Les années GUEGUEN : 1978 – 1980

Stèle de la BA 136

Les années  « GUEGUEN »     

Le jeudi 18 mai 1978, le Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA remet le commandement de la BA 136 au Colonel Gueguen.  Il est le septième commandant de la base. 

Le colonel GUEGUEN
Le colonel GUEGUEN

Le Général Bigeard, ancien ministre, assiste à cette cérémonie. On relève également la présence du Général d’Harcourt, commandant de la 4ème DB61ème DMT à Nancy ; du Général Forget, commandant en second la FATac 1ère RA ; du Général Logier, adjoint au commandant de la 1ère division et des généraux Bourdin ; Chevalier ; Arin ; Anquetil et Gouret, ces deux derniers ayant été commandant de la BA 136 précédemment.

Le 21 mai 1978, l’escadron de protection 42.136 se classe second de la marche des 100 kilomètres organisée par la FATac 1ère RA. 

Les cocoyes à l'oeuvre
Les cocoyes à l’oeuvre

Classé 1er en 1977, le cyno groupe de la BA 136 se classe second en 1978. Réintroduite depuis peu dans l’armée de l’air, la spécialité de chien de pistage permet d’utiliser nos amis à quatre pattes pour la recherche d’individus hostiles ou simplement perdus. Le chien « Indigo », du chenil de la BA 136, a obtenu la mention « Très Bon » et s’est classé second au concours de pistage FATac 1ère RA. Afin de perfectionner la valeur technique du personnel de l’escadron de protection 42.136, le centre d’entraînement des commandos de Pont-Saint-Vincent a mis ses cadres et ses installations à la disposition de la base. Ces spécialistes de l’armée de terre sont unanimement reconnus compétents en la matière. Les fusiliers commandos de l’armée de l’air, détachés pour l’occasion, ont remporté les épreuves sélectives. Ce magnifique résultat prouve que les jeunes de cette époque valent bien leurs aînés qui se sont glorifiés dans le passé.

Le 31 mai 1978, le Colonel Gueguen, commandant la base aérienne 136, inaugure la salle du CIM. Une fois le ruban traditionnel coupé, le Colonel félicite le personnel du service infrastructure pour la qualité des travaux. Les 7 et 8 juin 1978, un exercice des moyens complémentaires de protection se déroule sur la base. Au cours d’un stade de protection « charlie », stade dit de « guerre », une vingtaine d’officiers et de sous-officiers aux ordres du Capitaine de réserve Jadelot, participe à cet exercice. Un exercice concluant, selon les responsables de l’époque, puisqu’il a permis de mettre au point et de renforcer les méthodes de travail.

Inauguration de la salle du CIM
Inauguration de la salle du CIM

Le 9 juin 1978, c’est la réouverture officielle de la piste au trafic aérien. Les travaux entrepris par le régiment du génie de Toul-Thouvenot sont enfin terminés. Une cérémonie d’inauguration, présidée par le Général Cornavin, adjoint au Général commandant la FATac 1ère RA, se déroule en présence du Colonel Gueguen, commandant la BA 136, et des représentants du 15ème régiment du génie. L’activité aéronautique peut reprendre sur la base. Les avions, qui s’étaient déployés sur d’autres bases, peuvent rentrer au bercail. Une piste toute neuve leur est offerte…

La piste est de nouveau opérationnelle !
La piste est de nouveau opérationnelle !

Comme nous l’avions déjà précisé, le football est un sport très en vogue à cette époque.

Le 22 juin 1978, le Colonel Gueguen inaugure le nouveau terrain de football baptisé pour l’occasion « El Rosiera ». C’est en ce mois de juin que se déroule la coupe du monde de football, événement de grande importance pour certains mais aussi de moindre importance pour d’autres… les préférences sont partagées sur la base, il y a aussi les inconditionnels du rugby, du hand et du volley…

Enfin, depuis le temps que les « footeux » attendaient leur terrain, le voici enfin ! 

Cela valait bien une inauguration en grande pompe. A cette occasion, l’équipe des vétérans de la BA 136 rencontre l’équipe du 15ème RGA. La bataille est dure, le 15ème   RGA l’emporte 5 buts à 2, mais l’honneur est sauf, les deux équipes ont testé la solidité des filets et l’état de la pelouse….

Le 1er juillet 1978, la base s’agrandit avec la création d’une unité supplémentaire. Il s’agit du groupe d’entretien et de réparation des matériels spécialisés 15.351. La mission de cette unité est l’entretien et la réparation des équipements électroniques de contre-mesures au profit de tous les escadrons de France et de Navarre. Cette nouvelle unité s’installe dans le bâtiment HM30, un bâtiment spécialement conçu pour cette mission. Compte tenu de la notion de secret qui entoure les contre-mesures électroniques, le bâtiment est entouré de clôtures et un sas d’entrée, gardé par les commandos de l’air, assure le filtrage du personnel. Ce bâtiment se situe près de l’escadron 02.011, chargé de la mission de brouillage électromagnétique. Il est possible de faire entrer un Jaguar devant les locaux, de manière à l’équiper des brouilleurs et à effectuer tous les tests avant vol.

Le GERMAS CME
Le GERMAS CME

Cette unité ne cessera de prendre de l’ampleur au fil des ans. En effet, la guerre électronique aura ses lettres de noblesse lors de la guerre du Golfe. C’est à partir de cette époque que les Etats-majors comprendront, très vite, mais un peu tard pour la France, l’importance du brouillage électromagnétique. Cette nouvelle technique permet de prendre la maîtrise du ciel dès le début d’un conflit armé et de protéger les vecteurs se rendant au-dessus du territoire ennemi. 

Le GERMaS 15.351 restera en activité jusqu’à la dissolution de la base aérienne 136. Comme cette unité, travaille au profit des escadrons de toute la France, il est décidé, dans un premier temps de la conserver au sein du détachement air 136. Le GERMaS 15.011, quant à lui, chargé de la maintenance de l’armement guidé laser, aurait dû se reconvertir, à la dissolution de la base, en escadron de soutien technique spécialisé et se maintenir au sein du détachement air. La décision est prise par le commandement des forces aériennes de combat (CFAC) mais l’unité est la plus éphémère du moment.  Elle est créée officiellement sur le papier, les ordres de mutation du personnel sont prononcés, puis, sans aucune explication, elle est dissoute au bout d’une semaine et les ordres de mutation sont annulés. Personnel et matériels sont regroupés avec le GERMaS contremesures. Cette nouvelle entité prend l’appellation « escadron de soutien technique spécialisé 15.530 ». Le commandement du nouvel escadron se tiendra dans les locaux du bâtiment HM30, les ateliers contre-mesures resteront dans le bâtiment, la maintenance de l’armement guidé laser continuera de s’effectuer au niveau du dépôt d’alerte, le personnel, spécialiste AGL, sera délocalisé dans le bâtiment de l’ancien escadron de défense sol/air. Une situation assez particulière au sein du DA 136…

Le mardi 5 septembre 1978, la base accueille des militaires soviétiques conduits par le Général-Lieutenant Andreiev, commandant l’aviation de l’Okroug de Moscou. Reçus par le Général de division Forget, commandant en second la FATac 1ère RA et par le Colonel Gueguen, commandant la base, les visiteurs découvrent le Jaguar à l’escadron 03.011. Parmi les accompagnateurs, citons la présence du Colonel de réserve Risso, héros de l’escadrille Normandie-Niémen. Après le déjeuner, nos camarades soviétiques sont conduits à Verdun, où ils visitent le fort de Douaumont et les champs de bataille de la Grande Guerre. Ce genre de visite correspond bien à la politique de communication appliquée, à cette époque, par la France. Pour convaincre un ennemi potentiel, il est utile de lui faire visiter ses troupes et de lui démontrer sa capacité de riposte en cas d’attaque. C’est ainsi que les postes de commandement des forces aériennes tactiques, à Metz, et les unités sont ouvertes aux visites. Le discours tenu, lors de ces visites, est, bien sûr, savamment orchestré…

Le mois de septembre est également l’époque de la rénovation de la fonction production d’oxygène liquide. Le GERMaC 16.136 bénéficie de nouveaux locaux rénovés par les mécaniciens pour abriter les bureaux de l’usine de production d’oxygène. Cette usine de production d’oxygène liquide est installée dans l’ancienne zone des caravanes près de l’escadron 03.011. Baptisée UMAT (usine mobile aérotransportable) elle permet de produire de l’oxygène liquide et de remplir les citernes mobiles nécessaires aux escadrons.  Comme elle est équipée d’un réacteur, elle doit être isolée, à cause du bruit. Il n’était pas rare d’entendre l’usine fonctionner à l’embauche. Au plus fort de sa production elle fonctionnait même la nuit…  

La fillode refaite à neuf
La fillode refaite à neuf

Pour les besoins des unités, la base dispose d’une usine de production d’oxygène liquide. Cette usine permet de remplir les citernes d’oxygène liquide pour les besoins des escadrons et du GERMaS 15.011. Située près de l’escadron 03.011, à l’emplacement des anciens « home-trailers », cette usine a même fonctionné la nuit à l’époque des grands besoins.

C'est à partir d'un réacteur qui comprime l'air que l'on obtient l'oxygène. Très bruyante, cette usine a fonctionné jusqu'en 1994
C’est à partir d’un réacteur qui comprime l’air que l’on obtient l’oxygène. Très bruyante, cette usine a fonctionné jusqu’en 1994

Le 17 septembre 1978, Toul Rosières organise une journée portes ouvertes. Plus de 60.000 personnes se pressent à l’entrée pour profiter de cette journée. La patrouille de France est de la partie. Pour son 25 ème anniversaire elle offre un spectacle où le savoir-faire et l’adresse des pilotes est le résultat d’un quart de siècle de recherches et d’expérience.

Pour le 11 novembre 1978, la base aérienne de Rosières est retenue par le Président de la République pour représenter l’armée de l’air aux cérémonies à Paris. C’est un grand honneur qui est fait à la base, le personnel est conscient que cette cérémonie doit être une réussite pour le bon renom de Rosières.

La BA 136 lors du défilé du 11 Novembre
La BA 136 lors du défilé du 11 Novembre

Placée sous les ordres du Colonel Gueguen, commandant la base aérienne 136, la délégation se compose du drapeau de la 11ème escadre, porté par le Capitaine Hartweck, d’une demi compagnie de la 11ème escadre de chasse aux ordres du Lieutenant-colonel Pissochet, commandant la 11ème escadre et d’une demi-compagnie de l’escadron de protection, commandée par le Capitaine Debonnet. L’entraînement des troupes est contrarié par un épais brouillard et un froid tenace. Ces conditions climatiques désastreuses n’entament pas le moral des troupes qui, selon les dire de l’époque, se conduisent à la perfection lors du défilé. Pour s’en convaincre, il suffit de relire les messages officiels de félicitations adressés, après la cérémonie, au commandement de la base.

Le Capitaine Hartweck, appelé » HTW » par les intimes, sera commandant de la 3 ème escadre de chasse par la suite. Le Lieutenant-colonel Pissochet, dit « Pisso » est une figure emblématique connue dans toute la force aérienne tactique. Ces deux personnes font partie des anciens qui ont marqué leur passage et qui ont été appréciés par tous leurs subordonnés… 

Le 17 novembre 1978, le Lieutenant-colonel Pissochet, passe les 6.000 heures de vol. L’événement est salué selon la tradition aéronautique. A noter au cours de cette mission, le Capitaine Ricour, qui passe son brevet de chef de patrouille. Au cours d’une cérémonie de remise de décorations, qui fait suite aux opérations extérieures (OPEX), on relève la présence de plusieurs militaires qui reviendront par la suite sur la base.

LISSONDE-RICOUR-HUET-TANI-ROBERT
LISSONDE-RICOUR-HUET-TANI-ROBERT

Le second en partant de la gauche n’est autre que le Capitaine Ricour, qui sera un des commandants de la BA 136 par la suite. Le quatrième n’est autre que l’adjudant Tani, pilote de Jaguar qui s’est distingué en OPEX. Il reviendra sur Toul-Rosières, après avoir passé le concours des officiers de réserve, comme adjoint au chef du soutien opérationnel. Le cinquième n’est autre que le Lieutenant Robert qui sera également commandant de la BA 136 et dont nous avons parlé précédemment. 

La 11 ème escadre de chasse est remodelée le 12 décembre 1978. Après 5 années passées à Djibouti, les F 100 sont considérés comme obsolètes. L’escadron 04.011 Jura est officiellement dissous et ses appareils sont remplacés par des Mirage III C venus de la base de Creil. L’état-major de l’armée de l’air décide cependant de renforcer la Force Aérienne Tactique par un escadron supplémentaire de Jaguar. Cet escadron sera positionné sur la base de Bordeaux Mérignac. Il est rattaché à la 11ème escadre de chasse et il reprend le nom et les traditions, de l’escadron 04.011 Jura, qui vient juste d’être dissous à Djibouti. Encore une bizarrerie des Etats-majors… 

C’est donc le 12 décembre 1978, sur la base aérienne de Toul Rosières que l’escadron de chasse 04.011 Jura est officiellement créé, selon la version officielle, car on devrait dire recréé, puisque comme le phœnix il renaît de ses cendres…La prise d’armes est présidée par le Général de corps aérien Fleurot, commandant la FATac 1ère RA. L’escadron de chasse reprend donc les deux escadrilles SPA 158 et SPA 161, et se succède… à lui-même…Le Lieutenant-colonel Pissochet, commandant la 11ème escadre de chasse, remet officiellement le commandement de l’unité au Commandant Argelier. A l’issue de cette cérémonie l’escadron fait mouvement sur la base de Bordeaux Mérignac son nouveau terrain de stationnement. 

C’est là que le 9 février 1979 à 15 heures, au cours d’une cérémonie présidée par le Général de division aérienne Atla, commandant la 3ème région aérienne, que le Lieutenant-colonel Pissochet confie respectivement les fanions des SPA 158 et 161 aux Capitaines Croci et Goutx, commandants respectifs, de la première et de la deuxième escadrille.

Le 25 janvier 1984, le Capitaine Croci, de l’escadron 04.011, est abattu par une colonne de l’Armée de Libération Nationale (ALN) au Tchad. Ce décès marquera la 11ème escadre de chasse. Le Capitaine Croci totalisait 3.860 heures de vol dont 1.100 sur Jaguar. Chef du détachement Jaguar à l’occasion de l’opération Manta, il trouve la mort en accomplissant son devoir. Le 26 juin 1984, la commune de Théoule sur Mer, dans les Alpes Maritimes, rend hommage à ce chef de patrouille en dévoilant une plaque au nom de Michel Croci. La cérémonie s’est déroulée en présence de M.Medecin, président du conseil général, de Monsieur Blanc, maire de Théoule sur mer et du Lieutenant-colonel Farina commandant la 11ème escadre de chasse.

 C’est sous une tempête de neige et un vent glacial que la présentation au drapeau du contingent 78/12 se déroule, le 10 janvier 1979, en présence du Général Bigeard député de Toul, qui n’aurait manqué cette cérémonie pour rien au monde. Parmi les invités citons : Monsieur Moulin, Sous-préfet de Toul, le Colonel Petitjean, représentant le Général gouverneur militaire de Nancy, le Colonel Martinage, commandant d’armes de la place de Toul, et de Monsieur Petitjean, maire de Rosières. C’est le Général Bigeard qui remet, en personne, l’insigne de la base aux plus méritants du contingent.

