Cette photo est prise en mai 1972 (nous sommes en tenue hiver). C’est le baptême du « Redoutable ». Le lancement a eu lieu en juin 1972 (tenue d’été) avec son parrain : le colonel GOURET, premier habitant de la villa, donc voisin et … Breton … ! Ce qui ne gâche rien. Comment est-ce arrivé ? Hasard ! Un peu d’histoire (locale).
Suite au transfert de Bremgarten à Toul, on (le personnel) a dû prendre ce qu’on nous donnait. C’est-à-dire que, du point de vue logement, adjudants-chefs et adjudants avaient priorité pour les chambres seules. S’ils en restaient, les vieux sergents chefs aussi, mais là …
Les sergents, caporaux-chefs, caporaux et pioupiou : dortoirs !
Et à quinze par chambre, avec les portes de saloon (double battants), pas de veilleuses si utiles aux retours des vols de nuit, lors des retours « tardifs des commissions » dans des communes éloignées de la base. À l’époque, on avait souvent une voiture pour deux ou quatre.
Les bâtiments en rénovation étaient plus que surveillés !
Quand je suis passé sergent PDL, le responsable logement m’a demandé si j’étais intéressé par une chambre de quatre au LC1. C’était le bâtiment des « vieux », donc tranquille, peinard. La chambre proposée était une salle commune où les Américains posaient leurs skis, hard-tops, galeries de toit, mais qui possédait un lavabo, un WC et une douche. Si je trouvais 3 autres sergents, l’affaire était faite. N’étant pas le seul informé, on s’est retrouvé un sergent du « 1/11 » et trois du GERMaS.
Le colonel GOURET a donc lancé « Le Redoutable » avec le bosco (ADJ YVIN dit Yann). Ils ont cassé la bouteille de champagne sur la droite de « l’escalier de coupée » et dévoilé la plaque : Bâtiment « Le Redoutable » parrain : colonel GOURET.
Le baptême.
Cette photo est prise en milieu d’apéritif, le temps qu’il y ait de la braise au barbecue (très fonctionnel celui des Américains) et le colonel qui, de sa fenêtre voyait très bien ses voisins (nous), sous prétexte d’un tour du propriétaire, est venu voir comment cela se passait.
Après quelques verres pris en commun, sachant pourquoi on l’appelait « Le Redoutable », accepta d’en être le parrain. Son fils est venu le chercher :
– Papa, maman dit que l’on va manger, elle a fait un soufflé.
– Va dire à maman qu’elle coupe tout, on mange ici.
Pourquoi « Le Redoutable » ?
En pénétrant dans ce bâtiment, on était impressionné par le nombre de tuyaux qui étaient dans les couloirs (coursives) et les bruits émis (à la mise en pression du chauffage ? à l’appel de l’eau des sanitaires ?). Tous ces bruits n’étaient pas sans rappeler les sonars et autres asdics de La Royale. Il y avait aussi parfois de l’eau dans les coursives.
Sachez que le Pacha était le parrain, le bosco (ADJ YVIN), le bidel (ADJ ROUTTIER, le mousse, en tenue SVP, (SGC LECA), les rameurs (M. CORNEILLE et BAUDRY, Antillais de l’ERT), vigie/salle des machines (JOBKEL, COFFIN et VAUTHIER). Il y avait aussi l’aumônier, dont j’ai oublié le nom.
Sur la photo
Marco LECA, GERMaS réacteur
YVIN, pétaf du garage, faisait passer les permis
ADJ BOUGOIN (dit Max), radio/radar GERMaS
Jean-Paul ANGELOT, telec du GERMaS
CORNEILLE, ERT
DATAMANTI (dit « Le Kabyle »), EC 3/11
GUETTA, GERMaS réacteur
LEROUX (dit Nanar), GERMaC-GERMaS
BRICOTTO (dit « La Brique »)
RICHAUD (Tonton), ERT
HERNOT (dit « Ti’Jean »), EC 2/11
VERLHAC
JOBKEL, GERMaS réacteur
COFFIN, GERMaS réacteur
FLORENTIN (dit « Flo-Flo »), PC1
VAUTHIER, GERMaS réacteur
Sur cette photo, les repères (A, A’ et B) sont, me semble t-il des pilotes, personnel du CLA (A’ : SGT OUVRIEU ?). Les « hors mécanos » m’échappent car, jeune « Germassien », je n’étais pas au quotidien avec eux.
