical sergent” Livencood durant le mois de septembre 1975. Basé en Angleterre, ce spécialiste américain du 2154th “communications squadron” de l’US Air Force, s’est parfaitement intégré au personnel du CLA. Grâce à son parrain, le sergent-chef Hechinger, notre hôte américain a pu goûter aux charmes de la vie lorraine et française. (Selon les mauvaises langues de l’époque, ils formaient une équipe de poids !)

Le 16 septembre 1975, la patrouille de France se pose sur la piste de Toul-Rosières au retour d’un meeting au Danemark. Le personnel de la base a l’occasion d’admirer les évolutions des pilotes qui s’entraînent avant de rejoindre l’Angleterre. A noter que le leader de cette patrouille, le capitaine Job n’est pas un inconnu puisqu’il a été formé à Toul-Rosières à la 11ème escadre de chasse. Il sera nommé chef d’Etat-major de l’armée de l’air par la suite. De nombreux militaires, qui ont fait leurs premières armes à la 11ème escadre et qui sont donc passés, de facto, par Rosières, sont devenus par la suite des personnages importants. 

En octobre 1975 se déroule l’inauguration officielle de l’escadron mobile d’instruction (EMI) Jaguar sur le site de Toul-Rosières. Moins de dix années après le départ des américains, l’école reprend du service. En effet, de nouveaux étudiants prennent place dans les salles aménagées avec les maquettes pédagogiques. L’inauguration se déroule en présence du Général Renther, commandant la FATac 1ère RA et du Général Roussel, commandant l’école des techniciens de l’armée de l’air de Rochefort. Cette inauguration marque un tournant dans l’histoire de Toul-Rosières, elle préfigure la fin imminente des F 100. Les escadrons sont d’ailleurs en pleine période de transformation sur le nouvel appareil.

L’escadron mobile d’instruction se transformera par la suite en ensemble équipe technique et instruction spécialisée (EETIS 68.530). Cette unité formera les pilotes et les mécaniciens. De nombreux stagiaires, issus des bases accueillant les unités Jaguar, useront leurs fonds de culottes sur les bancs de cette école. L’EETIS Jaguar de Toul-Rosières sera le seul centre de formation Jaguar pour l’armée de l’air. Ce centre, Installé dans les locaux de l’ancienne école américaine, occupera la totalité des installations. Il disposera de salles spécialisées avec des maquettes pédagogiques fonctionnelles et interactives. Il a une double vocation : celle d’instruire les nouveaux affectés sur le matériel et celle d’étudier les incidents et accidents en vue d’apporter des modifications, sur le matériel ou sur les conditions d’emploi et de mise en œuvre.

Le 5 novembre 1975 restera une date mémorable dans les archives de Rosières. Le Général Bigeard, le “Toulois”, comme la presse l’appelle, alors secrétaire d’état à la condition militaire, vient sur le tarmac de la base. Il ne pouvait pas en être autrement compte tenu de l’affection qu’il porte aux aviateurs.

Le général Bigeard avec le colonel Ghesquière
Le général Bigeard avec le colonel Ghesquière

Accueilli, à son arrivée, par le Général Grigaut, chef d’état-major de l’armée de l’air, par  le Général Rhenter, commandant la FATac 1ère RA, monsieur Rochet, préfet de Meurthe et Moselle et le Colonel Ghesquière, commandant la base aérienne 136, le secrétaire d’état reçoit les honneurs qui sont dus à son rang. Après avoir subi les assauts de la presse, le Général Bigeard s’entretient avec une délégation du personnel de la base. L’après-midi, c’est en combinaison de vol que l’on retrouve notre secrétaire d’état, à l’escadron 03.011 Corse, pour un petit vol sur Jaguar…

Le général Bigeard avec le LCL Richalet
Le général Bigeard avec le LCL Richalet

Conduit par le Lieutenant-colonel Richalet, commandant la 11ème escadre de chasse, le Général Bigeard fait un vol de 40 minutes dont un ravitaillement en vol. Il tiendra à signer le cahier d’ordre de l’escadron.

Le général Bigeard reviendra souvent sur la base de Toul-Rosières, très attaché à sa deuxième famille qu’est l’armée de l’air. Il aura toujours un petit mot gentil pour les aviateurs envoyés en cérémonie militaire dans la ville de Toul. Beaucoup d’aviateurs de la base se souviennent de cet homme qui les saluait d’un “bonjour les petits gars” lorsqu’il les croisait au cours de sa séance de footing le matin dans les rues de Toul…

Nous sommes le 27 mai, 1976, la coupe Fouga est en train de se dérouler sur le terrain de Toul-Rosières. Il s’agit du rassemblement des pilotes réservistes. Onze équipages disputent une épreuve aérienne à partir du terrain de Toul-Rosières. Le premier décollage à lieu à 10 heures locales, chaque équipage a la même mission à effectuer. L’équipage de la base de Creil remporte la victoire, l’équipage de Rosières se classe quatrième, une place fort honorable…

On se souvient des années de sécheresse. En cette année 1976, le soleil ne veut pas faire place à la pluie et la sécheresse frappe la France. Les militaires sont appelés pour aider la population, dans le cadre des missions humanitaires qui leur sont dévolues. Le 22 juillet 1976, les agriculteurs de Domèvre-en-Haye, qui ont l’habitude de traverser la voie de chemin de fer plusieurs fois par jour, n’en croient pas leurs yeux. Un train de paille, tiré par le locotracteur de la base de Toul Rosières, pénètre dans l’enceinte militaire. Un accord passé avec la fédération départementale des syndicats agricole a permis de ramener des bottes de paille depuis la gare de Toul. Cette opération, exécutée à titre gracieux, permet aux agriculteurs de récupérer l’aide aux sinistrés sans débourser un surplus de transport. En effet, si la paille était transportée par voie routière, le prix de la botte aurait été multiplié par quatre… La solidarité ne s’arrête pas là, la base a mis également des citernes d’eau à la disposition des éleveurs pour alimenter le bétail. C’est tout de même un spectacle rare et peu ordinaire de voir un train bourré de paille circuler sur des rails militaires…

1976, l année de la sécheresse
1976, l année de la sécheresse

Partagez cet article !
  • 28
  •  
  •  
  •  
    28
    Partages
  •  
    28
    Partages
  • 28

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.