Le général BIGEARD remet l'insigne de la BA 136
Le général BIGEARD remet l’insigne de la BA 136

A noter la présence de notre camarade Yves Lemilbeau, fondateur de l’association TRAB 136, dans la garde au drapeau.

Madame Leclair n’est pas contente…en cette nuit de janvier 1979, son Capitaine de mari, désigné de permanence déneigement est rentré normalement à la maison au lieu de rester sur la base. Les « grenouilles » de Toul n’annoncent pas de neige mais un temps radieux. C’est trop faire confiance aux prévisionnistes du moment car lorsque le téléphone sonne en pleine nuit, Madame réveille son mari en protestant « Bravo ton alerte, tu aurais mieux fait de dormir sur la base ! Ecoute le gosse maintenant, de vrais sauvages ces militaires ! ». Notre Capitaine regagne son poste, il est 2 heures 30, la neige, censée ne pas venir est au rendez-vous, la campagne est blanche… Madame découvre les joies d’être femme de militaire. Elle ne sera pas la seule à vivre ces conditions. Je voudrais, ici, rendre hommage à toutes ces femmes qui ont supporté la vie en décalé de leurs maris militaires sur la base de Rosières, au gré des alertes et des appels en pleine nuit pour assurer la mission de la base. Et ce lot était celui de toutes les unités de support de la base, il n’était pas dévolu uniquement aux unités aériennes. Lorsque notre Capitaine arrive, enfin sur la base, tout le monde s’affaire autour de madame « Bertin », la thermo soufflante. On s’échine à faire démarrer ce réacteur de Fouga monté sur un châssis de bus Renault S45. Le réacteur hoquette, s’engorge, s’étouffe et finalement démarre dans un vacarme assourdissant. Il prend son rythme aigu, et cela fait penser au Capitaine que les consignes relatives aux nuisances sonores sont bien loin d’être appliquées… Vient ensuite le plus pénible : Le casse-tête du chauffeur ! Il faut maintenir la bonne vitesse car si la « bête » roule trop vite, la neige n’est pas traitée et si elle roule trop lentement l’air à 500° c qui s’échappe des tubes fond le revêtement de la piste…

La déneigeuse
La déneigeuse

Pas facile de tenir les 0,000666 Mach requis (soit 800 mètres par heure) pour obtenir le résultat optimal. Alors il a raison, ce brave Capitaine, de souhaiter que les chevaliers du ciel, qui s’envoleront dans quelques heures sur une piste impeccable, aient une pensée pour les chevaliers de l’apocalypse, qui ont débarrassé la piste de l’épais manteau blanc qui la recouvrait cette nuit…qui sait ? Ils ont peut-être bon cœur nos pilotes !

Le 22 mars 1979, sur le parc de l’escale, il y avait des képis blancs, des bérets rouges, des bérets noirs, bref ! Une multitude de militaires sans calots. La BA 136 recevait les stagiaires du centre d’entraînement des commandos de Pont-Saint-Vincent. A cette occasion, le Lieutenant-colonel Bescond, commandant le 26ème régiment d’infanterie de Nancy[1]  invite le Colonel Gueguen à remettre les diplômes aux plus méritants ainsi que les insignes et les fanions à leurs camarades.

Dans le cadre des
Dans le cadre des « bonnes » relations avec les biffins

Toujours dans le cadre de l’information du public, du 27 février au 2 mars 1979, la base reçoit une équipe de télévision (TF1) pour le tournage d’un téléfilm qui sera diffusé le 21 mars 79. En effet, depuis le poste de commandement enterré de la FATac 1ère RA, Monsieur Yves Mourousi présente, aux téléspectateurs, les missions de la Force aérienne tactique avec des images tournées dans les unités de ce grand commandement. La mission qui illustre cette présentation est une attaque de chars ennemis par une formation de Jaguar. Et ces Jaguar décolleront de Rosières, les caméramans parcourent les escadrons à la recherche d’images illustrant la préparation de la mission. Les mécaniciens et les pilotes des escadrons sont les vedettes éphémères de ce documentaire militaire…

Le jeudi 29 mars 1979, un exercice d’un nouveau genre se déroule sur la base. Il s’agit de l’exercice « LOG 79 » un exercice mettant en œuvre tous les acteurs de la logistique.   Chacun sur la BA 136 occupe son poste, du mécanicien de piste en passant par le mécanicien du deuxième échelon, le pilote de Jaguar, le ravitailleur de l’ERT, le mécanicien des Moyens Techniques, la cellule logistique du PC enterré : tout le monde est sur le pont pour la manœuvre ! Le but de l’exercice est simple, il suffit de rendre disponible tous les Jaguar avant de livrer bataille. Un exercice qui va donner la migraine à bien des personnels. Tout au long des jours et des nuits que va durer cet exercice, les spécialistes du ravitaillement vont rester en éveil. Depuis la direction technique de la FATac, à Metz, le centre de gestion de Châteaudun, l’organisation logistique Jaguar (ORLOJ), les entrepôts ; tous sont concernés par cette manœuvre qui est vraiment une première en son genre.

Les ravitailleurs de l’ERT 17.136 regardent, avec effarement, les camions du service du matériel venir livrer les rechanges. Les colis s’entassent sur le quai de déchargement et il faut trier, contrôler et livrer aux abonnés. La manœuvre continue jour et nuit à la lumière artificielle des néons dans le PC enterré. En surface on s’active aussi. L’escadron 01.011 s’est déployé à Mirecourt pour l’occasion. Il fournit des rechanges à l’escadron 03.011 qui se prépare à partir, tandis que l’escadron 01.007 de Saint-Dizier, venu s’installer sur la base, appelle au secours ! Le GERMaS fait des prouesses. Jour et nuit les mécaniciens s’affairent autour des avions en révision tandis que le GERMaC apporte son aide pour améliorer l’environnement des postes de travail. 

Le 6 avril 1979 à 18 heures, la BA 136 atteint les 100% de disponibilité. Le décompte est effectué au sein de la FATac et après les derniers mouvements de matériels, la victoire est proclamée.

 » La BA 136, sa fonction logistique et son escadre sont déclarés vainqueurs de LOG 79 ! »

La coupe LOG 1979
La coupe LOG 1979

Le Général Charton, chef d’état-major de la FATac 1ère RA et le Général Simonet, directeur technique remettent officiellement la coupe au Colonel Gueguen le 22 juin 1979. 

Hasard ? Chance ? Sûrement pas ! La devise de l’escadre « Res non verba »[2]  a gagné toute la base, la victoire se construit et se perpétue.

 

 

BA 136 ; les années BOICHOT 1976 – 1978

A l'entrée de la BA 136

Les années BOICHOT 1976 – 1978

Le mardi 31 août 1976, le Colonel Ghesquière rend son commandement. C’est au tour du Colonel Boichot de prendre la tête de la BA 136. Il est le sixième commandant de la base.

Le colonel Boichot
Le colonel Boichot

Placés sous les ordres du Lieutenant-colonel Lanzarini, nouveau commandant en second de la BA 136, les 600 hommes sous les armes sont passés en revue par le Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA. A l’occasion de cette cérémonie, le Colonel Boichot reçoit l’insigne d’officier de la légion d’honneur.

Monsieur Yvon Bourges, ministre de la défense, sera la première personnalité que le Colonel Boichot accueillera après sa prise de fonctions. Désireux de se rendre compte des conditions de vie des aviateurs, le ministre se rend sur la base de Rosières le 23 septembre 1976. Il est accueilli à sa descente de l’Alouette III par le Colonel. Le ministre est accompagné de nombreuses personnalités civiles et militaires. Citons le Général de corps aérien Fleurot, commandant la FATac 1ère RA, monsieur Rochet, préfet de Meurthe et Moselle, monsieur Dupuch, chef des cabinets civils et militaires auprès du ministre de la défense, le Général de division aérienne Grouiller, commandant en second la FATac, monsieur Hibon, ministre plénipotentiaire, chargé de mission auprès du ministre de la défense, le Général de brigade aérienne Forget, chef de l’état-major particulier du ministre de la défense. 

La visite du ministre de la Défense, Mr BOURGES
La visite du ministre de la Défense, Mr BOURGES

Monsieur Yvon Bourges visite les locaux du PC Guerre où il s’entretient avec une délégation de réservistes participant à l’exercice « Toul 76 ».

Janvier 1977, la nomadisation des jeunes recrues se prépare. Nouveau concept pour le centre d’instruction militaire (CIM), les appelés du contingent doivent désormais effectuer une nomadisation sous la tente et ce pendant une semaine. C’est l’ancienne base américaine de Chambley, terrain de déploiement de Toul-Rosières, qui est désignée pour l’occasion. Malgré un hiver assez vigoureux, les jeunes recrues prennent un bon bol d’air et le traditionnel défilé du 5 janvier 1977 lors de la présentation au drapeau de la 11ème escadre se déroule sans incident, malgré quelques plaques de verglas sur le terrain…

Nous arrivons au 11 mai 1977, une date historique pour la base aérienne. Le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136, est aux commandes sur le F 100 qui sera fixé, pour la postérité, sur un socle à l’entrée de la base. Petite anecdote : en 1958, le Colonel Boichot est le premier pilote français à se mettre aux commandes d’un F 100. Cela se passe à Nellys AFB aux USA. Dix-neuf années plus tard, l’histoire le rattrape, il effectue le dernier vol de l’avion qui sera exposé à l’entrée de la base… Le dernier vol sur F100 du Colonel est suivi, comme le veut la tradition aéronautique, par un baptême aux œufs et à la farine, scène immortalisée par le photographe de la base. Atteint par la limite d’âge et dépassé par les progrès en aéronautique, le F 100 super sabre doit laisser sa place à un avion plus moderne : le Jaguar. Engagée depuis avril 1975 sur Toul-Rosières, la procédure de remplacement du F 100 touche maintenant à sa fin. 

Le samedi 25 juin 1977 est une journée historique pour l’armée de l’air qui voit son dernier F 100 quitter Toul-Rosières, base support de la 11ème escadre de chasse où les appareils auront effectué près de 205.000 heures de vol.

Fer de lance de la FATac 1er RA, le F 100 vaut à la 11ème escadre de chasse l’honneur de se voir confier la mission nucléaire tactique dans le cadre de la 4° ATAF. C’est le 20 mai 1963 qu’un avion aux couleurs de la France porte une arme nucléaire pour la première fois. La France quitte le commandement intégré de l’OTAN en 1966 et ce sont trois escadrons de F 100 qui se retrouvent sur le plateau de Toul-Rosières. Ayant perdu sa vocation nucléaire, la 11ème escadre se voit alors confier d’autres missions sur F 100 : la protection des bases nucléaires des forces aériennes stratégiques (FAS), la défense aérienne haute altitude, l’appui au sol des forces terrestres, l’intervention outre-mer. C’est dans ce cadre que le 1er janvier 1973, l’escadron de chasse 04/011 Jura est créé sur le détachement air de Djibouti en Afrique. Equipé de F 100 le 4/11 constitue la force de soutien et de défense dans ce coin du monde…

A l’occasion de la journée du 25 juin 1977, tous les pilotes et mécaniciens, ayant travaillé sur F 100, au cours de ces vingt années d’utilisation, sont conviés sur le site. Une messe est célébrée en la chapelle notre Dame des ailes. Elle est dédiée aux quinze pilotes et aux mécaniciens qui ont trouvé la mort aux commandes ou à bord d’un F 100. Une cérémonie militaire se déroule ensuite sur la base. Cette cérémonie est présidée par le Général de corps aérien Fleurot, commandant la FATac 1ère RA.

C’est au cours de cette journée du 25 juin 1977 que le Colonel Boichot inaugure la stèle où le F100 numéro 131 est figé en vol pour l’éternité et l’admiration de tous …

Le colonel Boichot inaugurant la stèle F 100
Le colonel Boichot inaugurant la stèle F 100

Depuis quelque temps, une construction attirait le regard des curieux à l’entrée de la base. Il s’agissait du socle qui allait recevoir le F100 destiné à entrer dans la postérité. Ce sont des hommes du GERMaC 16.136 qui ont œuvré pour accrocher le F100 sur ce socle. L’équipe du Lieutenant Lasserre, commandant le GERMaC 16.136, est toujours prête à faire face et à relever les défis.

En cette journée du 25 juin 1977, un buffet champêtre, servi à midi, permet de fêter maintes retrouvailles entre les anciens du F 100. C’est l’après-midi, que le dernier F 100 de la ,11ème escadre quitte la base pour rejoindre le musée de l’air et de l’espace. Son dernier passage, au-dessus de la base de Rosières, à la tête de neuf Jaguar, est chaudement applaudi par toute l’assistance.

Une page de l’histoire est tournée, Rosières va vivre maintenant à l’heure du Jaguar…

Au cours de l’année 1977, l’escadron de ravitaillement technique 17.136 se met à l’heure de l’informatique. L’unité est dotée d’une nouvelle unité de traitement et cette machine, une « Logabax LX3050 », va entrer dans le jargon des mécaniciens pour de longues années. Toutes les informations saisies sur cet ordinateur sont transmises au centre de gestion des matériels techniques de l’armée de l’air de Châteaudun (CGMTAA). Véritable révolution au plan de la logistique, l’informatique va permettre une gestion centralisée et une distribution automatique des matériels. L’ère du papier touche à sa fin, enfin c’est l’objectif recherché, il restera toujours un bon de commande à remplir…

Le Capitaine Berthon, commandant l’ERT 17.136, est fier de sa nouvelle machine et se fait une immense joie de présenter le système au Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136. Il sera courant d’entendre certains mécaniciens se réfugier derrière la fatidique litanie : « ce n’est pas moi c’est la faute à l’ordinateur ! » Une excuse que les logisticiens de l’ERT n’accepteront jamais, le système étant prévu pour supprimer quasiment les risques d’erreur.

Mais le progrès ne s’arrête pas là ! En ce début d’année 1977, c’est au tour du téléphone de passer du standard manuel au standard automatique. Un immense chantier vient d’aboutir. Lancé sous les auspices du Capitaine Vacher, le projet a nécessité un énorme travail de la part des mécaniciens fils de la STB. Le nouvel annuaire, représentant 4.800 feuillets, a été imprimé par les soins du 15ème régiment du génie de l’air (RGA) de Toul-Thouvenot. La mise en page et le découpage ont été effectués à la section de transmission base (STB). La scie à ruban du GERMaC a même été utilisée pour cette opération.  Au jour fatidique, à 17 heures 45, le standardiste fait terminer les dernières conversations en cours et l’Adjudant-chef Duffros coupe l’alimentation du central manuel. En même temps, les mécaniciens débranchent les fils reliant les postes à l’ancienne installation. Une fois les branchements effectués, la mise en marche de l’alimentation de l’autocommutateur permet de reprendre les conversations sur la base. Le Colonel Boichot supervise toute l’opération avec une certaine sérénité, avant d’inaugurer ce nouveau central.

Le 16 juin 1977, Monsieur Beucler, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense vient en visite sur le site. Accompagné du Général Saint Cricq, chef d’état-major de l’armée de l’air et du Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA, il répond  aux questions des journalistes. Après la revue de presse, il reçoit une délégation du personnel de la base. Le Colonel Boichot lui fait faire son baptême de l’air sur Jaguar avant le déjeuner.