Rédigé par Gilles VAUTHIER
Suite aux commentaires reçus, je rajoute :
– « Ernest » qui est derrière le n°9
– A est Dehez (pilote)
– A’ est bien OUVRIEU du CLA
– B est Vandamme (pilote)
– Entre le 10 et le 11, il s’agit du sergent Latournerie, un radio du 2/11
– Contre le poteau avec le chapeau, Alain Guillemot dit « Léon »
– Un doute sur le n°4 qui pourrait être Fauvet du 2/11
Le RedoutableLe Redoutable, un peu plus tard dans la journée
Raymond Gabard, notre grand ancien du groupe 3/6 se verra remettre la légion d’honneur le 10 Janvier à Perpignan. Pour rappel, Raymond, dont les mémoires sont accessibles en cliquant sur ce lien Raymond GABARD, a effectué la campagne de France en 1940 sur MS 406 ; il avait alors 20 ans et il en a aujourd’hui 95.
Ceux qui seraient intéressés par la cérémonie peuvent le faire savoir via le site ou en contactant l’Amicale de la 11EC.
A titre personnel, cette distinction me réjouit particulièrement d’autant plus que je pense qu’elle arrive quand même un peu tard. Outre sa période au groupe de chasse 3/6, Raymond s’est engagé dans la résistance et a ensuite fait une carrière dans la police sur hélicoptère.
Nous correspondons régulièrement et dernièrement il m’a envoyé des « anecdotes » ; je vous en joins une qui à mon sens est à l’image du personnage et bien évidemment d’époque.
Raymond qui malgré son age est très familier d’Internet serait, je pense, très touché si vous pouviez lui mettre un mot dans la partie « commentaire ».
1939 au bar de l’escadrille1939 les pilotes préparent leur mission 2
J’ai piloté le Curtiss P.40
Nous sommes en début 1945, Le stage à Kasba Tadla est terminé. Je pars pour Meknès au Centre d’Instruction de Chasse, pour ensuite revenir en France pour terminer la guerre.
Après quelques heures de vol sur Curtiss H 75, je prends en main le Curtiss P.40. Grosse machine ayant quelques défauts mais idéal pour l’entrainement au travail de chasseurs bombardiers près du sol. Les mois de février et mars 1945 sont utilisés pour l’entrainement à cette nouvelle spécialité
Tout se passe bien pendant 1 mois et demi de travail quand un après-midi de mars 1945, alors que je m’entrainais à la mise de l’avion en piqué à la verticale après un renversement (figure de voltige), j’ai trop attendu (1 seconde peut être) avant de basculer vers le sol à la verticale, cette seconde m’a été fatale et je me suis retrouvé en « vrille à plat sur le dos » situation plus qu’inconfortable, puisque , paraît-il, il est impossible de s’en sortir. L’avion descend relativement lentement, comme une feuille morte, sur le dos, c’est à dire que j’étais la tête en bas, les commandes sont molles et l’avion descend inexorablement vers le sol. Seul le parachute avec siège éjectable pouvait peut être me sauver. Je n’avais pas de siège éjectable.
Je voyais le sol approcher sans aucun espoir de m’en sortir et dans ma tête, certains souvenirs surtout ma famille me venaient à l’esprit, quand soudain, j’ai pensé au moteur, qui tournait toujours au ralenti. J’ai poussé la manette de gaz vers l’avant et miracle, je me suis retrouvé en vrille normale. J’étais sauvé. Redressant le P.40 au ras du sol, j’ai mis le cap sur l’aérodrome de Meknès. Il paraît que j’étais plutôt pâle à l’atterrissage. Il m’est difficile de donner mon altitude lorsque j’ai accéléré, je l’évalue à 300 mètres environ. Un peu bas pour redresser une vrille, mais une chose est certaine c’est que je suis toujours vivant.
Après cet entrainement sur P.40, je suis parti sur P.47 (Thunderbolt)
QUIZZ
Dans la galerie « Jaguar-armement » que je viens d’ajouter à la page JAGUAR, un internaute m’a signalé un bug. Pas très évident car il faut connaitre le JAGUAR et c’est pour cette raison que je vous propose plusieurs solutions.
1 – Le Jaguar est incapable de décoller dans cette configuration
2- Une fois « airborn », il ne peut pas couper la PC, sinon il tombe
3- Décollant de Toul, à Neufchateau, il est « short » pétrole
4- Ce n’est pas le bon avion
5- Autre raison
Si vous avez une idée, vous pouvez m »en faire dans la partie « commentaire ; la solution, la semaine prochaine
RÉPONSE : C’était effectivement un biplace et non pas un monoplace. Pour les non spécialistes, les biplaces ont un numéro E.. et les mono A… Sur la photo, le bouclier porte le numéro A 124, alors que c’est un biplace reconnaissable à son « gros nez » dans lequel il y a la perche de ravitaillement en vol ; le mono possède une perche escamotable sur le coté doit.
