Cette catégorie « Armée de l’Air » regroupe des histoires, récits, anecdotes, documents,… qui ne sont pas directement issus de la 11EC, mais qui ont un rapport direct avec la vie en escadron.
On y retrouve des articles variés mais allez les visiter, vous ne serez pas déçus.
Montée un peu à « l’arrache » avec seulement un mois de préavis, cette manip a réuni une vingtaine de pilotes (21 pour être exact car il y avait aussi un mécano) et ce fut au delà de ce qui avait été escompté en première approximation. Jérôme le fils de « Teddy » Rambeau nous a reçu sur son site de « Lakecity » et nous a même très bien reçu : super apéro avec huîtres, cochon de lait et une belle surprise avec le gâteau « Jaguar », et bien évidemment avec tout ce qu’on pouvait compter de liquides fournis à volonté. Un grand merci à Jérôme ; je vous conseille d’aller faire un tour sur sa base de loisirs si vous passez sur l’autoroute qui mène à l’Espagne, vous serez bien accueilli.
Le gâteau de la manip
Pour ce qui est des participants , le but était avant tout de se retrouver et de passer un bon moment ensemble ; de ce coté (et même des autres …) on peut dire que ce fut réussi ; à se demander pourquoi, on n’y avait pas pensé plus tôt ! Les générations les plus anciennes n’étaient pas très représentées, mais on a eu la surprise de voir arriver « La Fouine », grand Monsieur, aux 7500 heures de vol dans l’Armée de l’Air (et j’en ai fait autant après, nous a t’il dit), dont 4000 heures de F100 !
La Fouine et Henri
Le diaporama aidant, ce furent beaucoup de souvenirs qui ont resurgi et beaucoup d’éclats de rire ; quand je vous disais qu’il s’agissait de passer un bon moment ! Le poids des ans se faisant quand même sentir, on a éteint la musique vers 1 heure du mat. En résumé ce fut une belle manip qu’on s’est promis de renouveler et je peux même vous donner la date de la suivante ; ce sera le vendredi 7 septembre 2018 (avec le 14 en spare) dans les mêmes conditions et au même endroit. Faites circuler l’info.
Jérôme à la découpe du gâteau
Matilda et Bomy
Suzie, Marc et Carrasco
Harry et Borghi
GG et Trieu
La Fouine et Henri
Ouvrard, Henri et Charly
Teddy et Floque
Carrasco et Borghini
Pendant le repas
Pendant le repas – suite
Le gâteau de la manip
Pendant le repasPendant le repas – suiteCarrasco et BorghiniTeddy et Floquet Ouvrard, Henri et CharlyGG et TrieuHarry et BorghiSuzie, Marc et CarrascoMatilda et BomyJérôme à la découpe du gâteau
En cherchant une photo pour illustrer l’article, j’ai trouvé une page Facebook sur laquelle il y a des photos aéronautiques originales (mais pas que) que pour ma part que je n’avais jamais vues. Histoire de vous en faire aussi profiter, je vous en ai ajouté quelques unes dans la galerie jointe et que vous pourrez trouver sous le lien https://www.facebook.com/sal.aguirre.1238/photos?lst=100000594977154%3A1490695589%3A1498804067&source_ref=pb_friends_tl ; en plus il y a souvent des commentaires que je n’ai pas joints.
Originale la photo d’un F100 en patrouille sur un M2000 ? Ce n’est pas tout à fait une vue de l’esprit car vous pouvez la retrouver sur un site / forum d’échange du net. Son nom ? pilote virtuel. L’administrateur du site m’a envoyé les photos jointes ainsi que le texte ci-dessous. Si vous êtes nostalgique du temps passé ou tout simplement fana de « beaux » avions, connectez vous pilote virtuel
Fin du vol, RTB sur Zara
Et si on vous proposait de « replonger » pour quelques heures ? Oui, si vous, ancien pilote de F100, on vous permettait de vous retrouver aux commande d’un Super Sabre, survolant les Ardennes en TBA avec vos équipiers, ou répétant les passes de tir à Captieux ?
C’est possible ! pilote-virtuel.com est le forum d’échange francophone de référence, axé sur le partage et les échanges autour de l’aviation.
On y parle simulation de vol et, par extension de tout ce qui s’y rapporte.
Après inscription (évidemment gratuite), on entre dans une communauté où se côtoient pilotes réels et pilotes virtuels.
Si certaines rubriques sont très axées simulation de vol, d’autres permettent de partager les expériences aéronautiques de tout horizon.
Ces échanges sont très appréciés et on ne peut pas douter de l’intérêt qui serait porté à des sujets comme ceux qui sont développés dans les pages de la 11e EC. D’ailleurs, les quelques liens déjà postés sur le sujet ont fait l’objet de commentaires flatteurs !
Si vous êtes désireux de partager vos expériences sur F-100 ou Jaguar, si vous vous sentez l’âme d’un pédagogue, prêt à expliquer aux jeunots qu’on peut faire voler un avion autrement qu’avec un FMC, ou plus simplement parce que vous êtes disposés à répondre aux questions relatives à votre métier et aux machines que vous connaissez, vous êtes les bienvenus !
Mais en retour, sans nul doute que, si vous vous interrogez sur la simulation de vol, vous trouverez toute l’aide et l’attention nécessaires : quel logiciel, pour quel usage, avec quel matériel informatique, configuré de quelle façon ? Toutes les questions finissent par trouver une réponse !
Et pas besoin d’être un ado boutonneux : la moyenne d’âge des membres de pilote-virtuel pourrait vous surprendre !
Qui sait ? Peut-être que vous aussi, vous vous laisserez prendre au jeu ?
D’ailleurs, l’expérience proposée en introduction n’est évidemment pas limitée ! Vous pouvez vous essayer au pilotage d’appareils aussi nombreux que divers, allant du liner à l’hélicoptère en passant par les pointus ou les avions de brousse, sur des terrains connus ou non, en France ou partout ailleurs dans le monde (en fonctions du simulateur choisi).
Un F-100 existe, notamment pour deux des simulateurs grand public les plus pratiqués (FSX & Prepar3DF100 sur le champ de tir de DianeIl existe des décors (payants ou gratuits) permettant d’améliorer les rendus proposés par défaut. Ici, la CorseVol en réseau sous FSX. Chaque appareil est piloté par un participant, la connexion entre les deux simulateurs se fait par internetExemple de rendu visuel du cockpit d’un Mirage 2000C sous DCS. Évidemment, la très grande majorité des systèmes est simulée
« La Tchatche, pétaf chez les Poulets, regardait d’un œil distrait le cocher se brêler dans son pointu. Il était adossé à la porte du cayon des schumacks, une glute à la main. Ce matin, il n’avait pas le boost ; un bouik dément lui tombait sur la bâche. D’abord, Zef, le chef de piste, un vieux chibane, lui gonfla le boudin pendant une demi heure avec sa bobone en dernier virage. A neuf heure quinze, une manip boireau sur les grosses couilles du soixante-trois faillit lui valoir six gros. II s’en tira raduc en bidouillant un bricolo bosniaque: il alla s’acheter une paire de bretelle. Il pensait que le hanneton qui s’envoyait en l’air allait, lui, avoir de la chance: il faisait un temps de curé.