Le secrétaire d'état, Mr BEUCLER,  à son retour de vol
Le secrétaire d’état, Mr BEUCLER, à son retour de vol
Les remerciements de Mr BEUCLER
Les remerciements de Mr BEUCLER

C’est en Juin 1977 que le banc d’essai réacteur (BER) doté de son silencieux, est inauguré par le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136. Les représentants des sociétés SNECMA, ELECMA, et TURBOMECA sont présents, lors de cette cérémonie. Le banc d’essais dépend du GERMaS 15.011 et sert à effectuer les contrôles des moteurs du Jaguar, sortant de révision, avant leur repose sur avion. 

C’est en 1967 que l’état-major de l’armée de l’air décide de doter les bancs d’essais pour moteurs nouveaux de cabines à enregistrement automatique des paramètres. La base reçoit sa première cabine en septembre 1976. La lutte contre les nuisances sonores impose de doter les bancs de silencieux. Après de longs travaux les installations de points fixes pour moteur ADOUR de Toul-Rosières sont prêtes à fonctionner.

Les sportifs, qui font désormais un petit footing le long du chemin qui borde l’escadron 03.011, peuvent remarquer un gros cylindre allongé se terminant par un coude vertical s’élevant vers le ciel. Il s’agit du silencieux qui équipe le BER. Cet aménagement est le résultat d’une politique de préservation de l’environnement que l’armée de l’air a menée pour tous ses bancs d’essais. La nuisance sonore est désormais prise en compte avec le plan d’exposition aux bruits que toutes les bases aériennes doivent impérativement rédiger.

Le 22 décembre 1977, le centième Jaguar monoplace est livré à Rosières. Monsieur Caron, directeur de l’usine Breguet-Dassault ouvre la sympathique cérémonie qui se déroule à l’escadron 01.011. Il rappelle la brillante carrière déjà accomplie par cet appareil et précise que 336 Jaguar ont été livrés en Angleterre, 140 à l’armée de l’air française, 12 au sultanat d’Oman et 12 à la république d’Equateur.

Le commandant DUMAZ, à la réception du A 100
Le commandant DUMAZ, à la réception du A 100

Le premier exemplaire du Jaguar a été livré à la 11ème escadre le 07 février 1975. Il faut attendre le premier trimestre 1976 pour que l’escadron 01.011 soit loti en totalité. Le Jaguar est équipé d’une crosse d’arrêt ce qui lui permet d’apponter sur un porte-avions. Pour utiliser ce système sur la piste de Toul-Rosières, celle-ci doit être modifiée et recevoir des brins d’arrêt. Les deux câbles sont opérationnels dès le 2 août 1976. L’escadron de chasse 02.011 est opérationnel à compter du 26 octobre 1976, les 11 derniers F 100 sont alors regroupés en une escadrille sous le commandement des Moyens Opérationnels. A la fin de l’année 1976, les trois escadrons sont équipés de Jaguar avec un total de 45 avions. C’est à partir du premier janvier 1973 que l’escadron 04.011 Jura reçoit ses premiers F  100 à Djibouti (18 appareils).

Le 22 février 1978, le nouveau mess des sous-officiers est inauguré. Le Général Fleurot, commandant la FATac 1ère RA souligne lors de son discours :  » c’est une amélioration des conditions de restauration de l’armée de l’air « …

Inauguration du nouveau mess
Inauguration du nouveau mess

Le libre-service instauré dans le nouveau mess permet de traiter 1000 rationnaires le midi et environ 200 le soir. Le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136, met l’accent dans son discours sur : « l’efficacité de ces nouvelles méthodes qui allient un souci constant de présentation et de recherches gastronomiques »…

Le 17 mars 1978, c’est l’inauguration du nouveau salon de coiffure hommes du rang. Un local agréablement décoré et doté de matériels modernes accueille désormais les soldats qui veulent se faire rafraîchir une coupe de cheveux parfois un peu longue…Notez sur la photographie le civil à gauche, c’est le coiffeur de la base, vous le retrouverez un peu plus tard, certes vieilli, mais toujours fidèle à son poste…

Après le mess, le salon de coiffure
Après le mess, le salon de coiffure

Le 23 mars 1978, le Colonel Boichot, commandant la base aérienne 136, franchit le cap des 5.000 heures de vol. À sa descente d’avion, il est accueilli par le Lieutenant-colonel Pissochet, qui lui remet le diplôme officialisant sa réception dans l’ordre des vieilles tiges…

Le 24 avril 1978 le 15ème Régiment du Génie de l’Air commence la réfection de la piste. Les travaux et l’agrandissement de 1975 avaient permis d’obtenir un revêtement correct mais il fallait obtenir une solidité et une longévité supérieures. Il faut également aménager les brins d’arrêt pour le Jaguar qui possède une crosse d’appontage.  La base est donc obligée de suspendre toute activité aéronautique en provenance ou à destination du terrain.  Le régiment du génie doit procéder au rabotage et à d’autres opérations permettant d’obtenir une piste neuve en béton et tarmacadam rainuré. 

Le génie de l'Air en action
Le génie de l’Air en action

Malgré la fermeture de la piste, le contrôle local d’aérodrome (CLA) est obligé d’ouvrir le terrain en fin de semaine. On relèvera 47 ouvertures spéciales pendant la période des travaux. Ces ouvertures de piste sont commandées par le trafic issu des opérations extérieures (FAE). Toul-Rosières est la base de la force d’action rapide (FAR), elle ne peut se permettre de se mettre en veille. Cette mission essentielle de la base, c’est-à-dire le support des unités en opérations extérieures, est ce qui a motivé le personnel des unités de support tout au long de la période glorieuse. 

En effet, du Caporal des cuisines au Colonel commandant la base, chacun connaissait l’importance de la mission et son implication personnelle dans le plan d’exécution. C’est ainsi que les militaires et civils œuvraient, sans relâche, pour le bon renom du drapeau français sur les théâtres d’opérations extérieurs.

Pour le succès des armes de la France !
Pour le succès des armes de la France !

Les années  » GHESQUIERE »

La BA 136 en 1975
La BA 136 en 1975

Les années  » GHESQUIERE »

Le 6 septembre 1974, le Général de corps aérien Renther, commandant la force aérienne tactique et la première région aérienne, remet le commandement de la base aérienne 136 au Colonel Michel Ghesquière. Il succède au Colonel Anquetil dans cette fonction. C’est le cinquième commandant de la base aérienne.

Ancien commandant de la 11ème escadre de chasse, le Colonel Ghesquière fut le premier pilote à se poser sur le terrain de Toul avec son F 100 le 13 septembre 1967, soit pratiquement sept ans auparavant…

Le 28 octobre 1974, le film tourné en juin 1974 sur la base, est dévoilé au commandement par monsieur Marcellot son réalisateur. Intitulé « une étrange petite ville », le film sera projeté sur les trois chaînes de la télévision française les dimanches 3 et samedi 9 novembre 1974.

Le samedi 18 janvier 1975, la base aérienne de Rosières organise la journée des réservistes. Près de 250 réservistes, affectés de mobilisation ou non sur les bases de Nancy-Ochey ou de Toul Rosières sont présents sur le terrain. Cette journée s’inscrit à l’occasion des activités du centre air de perfectionnement et d’information des réserves (CAPIR), centre commun aux deux bases et commandé par le lieutenant de réserve Saulnier. Le capitaine Menessier, commandant en second l’escadron de chasse 01.011

Roussillon fait une conférence sur le Jaguar, avion qui devrait équiper prochainement le terrain de Toul-Rosières. En effet, il est question de remplacer le bon vieux F 100 par un avion moderne, le Jaguar.

Depuis le mois de janvier, les pilotes et les mécaniciens de l’escadron 03.011 « Corse » sont à Mont-de-Marsan pour effectuer leur transformation sur le nouvel appareil qui va équiper la 11ème escadre de chasse. Le vendredi 7 février 1975 sonne le glas pour le F 100. Le premier Jaguar, piloté par le commandant Eyraud, commandant la 11ème escadre et par le capitaine Robert, commandant d’escadrille               à l’escadron 03.011, se pose sur le terrain. 

Arrivée du premier Jaguar
Arrivée du premier Jaguar

Encadré par trois F100, le Jaguar 11RA fait son apparition dans le ciel du toulois, c’est le premier d’une longue série. Après un éclatement de la patrouille, le Jaguar se pose à 14 heures 56 Z après un vol de 40 minutes. A noter que le destin joue, parfois, de mauvais tour aux hommes. Le Capitaine Robert qui est le premier à se poser avec un Jaguar, sera chargé plus tard, lorsqu’il sera à l’Etat-major de l’armée de l’air, de travailler sur le plan de fermeture de la base. Pire encore, il reviendra sur Rosières comme commandant de base et il sera chargé de mettre en application les plans sur lesquels il a travaillé auparavant…

 L’escadron mobile d’instruction (EMI) doit venir s’implanter ensuite sur la base pour assurer la formation du personnel des escadrons 01.011 et 02.011. Après une étape pratique sur la base de Saint Dizier, la transformation de l’escadron 03.011 devrait être terminée pour la fin de l’année 1976.

Le 5 mars 1975, le Général Grouiller, commandant en second la FATac 1ère RA inaugure les nouvelles installations de la salle d’approche. La BA 136 est la 14ème base aérienne de France à bénéficier d’équipements très modernes. La standardisation des équipements des CLA (contrôle local d’aérodrome) permet d’installer en moins de trois mois un ensemble opérationnel complet composé de la vigie, d’une salle d’approche et d’une salle d’équipements techniques.  Les avantages attendus sont très appréciables, une meilleure fiabilité des appareils, une meilleure sécurité d’ensemble, une utilisation plus rationnelle. Associés à l’installation d’une climatisation et à la mise en place d’une insonorisation de qualité, ils vont contribuer au confort et à l’amélioration des conditions de travail des personnels. Les postes de percées sont équipés de scopes IP 16. Les indicateurs IR 11A du SPAR sont intégrés directement aux consoles. Le CLA fait peau neuve à l’occasion de l’opération RENAP. (Rénovation des salles d’approche).

La nouvelle salle d approche
La nouvelle salle d approche

Le 23 mars 1975 le CLA se distingue par le sauvetage d’un F 104 belge égaré suite à une panne d’instruments de navigation. Le lieutenant Franqueville, alors directeur d’approche, voit apparaître sur son écran de contrôle le symbole distinctif traduisant l’appel de détresse de l’avion belge. Très vite identifié, le F 104 est contacté et orienté sur l’approche de Toul. Le CDC (centre de détection et de contrôle) dans le même temps fait décoller deux Mirage IIIE de la 4ème escadre de Luxeuil pour escorter l’appareil en détresse vers le terrain le plus proche. Immédiatement pris en compte, le F 104 peut se poser sur le terrain de Toul. Il était temps, à peine posé le réacteur s’arrête faute de carburant.

Le mardi 24 juin 1975, onze conseillers généraux de Meurthe et Moselle viennent visiter la base aérienne 136. Répondant à une invitation du Colonel Ghesquière, ils vont vivre une journée au rythme des aviateurs toulois. Notons la présence de MM Boileau, sénateur maire de Dombasle, Grégoire, vice-président du conseil, Koenig, de Nomeny, Teyssandier de Nancy est, Eigner de Nancy sud, Durupt de Tomblaine Saint Max, Gossot maire de Toul, Pastant de Mont-Saint-Martin, Vallin de Gerbéviller, Dalainzy de Lunéville sud et monsieur Texier secrétaire Général. Les visites des élus locaux font partie de la politique de communication mise en place par le ministère de la défense. A ce titre, toutes les bases aériennes disposent d’un bureau des relations publiques. Il est important que les militaires ouvrent les portes des unités au public et aux représentants de la population. Il faut expliquer pourquoi des petits hommes en bleu font du bruit au-dessus des têtes des villageois, pourquoi les jeunes de la nation viennent faire leur service militaire sur la base. Il n’est donc pas rare de voir les contingents, qui se succèdent sur la base, se rendre dans les villages avoisinants pour la traditionnelle cérémonie de présentation au drapeau…

Les unités aériennes organisent des échanges avec les unités étrangères, dans le cadre des accords de l’OTAN. La base aérienne de Rosières n’échappe pas à la règle. La semaine du 4 au 11 septembre 1975 est marquée par un échange d’escadron avec l’armée de l’air belge. Les évolutions dans le ciel du Toulois des F 104 ne passent pas inaperçues. En effet, le bruit caractéristique de ces appareils fait lever bien des têtes. Six F 100 en contrepartie sont allés se poser à Kleine Brogel en Belgique flamande. Les huit pilotes et les 27 mécaniciens belges, sous le commandement du major Van Handerhove, se montrent très satisfaits des multiples échanges culturels, familiaux et professionnels. Ils sont également ravis de la randonnée en Alsace qu’ils ont faite. Leur départ, le 11 septembre 1975, suit de près la cérémonie en souvenir du Capitaine Guynemer, héros de la Grande Guerre, tombé en Belgique.

Les échanges ne se limitent pas seulement aux unités aériennes. A l’occasion d’échanges franco-américains, le contrôle local d’aérodrome (CLA) reçoit le « technical sergent » Livencood durant le mois de septembre 1975. Basé en Angleterre, ce spécialiste américain du 2154th « communications squadron » de l’US Air Force, s’est parfaitement intégré au personnel du CLA. Grâce à son parrain, le sergent-chef Hechinger, notre hôte américain a pu goûter aux charmes de la vie lorraine et française. (Selon les mauvaises langues de l’époque, ils formaient une équipe de poids !)

Le 16 septembre 1975, la patrouille de France se pose sur la piste de Toul-Rosières au retour d’un meeting au Danemark. Le personnel de la base a l’occasion d’admirer les évolutions des pilotes qui s’entraînent avant de rejoindre l’Angleterre. A noter que le leader de cette patrouille, le capitaine Job n’est pas un inconnu puisqu’il a été formé à Toul-Rosières à la 11ème escadre de chasse. Il sera nommé chef d’Etat-major de l’armée de l’air par la suite. De nombreux militaires, qui ont fait leurs premières armes à la 11ème escadre et qui sont donc passés, de facto, par Rosières, sont devenus par la suite des personnages importants. 

En octobre 1975 se déroule l’inauguration officielle de l’escadron mobile d’instruction (EMI) Jaguar sur le site de Toul-Rosières. Moins de dix années après le départ des américains, l’école reprend du service. En effet, de nouveaux étudiants prennent place dans les salles aménagées avec les maquettes pédagogiques. L’inauguration se déroule en présence du Général Renther, commandant la FATac 1ère RA et du Général Roussel, commandant l’école des techniciens de l’armée de l’air de Rochefort. Cette inauguration marque un tournant dans l’histoire de Toul-Rosières, elle préfigure la fin imminente des F 100. Les escadrons sont d’ailleurs en pleine période de transformation sur le nouvel appareil.

L’escadron mobile d’instruction se transformera par la suite en ensemble équipe technique et instruction spécialisée (EETIS 68.530). Cette unité formera les pilotes et les mécaniciens. De nombreux stagiaires, issus des bases accueillant les unités Jaguar, useront leurs fonds de culottes sur les bancs de cette école. L’EETIS Jaguar de Toul-Rosières sera le seul centre de formation Jaguar pour l’armée de l’air. Ce centre, Installé dans les locaux de l’ancienne école américaine, occupera la totalité des installations. Il disposera de salles spécialisées avec des maquettes pédagogiques fonctionnelles et interactives. Il a une double vocation : celle d’instruire les nouveaux affectés sur le matériel et celle d’étudier les incidents et accidents en vue d’apporter des modifications, sur le matériel ou sur les conditions d’emploi et de mise en œuvre.