Félicitations à ceux qui ont eu la bonne réponse ; dommage; il n’y avait rien à gagner. J’essaierai de faire mieux la prochaine fois
JAG 11X250kg bombes
La 11EC a toujours eu quelque chose de particulier et les opérations extérieures menées depuis 1977 ont façonné la base aérienne 136 à l’unisson de ses escadrons. Tout le monde poussait dans le même sens et la décision de dissoudre l’escadre et par conséquence de fermer la base a été durement ressentie par les personnels qui y travaillaient. Juste une anecdote : lors des départs sur alerte, les gens qui étaient concernés, touchaient une avance financière et il fallait qu’à ce titre les personnels du service de la solde soient présents, y compris en dehors des heures ouvrables (ce qui en général était la norme). Pas facile à faire rentrer dans les mœurs et au début il y eut quelques grincements de dents. Lors d’un weekend d’hiver, un adjudant de la solde a entendu par le voisinage qu’il y aurait une alerte et un départ à gérer. N’étant pas d’astreinte, cet adjudant décida de sa propre initiative de monter sur la base. Le problème fut qu’une fois passé le carrefour des 4 vents, sa voiture dérapa sur une plaque de verglas et finit dans le fossé. Il continua à pied pour apprendre qu’en fait il n’y avait pas d’alerte. Il regagna son domicile sans rien dire et lorsque cet incident fut connu bien des mois après il déclara que son comportement fut de ce qu’il y avait de plus normal et qu’il n’y avait pas de quoi en faire un fromage.
Il est vrai aussi que ces alertes, détachements et opérations ont développé un sens de la « démerde » déjà bien présent dans la culture Française ; mais il faut reconnaitre qu’à la 11EC, on avait atteint des sommets et que par la suite, le retour à la normale sur les autres bases fut parfois difficile, d’où cette nostalgie exprimée à travers l’emploi du terme « NOUAT »
Le « NOUAT »
Par Jean-Pierre ETIENNE dit « grosse baffe »
Nous connaissons le « Dahut », vous savez cette bestiole de montagne qui a la particularité de posséder les deux pattes de gauche plus longues que celles de droite (selon le sens de la marche à flanc de coteau).
Nous connaissons également, du moins pour ceux d’entre nous qui ont trainé leurs guêtres en Afrique, le « CROCOLION », vous savez ce bizarre animal muni d’une tête de lion dont l’arrière-train est constitué d’une tête de crocodile ! Bon il est vrai que l’approcher relève de la gageure, hargneux et colérique qu’il est ! Mettez-vous à sa place, ne seriez-vous pas exaspérés de ne pouvoir (configuration oblige) satisfaire quelques besoins naturels.
Mais le « N’OUAT », le « NOU’AT » ou bien encore le « NOUAT » ?
Cela pourrait être un particulier de l’Afrique profonde ou un « Gaulois » bien de chez nous. Eh bien non, c’est un ancien de notre bonne vieille BA 136, mais surtout un ancien de notre feue 11e Escadre de Chasse. Il se trouve maintenant dans l’un ou l’autre des « quatre coins de l’Hexagone » les autochtones l’ont surnommé ainsi… certainement à force d’entendre les gaillards de la 11EC se référencer par cette expression : « nous à Toul ».
O combien la regrettent de ceux qui sont passés à ceux qui l’ont accueillie. Bien sûr ces derniers stressaient un peu (beaucoup) dès qu’ils apprenaient que « roi de la débrouille ou de l’embrouille » (au choix) arrivait. Comment étaient-ils désolés lorsqu’ils se sont retrouvés sans « NOUAT » a fustiger ou à qui faire appel en cas de M….. !
Besoin d’un coup de main ? SVP, envoyez-nous quelques « NOUAT de choc » (exemple parmi tant d’autres d’une expédition hors métropole). Et toujours (ou presque) la bonne humeur qui allie l’utile à l’agréable car le « NOUAT » sait festoyer à l’invite d’un pot agrémenté de « NOUAT de cajou », suivi d’un bon gueuleton évidemment.
Voilà un peu de l’histoire du «NOUAT », inimitable, irremplaçable… peut-être qu’un jour… !
« Saint NOUAT », SVP réactualise le « RES NON VERBA »
Pour un « NOUAT » rien n’est impossible.
Par Jean Yves DAGORN, mécanicien au GERMAS de Toul de septembre 1982 à août 1993.