Pas tout compris me direz-vous! c’est bien normal car ce dialecte particulier n’a cours que dans le milieu aéronautique et plus particulièrement sur les bases de l’Armée de l’Air. Comme beaucoup de corporation, les aviateurs ont voulu eux aussi préserver leur métier par un langage hermétique au béotien.
Ce lexique (non exhaustif) est le fruit d’un vécu sur le terrain, complété par les extraits d’un article sur le sujet écrit par ….(que l’auteur me pardonne), paru il y a ….. dans le mensuel AIR ACTUALITE.
Certaines expressions sortent du cadre de l’aéronautique militaire. Nous les avons listées dans la mesure où elles peuvent prendre une signification différente ou complémentaire lorsqu’utilisées par les aviateurs.
AFFIRMATIF – Adverbe. signifie oui.
Abrégé: Aff, Affirmat, ou Affirm.
– T’as le boost ? -Aff!
AGRÉABLE – Interjection qui marque la satisfaction.
A L’AISE – Interjection qui indique que tout se déroule bien, sans trop d’efforts. A l’aise Blaise ! : encore mieux.
A L’ENCULETTE – Formation d’appareils volant les uns derrière les autres.
ALLER AUX PAQUERETTES – Atterrir en campagne.
ALLER DANS LA VERTE – Atterrir en campagne.
ALLUMER – (les) Regarder avec beaucoup d’attention.
ARPÈTE – Mécano engagé à Saintes. Certaines mauvaises langues appellent cette base « l’école du crime »
AVIATION EN PAPIER– (péjoratif) Ensemble des avions militaires entoilés.
AVION – Désuet. Mot interdit à l’école de l’air.
A PLUS – Contraction de « à plus tard ». S’adresse à des familiers.
ASAP – (US) Traduction de As Soon As Possible: dès que possible.
– MACHEPROT, tu me changeras la roue du trente-cinq !
– Oui chef, ASAP ?
ATTERRISSAGE – Suivant le nombre de rebonds, on dit « un atterrissage de capitaine » :3 rebonds; « de commandant’: 4 rebonds; de colonel: 5 rebonds, d’après le nombre de galons. Les étoiles ne sont pas comptées.
Atterrissage
AVOIR LE BADIN– Aller vite. Etre énergique
AVOIR LES TROIS ROUGES – (ou vertes) Avoir le train rentré (ou sorti)
BÂCHE – Casquette de l’aviateur. Le « pailleux » la porte « en porte-avions », c’est à dire à plat.
Bâche piloteBâche mécano
BAFFE TECHNIQUE – Permet à un mécanicien de dépanner une boite électrique ou électronique. Tout l’art du dépannage tient dans la façon de donner la baffe. Le PIM (voir ce mot) applique les baffes d’une manière désordonnée sans résultat probant. Le chibane (voir ce mot) ne donne qu’une seule baffe, savamment dosée à un endroit de la boite que seule son expérience lui dicte.
BALANCER – Larguer. ex: Au top chrono, tu balances la purée: Au signal, tu largues les bombes.
BALEINE – Gros avion ravitailleur du type C 135. On dit aussi « biberon ».
BALISER – Se tenir sur ses gardes. Péjoratif: avoir peur, éviter de prendre des risques.
BARCASSE – Gros avion, généralement veau.
BARON – Ami, collègue, camarade. Au pluriel: les barons. Aviateur militaire n’ayant rien à voir avec les barons de l’ancien régime.
BASE – BALL – (US) Horizon artificiel.
BATON DE MARÉCHAL – Précède un changement important d’activité (mutation, retraite…), ou suit le passage au grade d’adjudant chef. Sa possession permet de mettre la manette dans la poche.
BEANS – (US) Un beans: pagaille, désordre. Aucun rapport avec l’américanisme « beans » qui signifie « des clous! ».
BÉCONNARD – Rebond à l’atterrissage.
BERLINGOT – Moteur à piston.
BÊTE – l’avion d’armes. « LA bête »: l’avion qui impressionne.
BÉTON – Le manche est dans le béton quand la commande est excessivement dure.
BIDULE – Mot clé qui veut tout dire. Le mot qui vous manque. Voir aussi « bitard, bitoniau »
BIDULER – S’agiter.
BIFFE– Ensemble du personnel de l’Armée de Terre vu par l’Armée de l’Air.
BIGLER – (ou plus recherché: Biglouser), regarder avec attention.
BIGLO – Instrument qui orne la planche de bord d’un aéronef. Voir pendule.
BILL – Généralement au pluriel « les bills »: Désigne un groupe de copains, de potes. Si les potes sont des super-potes on utilisera le terme « biloux ».
BILLES – Etre dans les billes: se trouver au coeur du domaine de tir. Par extension: être à l’heure, être dans les tolérances d’un réglage.
BIRD-DOG – (U.S.) Radio-compas.
BIROUTE – La manche à air du terrain; la cible remorquée en vol; la courbe des heures de vol du mois: avoir une belle biroute. Certain prétentieux la compare à leur sexe.
BITE – Mot employé seul, signifie: sexe. Associée au couteau, elle constitue la caisse à outil principale du mécano. Travailler avec la bite et le couteau, c’est travailler avec peu de moyen. Travailler avec une bite usée et un couteau ébréché, c’est travailler avec encore moins de moyens.
BITARD – Terme utilisé pour désigner un interrupteur, un bouton dont on ne connaît pas le nom exact.
–C’est quoi ce bitard ?
– Touches pas ! c’est le vide-vite !!
BOBONNE – Epouse (légitime) de l’aviateur. A la rigueur, la fiancée.
BOEUF– (Prononcer BEU). Jeune pilote vis-à-vis d’un ancien. Synonyme : Peintre.
BOIREAU – Individu décevant, peu scrupuleux. Un coup de boireau est un coup moche, qui ne se fait pas. Contraire: Buck.
BON AP – Interjection . Se dit à des collègues, sur le coup de midi quand on ne sait pas si ceux-ci ont déjeuné. Avant le déjeuner , elle signifie « bon appétit », après le déjeuner, elle signifie « bon après-midi ».