Le 5 novembre 1975 restera une date mémorable dans les archives de Rosières. Le Général Bigeard, le « Toulois », comme la presse l’appelle, alors secrétaire d’état à la condition militaire, vient sur le tarmac de la base. Il ne pouvait pas en être autrement compte tenu de l’affection qu’il porte aux aviateurs.

Le général Bigeard avec le colonel Ghesquière
Le général Bigeard avec le colonel Ghesquière

Accueilli, à son arrivée, par le Général Grigaut, chef d’état-major de l’armée de l’air, par  le Général Rhenter, commandant la FATac 1ère RA, monsieur Rochet, préfet de Meurthe et Moselle et le Colonel Ghesquière, commandant la base aérienne 136, le secrétaire d’état reçoit les honneurs qui sont dus à son rang. Après avoir subi les assauts de la presse, le Général Bigeard s’entretient avec une délégation du personnel de la base. L’après-midi, c’est en combinaison de vol que l’on retrouve notre secrétaire d’état, à l’escadron 03.011 Corse, pour un petit vol sur Jaguar…

Le général Bigeard avec le LCL Richalet
Le général Bigeard avec le LCL Richalet

Conduit par le Lieutenant-colonel Richalet, commandant la 11ème escadre de chasse, le Général Bigeard fait un vol de 40 minutes dont un ravitaillement en vol. Il tiendra à signer le cahier d’ordre de l’escadron.

Le général Bigeard reviendra souvent sur la base de Toul-Rosières, très attaché à sa deuxième famille qu’est l’armée de l’air. Il aura toujours un petit mot gentil pour les aviateurs envoyés en cérémonie militaire dans la ville de Toul. Beaucoup d’aviateurs de la base se souviennent de cet homme qui les saluait d’un « bonjour les petits gars » lorsqu’il les croisait au cours de sa séance de footing le matin dans les rues de Toul…

Nous sommes le 27 mai, 1976, la coupe Fouga est en train de se dérouler sur le terrain de Toul-Rosières. Il s’agit du rassemblement des pilotes réservistes. Onze équipages disputent une épreuve aérienne à partir du terrain de Toul-Rosières. Le premier décollage à lieu à 10 heures locales, chaque équipage a la même mission à effectuer. L’équipage de la base de Creil remporte la victoire, l’équipage de Rosières se classe quatrième, une place fort honorable…

On se souvient des années de sécheresse. En cette année 1976, le soleil ne veut pas faire place à la pluie et la sécheresse frappe la France. Les militaires sont appelés pour aider la population, dans le cadre des missions humanitaires qui leur sont dévolues. Le 22 juillet 1976, les agriculteurs de Domèvre-en-Haye, qui ont l’habitude de traverser la voie de chemin de fer plusieurs fois par jour, n’en croient pas leurs yeux. Un train de paille, tiré par le locotracteur de la base de Toul Rosières, pénètre dans l’enceinte militaire. Un accord passé avec la fédération départementale des syndicats agricole a permis de ramener des bottes de paille depuis la gare de Toul. Cette opération, exécutée à titre gracieux, permet aux agriculteurs de récupérer l’aide aux sinistrés sans débourser un surplus de transport. En effet, si la paille était transportée par voie routière, le prix de la botte aurait été multiplié par quatre… La solidarité ne s’arrête pas là, la base a mis également des citernes d’eau à la disposition des éleveurs pour alimenter le bétail. C’est tout de même un spectacle rare et peu ordinaire de voir un train bourré de paille circuler sur des rails militaires…

1976, l année de la sécheresse
1976, l année de la sécheresse

BA 136 : les années Anquetil

BA 136 Toul Rosières

Les années  « ANQUETIL »

Le 25 septembre 1972, le Général Fabry, commandant la FATac 1ère RA, remet le commandement de la BA 136 au Colonel Anquetil. 

Anquetil commandant la BA 136
Anquetil commandant la BA 136

C’est le quatrième commandant de la base aérienne de Rosières.

La féminisation des armées continue sa progression. Le 6 novembre 1972, la base accueille un contingent de volontaires féminines. Mission insolite et inhabituelle que celle qui vient d’être confiée à la BA 136. Ces « bleues » d’un nouveau genre ont rejoint leur lieu d’appel déclenchant, on s’en serait douté, une certaine vague de curiosité. On connaissait les appelés du contingent, ces jeunes garçons issus des villes et des campagnes de France, venant apporter leur contribution à l’effort de défense du pays, ils viennent par obligation… on ne s’imaginait pas que des filles, pouvaient venir de leur plein gré, apporter également leur concours à la défense…

Les premières volontaires féminines
Les premières volontaires féminines

Ce nouvel aspect oblige le service infrastructure à adapter un bâtiment pour accueillir ces demoiselles. Ces volontaires féminines engagées (VFE) c’est leur appellation officielle, sont soumises à la même rigueur administrative et médicale que celle de l’incorporation des appelés masculins.

Passage en
Passage en « chambre à gaz »

C’est le 17 novembre 1972, face au drapeau de la 11ème escadre, qu’elles prennent l’engagement de tenir leur place avec courage et conviction. Et elles se plient aux mêmes exigences de l’instruction militaire, effectuant les mêmes exercices et les mêmes entraînements que les garçons. Elles sont les précurseurs en la matière, car plus tard on trouvera des femmes pilotes, d’avions de transport, dans un premier temps, mais vers les années 90, le dernier bastion, celui des pilotes de chasse, tombera et l’on trouvera des filles, même dans la patrouille de France…au grand dam de ces messieurs les « chasseurs »…

Au cours de l’été 1973, la base participe à l’opération « routes-armées », une idée originale consistant à mettre des points d’informations, sur les routes de France, points organisés par les militaires qui apportent un soutien aux automobilistes de passage dans la région. Le point armé par la base se situe sur la route nationale 411 qui relie Toul à Dieulouard.

Opération
Opération « route – armées »

 Le deuxième contingent de volontaires féminines est présenté au drapeau de la 11èmeescadre de chasse le 21 novembre 1973. Confondues en un unique recrutement sur le plan national, les 35 volontaires viennent de toutes les régions de France. Elles ont entre 18 et 21 ans, toutes sont éprises d’un idéal militaire, l’une d’elle déclarera qu’elle y pensait dès l’âge de sept ans…

Présentation au drapeau
Présentation au drapeau

Toute la gamme des emplois administratifs leur a été ouverte, avec une vie militaire assurée pour une année. La majorité de ces jeunes filles souhaitent rester dans l’armée, les portes de la carrière militaire leur sont ouvertes si elles réussissent les concours de recrutement.

Nous sommes le 8 mai 1974, l’escadron de chasse 01.011 Roussillon reçoit un détachement d’aviateurs anglais, stationnés sur la base de Wildenrath, en Allemagne. la base aérienne 136 assure le soutien logistique de cette manifestation. Une cérémonie militaire se déroule devant le poste de commandement de la base, les drapeaux français et anglais sont hissés sur le mât des couleurs. Le Colonel Anquetil, commandant la base aérienne, et le major Lloyd, commandant le détachement anglais, passent les troupes en revue.

Cérémonie Franco-anglaise
Cérémonie Franco-anglaise

Au cours de cette cérémonie le capitaine Baudry,  arrivé sur la base début 1971, se voit confier l’honneur de lire l’ordre du jour adressé par le Général de Gaulle aux armées de terre, de mer et de l’air. Ce jeune capitaine fera parler de lui, par la suite, dans le domaine de la conquête de l’espace…

Le Colonel Anquetil, commandant la base aérienne et le Major Lloyd, commandant le détachement anglais.

Le Colonel Anquetil et le Major Lloyd
Le Colonel Anquetil et le Major Lloyd

Juillet 1974, la section de secours incendie et de sauvetage (SSIS) est à l’honneur. 

Le Colonel Anquetil, commandant la base aérienne, remet au chef de la SSIS, le diplôme de la médaille de bronze de la sécurité des vols, décoration décernée à l’unité toute entière pour son action dans ce domaine. 

Les pompiers de la base sont fiers de cette distinction bien méritée qui vient récompenser le travail exécuté au cours de ces dernières années…

La SSIS à l'honneur
La SSIS à l’honneur

BA 136 : les années GOURET 1970 – 1972

Prise de commandement Pognat

Gérard BIZE est décédé hier, samedi 3 Février.  Il est l’auteur de tous les articles concernant la BA 136 et publiés sur ce site.

                                                                

Le 19 juin 1970, le Colonel Perrotte cède sa place au Colonel Gouret, qui prend le commandement de la base aérienne 136. C’est le troisième commandant de la base aérienne et c’est donc un breton qui prend le commandement.

Colonel Gouret
Colonel Gouret

 A cette époque, il y a 1.627 militaires sur le site. On compte 101 officiers, 838 sous-officiers et 688 hommes du rang. Petite anecdote, un match de football va déchaîner les passions sur la base. Une équipe composée de « l’élite bretonne » de la BA 136 est opposée au « reste du monde ». Le 1er juillet 1970, cette rencontre « internationale » de football se termine par une victoire de la Bretagne avec sept buts à un. Les antagonistes relèvent que le Commandant Le Guen, breton également, a été désigné comme arbitre de touche. On ne sait si l’arbitrage a été impartial ou non faute de détails supplémentaires…ce qui est sûr, en cette année-là, Rosières est à l’heure bretonne…

Après cet épisode, la vie de la base reprend son rythme normal, les exercices et les cérémonies se succèdent. Nous sommes à l’ère de la guerre froide. Les plans d’action des forces aériennes sont orientés vers une riposte des troupes contre une invasion du pacte de Varsovie. La dissuasion nucléaire est à l’ordre du jour. Selon le schéma retenu par les stratèges de l’époque, en cas d’invasion, la riposte graduée de la France est engagée. Elle se termine par l’envoi des Mirage IV, équipés de la bombe nucléaire, vers les objectifs stratégiques.  Deux escadres sont impliquées dans la préparation de la zone d’attaque pour les Mirage IV. 

La 3ème escadre de chasse, avec ses Mirage 3 E, est chargée de détruire les radars ennemis à l’aide du missile antiradar MARTEL. Dans le même temps, la 11ème escadre de chasse est chargée de brouiller la zone, à l’aide des moyens de contremesures électroniques embarqués. C’est la mission de l’escadron de chasse 02.011 Vosges. Les deux autres escadrons sont chargés de la destruction des moyens de lutte antiaérienne. Cette mission est le scénario joué lors des exercices déclenchés par Le commandement de la force aérienne tactique stationné sur la base aérienne 128 de Metz. Cet exercice porte le nom de « punch ». Comme on ne met pas tous les œufs dans le même panier, deux escadrons sont déployés, seul l’escadron 02.011 reste sur la base. L’ancienne base américaine de Chambley sert de terrain de déploiement. Moins éloigné de Toul-Rosières que l’aérodrome de Mirecourt dans les Vosges, l’ancienne base américaine de Chambley a l’avantage de posséder des infrastructures en parfait état et une piste adaptée.  Cette plate-forme deviendra le terrain de déploiement de la 11ème escadre de chasse. La base de Rosières sera chargée du soutien logistique et le commandant en second de la base aura les fonctions de commandant du terrain de déploiement. Un plan, dit « plan de desserrement », sera rédigé et toutes les unités de la base seront parties prenantes pour participer à la création d’une mini base aérienne sur le site. On imagine, aisément, l’ampleur de la chose. Un train de camions, pour emporter le matériel de maintenance et de mise en œuvre, des bus pour le transport du personnel, une antenne médicale, déployée par le service médical, et tout ce petit monde s’installe sur Chambley, qui devient une petite base aérienne avec un embryon de chaque unité de support, y compris un dépôt de munitions…

Commémoration de l'appel du 18 Juin
Commémoration de l’appel du 18 Juin

Le 13 novembre 1970,  jour de la commémoration de l’appel du Général de Gaulle, le Capitaine Jean Rannou[1] se tient devant le micro pour lire l’appel du 18 juin. C’est également le jour de l’arrivée du nouvel aumônier, le père Pei-Tronchi. 

Le 23 décembre 1970, le Colonel Gouret, commandant la base aérienne 136, se rend à l’hospice de Toul pour une distribution de colis. Ce geste, qui n’est pas sans rappeler celui des Américains de TRAB, est un geste simple mais réconfortant. Il témoigne de la générosité des aviateurs de l’époque. Il n’était pas rare, en effet, que les aviateurs se mobilisent pour donner un peu de joie et de gaieté aux démunis ou aux défavorisés. On relève dans l’histoire de Rosières des actes de solidarité ponctuels en regard des événements de la vie. Il y a aussi le parrainage de certaines institutions, comme celle de « Clairmatin », institution pour les jeunes handicapés, installé dans la ville de Vandœuvre-lès-Nancy.

Visite aux personnes agées
Visite aux personnes agées

Le 24 décembre 1970, le célèbre cabaret « El- Rancho », situé devant l’entrée de la base et fréquenté, à l’époque, par les Américains, est le siège d’un incendie. Sa propriétaire, partie en ville pour des achats, ne peut que constater les dégâts à son retour. A noter que des militaires de la base prêtent assistance à la « patronne » pour sauver ce qui peut encore l’être.

Le Rancho
Le Rancho

L’année 1970 sera également celle des bilans. L’ancienne prison américaine est transformée en atelier missiles (Side-Winder) qui équipe le F 100. Pour assurer les 11.200 heures de vol de l’escadre et les 2.000 heures de vol sur avions de complément, les « Nouat » ont effectué 10.000 préparations pour le vol (PPV) sur F 100, et 2.000 PPV sur T33, Fouga, Broussard et Flamand. L’ERT a exploité 50.000 postes dont 30.000 pour le F 100. 

Un groupe a été créé au sein de la SSIS, le groupe engins[2]. Il est chargé de la mise en œuvre des différents moyens permettant de maintenir la plate-forme opérationnelle. Il s’agit : de la thermo soufflante, qui permet de déneiger la piste et le taxiway ; de la turbo aspiratrice, qui permet d’aspirer les corps étrangers sur la piste, les parcs de stationnement, et le taxiway ; des grues de relevage avion et du matériel de plate-forme…Du côté de la STB, ce n’est pas moins de 25 kilomètres de câbles qui ont été posés avec le concours de l’unité des transmissions d’Orléans. On relève 170 interventions sur le Tacan et la balise « MF » du mont-St- Michel[3]

Le GERMaS 15.011 a régénéré 8.500 heures de potentiel en assurant 35 visites périodiques (VP) de 200 heures et 42 visites de 100 heures. Pour assurer une disponibilité proche de 75% sur le réacteur J57 du F 100, les mécaniciens ont débordé d’ingéniosité. Au cours des 27 visites périodiques (16 à 200 heures et 11 à 100 heures) et des 29 dépannages, ils n’ont pas chômé. Cela représente un passage de 109 réacteurs au banc d’essais. Six mille six cents parachutes frein ont été traités et 80.000 litres d’oxygène liquide ont été produits.

