A la mémoire de Papy Philippe

      Le site a vocation à parler de la 11 EC en remémorant des missions, des anecdotes, des faits de vie mais aussi et avant tout des personnels ayant vécu dans l’escadre. J’ai retracé le portrait de certains d’entre eux, mais il y a tellement d’anonymes dont bien évidemment on ne parle pas…

     Récemment j’ai reçu un courrier de la fille d’un des pilotes  me demandant certains renseignements au sujet de son père et je lui ai proposé d’écrire quelques lignes à son sujet et de me joindre des photos afin que je puisse en faire un article, ce qu’elle fit très volontiers et je la remercie sincèrement.  Portrait d’un des nombreux pilotes de la 11ème Escadre.

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Papy Philippe, pilote de chasse à l’EC  1/11

         Pour que le souvenir demeure…

          Papy était un homme discret, mais sa vie d’engagé dans l’armée de l’air le rendit exceptionnel à nos yeux. Il a servi son pays comme pilote de chasse aux commandes d’avions supersoniques dans les années 60. Là-haut, dans le ciel, il a fait preuve de courage, de rigueur et d’un profond sens du devoir.   Il y a cinq ans, il nous a quittés. Alors pour que son souvenir perdure, nous racontons son histoire. Sa vie entière a été marquée par ce passage dans l’armée de l’air. Pourtant, rien ne présupposait qu’un jour Papy soit aux commandes d’un avion supersonique, le F100 super sabre. Sa passion pour les avions débuta alors qu’il n’était qu’un petit garçon de 10 ans. A chaque passage d’avion, il sautait par la fenêtre, souvent précédé par son père pour ne rien manquer du spectacle.

       Né à Rouen, il a grandi pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a vu passer beaucoup d’avions, nul doute que cela a  marqué son imagination. Il n’aurait jamais pensé qu’un jour il serait lui-même pilote. Il s’est engagé dans l’armée de l’air sans trop y croire. Mais avec du travail, de la rigueur et de la passion, le rêve est devenu réalité. Durant une quinzaine d’années, il a sillonné le ciel pour remplir de nombreuses missions. En retrouvant les photos, nous mesurons les moments forts vécus par Papy auprès de ses équipiers et mécaniciens. C’est dans l’armée qu’il a bâti ses valeurs : faire confiance, avancer ensemble, respecter les autres et s’entraider quoi qu’il arrive. Il a vu partir de nombreux copains à l’âge où il est inconcevable de côtoyer la mort. Mais toujours, l’envie de voler apaisait ses angoisses.

      Admirateur de Antoine de Saint-Exupéry, cette citation résume bien l’engagement et le respect mutuel que tous les pilotes ressentent aux commandes de leur appareil. « La grandeur d’un métier est peut-être avant tout d’unir les hommes. »    Terre des hommes

     Papy Philippe était aussi un admirateur du vol des oiseaux, les oiseaux marins notamment. Il se plaisait à dire qu’ils formaient toujours de belles patrouilles en évoluant dans le ciel.

      Extrait du roman de Richard Bach « Jonathan Livingston le goéland » / « Jonathan ne cherche pas le ciel pour fuir la mer. Il y entre comme un pilote entre en mission. Chaque virage est un calcul, chaque piqué une décision, chaque limite frôlée une question posée à l’air. » L’avion devient alors comme un oiseau, et l’on comprend que voler, ce n’est pas se soustraire au monde, mais le contempler d’un regard nouveau. Le contempler, l’aimer et le respecter.

                                                                                                                        Sa fille, Marie-Hélène 

 

 

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