BOOST- Survoltage. Esprit d’initiative. Grande activité, voire témérité. Avoir le » : avoir du tonus, être dynamique. Plus fort qu’avoir le badin.
BOSNIAQUE – Adjectif. Peu orthodoxe. Quelquefois risqué.
BOTTE – Unité de hauteur, pour foot. « Voler à 3000 bottes » :voler à 3000 Ft.
BOTTER – 1 °- Agir violemment sur le palonnier.
2°- Botter le cul à qq’un. voir piéocuter.
3°-Botter les pneus de son avion: action technique (appelée aussi: coup de pied technique) qui permet en un seul geste de vérifier la pression de gonflage, ainsi que l’absence de jeu trop important dans l’axe de la roue. Accessoirement , permet d’évacuer la hargne accumulée au cours de la journée.
Coups de pied dans le pneu
BRÊLE – Individu dont la capacité de réflexion est limitée. Une brêle attend que ça se passe. Une mauvaise brêle est bête et méchant. Une pauvre brêle est un pauvre type. Les grands brêles et les petits brêles désignent les cours d’état major.
BOUIK – Accumulation de beans. Situation conflictuelle désagréable qui ne fait qu’empirer pour terminer invariablement chez le commandant d’unité.
BOUILLEUR – Moteur à piston.
BOUM – Rebond à l’atterrissage.
BOURRIQUE – Moteur de tout type .
BOUZIN – Piège (voir ce mot).
BOXON – C’est le boxon ! Interjection qui exprime un constat de désorganisation plus conjoncturelle que structurelle. Assimilable au « bordel ».
BRANLER LE MANCHE – (ou le bout de bois) piloter.
BRASSER – Faire du vent, la ramener. S’agiter avec excès sans raison particulière.
BREAK – (US) Virage brusque en vol, dislocation de la formation.
BREAKER – (US) Verbe. Faire un break. Se taper un break. Quitter les lieux.
BRÊLER (se ~) – S’attacher sur son siège.
BRETELLES – S’acheter une paire de bretelle: s’attendre à se faire engueuler. Remonter les bretelles à quelqu’un : l’engueuler.
BRIQUES – Voler au ras des briques: Voler très près du sol.
BRISCAR – L’ancien qui sait tout du métier . Le vieux briscar en sait encore plus. (synonyme: chibane)
BROUETTER – Dans le transport, signifie transporter. S’applique à du fret autant qu’à des personnes.
BUCK – Noble , distingué. Un coup de buck est le contraire d’un coup de boireau. (voir ce mot). On dit aussi Buckinge.
BULLE – Le repos. L’inaction. Coincer la bulle: se détendre, ne rien faire, dormir.
BULLER – Se reposer.
BURINÉ PAR LES FILETS D’AIR – Se dit d’un visage ridé.
CALEBARD – (ou calebut) Manque de qq chose. Etre en calebard: pas d’avion disponible. S’en mettre plein le calebard: Tirer beaucoup de G (voir cette expression).
CAMION A BOMBES – Surnom affectueux attribué au JAGUAR.
CAMION A VIANDE – Ambulance.
CANARDS (les ») – Ensemble du personnel de l’escadron 1/10 VALOIS dont l’insigne de tradition représente un colvert.
CASQUE – Avoir les yeux au fond du casque: tirer des G à la limite du voile.
CASSER DU BOIS – Endommager l’appareil à !’atterrissage.
CAYON – Atelier de mécanique sur une base opérationnelle.
CHANNEL – (Anglais). Fréquence radio.
CHAPEAUX ELECTRIQUE– Casque de pilote d’où pendent les fils electriques de la radio.
CHAPEAUX MOUX – Désigne les civils. Aller chez les chapeaux mous: pour un militaire : quitter l’armée.
CHARBON – Mettre du charbon: augmenter les gaz.
CHARRETTE – Voir piège.
CHAUDIÈRE – Avion à réaction, jet. Synonyme: lampe à souder.
CHAUSSETTES – Le train d’atterrissage. Descendre les chaussettes: sortir le train. Synonyme: Godasses.
CHEASE – (US) Exercice mettant en oeuvre au moins six avions. Ne pas confondre avec « chise ». (voir ce mot).
CHERCHER LA GROSSE BITE – Prendre inutilement de gros risques.
Précède au pire le camion à viande, au mieux la remontée de bretelle.
CHIADER – Peaufiner une action. – Chiades moi la PPV du 35 !
CHIADÉ – C’est » : C’est compliqué, bien fait. Qui inspire le respect.
– T’as vu le moulin du pointu?
– – Ouaih ! il est chiadé!
CHIBANE ou CHIBANI – Vieux pilote ou mécanicien expérimenté. Synonyme: Moustachu.
CHISE – Source de sacs. Familier: c’est le chise: c’est le bordel. Synonyme: Beans.
CHOUFFER – Essayer de voir.
CINQ – CINQ – Tout va pour le mieux.
CIRAGER – Etre dans le cirage. Avoir le voile noir (ou rouge) suivant le signe des G que l’on tire. Voir Tirer des G.
CLAMPIN – Etranger à l’escadron à la limite de l’intrus.
CLEARANCE – (US) Autorisation du contrôle de la circulation aérienne.
COCA-COLA – Voir Marilyn.
COCHER – Le pilote (vu par la mécanique). Voir aussi: peintre et jockey.
COCOÏ – (Ou cocoy, prononcer : cocoïlle). Commando de l’air, aussi appelé homme buisson ou mécano chien. Abrégé: coî.
COINCER LA BULLE – Etre inactif. Se reposer. Se préparer à dormir, dormir.
COUCOU – (Désuet) . Avion de la guerre 14 – 18.
COUILLES – 10– Réservoirs de carburant. Voler en grosses couilles: voler avec des gros réservoirs.
2°- Vrille: Partir en couille.
3°- Vol rasant: Se traîner les couilles par terre.
4°- Ennuis mécaniques: Etre en couille. Voir aussi: Peau de couille.
COLLIMATEUR – 1 ° Appareil de visée d’un avion d’arme.
2° (être dans le ») Etre visé par qq’un ou viser qq’un, en général pas pour son bien.
– Après le coup de boireau qu’il m’a fait, je l’ai dans le collimateur!
COUP DE BOIREAU – Coup tordu.
COUP DE BUCK – Geste noble.
COURSE – En dehors du vin de course pour les gloutch (voir ce mot) , se méfier de ce mot anglais qui veut tout dire à tel point que l’OACI le proscrit pour désigner la route (track), le cap (heading) et la trajectoire (path).