Le NOUAT, est un spécimen de la base aérienne de ToulRosières, dénommé ainsi à cause de son obstination  à ne pas se détacher intellectuellement de la base, même en cas de mutation sur une autre plateforme aérienne… En effet, opérant sur une autre base, le NOUAT ne tarde pas à critiquer les « us et coutumes » de sa nouvelle affectation  en répétant, sans-cesse  » Nous à Toul on faisait pas comme ça ! » Agacés, à force d’entendre cet individu critiquer la manière de faire, les aviateurs des autres bases l’on surnommé le NOUAT. Et ce surnom entré dans le langage courant des  aviateurs, si bien qu’en parlant d’un ancien de la base de Toul Rosières, il était coutume de dire « c’est un NOUAT ! » 

NOUAT
                                 

Au cours de l’année 1971, Rosières se met sur les ondes par le biais de son club radioamateur. L’inauguration du club se déroule le 23 novembre 1971 en présence du Lieutenant-colonel Despax, du Commandant Henry et du Capitaine Lotti.

Club radio-amateur
Club radio-amateur

Le Caporal Freidinger Michel, animateur du club, lance le premier appel en quatre langues. (Français, anglais, allemand et italien). Un radioamateur de Raon-l’Etape dans les Vosges lui répond. Cette première liaison marque le début de bien d’autres émissions passionnantes.

Le 25 janvier 1972, le bâtiment de type « fillod »[4]   de l’EVSVL (escadron d’entraînement au vol sans visibilité et de liaisons) est inaugurée officiellement. Les fondations étaient sorties de terre au cours du mois de septembre 1971 et au fil des derniers mois une activité intense était observée sur les lieux. C’est un escadron miniature, composé d’un officier, d’une vingtaine de sous-officiers et d’une dizaine d’hommes du rang, qui vient de prendre place dans ce bâtiment. 

L'EVSVL
L’EVSVL

Le rôle de l’escadron est d’accueillir l’affrètement aérien, les pilotes étrangers à la BA 136. Il assure les liaisons avec les bases métropolitaines et l’entraînement des pilotes. Des avions de complément comme le T33, le Fouga-Magister, le Broussard et le MD 312 Dassault sont affectés à cet escadron. L’inauguration présidée par le Colonel Gouret, commandant la BA 136, réunissait une centaine de personnes extérieures à la base.

L'EVSVL
L’EVSVL

Le 22 février 1972, une rencontre amicale rassemble l’ASNL, équipe professionnelle de football de la ville de Nancy et l’équipe mixte de la base aérienne de Toul-Rosières. Le Colonel Gouret serre chaleureusement la main à chaque joueur avant la partie. 

Malgré un début courageux, l’équipe de la base est battue au final. La rencontre est arbitrée par l’Adjudantchef Blanchon du service des sports. Un vin d’honneur est servi à l’issue. Les joueurs de Rosières n’ont pas manqué d’offrir l’insigne de la base aux joueurs de l’ASNL. Comme toute histoire gauloise, la rencontre se terminé au mess des sousofficiers devant une table bien garnie pour l’occasion (et le barde n’était pas là)[5].

Dans les années 70, les rencontres sportives sont à la mode. De nombreuses compétitions sont organisées entre les unités de la base. Le service des sports organise des tournois inter-unités. Des matchs avec des équipes extérieures, militaires et civiles, sont également organisés. Le football est le sport le plus pratiqué sur les bases aériennes en France.

Le 22 mars 1972, le Général d’armée aérienne Madon, inspecteur Général de l’armée de l’air, se pose sur la piste aux commandes d’un Mystère XX. Accompagné du Général de division aérienne Simard, adjoint et inspecteur Général des réserves de l’armée de l’air. Ils sont accueillis par le Général de brigade aérienne  Saint Martin, représentant le Général de corps aérien Fabry, commandant la FATac 1ère RA, et le Colonel Gouret commandant la BA 136. Cette visite permet de constater l’excellente tenue et les qualités des personnels ainsi que l’efficacité opérationnelle de l’organisation existante. Le Général Madon n’a pas manqué de se pencher, le lendemain, sur les problèmes techniques et les conditions de vie du personnel de la base.

Il est fréquent que les honneurs militaires soient rendus aux personnes politiques de haut rang. En général, c’est l’unité la plus proche du lieu qui délègue une section avec le drapeau pour rendre les honneurs. La BA 136 participe aux honneurs qui sont rendus au président de la République le 13 avril 1972 dans la ville de Toul.  A son arrivée en gare de Toul, monsieur Georges Pompidou, passe les troupes en revue et salue le drapeau de la 11ème escadre de chasse.  Il prononce, par la suite, un discours sur le parvis de la cathédrale où les Touloises et Toulois se sont massés.

Visite du président Pompidou
Visite du président Pompidou

Tous les sports sont à l’honneur sur les bases aériennes, certains font l’objet de championnats, organisés par la région aérienne. Le tir est une discipline inscrite aux championnats. Chaque base aérienne engage une équipe pour participer à ces épreuves. L’année 1972 voit le couronnement de la persévérance pour l’équipe de tir de la base. En 1970, début de l’aventure, six officiers et sous-officiers de la base reviennent tout penauds de Strasbourg, où ils se sont classés 11ème sur 13 équipes. Ils mesurent alors l’ampleur de la tâche à accomplir. Il faut dire que cette année-là, ils n’ont fait que trois tirs d’entraînement et que la base n’est dotée que du pistolet Mac 50 et du fusil Mas 36, un modèle désuet par rapport aux nouveaux fusils en service. En 1971, et après un entraînement, plus que sérieux ainsi que la mise en place d’armes plus récentes, comme le revolver Smith et Wesson et le fusil Mas 49-56, le sergent-chef Maillard décroche une médaille au pistolet. En 1972, l’équipe de la BA 136 se classe troisième par équipe, meilleur total au fusil avec 1.780 points. Trois tireurs au fusil sont dans les six premiers et deux sont sélectionnés pour le national à titre individuel (Capitaine Gavriloff et sergent Garnaud).

Le dimanche 5 mars 1972 le nouveau libre-service pour les hommes du rang est inauguré. Assiettes, bols, verres, plateaux viennent remplacer le traditionnel quart et le plateau d’aluminium modelé, bien connu par certains d’entre nous. Le réfectoire a changé d’aspect lui aussi. Il a été décoré, et refait à neuf. L’homme du rang peut désormais choisir les différents mets et se restaurer tranquillement. Il ne lui reste plus qu’à déposer son plateau à la fin du repas à la plonge…

Qui a dit que le métier des armes était une affaire d’hommes ? Et bien il se trompait ! En cette annéelà, la base aérienne est en émoi. On vient d’annoncer l’arrivée d’un contingent féminin. Certains se mettent à imaginer, d’autres à maugréer, et oui, il y a encore des misogynes sur la base. Une douzaine de filles vient d’arriver pour le premier centre d’instruction militaire du personnel féminin de l’armée de l’air (PFMAA). Par leur   ténacité,  leur endurance, elles parviennent à passer le cap difficile de l’intégration pleine et entière dans cette grande famille qu’est l’armée de l’air. Le 2 mai 1972, un deuxième contingent féminin débarque sur la base. A ceux qui s’étonnent de voir la gente féminine, précisons que Rosières a toujours été désignée comme précurseur pour les nouveautés dans l’armée de l’air.

Les filles ; premières
Les filles ; premières

Dans le cadre des relations armées nation, des journées « portes ouvertes » sont organisées par toutes les unités des armées. L’armée de l’air n’échappe pas à cette règle, et la base inscrit dans son planigramme, une journée dédiée à l’information du public. C’est le 25 mai 1972 que la seconde        « journée portes ouvertes » est organisée sur Rosières.            C’est un événement qui draine, encore une fois, une foule immense sur le site. Pour l’occasion, la base édite un numéro spécial du journal » Reflets »[6] qui, outre le programme, retrace toute l’histoire du site depuis ses débuts en 1967. Dès 9 heures du matin les premiers visiteurs pénètrent sur la base. Le coup d’envoi est donné par le service des sports avec les premières rencontres de football, de rugby et d’handball. A 10 heures 30, une messe est célébrée à la chapelle de la base. Les visiteurs sont ensuite dirigés vers les pistes afin d’assister à la présentation en vol des F 100. Vient ensuite l’heure du repas. Mess sous-officiers et ordinaire hommes du rang sont pris d’assaut par le public, quelques amoureux de la nature préfèrent déguster des sandwiches et des brochettes sur les nombreux espaces verts réservés à cet effet…

JPO
JPO

Le programme de l’après-midi est des plus intéressants. Une présentation d’aéromodélisme est organisée par le club de Liverdun, puis vient le tour des premières voltiges sur F 100. Exécutées avec brio, elles s’intercalent entre les passages en formation serrée de la patrouille de la base. Deux largages de parachutistes au-dessus de la piste font la joie des badauds. L’exposition statique sur le parc de la section accueil et liaisons (SAL) attire une foule de curieux. On peut relever la présence de T33, de Fouga Magister, de Dassault MD 312, de Mirage III RD, de Mystère IV, de Vautour, de Mirage III R, de Nord 2501 et de Transall C160. N’oublions pas les démonstrations des chiens de guerre, les visites des stands montés pour l’occasion. Enfin, le Nord 2501 qui permet aux nombreux gagnants de la tombola de survoler Pont à Mousson, Nancy et Toul.

Comme à l’accoutumée, la patrouille de France, équipée de Fouga-Magister, à cette époque, termine la journée par son ballet acrobatique dans le ciel de Rosières…

[1] Plus tard le Général Rannou sera nommé chef d’état-major de l’armée de l’air.

[2] Voir annexe 1

[3] Mont St Michel, 380 mètres d’altitude, rive gauche de la Moselle au nord de Toul.

[4] Bâtiments métalliques préfabriqués, construits par la Manufacture de tôlerie Ferdinand Fillod FSA. Ces baraques sont, comme les maisons, entièrement métalliques à base de profilés et de tôles d’acier, entièrement modulables, à montage et démontage rapide, principalement destinées à un usage temporaire dans un lieu déterminé.

[5] Référence à la bande dessinée « Astérix » du fait que le Colonel Gouret est breton… 

[6] Reflets : nom du journal de la base aérienne 136. Chaque base, à cette époque, édite son journal qui relate la vie des unités stationnées sur le site.

Le site change de look

Pourquoi changer de look ? C’est surtout dû au fait que le thème qui était utilisé (progiciel de présentation) n’est plus soutenu et que le risque de non compatibilité avec d’autres extensions augmente et apparaîtra à plus ou mois long terme. Il n’y avait donc plus trop le choix….

L'ancien site 11 ème Escadre
L’ancien site 11 ème Escadre

Les différences principales ? Une présentation plus aérée et surtout des articles et pages « pleine page » sans les « sidebar » qu’on trouve habituellement sur les cotés.

Installer un nouveau thème est source de problème, informatiquement parlant, et nécessite pour ce site de reprendre tous les articles et pages. 

Tout ça pour dire qu’il y aura certainement des bugs ; n’hésitez pas à les faire remonter à l’administrateur. 

En espérant que cette nouvelle présentation convienne…. 

Nouveau site
Nouveau site

La base aérienne de Toul (2 ème partie 1968-1970)

Commandement base

 

Le 3 septembre 1968, le Colonel Chenet cède sa place au Colonel Perrotte, qui prend, au cours d’une cérémonie militaire, le commandement de la base aérienne 136. Il est le second commandant de la base.

1968 Le colonel PEROTTE
1968 Le colonel PEROTTE

Dans son premier « mot du Colonel », inséré dans le journal de la base « Reflets », le Colonel Perrotte ne manque pas de faire le point sur la situation. L’année 1969 sera l’année de l’achèvement des travaux de rénovation entrepris courant 1968. Le hangar du groupe d’entretien et de réparation des matériels spécialisés (GERMaS), les escadrons, le bâtiment « 1804 » qui loge les célibataires sont concernés par cette opération. Les unités de la BA 136 ont été redistribuées dans les différents bâtiments existants.  L’entrée de la base a été conservée, l’ancien local de la porte principale a été réaménagé. Il conserve sa structure d’origine. Un portail métallique a été posé de chaque côté du poste de vigie, il y a une entrée et une sortie. Les bâtiments, occupés par la police de l’air, ont été redistribués.   L’ancien bâtiment où la police militaire américaine et la gendarmerie française se côtoyaient a été transformé pour abriter la « salle de service ». Au rez-de-chaussée, les anciennes pièces ont été transformées en cellules, c’est la « prison » de la BA 136. A l’étage, la salle de service et les chambres pour le personnel de garde. Ce sont les commandos de l’air qui assurent la protection de la base.

L’ancien bâtiment où la police militaire américaine et la gendarmerie française se côtoyaient a été transformé pour abriter la « salle de service ». Au rez-de-chaussée, les anciennes pièces ont été transformées en cellules, c’est la « prison » de la BA 136. A l’étage, la salle de service et les chambres pour le personnel de garde. Ce sont les commandos de l’air qui assurent la protection de la base.  Juste à côté de ce bâtiment, la brigade de la gendarmerie de l’air s’est installée dans un bâtiment remis en état et aménagé pour les missions de la brigade.  La zone extérieure a été réaménagée avec la mise en place d’un parc de stationnement pour les véhicules.

En continuant sur l’avenue principale (l’ancienne « New-York avenue ») on retrouve, sur la droite, les anciens bâtiments d’hébergement des « airmen », ils sont affectés maintenant aux moyens d’administration. Ils servent à l’hébergement des célibataires et des passagers. Sur la gauche, les anciens logements des officiers ont retrouvé une seconde vie. Un des bâtiments a été transformé pour abriter les moyens généraux, partie commandement et bureaux.  Le second bâtiment a été transformé pour recevoir l’escadron de protection. Cet escadron, composé de commandos de l’air, assure la surveillance et la protection de la base aérienne. Une section cynophile, avec maîtres-chiens et chiens de guerre, est rattachée à l’escadron. Le binôme, homme chien, est utilisé pour effectuer des patrouilles sur la base. 