À propos de « boîte », je voudrais vous compter une petite anecdote dont j’ai été l’objet. En effet de septembre 1996 à août 1997, j’étais le chef de hangar de l’escadron de chasse 1/3 « Navarre » stationné comme vous le savez tous sur la base de Nancy Ochey.
J’ai beaucoup apprécié mon passage dans cet escadron, cependant mes camarades, connaissant tous mon appartenance passée à la « 11 » et ayant entendu trop souvent à leur gré vanter les mérites bien connus de cette prestigieuse unité, décidèrent de m’infliger une sanction exemplaire. À l’occasion de la Saint Éloi 1996, le conseil des mécaniciens décida de punir trois individus du un 1/3 : un pilote et deux mécaniciens dont je faisais partie. Pour ma part traite à l’unité, je fus condamné par Saint Éloi à avaler, en place publique, deux boudins antillais froids.
La punition fut pour moi redoutable, je faillis vomir à maintes reprises. Mais je n’en ai pas tenu rigueur à mes chers camarades de la trois car je suis passé pour un « martyr ».
Il y a un peu plus d’un an je vous avais proposé un article sur l’atterrissage sur le bidon à Dakar du « gros ». Aujourd’hui, c’est le récit de son équipier, le sergent Fifi (eh oui, à l’époque, il y avait encore des sergents pilote dans l’Armée de l’Air), pour qui c’était ses premiers pas en Afrique. Vous verrez, ce n’est pas tout à fait la même perception des faits.
Mon premier convoyage sur JAGUAR.
Après une mise en place on ne peut plus conventionnelle à Istres le jeudi 4 mars 1982, nous nous sommes retrouvés avec l’équipage du ravitailleur pour un briefing sur le convoyage du lendemain.
La routine pour eux, mise en place de deux Jaguar à Dakar et une découverte pour moi pour qui il s’agissait du premier convoyage, 4 mois après ma transformation Ravito.
Les points importants sont vus avec l’équipage du Boeing, trajet uniquement maritime, fréquences radio, timing des 1er et deuxième ravito voir du 3ème, pétrole prévu, terrains de déroutement en cas de panne sur le trajet, séparation du Boeing pour départ en basse si les conditions météo le permettent et arrivée au break à Dakar en fonction de la piste en service, à priori la 01. Puis, petit briefing particulier avec mon leader et les 2 pilotes retour en ce qui concerne les horaires de lever, petit déjeuner, heure aux avions, contact radio puis mise en route.
Logés dans un hôtel à Istres avec l’équipage Jaguar prévu au retour, nous nous sommes retrouvés en ville pour un petit resto, classique, puis couché.
Mauvaise nuit… Du mistral, des volets qui claquent et un réveil plus que matinal pour un p’tit déj à l’aube puis un contact radio nocturne.
Mise en route sans PB mais pas pour le Boeing qui reporte le décollage. S’en suit une très longue attente en tenue (combinaison étanche) jusqu’à une heure avancée qui ne nous garantissait plus un dernier ravitaillement de jour ou un atterrissage de jour à Dakar (j’ai oublié).
Rebelote pour le briefing du soir pour une mission reportée au lendemain. Logés cette fois ci sur la base, la seconde nuit ne fût pas plus excellente que la première, toujours à cause du vent.
Cette fois, le Boeing est OK à la mise en route, alignement et décollage et c’est parti pour l’Afrique.
Le jour se levant avec un beau ciel bleu, la fatigue s’estompe un peu après le décollage.
Panique à bord cependant. Cap vers le sud en montée, pas d’ horizon. La mer est bleue, le ciel également le tout dans un halo blanchâtre. Un léger malaise m’envahit, j’ai bien peur de me sentir mal par manque de repères. Je me jette sur la boule pour recaler mes gyros avec un coup d’oxygène en surpression. Pourvu que tout le trajet ne se passe pas comme cela, je ne tiendrai pas. Je ne l’annonce pas non plus, la honte, risquer de faire annuler la mission. Finalement en prenant sur moi, en me rapprochant du Boeing, un œil dehors et un sur les instruments, cette sensation de malaise disparait au bout d’une vingtaine de minutes. La brume blanchâtre finit par laisser apparaître un superbe horizon bien marqué.
Le convoyage en lui-même, les ravitos, rien à dire, tout roule.
A l’approche du Sénégal, météo connue sur Dakar, on quitte le Boeing travers Saint Louis pour descendre sur la mer et arriver en basse au break. Que du bonheur, un peu d’air en BA, moins sec à respirer que là-haut.