CRACHAT – Insigne de grand officier de la légion d’honneur par analogie à sa forme.
CRASH – Ecrasement, chute. Eviter autant que possible l’affreux verbe « crasher »: ou pire « scratcher » atterrir sur le ventre, atterrir en campagne, casser la voiture à l’atterrissage. Se vomir (voir ce mot).
CRASSE – Mauvais temps, très mauvaise visibilité (brume, brouillard, etc…)
CRAVATE – L’hydre bien-aimée de l’aviateur et plus spécialement du chasseur. Désigne ce qui est destiné à étonner. Cravater. Faire de l’épate.
Avoir la cravate à l’horizontale : faire de la voltige.
S’en jeter un derrière la cravate :– Boire un coup
CRÊPE – Se retourner la crêpe– Faire du vol inversé, faire de la voltige. Par extension: se retourner en voiture.
CREVARD – Celui qui collectionne le maximum d’heures de vol, quelquefois au détriment des copains. Crevarder: Rabioter, spécialement des heures de vol. Les pailleux sont des spécialistes du crevardage.
CRIQUÉ – Avoir perdu une partie de ses facultés intellectuelles.
– Gaffe! le juteux de semaine est complètement criqué?
DARRACK – Sorte de marteau utilisé par les mécaniciens pour tout réparer.. Les cochers font une allergie chronique à la vue de cet outil, considéré trop dangereux pour leurs doigts.
Appelé aussi accélérateur de particules.
DAUBE – Un mauvais appareil.
-Je n’ai pas envie de percuter le caillou avec une daube pareille !
DÉCLENCHER – Perdre son sang froid. On dit aussi: Passer sur le dos.
DERNIER VIRAGE – Pour une bobone tout près de l’accouchement.
DITCHING – (US) Amerrissage de fortune. Voir gloutage.
DOPPLER – 1 ° Instrument de navigation dont l’antenne dépasse du dessous du fuselage d’un avion.
2° Excroissance abdominale située autour du nombril de certains aviateurs dûe à la conjugaison du « modèle 8* » et de l’absorption excessive de glutes.
Modèle 8: Document administratif qui autorise son détenteur à ne pratiquer aucune activité sportive.
Doppler
DOUBLE (prendre en ») – Veiller sur quelqu’un jusqu’au lâcher. Se dit aussi: Cornaker.
GARDE MITE – Fourrier d’une unité dont l’activité essentielle est de compter les chaussettes et de distribuer annuellement les effets d’habillements. En principe, il a beaucoup d’amis.
GAZIER – Aviateur, camarade. Voir aussi baron.
GEORGES – Désigne le pilote automatique.
– C’est Georges qui pilote !
GIMMICK – (US) Le truc. Servit à désigner la bombe A tandis qu’elle était encore tenue secrète.
GIVRE – Complètement perdu, au sens propre comme au sens figuré.
GLOUTAGE – Amerrissage forcé. Voir ditching.
GLOUTCH – Repas, en général bien arrosé.
GLOUTER (se ») – Faire un amerrissage forcé.
GLUTE – Canette de bière de préférence pleine.
– Paye moi une glute
– Fume !
GODASSES – Le train d’atterrissage. Voir chaussettes. Sortir !es godasses: sortir le train
HANNETON – Officier ou sous officier navigant affecté en état major, considéré comme « abonné » dans les unités où il se rend régulièrement pour faire ses heures de vol.
LABOUREUR – Terrien disposant de prés suffisamment grands, plats et sans obstacles, de boissons rafraîchissantes et surtout d’un téléphone où le pilote de planeur consent de temps en temps à se poser. L’accueil varie avec l’état des récoltes et le nombre de pilote de machines volantes ayant déjà utilisé les lieux.
LÂCHER – Premier vol seul. Prise en main. Etre lâché sur qqch: bien connaître une question, un matériel. Pour un pilote, le lâcher suit le cornackage et précède l’huile, les plumes, le bassin à poissons de l’escadron.
LAITIER – L’avion météo qui décolle le premier, au petit matin.
LAMBDA – Moyen. Vachement lambda: au dessous de la moyenne.
LAMPE A SOUDER – Avion à réaction. syn.: Chaudière.
LOUIS XIV – Piloter à la Louis XIV: croiser les commandes.
LOURDS – Le transport aérien militaire. La Grise vole chez les lourds.
MANETTE – Manette des gaz.Mettre la manette dans la poche: réduire son activité.
MAYONNAISE – Faire de la mayonnaise: branler le manche.
MANIGLIA – La manette des gaz.
MANIP. – (Abréviation de manipulation). Exercice.
MARILYN – Fuselage à double courbure ou fuselage en « taille de guêpe ».
MATOS – (Abréviation de matériel). Tout objet de travail utilisé par le mécanicien.
MORPIONS (de cabine) – Individu pas forcément imprégné de la chose aéronautique, qui prend son pied en s’installant dans n’importe quel cockpit et qui passe des heures à s’y croire en tripotant TOUS les bitards. Pour l’extraire de là, il est nécessaire d’être à plusieurs. (Syn: Rats de cabine)
MIRONTON – Quidam peu qualifié. Par extension: étranger à l’aviation.
– Qui c’est ce mironton ?
– Un pousse cailloux
MORDRE LE COUSSIN – Se montrer très appliqué en pilotage
MOUSSE – 1 ° n.f. Canette de bière.
2° (rue des ») Célèbre rue rochefortaise bien connue des mécaniciens en manque d’affection….
MOUSSER (se faire) – Raconter des histoires invraisemblables à ses copains, sans avoir peur du ridicule, dans le seul but de leur en mettre plein la vue.
MOUSTACHU – L’ancien. Celui qui sait. Le vieux pilote, le vieux mécano. Un super moustachu est un chibani.
MUSÉE – Au mess sous-officier, désigne la salle à manger des adjudants-chefs et des majors.
NÉGATIF – Adverbe: exprime la négation. Abrégé: Négat. ou nég.!
NÉNÈS – Mécanicien ou pailleux engagé à la base de Nîmes. Généralement opposé à arpète.
NEU-NEU – Désigne l’escadron Normandie-Niemen.
NEZ – voir pifomètre.
NO SHOW – (US) Défaillant. Passager qui ne se présente pas à l’embarquement.
_____________________________________________________________________________ O
OPEN JAW – (US) Billet pour un itinéraire assimilé à un aller et retour mais effectué sur deux parcours différents. Voyage en circuit ouvert. Voyage en fer à cheval.
OPERATIONNEL – Bien au point. Bien entraîné. Dont on peut se servir avec profit.
OVER-SHOOTER – (US) Dépasser les limites, le domaine de vol.