Un peu plus loin, après le croisement, au niveau de la zone de restauration, le club des officiers est transformé en mess des officiers. Le snack devient le mess des sous-officiers et du personnel civil et le » Nco club » se transforme en ordinaire rang pour les appelés du contingent. La main d’œuvre ne manque pas, il y a quelque 850 hommes du rang sur le site. L’ordinaire rang a été refait à neuf mais le matériel ultra moderne, c’est à dire les deux autoclaves de 400 litres et les deux braisières ne font pas tout. Il ne faut pas moins de 350 litres de bière, 385 kg de pain, 400 kg de légumes et 90 kg de viande, sans oublier les 75 kg de fruits, pour préparer un repas de midi. Les deux chaînes du libre-service occupent à plein temps les 15 hommes du rang affectés aux cuisines et ce depuis 7h30 du matin. L’Adjudant Pelletier qui est à la tête des services de comptabilité et de ravitaillement se dépense sans compter, aidé dans sa tâche par le Sergent-chef Sirvent et le premier classe Remy. Le Sergent Nicolleau qui dirige les cuisines avec les Sergents Antoine et Fenelon ne chôment pas. Les journées sont bien remplies et ce n’est guère que vers 20 heures que le nettoyage des appareils et le lavage à grande eau se terminent. La priorité est cependant au sourire, cela facilite bien les choses. Un mess militaire est une cantine, restaurant militaire, pour officiers et sous-officiers. Le mess désignait au XIIIe siècle un plat cuisiné ou liquide (comme la bouillie ou la soupe), puis au XVe siècle un groupe de personnes mangeant ensemble.  A cette époque, les appelés du contingent sont appelés « hommes du rang ». Leur mess est appelé « ordinaire rang »  il changera d’appellation, par la suite,  pour devenir mess des militaires du rang ou mess rang puis mess des aviateurs lorsque les appelés seront  renommés aviateurs.  Après dix-sept heures quinze, le bâtiment « K » est animé par une foule de jeunes militaires. Il s’agit du foyer du soldat et au comptoir, où exerce le 2ème classe Woenkoeff, les commandes fusent ; Un Fanta ! Trois canettes ! T’as du chocolat ? Comme tout ce beau monde semble pressé, le serveur, d’un ton bref, lance « Minute les gars ! Y a pas le feu !  » Une réplique qui calme les esprits…Rénové par le service infrastructure de la base, ce lieu de détente et de repos est devenu un endroit agréable à fréquenter. Le Caporal Urvoy, qui s’occupe du bazar, est toujours affairé derrière ses vitrines. L’endroit est tenu propre grâce aux soins du 2ème Classe Jagoudel. Le 1er Classe Gardrat et les 2ème Classe Mercier et Seradour, coiffeurs en titre, sont occupés et ont fort à faire. Le plus gros du travail se situe à l’époque des défilés et des prises d’armes ou encore à l’arrivée d’un nouveau contingent. Il faut également citer le sympathique « Juju », qui n’est autre que le premier classe Vezier, nommé magasinier et qui vérifie inlassablement ses entrées et ses sorties de matières. Il a du travail car il s’occupe également des cinq annexes du foyer, disséminées au sein des unités de la base. Les hommes du rang méritent toute la considération qui s’attache à leur état d’appelés. Ils sont les héritiers des vertus guerrières de leurs aînés. C’est donc tout à fait légitimement qu’ils puissent, une fois le soir venu, s’abandonner dans leurs chambrées au sommeil réparateur après leur dure journée d’effort.  Si le mobilier offert par la République est des plus spartiates, nos petits soldats apprécient l’ordre et la clarté de leurs dortoirs. Nous ne sommes pas encore rendus, à cette époque, à la chambre individuelle que les derniers contingents ont connu, il faudra encore un peu de temps pour en arriver là… Le bâtiment qui abritait le « base exchange » a été fermé en attendant. Celui qui vendait les boissons alcoolisées a été détruit. L’emplacement sera transformé, quelques années plus tard, en parking. Le cinéma a été conservé, il devient le cinéma de la base et sert de salle de conférence lorsque les autorités veulent s’adresser au personnel de la base. Il est équipé en matériel de projection et, tous les mois, un film est projeté. La zone des affaires (ZA) est fermée, les bâtiments qui ne sont pas utilisés, comme magasin de stockage pour le matériel, seront démontés par la suite. La cantine civile et la nursery sont fermées. Le bowling, qui n’est pas jugé utile, est détruit, on voit nettement les traces de son emplacement sur la vue aérienne ci-dessous. 

La base, vue aérienne
La base, vue aérienne

L’école est conservée, les salles de classe serviront pour l’instruction du personnel. L’hôpital, avec ses 4400 m² est conservé dans un premier temps. Le service médical s’installe dans ces locaux, bien trop grands pour l’effectif du service et surtout trop couteux en énergie, un argument qui conduira le commandement à détruire ces bâtiments par la suite… Les entrepôts sont transformés, le service du matériel (SMC) occupe deux bâtiments, un au profit de l’ameublement, l’autre pour l’habillement. Dans la suite de cette longue lignée d’entrepôts, l’escadron de ravitaillement technique (ERT) s’installe, il lui faut un grand espace pour entreposer les pièces de rechange.  L’Escadron de Ravitaillement Technique (ERT 17.136), est une sorte d’intendance technique et une importante quincaillerie de pièces détachées. Ces rechanges, qui vont de la petite goupille de 10 centimes à la queue d’avion, à plusieurs dizaines de milliers de francs de l’époque, sont entreposés dans un vaste magasin. On compte 25.000 sortes d’articles de toutes sortes. L’ERT stocke également les munitions de la base dans un dépôt de munitions situé à l’extrême nord. Les carburants pour les automobiles sont également stockés par cette unité. 

Pour se donner une idée de l’importance de cette unité il suffit de se pencher sur les statistiques. En 1969, l’unité a reçu 500 tonnes de matériel et en a expédié 620, ceci suite à 60.000 commandes des unités abonnées. L’environnement technique sur la BA 136 découle des besoins engendrés pour faire voler un avion. Pour que le F 100 décolle et accomplisse ses missions il lui faut du carburant, et il en est gourmand, de l’huile pour la mécanique, de l’oxygène respirable.  Pour le guider, il faut un radar et des systèmes de transmission.  Les mécaniciens en escadron ont besoin de matériels de servitude au sol, de rechanges et des ingrédients. Pour les missions de guerre, il faut des munitions, des bombes et des missiles. Pour que tout cela fonctionne correctement, il faut assurer également, la réparation des pièces défectueuses, les révisions périodiques, l’approvisionnement des pièces de rechange, le déneigement en hiver, l’entretien des véhicules nécessaires aux hommes, l’alimentation en énergie électrique de la base… Vaste programme qui se déroule quotidiennement sur la BA 136 de Rosières en cette fin d’année 1968.

Vue du fichier F100 (1970) photo Jean Marc Allongue
Vue du fichier F100 (1970) photo Jean Marc Allongue

Vue aérienne de l’ancien dépôt de munitions américain. On accède à ce dépôt par une route partant de la base et traversant le bois d’Avrainville. En 1, le sas d’entrée permettant un filtrage des véhicules. en 2, le bâtiment vie, accueillant les bureaux et les sanitaires ainsi que le logement des filtreurs. On aperçoit les magasins à munitions et les abris semi enterrés pour les munitions de gros calibres. Des merlons protègent les constructions. Ce dépôt prend l’appellation de DPMu, soit dépôt principal de munitions. Compte tenu de son implantation sur le territoire de la commune de Tremblecourt, il sera appelé « dépôt de Tremblecourt ». Le personnel dépend de l’escadron de ravitaillement technique. Les filtreurs sont des commandos de l’air, rattachés à l’escadron de protection de la base. Le DPMu a pour vocation de stocker les munitions nécessaires aux missions des unités aériennes et à la défense de la base, ainsi que les munitions d’exercice, nécessaires à l’entraînement des pilotes. Les livraisons se font par la route de service reliant le dépôt à la base. Le dépôt est gardé en permanence, des rondes sont effectuées la nuit par des maîtres chien accompagnés de leurs chiens de guerre. Cet espace fait partie des zones sensibles de la base, un polygone de sécurité pyrotechnique délimite les zones dont l’accès et la construction sont réglementés. Après les hangars dévolus à l’ERT, l’avant-dernier entrepôt sera attribué au centre de transport automobile puis, par la suite, au garage de la BA 136. Le dernier entrepôt de la lignée, sera transformé, bien plus tard, pour accueillir l’escadron de défense sol/air. L’installation des unités se fait au fur et à mesure, les travaux étant inscrits par ordre de priorité sur le plan d’infrastructure.

Vue aérienne du DPMU
Vue aérienne du DPMU

Vue aérienne de l’ancien dépôt de munitions américain. On accède à ce dépôt par une route partant de la base et traversant le bois d’Avrainville. En 1, le sas d’entrée permettant un filtrage des véhicules. en 2, le bâtiment vie, accueillant les bureaux et les sanitaires ainsi que le logement des filtreurs. On aperçoit les magasins à munitions et les abris semi enterrés pour les munitions de gros calibres. Des merlons protègent les constructions. Ce dépôt prend l’appellation de DPMu, soit dépôt principal de munitions. Compte tenu de son implantation sur le territoire de la commune de Tremblecourt, il sera appelé « dépôt de Tremblecourt ». Le personnel dépend de l’escadron de ravitaillement technique. Les filtreurs sont des commandos de l’air, rattachés à l’escadron de protection de la base. Le DPMu a pour vocation de stocker les munitions nécessaires aux missions des unités aériennes et à la défense de la base, ainsi que les munitions d’exercice, nécessaires à l’entraînement des pilotes. Les livraisons se font par la route de service reliant le dépôt à la base. Le dépôt est gardé en permanence, des rondes sont effectuées la nuit par des maîtres chien accompagnés de leurs chiens de guerre. Cet espace fait partie des zones sensibles de la base, un polygone de sécurité pyrotechnique délimite les zones dont l’accès et la construction sont réglementés. 

Après les hangars dévolus à l’ERT, l’avant-dernier entrepôt sera attribué au centre de transport automobile puis, par la suite, au garage de la BA 136. Le dernier entrepôt de la lignée, sera transformé, bien plus tard, pour accueillir l’escadron de défense sol/air. L’installation des unités se fait au fur et à mesure, les travaux étant inscrits par ordre de priorité sur le plan d’infrastructure. Le service de sécurité incendie et de sauvetage (SSIS), au sein de la base, s’installe dans les locaux de la tour de contrôle. Ce service assure un rôle primordial de sécurité de piste. Il assure également la protection préventive et active des installations, la lutte contre les feux dans les accidents aériens et le sauvetage du personnel. Il assure les interventions diverses comme le chasse neige de jour et de nuit en période hivernale. Il utilise des véhicules aux noms bizarres pour les non-initiés, tels les « VRE, VLE, APM, VS. » Le Lieutenant Mambrini, chef de la SSIS est aidé dans sa tâche par l’Adjudant Breuille, adjoint au chef de la SSIS. En cas de crash d’aéronef, la procédure implique l’entrée en action du VRE, (véhicule rapide d’extinction) suivi du VLE, (véhicule lourd d’extinction). Ce dernier, grâce à sa lance de tourelle, assure l’extinction complète avec la mousse contenue dans la citerne. Le VS, (véhicule de sauvetage) peut entrer en action pour récupérer le pilote. Les pompiers, équipés de la tenue en amiante et de l’appareil respiratoire autonome, peuvent pénétrer dans la zone des flammes. Mais la SSIS intervient également en ce qui concerne les points sensibles comme les soutes à carburants et les bâtiments. Dotés d’autopompes mixtes (APM), les pompiers peuvent faire face aux incendies pour tous genres de feu. Casques brillants, bottes et blousons  » baranisés « , les pompiers de la BA 136 sont pimpants mais surtout vigilants. Douze hommes du rang et quatre sous-officiers sont en alerte permanente. L’effectif global de la SSIS est de 60 hommes dont l’efficacité n’est jamais mise en défaut.

SALE section accueil liaison et entrainement
SALE section accueil liaison et entrainement

La section accueil, liaisons et entraînement (SALE) s’installe sur le parc avion près de la tour de contrôle. « Chez les grenouilles de Rosières ça saute ! » Il s’agit du DMA, autrement dit du détachement météorologique air de la BA 136, rattaché aux moyens opérationnels. Le détachement de la météo est animé par une quinzaine de personnes, dont deux fonctionnaires de la météo nationale, huit sous-officiers brevetés et cinq militaires du rang aides météo. Trois brevetés supérieurs sont au service protection/prévisions, cinq brevetés élémentaires sont à l’observation. Surnommés les « grenouilles » (le jeu de mot est assez facile), ils assurent le pointage des cartes sol et altitude. Cela représente quelque 1.200 stations de la Pologne aux Açores et du Groenland à l’Afrique du Nord. Le travail débute à une heure du matin. Tout ce petit monde concourt au traçage des cartes, à l’élaboration des prévisions qui seront transmises dès 7 heures 45 aux trois escadrons. Le traçage des cartes se poursuit toute la journée. Il faut être en mesure de répondre, sur le champ, à toute question concernant le temps sur l’ensemble de l’Europe occidentale et en Afrique du Nord. Installé dans la tour de contrôle, le personnel ne changera pas de place jusqu’à la dissolution du service.

Le DMA
Le DMA

Telle une hydre tricéphale la section de transmission base (STB) est composée de nombreux services. Il y a : le service fil, système nerveux de la base, le service radio, qui n’est autre que sa voix et son ouïe, et le service radar qui est sa vue. Placés sous la coupe de l’officier adjoint technique de la STB, les services spécialisés forment la partie la plus complexe et la plus étendue de l’unité. Le réseau filaire constitue le système nerveux de la base dont le centre est le répartiteur. Les liaisons filaires extérieures, très coûteuses et souvent insuffisantes sont complétées par les liaisons hertziennes. Tapis à proximité de l’enceinte de la base, les cousins de l’escadron des câbles hertziens, l’ECH, ne se remarquent que par un mât métallique sur lequel se trouvent accrochées desantennes « hélices ». Elles ressemblent à d’énormes cigares braqués en direction d’autres stations similaires. Le service radio, avec son centre émission situé audelà de la piste, permet de communiquer par la voie des ondes. Travailleurs de l’ombre, les spécialistes du radar sont confinés dans leur îlot. De curieuses antennes émergent de ce petit enclos. La plus visible est celle du radar SRE qui fouille dans un espace aérien de 100 kilomètres. Il faut adjoindre à ce dispositif le SPAR, radar d’atterrissage qui prend les aéronefs en compte à partir de 10 nautiques soit environ 18 kilomètres. Le commandement de cette unité s’est installé dans l’ancien centre d’éducation, devenu, par la suite, le central américain qui abritait tout le réseau filaire de la base. D’ailleurs, le nouveau réseau de la BA 136 sera raccordé à  cet endroit. Autant utiliser les installations déjà existantes…

Le commandement de la 11ème escadre s’est installé au premier étage (partie bureaux) de la tour de contrôle. Le bâtiment regroupe donc les éléments principaux pour la conduite des vols : le contrôle local d’aérodrome (1), la météo (2), la section incendie et secours (3) et le commandement de l’escadre avec une vue sur le taxiway et la piste (4). 

Les OPS de la 11EC
Les OPS de la 11EC

Le commandement de la base aérienne s’est installé, quant à lui,  dans le bâtiment du » Headquarter » à l’étage et dans l’aile gauche. Ce grand  bâtiment abrite également les moyens techniques et les moyens administratifs. Il y a de la place pour tous les services…

Commandement base
Commandement base

Le gymnase, la chapelle, conservent leur destination première. La chapelle est rebaptisée, elle devient « notre Dame des ailes » elle est dédiée au culte catholique. La décoration intérieure sera réalisée, plus tard, par une artiste.
Elle accueillera, tout au long de l’existence de la base, des cérémonies religieuses comme des communions, des baptêmes et des mariages. Elle sera, malheureusement, détruite en 2011 lors de la construction de la centrale photovoltaïque.

Notre Dames des Ailes
Notre Dames des Ailes

A l’extrémité de l’ancien rectangle des affaires, un bâtiment sera reconverti pour accueillir le groupe d’entretien et de réparation des matériels communs (GERMaC 16.136). Les différents ateliers de réparation et de confection s’installent. Le GERMaC ne restera pas indéfiniment dans ces lieux. En effet, Il déménagera lors de la construction du dépôt d’alerte de l’escadre (DAE) car il se trouvera dans la zone de danger excluant toute concentration de personnel en cas d’incident ou d’accident pyrotechnique.  Le GERMaC se repliera donc à la place du garage, en face de l’ancienne zone des « trailers », elle-même reconvertie en chenil pour les chiens de guerre du groupe cynophile. Comme on le voit, l’aménagement du site sera pratiquement permanent, évoluant au fur et à mesure des constructions, devenues nécessaires ; de par le changement de mission ; le remplacement des aéronefs F 100 par le Jaguar ; l’implantation du centre de maintenance de l’arment guidé laser et la mise en place de nouvelles unités. Les unités se déplaceront, le visage de la BA 136 changera constamment jusqu’à sa dissolution.  Le GERMaC 16.136, après son repli en 1989. La zone boisée correspond à l’ancienne zone des « trailers », reconvertie en chenil. Les bâtiments du GERMaC ont été rénovés, en 1, le commandement et les bureaux, en 2, les ateliers de confection et de mécanique, en 3, un hangar servant à abriter les véhicules et quelques ateliers. Le garage sera transféré dans un ancien entrepôt après l’ERT 17.136.

