Notre grand ancien à l’honneur

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Raymond Gabard, notre grand ancien du groupe 3/6 se verra remettre la légion d’honneur le 10 Janvier à Perpignan. Pour rappel, Raymond, dont les mémoires sont accessibles en cliquant sur ce lien Raymond GABARD, a effectué la campagne de France en 1940 sur MS 406 ; il avait alors 20 ans et il en a aujourd’hui 95.

Ceux qui seraient intéressés par la cérémonie peuvent le faire savoir via le site ou en contactant l’Amicale de la 11EC.

A titre personnel, cette distinction me réjouit particulièrement d’autant plus que je pense qu’elle arrive quand même un peu tard. Outre sa période au groupe de chasse 3/6, Raymond s’est engagé dans la résistance et a ensuite fait une carrière dans la police sur hélicoptère.

Nous correspondons régulièrement et dernièrement il m’a envoyé des “anecdotes” ; je vous en joins une qui à mon sens est à l’image du personnage et bien évidemment d’époque.

Raymond qui malgré son age est très familier d’Internet serait, je pense, très touché si vous pouviez lui mettre un mot dans la partie “commentaire”.

1939 au bar de l'escadrille
1939 au bar de l’escadrille
1939 les pilotes préparent leur mission 2
1939 les pilotes préparent leur mission 2

J’ai piloté le Curtiss P.40

Nous sommes en début 1945, Le stage à Kasba Tadla est terminé. Je pars pour Meknès au Centre d’Instruction de Chasse, pour ensuite revenir en France pour terminer la guerre.

Après quelques heures de vol sur Curtiss H 75, je prends en main le Curtiss P.40. Grosse machine ayant quelques défauts mais idéal pour l’entrainement au travail de chasseurs bombardiers près du sol. Les mois de février et mars 1945 sont utilisés pour l’entrainement   à cette nouvelle spécialité

Tout se passe bien pendant 1 mois et demi de travail quand un après-midi de mars 1945, alors que je m’entrainais à la mise de l’avion en piqué à la verticale après un renversement (figure de voltige), j’ai trop attendu (1 seconde peut être) avant de basculer vers le sol à la verticale, cette seconde m’a été fatale et je me suis retrouvé en « vrille à plat sur le dos » situation plus qu’inconfortable, puisque , paraît-il, il est impossible de s’en sortir. L’avion descend relativement lentement, comme une feuille morte, sur le dos, c’est à dire que j’étais la tête en bas, les commandes sont molles et l’avion descend inexorablement vers le sol. Seul le parachute avec siège éjectable pouvait peut être me sauver. Je n’avais pas de siège éjectable.

Je voyais le sol approcher sans aucun espoir de m’en sortir et dans ma tête, certains souvenirs surtout ma famille me venaient à l’esprit, quand soudain, j’ai pensé au moteur, qui tournait toujours au ralenti. J’ai poussé la manette de gaz vers l’avant et miracle, je me suis retrouvé en vrille normale. J’étais sauvé. Redressant le P.40 au ras du sol, j’ai mis le cap sur l’aérodrome de Meknès. Il paraît que j’étais plutôt pâle à l’atterrissage. Il m’est difficile de donner mon altitude lorsque j’ai accéléré, je l’évalue à 300 mètres environ. Un peu bas pour redresser une vrille, mais une chose est certaine c’est que je suis toujours vivant.

Après cet entrainement sur P.40, je suis parti sur P.47 (Thunderbolt)

Raymond Gabard   Le 15 Octobre 2014

Curtiss P-40E
Curtiss P-40E

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3 réponses sur “Notre grand ancien à l’honneur”

  1. Belle machine et heureux que vous ayez ou vous en sortir.
    Et puis merci pour ce que vous avez fait pour nous.
    Eric Le Maguet

  2. Bonjour,

    Je voulais savoir à titre informatif si vous aviez connu mon père:Jean GUIGUE,pilote sur T6 en Algérie et sur F100 super sabre.
    Je cherche des anecdotes sur lui l’ayant très peu connu et pourquoi pas des photos.
    Il est malheursement décédé en 1988 lorsque j’avais 11 ans dans un accident d’hélicoptère(défaillance technique)
    Il s’était reconverti dans l’aviation d’affaires sur hélicoptère(jet ranger et écureuil)et avion(Beech craft et falcon 10)

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