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P
PAILLE – La paperasse. Faire de ta paille: Se consacrer aux écritures. La paille fait saliver le pailleux, mais gonfle le boudin du mécano.
PAILLEUX – Bureaucrate. Tout sauf pilote et mécanicien. Celui qui n’a aucune fonction à bord, qui vole occasionnellement.
PAINS – Les arrêts. Les gros: arrêts de rigueur. Les petits pains: arrêts simples.
PAISIBLE – Avion qui vole tout seul.
PANIQUER – S’affoler.
PARAPLUIE – Prudence. Précautions. Ouvrir le parapluie: Se garantir des suites d’une affaire. Peu glorieux.
– ll vaut mieux entendre le claquement sec du parapluie qui s’ouvre que le bruit d’une carrière qui s’effondre !
Parapluie
PARC A FERRAILLE – 1 ° Endroit clos de la base où sont stockées les épaves d’avions, les trucs hors d’usages…
2° Lieu de débauche où l’aviateur en déplacement peut rencontrer des dames d’age mûr, voire bien mûr.
Le parc à ferraille, route de Royan, à la sortie de Rochefort était, à son époque, fort connu et réputé.
PASSER SUR LE DOS – Perdre son sang-froid. Voir déclencher.
Peintre en attente de peinture: Gus lambda en stand-by.
PAYER (se») – 1 ° Obtenir, gagner. 2° Percuter.
PEAU DE COUILLE – Matière plastique adhésive dont on recouvre les cartes.
PÉBROQUE – Parachute. Syn.: pépin.
PÉBROQUER (se ») – Sauter en parachute. Syn: Prendre l’escalier de service.
PÊCHE – Avoir la pêche: être en forme. Syn: Avoir !e paquet.
PÉDALER À CÔTÉ DU VÉLO – Se dit de quelqu’un qui a perdu une partie de ses facultés intellectuelles. Ne pas répondre à la question posée.
PÉDALES – Le palonnier. Prendre les pédales: prendre les commandes.
PEINTRE – 1 ° Celui qui est chargé de toutes les corvées.
2° Jeune pilote comparé à un ancien.
3° Pilote à l’instruction : Le PIM.
4° Second pilote.
Etre peintre en escadre: N’avoir rien d’autre à faire que de voler.
PELERIN – Passager. Par extension: l’étranger à l’escadron.
– Qui c’est ce pèlerin ?
– C’est le garde mite des cocoï !
PELLES A PLAT – (Remettre) Se mettre les ailes à l’horizontale
PENDULE – Le badin. Par extension: tout instrument de bord, rond de préférence, muni d’un cadran gradué et d’une aiguille qui bouge, dont la faculté est d’indiquer un paramètre (vitesse, altitude, cap…) En principe, plus les unités exprimées sont incompréhensibles, plus l’instrument est chiadé
– Celui-ci me donne la pression en hecto-pascal par pouce carré !
Avoir les pendules à l’heure: Tous les paramètres sont bons.
PÉPIN – Parachute. Utiliser le pébroque est plus classe.
PERCUTER – Comprendre une explication, une blague avec un temps de retard.
PERCUTER LA PLANETE – Voir se planter.
PÉTAFEUX-(ou PETAF)
1 °Armurier de l’escadron. Abrégé: pétaf.
2° Artilleur antiaérien. Syn: Tire boulettes.
Pétaf
PICK-UP – Ramassage.
PIÈGE – 1 ° Aéronef.
2° Le Piège: l’Ecole de l’Air.
PIEOCUTER – Soulagement nerveux consistant à intercepter l’arrière train d’un individu avec sa propre chaussure assujettie d’un élan vengeur.
PIEZOCUTE – Par analogie au précédent: Victime de rapide variation de pression. S’applique aux instruments anémométriques.
PIFOMÈTRE – Voir nez. Instrument utilisé en dernier recours. Le pifomètre à mercure stabilisé est une amélioration du précédent. Mesure pifométrique: mesure affectée de tolérances aussi larges qu’ élastiques.
PIM – Pilote à l’instruction. Mécanicien en instruction.
PLANÈTE – Le sol. Percuter la planète: se vomir.
PLANTER (se ») – 1 ° Percuter le soi, se tuer.
2° se tromper.
3° Se planter dans le ciel: Cabrer exagérément.
PLAQUE À VÉLO – Insigne de parachutiste.
PLATANE – Le manche quand il n’est plus possible de le manoeuvrer. Voir béton.
PLUME – L’aile de l’avion.
PNEU– Déformation de P.N. : Personnel navigant.
POINTU – A désigné le TRIDENT, désigne le MIRAGE. Par extension: avion à réaction.
– Je fais du pointu au Neu-Neu !
PORTUGAIS – Officier supérieur à l’état-major des armées.
POULETS – Nom trivial donné aux trois alérions portés par l’insigne de tradition de l’escadron LORRAINE. L’armée de l’air en entier utilise ce terme… sauf le personnel de cet escadron.
PRENDRE SA RAFALE – Se faire eng…Se dit également: se faire rafaler.
RADADA – Vol rasant. A remplacé le terme « rase-mottes » devenu désuet.
RADAR – 1 ° Instrument de détection. Le radar du Mirage III était surnommé « le radar TEFAL » car non seulement il chauffait, mais de plus il n’accrochait pas. 2° (marcher au ») Se déplacer en état d’inconscience.
RADIO – 1 ° La radio: Ensemble des instruments permettant de communiquer avec l’extérieur. Sa fiabilité est toujours remise en cause par les cochers. 2° Les radios: Mécaniciens télec spécialisés dans la gestion des parasites.
RADUC – Contraction de « Ras du cul »: Tangent. D’extrême justesse.
RAALER – Réprimander violemment.
RAMER – Voler lentement, se traîner. Avoir du mal à suivre son leader.
RAMEUR – Marin. Tout militaire servant dans la Royale.
RASEMOTTE – Désuet. Mot interdit à l’école de l’air.
RASE-POIL – Vol rasant.
RATS (» de cabine) – Voir morpions. Tout aussi nocif.
REMONTER LES BRETELLES – Réprimander fermement. La remontée de bretelle est moins virulente que la prise de rafale, mais plus sévère que l’achat de bretelles.
RÉPANDRE (se ») – Casser un appareil sans mort d’homme.
2° Situation inextricable résultant de l’accumulation de malentendus, beans ou chises. 3° Unité de désordre pour sac de noeuds ou sac de fèves. 4° Sac de sable: Passager d’un aéronef dont la seule fonction à bord est de servir de lest. Par extension: tous les passagers. SCHUMACK – Mécanicien expert dans l’art de la confection de barbecues, de cendriers ou tout autre sorte d’accessoires à usage extra professionnel et qui, à l’occasion, répare des cellules d’avions accidentés.