Non loin de là, le dépôt des essences des armées dispose d’un espace de stockage carburant et d’une zone pour le stationnement des camions citernes qui ravitaillent les aéronefs.  Les bureaux de cette unité sont installés dans la zone des anciens bâtiments pour les « airmen ». Le groupe d’entretien et de réparation des matériels spécialisés (GERMaS 15.011) s’installe dans l’ancien hangar de maintenance des américains, près de la zone Vosges. Cette unité a besoin d’espace pour implanter les nombreux ateliers. L’ancien mess de l’escadron sera transformé pour accueillir ces ateliers, il prendra l’appellation de « HB1 » sur les plans.

Atelier réacteur
Atelier réacteur

En 1, le hangar de maintenance avec son appentis, sur sa gauche, accueillant l’atelier réacteur. En 2, l’ancien mess escadron, transformé pour accueillir les différents ateliers du deuxième échelon. L’inauguration du nouvel hangar a lieu le 9 décembre 1969. C’est le Colonel Perrotte, commandant la base aérienne 136, qui coupe le cordon. La rénovation entreprise va permettre aux mécaniciens de retrouver un peu plus d’aisance et de confort.
Une salle de cours toute neuve a été aménagée à l’étage. Les bâtiments annexes (le HB1) ont été également rénovés. Les ateliers sont aménagés pour permettre à l’unité de remplir sa mission. Ce n’est pas un luxe, deux ans après l’arrivée de l’unité, les mécaniciens vont enfin travailler dans des conditions normales.

Perrotte inaugure le GERMAS
Perrotte inaugure le GERMAS

Toutes ces rénovations sont effectuées soit par des entreprises civiles, soit par le service infrastructure de la base, en liaison avec le service local constructeur (SLC). Le service infrastructure dispose d’ouvriers civils et de personnels militaires, regroupant des sous-officiers et des militaires du rang. Pour se donner une petite idée de leur implication dans le domaine de l’entretien et de la rénovation des locaux, il suffit de consulter les archives du magasin du service infrastructure. La consommation annuelle tourne autour de 19 tonnes de peinture, 3000 ampoules, 340 tubes au néon, 217 mètres carrés de vitre, il faut ajouter le sable le ciment et les parpaings, ainsi que les éléments de la plomberie, de la menuiserie, de la ferronnerie et la petite quincaillerie… une chose est sure, on ne chôme pas dans ce service en ces années-là… Ces matériaux de base sont achetés dans le commerce local, de même que les articles non ravitaillés par l’armée de l’air, il faut y ajouter les pièces automobiles et les denrées alimentaires qui sont ravitaillées par le même canal. Puisque nous parlons des retombées dans le domaine économique local, voici quelques chiffres permettant de se donner un aperçu : Le service des subsistances assure 2000 repas quotidiennement. Huit-cent repas sont servis au mess des sous-officiers, les aviateurs de Rosières consomment 200 tonnes de pommes de terre par an… Au niveau des véhicules, le service du transport automobile met en œuvre, dans son garage, une flotte de 180 véhicules, de la R4L, à la semi-remorque, en passant par la grue automobile. Ce sont 13 cars qui assurent le transport quotidien du personnel sur 8 lignes régulières desservant les villes et bourgades avoisinantes. Cela représente 1.200 passagers par jour, avec un service de ramassage scolaire de quelque 1.300 enfants. Le service assure la formation de 700 conducteurs par an avec un taux de réussite avoisinant les 90%. Ces véhicules parcourent chaque année plus de deux millions de kilomètres. Les relevés de 1970 annoncent un passage de 1.520 véhicules en révision ou réparation au sein du GERMaC, ce qui représente quelques pièces automobiles achetées dans le commerce local. Au niveau du service des achats de l’escadron de ravitaillement technique (ERT 17.136), on relève 3.712 articles achetés en 1970, dans le commerce local. Cela représente 48.000 kilomètres effectués en 600 sorties, par le personnel du service achats et une gestion de 360.000 francs de l’époque, soit un équivalent actuel de 55.000€.

Le bureau logement de la base, s’occupe de donner un toit au personnel affecté dans les différentes unités. Du fusilier de l’air au pompier, en passant par le cuisinier, le chauffeur, le mécanicien, le secrétaire, le pilote, ce ne sont pas moins de six cents cadres qui sont logés sur les villes de Toul, Pontà-Mousson et Nancy.  A l’aube de l’année 1969, il reste un petit souci en ce qui concerne le logement des familles. Les constructions neuves de la ville de Pont-à-Mousson ont permis de résoudre une partie du problème. De nouvelles mesures doivent être prises pour dégager des places dans les HLM de type F2 à Toul. Un programme est en cours pour début 1969, l’achèvement des cités sur la commune touloise devrait permettre de reloger le personnel dans des conditions plus économiques. L’organisation d’une telle collectivité sur le site de Toul-Rosières implique un système administratif important et à la hauteur de la tâche. Les Moyens d’Administration 30.136 relèvent ce défi. Gestion des finances, administration du personnel, liquidation des factures, règlement des frais de déplacements, trafic postal, gestion et entretien des matériels d’ameublement et de couchage, habillement du personnel : telles sont les missions des femmes et des hommes qui composent ce service. Les Moyens d’Administration gèrent une population de 1.672 militaires, composée de 110 officiers, 841 sous-officiers et 721 hommes du rang. Il faut ajouter à tout cela le personnel civil de la défense et de droit privé (personnel employé localement pour les besoins du service).
Pour 1970, les mots clefs sont efficacité, administration, productivité, gestion fonctionnelle ! Des mots à la mode qui sont en relation avec l’adaptation nécessaire à la vie moderne. Le budget de fonctionnement de la BA 136 représente, à cette époque, 60 millions de francs nouveaux soit : 1% du budget de l’armée de l’air (environ 9.146.941 €).
Le 26 janvier 1970, le réseau « AIR 70 » est inauguré par le Général Simard, commandant les transmissions de l’armée de l’air. La base est enfin dotée d’un réseau de communication téléphonique à la hauteur de ses besoins. On peut, désormais, contacter une autre base aérienne sans passer par le central téléphonique… 1970 sera l’année des visites, trois ans après le déménagement, les différentes autorités militaires vont venir s’enquérir de l’état des différentes unités. Le 28 janvier 1970, le Général Fourquet, chef d’état-major des armées vient en visite sur la base. Accompagné du Général Fabry, commandant la force aérienne tactique et la 1ére région aérienne et des autorités militaires, il visite les installations et notamment la salle opérations de l’escadron 02.011 Vosges. Il regagne Paris à 14 heures locales par voie aérienne.
Le Général Fabry, commandant la force aérienne tactique et la première région aérienne, revient, peu de temps après, inspecter les Moyens Techniques 10.136. Un événement de grande ampleur va se dérouler en cette année. La base aérienne 136 organise la première journée « portes ouvertes ». La date choisie pour cette manifestation est le dimanche 7 juin 1970. Tout est mis en œuvre pour que cette journée soit une réussite.
La foule se presse, ne peut-on pas gagner un baptême de l’air comme il est indiqué sur les affiches apposées un peu partout pour l’occasion… Il y a aussi la curiosité de découvrir les aviateurs français, les fameux successeurs des Américains… A l’occasion de cette première JPO, le GERMaC 16.136 a construit un petit train pour emmener les autorités vers le lieu d’inauguration. Un moyen de transport très original qui est le fruit de l’esprit inventif des mécaniciens de l’unité. Cet esprit inventif se perpétuera tout au long de l’histoire de Toul-Rosières. Que ce soit à l’occasion de la fête des mécaniciens, la fameuse « Saint Eloi », pour l’arbre de Noël des enfants ou pour toute autre manifestation, le traditionnel char sera présent. Construit avec les moyens du bord, il circulera sur les rues de la base pour la joie des petits et des grands.

Le petit train de la JPO construit par le GERMAC
Le petit train de la JPO construit par le GERMAC

La base aérienne de Rosières prend vie petit à petit. Sur la vue aérienne de la zone opérationnelle de l’époque (page suivante), l’escadron 03.011 Corse, n’est pas encore entouré de clôtures. Il n’y a pas encore de hangarettes ou d’astroarches 8 dans les marguerites au niveau des escadrons l’aménagement se fait au fur et à mesure du déblocage des budgets réservés à l’infrastructure.

Sur cette vue, on peut encore apercevoir la zone du mess escadron et du bâtiment d'hébergement, construit du temps des américains. Ces constructions seront démontées par la suite. Les abris pour les barrières d'arrêt, en bouts de piste, ne sont pas encore installés.
Sur cette vue, on peut encore apercevoir la zone du mess escadron et du bâtiment d’hébergement, construit du temps des américains. Ces constructions seront démontées par la suite. Les abris pour les barrières d’arrêt, en bouts de piste, ne sont pas encore installés.

Sur cette vue, on peut encore apercevoir la zone du mess escadron et du bâtiment d’hébergement, construit du temps des américains. Ces constructions seront démontées par la suite. Les abris pour les barrières d’arrêt, en bouts de piste, ne sont pas encore installés.

Bonne année 2018

Encore un décollage pour faire plaisir a la mécanique

 

Cette année, c’est avec une photo de Fifi (a priori inédite) que je vous souhaite une très bonne et heureuse année 2018 !
Au cours de cette année, l’article https://www.pilote-chasse-11ec.com/lexique-dargot-aeronautique-militaire vous a (plus que) bien plu ! Il a été vu près de 14 000 fois ! 

Histoire de, quelques photos publiées cette année. 

La base Aérienne de Toul ; BA 136 (1ère partie)

Histoire de la BA 136

L’histoire de la 11 ème Escadre de Chasse, dans sa dernière partie (1967 – 1997) est indissociable de celle de sa base support, la BA 136 de Toul Rosières. Gérard Bize qui y a exercé des fonctions techniques pendant de nombreuses années a effectué un travail remarquable en écrivant l’histoire de cette base aérienne. Cet article est consacré à la première partie ; les Américains viennent de partir et l’Armée de l’Air Française vient prendre possession des lieux. 

Les années « CHENET » (1967 – 1968)

Nous sommes le 21 mars 1967, le drapeau Américain est descendu pour la dernière fois sur la base américaine de Toul Rosières (TRAB).  Le 7544th Support Group vient d’être réactivé pour opérer la fermeture de la base et rendre le terrain aux français…

 Les français, en effet, vont reprendre le terrain de Rosières. La France vient de se retirer du commandement intégré de l’Otan, les bases et dépôts de matériels de France sont fermés. Les américains se retirent, soit vers l’Allemagne, soit vers l’Angleterre ou les USA. Le 21 décembre 1966, une première délégation de la base aérienne française 136 de Bremgarten, en Allemagne, se rend à Toul-Rosières avec la délicate mission d’engager les négociations avec les Américains pour la reprise du terrain. On imagine aisément la dose de diplomatie qui leur faut pour entamer les discussions ; les Américains qui se retirent se sentent quelque peu chassés de cette terre de France qu’ils sont venus, naguère, sauver de la botte nazie.

BA 136 Premiers travaux
BA 136 Premiers travaux

C’est donc la base aérienne 136 de Bremgarten, en Allemagne, qui a été retenue pour occuper le terrain de Toul-Rosières après le départ de l’US Air Force en Europe (USAFE). Cette décision a été annoncée par voie de presse par monsieur Jacques Chirac, alors secrétaire d’Etat, chargé des problèmes et de l’emploi, lors d’une conférence avec les médias. Deux escadres aériennes françaises vont être rapatriées d’Allemagne pour combler le déficit laissé par le départ des américains. 

Les opérations de transfert sont planifiées dès le début de 1967. Des entreprises françaises sont requises pour effectuer les premiers travaux d’infrastructure, rendus nécessaires pour l’arrivée des Français. Ces entreprises vont cohabiter, un certain temps avec les Américains, une situation parfois assez délicate.

Le 17 avril 1967, l’échelon précurseur de Bremgarten quitte l’Allemagne, pour s’installer sur l’ancienne base américaine de Rosières. Le constat effectué à l’arrivée est assez impressionnant. Les  Américains  ont presque tout emporté, du gazon, qu’il suffisait d’enrouler, à certains lavabos des sanitaires, tout ce  qui composait l’ambiance « made in USA » a disparu. Ils ont laissé derrière eux un immense dépôt de ferraille et d’objets divers. Tout ce qui n’a pas été emporté est resté là. La première opération, après le recensement des installations, est un grand nettoyage pour libérer les espaces saturés…

D’autre part, la totalité des installations ne sera pas reprise. Des bâtiments, comme le bowling, les logements de la zone Roussillon, les mess escadrons, tout ce qui ne correspond pas à la philosophie des bases aériennes françaises sera soit démoli ou désaffecté.

Le 15 mai 1967, le Lieutenant-colonel Espieux, accompagné de 150 hommes, prend le commandement de la BA 136 de Toul-Rosières « à titre provisoire ». Le transfert du personnel et du matériel de Bremgarten doit se faire en cinq phases, selon le bon vieux principe de la « tache d’huile ». C’est ce que préconise le document de travail élaboré par l’Etat-major de l’Armée de l’air. Toutes les opérations de transfert doivent être achevées pour le 1er décembre 1967. C’est un objectif plus qu’ambitieux et qui ne prend pas en compte les travaux supplémentaires rendus nécessaires suite à l’état des lieux dressé à l’arrivée. Le transfert de la base de Bremgarten n’est pas une tâche aisée. Il s’agit de réaffecter les bâtiments existants à Rosières, aux différentes unités, tout en prenant en compte l’effectif, les missions et le volume de matériel de chaque unité. Cette prospective se complique d’autant plus que les installations ont été construites en fonction des habitudes de travail des américains. Il faudra donc repenser complètement l’aménagement de certains bâtiments, un réaménagement qui ne sera pas sans conséquence sur le budget alloué à cette opération de transfert.

Les premiers contrôleurs aériens qui se rendent sur les lieux sont chargés d’effectuer le repérage du site et de choisir l’emplacement du futur bureau information air (BIA) et de l’approche. Adjudant-chef Brancaléoni, accompagné de l’Adjudant Aime et des Sergents Sellier et Gervais ont cette lourde tâche. Ils ne peuvent que constater l’absence d’installations techniques adéquates. Il ne reste que les murs dans les bâtiments abandonnés par les Américains. Le premier registre journalier du Contrôle Local d’Aérodrome (CLA) n’est ouvert que le 25 mai 1967. Les deux premiers atterrissages et décollages ont lieu le 30 mai 1967, il s’agit d’avions de liaison.

Le 29 mai 1967 la phase II du transfert est engagée. Il faudra cependant un mois de travail intense pour pouvoir débuter la phase III, c’est à dire la mise en place d’un échelon d’accueil de la 11ème escadre de chasse.