SHOOTER – Tirer en combat aérien.
SIKI – Que l’on parachute avant le saut normal pour voir la direction du vent. Le siki peut être un mannequin, un colis, un homme.
SOUFFLER DANS LES BRONCHES – Faire des remontrances.
SOUQUER – Tirer des G (voir cette expression).
SOUS-OFFICIER – Abrégé: sous-off. Oesophage surmonté d’une casquette et terminé par un sexe. Cette définition démontre la propension du sous-off à boire, à manger et à s’activer sexuellement.
STAND-BY – 1 ° en attente 2° En attente à la recherche de la bulle. 3° Stand-by!- Attends !
SUCER LE SAUMON – Pratiquer la patrouille serrée……très serrée (dans les nuages)
ZEF – Vent. Le grand Zef Fête annuelle de l’école de l’air.
ZIMBREC – Variante de bidule.
ZINC – (désuet) aéronef, piège.
ZOB – Outre le sexe de l’aviateur, ce mot, employé seul, accompagné d’un bras d’honneur, désigne le refus catégorique et irrévocable. II est également employé dans la cérémonie dite « du banc des aviateurs » qui a été inventé pour commémorer les bons moments du métier. -Et tous ensemble: 1-2-3-4-5 – ZOB ! (bras d’honneur à gauche) – 1-2-3-4-5 – ZOB ! (bras d’honneur à droite) – 1-2-3-4-5 ZOB ! – ZOB ! – ZOB ! OUAIH … (3 bras d’honneur alternés gauche et droite)
Initialement cet article ne devait être qu’un Quizz mais se limiter à cet aspect, aurait occulté le travail de ceux qui s’occupent de la restauration du Jaguar A22.
La sonde du A22
Le A22 a une particularité qui apparaît bien sur la photo ci-dessous ; il a une sonde sur le coté droit qu’on ne retrouve pas sur les autres Jaguar. Histoire de pouvoir comparer, je vous ai mis une photo d’un Jaguar « lambda » . (lambda ou presque car c’est celui que le Barbu a planté en Afrique).
La sonde du A22 de couleur noire qui se trouve sous la sondeUn Jaguar « normal » sur lequel il n’y a pas cette sonde sur le coté droit
Cette sonde est reliée à un câblage de couleur orange, ce qui laisse supposer qu’elle a été installée à titre d’essai par le CEV ou l’industriel. Si quelqu’un a des informations à ce sujet, je suis bien évidemment preneur.
Le pole aéronautique d’AVORD
Comme son nom le laisse supposer, ce pole est installé à AVORD et dirigé par Alain BLANCHARD ; Alain est une référence dans l’Armée de l’Air, puisqu’il totalise plus de 6000 heures d’AWACS. Aujourd’hui à la retraite, il s’occupe de ce pole qu’il a fondé et pour avoir une bonne idée de ce qu’il représente, le mieux est d’aller sur son site http://www.poleaeronautiqueavord.fr/. Alain est un passionné et consacre beaucoup de temps et d’énergie à faire vivre son musée ; je vous ai mis une photo de lui prise lors de ma visite à Avord.
Alain Blanchard devant le A22.
Si vous passez du coté d’Avord et que vous êtes intéressé par l’aéronautique, je vous conseille vivement d’aller visiter le musée d’Alain ; si c’est le cas choisissez un moment où Alain est présent et vous bénéficierez de ses commentaires. La majorité, pour ne pas dire la totalité des pièces de son musée ont une histoire qu’il se fera un plaisir de vous raconter. A titre d’exemple, il m’a appris pourquoi les trappes moteur qui servent à passer les extincteurs en cas d’incendie au sol ont été renforcées par les parties rouges qui figurent sur la photo jointe ci-dessous ; lors de tir de leurres Infra-rouge du lance leurre plaqué Alkan, certains venaient taper le capot moteur et endommageaient ces fameuses trappes.
Les trappes renforcées
Quelques autres photos du pole aéronautique
Projet d’extensionLe A22 ; il lui manque la poutre pour accrocher le bidon ! Si vous savez où il peut en trouver une, faites le savoir !Les anciens de la 11EC ne seront pas dépaysésVue d’une des salles du musée ; à gauche on devine une planche de bord d’Alphajet, juste derrière une Durandal et à coté un canon DEFA de 30 mm
3D nous a quitté. Article qu’on voudrait ne pas avoir à écrire. 3D parti trop tôt était une figure de l’Armée de l’Air.
3D et sa « coupe » Comète
La sélection en vol. Denis Turina nous fait part de ses réflexions en ce qui concerne l’élimination de pilotes lors de leur phase de progression ou en unité. Problème on ne peut plus délicat à résoudre.
La formation en vol
Le JAGUAR Marine. Extrait du livre dédié à Jean Mari SAGET, F BESSE nous raconte l’histoire du JAGUAR qui a failli être acheté par la Marine.
Jaguar à l’appontage
La saga du E23 continue. Un point sur le projet de remettre le JAGUAR E23 en vol ; ça avance !
Après son livre « La guerre vue du ciel », Marco récidive en proposant un ouvrage qui retrace ses débuts de pilote depuis l’instant où il pousse les portes du BIA (Bureau Information Air) jusqu’à la fin de sa progression sur Alphajet. Ceux qui sont passés par là pourront comparer et pour les autres, ils découvriront que devenir pilote de chasse n’est pas chose facile, mais qu’avec motivation et détermination on peut venir à bout des épreuves les plus difficiles.
Marco m’a autorisé à publier un extrait de son livre que je vous recommande, et dans lequel il nous raconte comment « il a ressentit le « déclic » complet , lui ouvrant ainsi la voie vers l’escadron de chasse ».
La couche devient un peu plus dense. Inconsciemment je me rapproche. La visibilité n’est que de quelques mètres, juste de quoi rester en place, à près de 600 km/h. À nouveau, je ne distingue plus que la silhouette indécise de l’autre appareil. Je puise à nouveau dans mes réserves pour ne pas dégager d’un bon coup de manche. Peu à peu les remous se calment. Autour de nous, le gris foncé vire au gris clair. Nous sortons progressivement du linceul blanchâtre, les contours deviennent plus nets et les haillons humides s’espacent. Entre deux écartements de nuages, j’entrevois derrière Dalvi des portions de ciel bleu. Passant le niveau 120, nous trouvons enfin des bribes de soleil dans un ciel épique composé d’un enchevêtrement de cumulonimbus. Leurs contours sont parés d’auréoles aveuglantes, quelques-unes sont transpercées par de puissants rais de lumière.