Les premiers F100 arrivent
Les premiers F100 arrivent

Le 24 juin 1967, l’échelon précurseur de la 11ème escadre de chasse rejoint le terrain de Rosières. Le 26 juin 1967, les moyens de support sont activés, ils sont commandés par le Commandant Capillon (qui deviendra CEMAA),  alors chef des moyens opérationnels et commandant d’escadre.  Le début de l’activité du CLA se situe courant août 1967 sous la coupe du Capitaine Leverge et de son équipe, composée du Sergent-chef Cadario et du Sergent Ouvrieu. Ces trois compères s’attaquent à la calibration du système de percée (SPAR) et du radar SRE. Ils doivent également élaborer les consignes de percée sur Toul-Rosières pour permettre l’arrivée des F 100 de Bremgarten. L’équipe est renforcée par l’arrivée du Lieutenant Lelan et du Sous-lieutenant Lebras. Ces pionniers ont le grand honneur de guider l’arrivée des quatorze F 100, qui constituent la première vague, issue de Bremgarten. Elle se pose sur le site de Rosières le 14 septembre 1967.

Ces avions, avec à leur tête le Commandant Ghesquière, atterrissent sous l’œil interrogateur des habitants du petit village de Rosières, qui découvrent ainsi leurs nouveaux voisins.

L’instruction du 21 juin 1967 fixe le transfert de Bremgarten vers Toul-Rosières pour le 1er septembre 1967. Le véritable mouvement s’effectue le 25 septembre 1967 avec un retard de 25 jours sur la date initiale. C’est un exploit, compte tenu de la situation matérielle découverte initialement par l’échelon précurseur…on note déjà l’effort consenti par le personnel pour que la base puisse accueillir les unités en temps voulu, la date de repli d’Allemagne ne pouvant être modifiée. Les barrières d’arrêt, au nombre de 3 (2 au nord et 1 au sud) sont déclarées opérationnelles le 02 août 1967. Le balisage de la piste est opérationnel le 5 septembre 1967, l’approche le 8 septembre. Le Poste de Commandement et le CLA sont déclarés opérationnels le 12 septembre 1967. Les installations sont loin d’être définitives. La vigie est installée dans un ensemble tactique, l’approche est aménagée dans deux remorques du type « Deplirex », situées de l’autre côté de la piste sur le parc de stationnement des avions de passage. Le balisage ne comprend pas de rampe d’approche en piste 22, en outre, il n’est pas normalisé OTAN et sa vétusté, oblige le service des ponts et chaussées à intervenir fréquemment. Lors des vols de nuit, des feux type « Ulmer » doivent être disposés le long de la piste et dans les marguerites des escadrons. Une situation dantesque, inimaginable mais réelle, qui ne décourage, pourtant pas, les hommes en place…

Le 15 septembre 1967, le Colonel Chenet, commandant la base aérienne 136 de Bremgarten, quitte ses fonctions d’une manière tout à fait officielle, il prend le commandement de la base aérienne 136 de Toul-Rosières. Il est le premier commandant de la base. Le Lieutenant-colonel Espieux, qui assurait le commandement provisoire de Rosières, est nommé commandant en second de la base.

La phase « V » du transfert peut alors débuter ; c’est à dire la mise en place du reste du personnel et le début des aménagements complémentaires… Les français, qui viennent de quitter une base d’Allemagne où ils avaient de grands moyens, en matériels et en infrastructure, s’installent sur une base aux bâtiments dénudés et avec de petits moyens. Ils vont devoir faire preuve de courage et d’ingéniosité. Le système « D », notre fameux système « D » bien français, qui a toujours surpris les étrangers, de par son efficacité, est de mise en ces temps de vaches maigres…

Le 25 septembre 1967 a lieu le premier engagement barrière. C’est un F100 qui inaugure l’installation grandeur nature.

Le Capitaine Egert (premier commandant du CLA 06.136) et le Commandant Ghesquière (chef des Moyens opérationnels 05.136, et commandant de la 11ème escadre de chasse) s’inquiètent des conditions de travail précaires. Celles-ci sont induites par des moyens matériels vétustes et non définitifs.  Le premier octobre 1967, une vague de contrôleurs de défense aérienne arrive sur Rosières.  Un ambitieux projet de création d’approche commune, aux terrains de Metz, Ochey et Rosières est à l’étude. Une station de coordination des approches (SCA) voit le jour sur la BA 136, elle prend l’appellation « SCA 07.136 », elle est rattachée aux Moyens opérationnels 05.136.  Ce projet, aussi ambitieux soit-il, est abandonné deux ans après, au début de 1970, faute de moyens. La priorité du budget de l’armée de l’air, de cette époque, n’est pas à la création d’une approche commune. La SCA est définitivement enterrée. L’installation de la 11ème escadre de chasse sur Rosières est, néanmoins, suivie, de près par Paris, compte tenu qu’elle correspond à une volonté, annoncée, de combler le déficit économique occasionné par le départ des unités américaines.

Le 23 octobre 1967, la première visite officielle du site a lieu.  Il s’agit de monsieur Pierre Messmer, alors ministre des armées, accompagné du Général Maurin, chef d’état–major de l’Armée de l’air et du Général Gauthier, commandant la Force Aérienne Tactique et la première Région Aérienne (FATac 1ère RA). 

Visite de Messmer à la BA 136
Visite de Messmer à la BA 13

Ils viennent constater le bon déroulement Des opérations de transfert. D’une superficie de près de 520 hectares, avec un périmètre de 12 km, la base aérienne 136 de Rosières s’iimplante sur la base américaine Toul Rosières Air Base (TRAB) construite en 1952 au titre de l’organisation du traité de l’atlantique Nord (OTAN). Toul Rosières Air Base  a été, elle-même, construite sur l’emplacement d’un ancien terrain d’aviation militaire (Rosy) datant de la Seconde Guerre mondiale. On voit bien que l’histoire du site est liée à celle du premier terrain. Rosy a été créée parce que le front de Moselle résistait, Toul Rosières Air Base a été créée sur l’emplacement de Rosy, parce que le terrain était disponible, le hérisson déployé pour assécher la boue empêchant toute nouvelle culture, et la BA 136 vient d’être créée parce que les américains sont partis… Il en sera de même pour la suite, le détachement air 136 sera créé à la dissolution de  la base aérienne 136 parce que l’infrastructure édifiée pour la maintenance de l’armenent guidé laser ne sera pas transférée sur la base d’Ochey et que les constructions des nouveaux abris à munitions, destinés à reprendre les munitions des deux dépôts du site (le dépôt d’alerte de l’escadre et le dépôt principal de  munitions de Tremblecourt) ne sont pas encore terminés à Savigny en Septaine. En plus, il faut accueillir, temporairement, une compagnie du 15ème régiment du génie de l’air de Toul-Thouvenot, régiment qui est dissous. Cette compagnie restera sur le terrain jusqu’à son transfert sur la base d’Istres. La base aérienne 136 de Rosières n’est donc pas une nouvelle construction mais un aménagement des installations existantes, pour y loger les unités déplacées de Bremgarten, en Allemagne.

A cette époque, la BA 36 est composée de 9 unités élémentaires (UE) : 

      • Les Moyens Opérationnels 05.136. Ils comprennent comme unité élément divers (UED), la station de coordination des approches, le commandement de la BA 136.
      • L’escadron de chasse 01.011, comprenant le commandement de l’escadre en UED.
      • L’escadron de chasse 02.011
      • L’escadron de chasse 03.011
      • Les Moyens Techniques 10.136, regroupant en UED, le groupe d’entretien et de réparation des matériels communs (GERMaC 16.136) et l’escadron de ravitaillement technique (ERT 17.136)
      • Le groupe d’entretien et de réparation des matériels spécialisés (GERMaS 15.011)
      • Les Moyens d’Administration 30.136
      • Les Moyens Généraux 40.136, regroupant en UED, le service médical 50.136, l’escadron hors rang (EHR) et le centre de transport automobile (CTA 21.351)
      • La section de transmission base (STB 81.136 )

La BA 136 sera autorisée à conserver son insigne sur la base de Rosières.

Insigne BA 136
Insigne BA 136

« Ecu en forme de bannière d’azur. En cœur, avion stylisé d’argent accosté en senestre du chef de deux chevrons de sinople, en dextre de la pointe d’une étoile à quatre branches inégales d’or et de sable. »

L’insigne de la Base aérienne 136 est homologuée, par le service historique de l’armée de l’air (SHAA) sous le numéro A 875.

La figure d’avion stylisé représente le F 100, avion utilisé par la formation lors de l’homologation de l’insigne. Les deux chevrons, de couleur verte, symbolisent l’appartenance de l’unité à la chasse (la couleur verte est le symbole de la chasse). La rose des vents à pointe Est, allongée, symbolise la participation de l’unité aux forces de l’OTAN et indique d’où était censé arriver l’ennemi (à cette époque, l’ennemi désigné est le bloc de l’Est, composé des éléments du pacte de Varsovie, une réplique soviétique à l’OTAN). La mission principale de la base est le support de la 11ème escadre de chasse. La mission secondaire est l’instruction permanente du personnel et la participation à la défense opérationnelle du territoire. La base s’attachera, durant toute son existence, à supporter, du mieux du monde, la 11ème escadre de chasse. Elle sera le point de départ de nombreuses opérations militaires et, compte tenu de la spécificité des matériels, le personnel des unités chargées du support technico-opérationnel s’impliquera corps et âme dans la mission. 

La BA 136 assurera la logistique arrière des unités déployées sur les différents théâtres d’opérations extérieures, en appliquant la grande devise : « la pièce voulue, à l’endroit voulu, au moment voulu ». Il est donc normal de rendre hommage, ici, aux femmes et aux hommes qui ont œuvré à la gloire des ailes de la 11ème escadre, parfois dans le plus grand des anonymats et sans jamais réclamer, avec leur grande modestie, une part de gloire.  A cette époque, l’effectif des militaires est de 1840 personnes, dont 109 officiers, 882 sous-officiers et 859 hommes du rang. On ne peut écrire l’histoire de la base aérienne de Toul-Rosières sans consacrer quelques lignes à l’escadre qu’elle a supportée de 1967 à 1994. Depuis juillet 1961, la base aérienne de Bremgarten, en Allemagne, accueille la 11ème  escadre de chasse. Celle-ci est équipée d’aéronefs F 100 super sabre. En avril 1966, le Général de Gaulle, Président de la République française, et le gouvernement français, décident de se retirer du commandement intégré de l’OTAN. L’armée de l’air se trouve, alors, à l’aube d’une période de remaniements et de déplacements. C’est ainsi que la 3ème   Escadre de chasse, stationnée à Lahr en Allemagne doit se replier sur  la base aérienne 133 de Nancy-Ochey.  Récemment équipée de Mirage 3E, la 3ème escadre cède alors ses F100 à la 11ème escadre, stationnée sur le terrain de Bremgarten, en Allemagne. L’escadron « 03.011 Corse » est créé et l’escadre regroupe ainsi tous les F 100 de l’Armée de l’air française. Les avions F 100 de l’escadron 03.011, étant considérés comme le financement de la France à l’OTAN, ils doivent être rapatriés. Ils quittent donc l’Allemagne pour la base de Colmar, qui les accueillera temporairement, avant le regroupement sur Rosières. Les escadrons « 01.011 Roussillon » et » 02.011 Vosges » se mettent en place sur Rosières à partir du 18 septembre 1967. L’escadron « 03.011 Corse » ne se mettra en place que fin octobre 1967. Trois escadrons stationnent donc sur le terrain de Rosières.

Le CLA de la BA 136
Le CLA de la BA 136

Nous sommes le 27 février 1968 et, bien que Rosières ne soit pas encore ouverte à la circulation aérienne, un avion de tourisme de type « Cessna » se pose sur la piste sans aucun contact. C’est le premier incident relevé par le contrôle local d’aérodrome (CLA). Le 28 février 1968, les contrôleurs abandonnent  enfin leurs remorques « Deplirex » pour s’installer dans la salle d’approche. Elle est implantée au rez-de chaussée de la tour de contrôle, côté sud. Sa disposition va permettre aux contrôleurs d’effectuer leur travail dans de meilleures conditions. Au deuxième trimestre 1968, une salle technique est implantée à côté de la salle d’écoute. L’observation météo, installée à ses débuts dans des remorques de campagne, prend à compter du 8 mars 1968, ses quartiers sous la vigie. Elle n’en bougera plus.

Le 23 avril 1968, à neuf heures quinze Zoulou, la patrouille des « Vasco-Fox » conduite par le Capitaine Combriat décolle du terrain de Rosières pour une mission d’entraînement. En ce jour, la 100.000eme heure de vol sur F 100 est effectuée. Lorsque le dispositif aérien se pose à 10 heures 45, un comité d’accueil digne de ce nom attend le Capitaine Combriat. A peine descendu de son aéronef, il est toiletté comme il se doit par le Capitaine Pissochet et le Lieutenant Gillet. La tradition aéronautique est respectée dans ses moindres détails et chacun revendique le droit de tenir la lance à incendie pour le rinçage. A 11 heures, le Commandant Ghesquière félicite le Capitaine Combriat pour cet exploit. Le 30 avril 1968 une cérémonie se déroule devant quatre F 100 alignés, le Colonel Chenet, commandant la base aérienne 136, lit l’ordre du jour établi pour la circonstance.  La base de Rosières est équipée progressivement de F 100 monoplace et biplaces, de T-33, de Fouga Magister, de MD 312 Flamand et de MH 521 Broussard. Les véhicules allemands, qui ont fait le voyage de Bremgarten vers Rosières sont rendus au fur et à mesure. L’Armée de l’air équipe la BA 136 en fonction de ses moyens. Le personnel perd, au fur et à mesure, le matériel luxueux venu d’Allemagne ! Au troisième trimestre 1968, la rénovation de la vigie est enfin terminée. L’apparition du pupitre de trafic à trois postes va simplifier le travail du personnel.

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Un PAF aux traînées !

 

Je vous fais partager ce que j’ai trouvé ce matin sur Facebook et qui m’a fait (bêtement) rire. 

http://www.europe1.fr/international/un-pilote-dessine-un-penis-dans-le-ciel-larmee-americaine-sexcuse-3495791

Un pilote de l’armée américaine a dessiné un pénis géant avec les traînées de condensation de son appareil jeudi à Okanogan, amenant la marine à s’excuser.

La marine américaine a qualifié vendredi « d’inacceptable » l’humour potache de l’un de ses pilotes qui a dessiné un pénis géant dans le ciel avec les traînées de condensation de son appareil, pendant un entraînement. Les résidents de la petite ville de Okanogan ont constaté avec stupeur jeudi que l’un des avions de chasse de la base aérienne voisine commençait à dessiner une trajectoire inhabituelle dans le ciel immaculé de cette petite localité de 2.500 âmes, dans l’État de Washington sur la côte ouest des États-Unis.

« Les standards les plus élevés » exigés. Une mère de famille s’est plainte à la station de télévision locale KREM 2 qui a en retour sollicité la réaction des autorités militaires. Cette manœuvre n’a « aucune valeur de formation », a tonné l’aéronavale américaine dans un communiqué prévenant que « l’équipage devra rendre des comptes ». « La Navy attend de ses équipages les standards les plus élevés et nous considérons cela absolument inacceptable », a-t-il ajouté. L’incident a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et attiré l’attention des médias.

Un PAF aux trainées