Poussés par nos deux petits réacteurs, nos frêles Gadget se frayent un chemin au milieu de colonnes d’orage aux allures d’enclumes et de champignons géants.
– Venin Alpha, actions vitales !
– Alpha Deux, 1 500 litres.
– Reçu, idem, on est parti pour la patrouille serrée !
Dalvi commence par quelques virages souples. Petit à petit, nos trajectoires prennent de l’amplitude, jusqu’à faire le grand huit entre deux nuages. Anticipant sur les manœuvres du leader, je m’accroche du mieux possible. Un peu instable lors des ressources sous facteur de charge, je dois encore affiner le dosage aux commandes.
En patrouille serrée ; sur le dos
Après dix minutes et quelques changements d’aile, je gagne en assurance et en précision. J’ai enfin le bon tempo et je tiens jusqu’au trois quarts dos en haut de figure. Dalvi a l’air satisfait. Nous pouvons passer à la suite. D’un geste franc du revers de la main, Dalvi me fait valser en formation de combat.
Nos deux Gadget s’écartent. Je me remets parallèle et je réajuste la puissance. Espacés de quelques centaines de mètres, nous continuons à monter sur 10 000 pieds. Dalvi commence par quelques manœuvres souples. R.A.S. Il me balance à la radio :
– On affiche plein gaz !
Dans la foulée, il renverse et se plante vers le sol. Sans réfléchir, j’écrase les manettes en butée avant et je pilote à l’imitation. Nos 4 tonnes de métal tombent à la verticale. Je reste derrière, légèrement décalé sur la gauche. Fuselages parallèles, ailes parallèles.
L’altimètre dévisse, la vitesse augmente. Nos deux petits Alphajet deviennent de plus en plus nerveux. Dalvi redresse violemment sous le nez. Surpris, je rends légèrement la main pour croiser et me laisser glisser à l’extérieur de son cercle. Éviter le souffle. Pour ne pas croiser le fer avec les flux des réacteurs de Dalvi, je prends soin de ne pas passer plein cul.
Au croisement, je cadence à nouveau et me cramponne à mon leader. De fines aigrettes blanches s’échappent des bouts d’ailes. Par réflexe, je vérifie l’accéléromètre. 6G. Dalvi dégauchit et cabre. Son avion se satellise. Je coupe à l’intérieur pour me rapprocher. Le rythme s’emballe. Mon cône d’évolution rétrécit derrière. Le bout de mon nez sur le bout de ses ailes. Nous enchaînons les tonneaux, les virages serrés et les boucles. Les nuages, le ciel, le soleil tourbillonnent pendant d’interminables minutes. Dalvi fait tout pour me décrocher. Plus je tiens, plus ça souque. Mon pilotage devient de plus en plus agressif et tranchant. Ce sont mes yeux qui mènent l’action, je visualise et devance de mieux en mieux ses trajectoires. Quand nous n’aurons plus de jus en haut, je sais qu’il va nous falloir piquer et refaire de l’énergie. Une fois en bas, pour éviter d’emplafonner la vitesse maximale, nous serons forcés de remonter.
Reste à trouver le bon moment pour partir et le sens de virage. Je suis à l’affût du moindre frémissement de ses ailes qui pourrait me donner des indications sur la manœuvre suivante. Soudain les évolutions deviennent plus sages, plus souples. Je me replace à une cinquantaine de mètres sur la droite. Nous sommes au plancher de la zone, cernés par deux immenses cumulus bien joufflus, et devons reprendre de l’altitude.
– Claudia, actions vitales !
Je vérifie mes paramètres moteurs et le pétrole. 1 200 litres. De quoi tenir dix minutes.
– Deux, 1 200 litres.
– Leader same… c’est reparti !
Dalvi jette un bref coup d’œil vers moi et me fait signe de la tête en guise de défi : « C’est bien, tu as pris tes marques, maintenant on passe aux choses sérieuses. » Il n’en faut pas plus pour me galvaniser. Vas-y, je te suis. Je le vois replonger. Dalvi resserre encore plus et essaye maintenant de s’enrouler autour de moi. Je m’efforce de rester derrière lui.
Mon Gadget vibre, à la limite de la perte de contrôle. Tassé sur mon siège par le facteur de charge, je résiste. Le monde tournoie à toute vitesse, en blanc et bleu. Par instants, ma vision se voile. Le cœur dans les chaussettes, les manettes des gaz « dans le phare », j’ai attrapé le manche à deux mains pour lui emboîter le pas et me coller dans son sillage, le plus près possible. Ne pas se laisser distancer, ne pas se laisser déphaser.
Puisqu’il ne parvient pas à se débarrasser de moi, Dalvi change de tactique. Il fonce en bordure de grosses volutes blanches et rondes, et s’enroule autour à pleine vitesse. Je le perds quelques secondes avant de le retrouver derrière presque à la verticale, accroché au flanc cotonneux. Tu ne vas pas me baiser aussi facilement ! D’une traction virile, je repars à sa poursuite. Le vol se transforme bientôt en bonne séance de musculation.
Nous jouons ainsi à cache-cache, escaladant les murailles poudrées puis les dévalant en cascade. La combinaison trempée, le visage en eau, mes yeux clignent sous la sueur qui dégouline alors que je lutte pour ne pas « coiffer » le leader en évolution et risquer ainsi de le perdre en visuel. Ne pas le perdre de vue, ne pas le masquer. Ces mots résonnent en boucle dans ma tête tandis que nous allons progressivement dans tous les coins du domaine. Basses vitesses, grande incidence, hautes vitesses et fort facteur de charge. Comme un musicien qui accorde son instrument, j’ai trouvé le dosage parfait aux commandes. La confiance s’installe. Mon Alphajet répond au millimètre et donne tout ce qu’il a, et moi aussi. Le plancher de la zone approche à nouveau. Dalvi remet les ailes à plat. Les évolutions se desserrent. Je vérifie les jaugeurs : 900 litres.
– On prend 300 nœuds, 90 %, recalage des gyroscopes, quand c’est bon, tu me rassembles et on rentre !
Cet article est le 200 ième article publié sur ce site. Bilan d’autosatisfaction ? Pas vraiment. C’est surtout l’occasion de faire un peu le point sur ces 3 ans et demi d’existence. Vous pouvez retrouver l’ensemble sur la page « tous les articles parus ». Initialement le site était destiné à constituer l’album de famille en présentant des photos retraçant la vie de la 11EC où chacun pourrait s’y retrouver un peu. L’idée n’est pas abandonnée puisque il y a plus de 3000 photos en ligne, mais il a fallu prendre en compte 2 considérations sous-estimées au départ :
mettre beaucoup de photos, c’est techniquement compliqué et il faut avoir de la méthode ce qui n’est pas vraiment ma spécialité
les photos c’est bien, mais l’image sans le son c’est beaucoup moins bien, et c’est ce qui m’a conduit à privilégier les articles qui paraissaient chaque semaine.
A cette occasion, je remercie sincèrement ceux qui m’ont envoyé leurs contributions ; je les ai publiées telles qu’elles me sont parvenues, en corrigeant simplement quelques fautes d’orthographe quand il y en avait et en évitant de faire des commentaires qui comme souvent dans ces cas là sont souvent décalés. Je dois aussi remercier l’association de « L’Amicale de la 11EC » qui m’a autorisée à reprendre les articles parus dans le bulletin « Res Non Verba ».
En fait, 200 articles c’est beaucoup et c’est peu en même temps ; toute l’histoire de la 11EC est loin d’être entièrement couverte. Il manque notamment toute la vie en escadron : les qualifs, les EVALTAC, campagnes de tirs, soirées, et les manips en tout genre. Je lance un appel au peuple : « chaque pilote, chaque mécano a au moins une histoire, anecdote à raconter ». Pour faire plus simple je vais lancer une rubrique « une photo, une histoire ». Les photos mises en ligne sur le site l’ont été surtout pour illustrer les articles, histoires, récits, anecdotes,…alors que souvent derrière une photo se cache une histoire. C’est plus facile à raconter, souvent plus court et moins pénible que de rédiger un article complet, mais ça reste tout aussi intéressant.
Histoire de voir ce que cela pourrait donner, je vous propose la photo ci-dessous ; deux Mirage IIIB en patrouille serrée sur un Jaguar biplace.
Mission transformation JINK photo prise en fin de mission
Rien de bien original, sauf que cette photo a été prise au cours de la seule mission de transformation « Jink » effectuée. Le « Jink » est une manœuvre qui consiste à remuer l’avion en permanence de façon à ne pas avoir une trajectoire prédictible et augmenter ainsi ses chances de survie face à l’artillerie anti-aérienne (AAA) de petit calibre. C’était en 1981, juste après le premier RED FLAG et le « Jink » avait été un des grands enseignements tiré de cet exercice qui se passe aux États Unis. Le grand YAKA avait décidé que le « Jink » devait être généralisé pour toutes les missions d’assaut basse altitude ; pour cela il fallait porter la bonne parole et puisque le « Jink » était considéré comme de la guerre électronique (!?!?!), la charge de la transformation fut confiée au 2/11. C’est ainsi que tout jeune CP, alors que je n’avais pas fait RED FLAG, je me suis retrouvé leader de cette patrouille de 4 avions, les M IIIB appartenant au 2/2 escadron de transformation Mirage. Une demi heure en basse altitude à bouger dans tous les sens suivant une intensité que j’avais fixé sans avoir réellement pratiqué ; les avis étaient très partagés sur ce sujet car certains préconisaient des manœuvres sous facteur de charge important (3 ou 4G) méthode efficace mais qui était très contraignante et pénalisante en pétrole, et d’autres qui voyaient ça sous forme de manœuvre proche du 8 paresseux. En tout état de cause cette mission n’a pas dû s’avérer convaincante puisqu’il n’y eut pas de suite.
PS : Certains d’entre vous m’ont déjà envoyé des photos commentées ; je vais les réunir dans cette nouvelle page dans laquelle je serai ravi d’insérer ce que vous allez m’envoyer.
Défiler en avion constitue un exercice de style qui ne m’a jamais trop passionné ; opérationnellement, ça n’amène rien, lorsqu’il se passe bien c’est normal, mais par contre quand ce n’est pas le cas on entend « causer du pays ».
A ce propos, je me souviens d’un défilé du 14 Juillet à Metz ; il était prévu de passer dans la soirée vers 20H00 ou 21H00. Le temps était brumeux, le soleil commençait à être bas sur l’horizon et bien évidemment l’axe du défilé était face à l’ouest. La population nous a entendu passer mais ne nous a jamais vu malgré nos trois passages ; pas très grave en soi, sauf qu’en bas notre « Grand YAKA » accompagnait « Biffin chef » qui ne s’est pas gêné pour le féliciter de l’excellente prestation de ses seuls représentant de l’Armée de l’Air. Dès notre atterrissage, le leader du défilé était demandé au téléphone par qui vous vous doutez ; je crois qu’il en a encore les tympans qui vibrent.
Voilà ! Les Champs, c’est droit devant dans 30 secondes
Les 2 gros problèmes à gérer sont la météo et le nombre d’avions. Pour ce dernier, actuellement c’est beaucoup plus facile qu’avant car les avions d’aujourd’hui sont très bien équipés en matière d’aide à la navigation ce qui permet de respecter facilement le trajet prévu et les horaires associés. En plus, ils sont surveillés par des radars qui retransmettent la situation aérienne en temps réel à un centre d’opérations qui n’hésite pas à sortir une patrouille qui ne serait pas sur son trajet prévu ou qui serait en retard sur le timing prévu. « Avant », il en était tout autrement car pour ce qui concernait la navigation, il n’y avait que la carte et le chrono ; dit autrement, le pilote assurait la navigation à vue en regardant en bas et en faisant correspondre le trait tracé sur la carte avec les repères sols, et se retrouver à 1 ou 2 km de l’endroit prévu avec 30 secondes d’avance ou de retard était vite fait, mais pas tolérable quand il y a une trentaine d’avions ou plus qui défilent. Si une patrouille ne respecte pas le timing il se passe la même chose que sur la route c’est à dire un phénomène de circulation en accordéon. La différence est qu’un avion ne peut pas s’arrêter en attendant que ça reparte.
Pour ce qui est des conditions météorologiques quand il fait franchement beau ou mauvais l’affaire est assez simple ; dans le premier cas les conditions sont optimales et dans le second le défilé est annulé. Le problème se situe entre les deux. Pourtant les consignes sont très strictes, mais le jour J, allez faire comprendre au plus haut sommet de l’état que les avions ne passeront pas parce qu’au sud de Paris il manque 100 feet de plafond, alors qu’il fait un temps splendide en bas des Champs Élysées. Dans ces cas là, on « force » le talent et parfois ça devient un peu le salaire de la peur ; je devrais plutôt dire ça devenait car à l’heure actuelle, comme je le précisais plus haut les choses ont beaucoup changé.
Que ceci ne vous empêche pas d’aller sur les Champs et de contempler ce spectacle toujours aussi beau qu’est celui d’un défilé d’une centaine d’aéronefs.