Contact avec l’Airport, crise de rigolade en cabine. L’accent local est vraiment bien particulier. Le phrasé également. Peu importe, c’est l’Afrique patron.
Beau temps sur Dakar, ciel bleu sans vent de poussières ni brume, un vrai temps de curé quoi (assez rare pour y avoir séjourné plus tard en détam). Contournement des Almadies, présentation face à la 01 et arrivée au break.
Départ du leader, espacement puis break à mon tour. Content d’arriver, fatigue et faim se font sentir.
Environ 800 mètres arrière, je regarde partir mon leader en dernier virage qui annonce « train sorti verrouillé, trois verte » sans bip, mais rien ne me choque, nous sommes en Afrique sur un terrain civil, les pratiques peuvent être différentes et puis c’est le leader, je ne suis que P.O. A mon tour de partir en dernier virage, même annonce plus le bip, l’habitude pour moi.
Face à la piste je regarde le leader se poser. Nuage de fumée. Le leader annonce, j’ai éclaté un pneu. Et moi de rajouter – oui … il y a même des étincelles !!! Parachute frein pour lui et remise de gaz pour ma part, un p’tit passage sur la piste et un coup d’œil sur l’avion arrêté sur la partie gauche de la piste. Curieux cet avion, il penche vers la droite et semble bien près du sol. Une idée me traverse l’esprit, une petite annonce radio, « t’as sorti le train ?». Pas de réponse. Passage vent arrière pour une présentation côté droit de la piste, 3000 mètres de long, la bande droite est libre, ça passe.
C’est le black-out à la radio, silence complet. Je me présente en finale train sorti verrouillé bip bip… pour me poser quand une voix bien de chez nous me dit : « ici l’OPO, vous vous déroutez à Thiès… ».
Thiès, jamais entendu parlé. C’est quoi, c’est où ? Il me reste entre 900 et 1100 kg. Non, non je me pose, ça passe sur la bande droite.
C’était sans compter sur l’intervention des pompiers Sénégalais qui ont déjà investis la piste sur la partie disponible. Remise de gaz et là après mon annonce radio, nouvelle intervention de l’OPO.
Vous vous posez en 04… En 04 ???. Eh bien cherchons là cette 04. C’est plus facile à 1500’ de visualiser l’ensemble du terrain. Une vieille piste avec des Dakota dessus, des tronçons de taxiway, l’aéroport civil, tient une bande de bitume qui pourrait bien ressembler à une 04 et en plus c’est écrit dessus
Bon, elle semble un peu courte et commence au raz de la falaise. On va jouer au marin en essayant de ne pas s’emplafonner le porte avion. Pas facile de visualiser le POR qui n’existe pas et de bien viser l’entrée de piste sans être ni trop court ce qui s’avérerait être fatal ni trop long étant donné la longueur de la piste.
A peine posé, j’ai la désagréable impression d’avoir « bouffé » toute la piste. Parachute sorti et freinage appuyé, ouf il en reste. La piste était seulement bombée.
Là par contre, je ne sais pas où aller. Une petite question à la tour, je vais où ? Tout droit est la réponse. Sauf que tout droit, c’est la pampa. Du coup, je sors le plan de l’aéroport et c’est parti. Une petite ballade par l’aéroport civil, une autre par la partie militaire sénégalaise, personne. Personne pour m’indiquer ou me parquer. Après un demi-tour, j’aperçois un marin qui me fait de grands signes. C’est là. Toute l’équipe Jaguar est partie sur le lieu du crash et les 4 autres avions sont en vol pour un brin de ravito.
Arrêt des moteurs, verrière ouverte, une R16 arrive en dérapage à côté de l’avion. Je suis le commandant de base me dit-il. Il parait que votre copain s’est éjecté !!!
Je n’ai rien vu, pas de parachute non plus au sol. Je saute de l’avion, montez me dit-il, je vous emmène. Pas le temps de poser l’anti-G.
C’est parti, à fond la R16. J’ai vu passer l’avion sans train raconte le colonel, le temps que je me précipite sur le téléphone pour prévenir la tour, c’était trop tard…Arrivés sur la piste, le Jaguar a triste mine, couché au ras du sol sur le côté droit, il lui manque bien le train d’atterrissage.
Marc, le leader est bien là. Ouf, il ne s’est pas éjecté. Il me dit juste qu’il a oublié. Il ne comprend pas. La responsabilité de la mission et de son équipier ajouté à deux très mauvaises nuits, 5 heures 30 de vol et trois ravitos peuvent pour moi expliquer cet oubli.
Un peu à l’écart, un policier Sénégalais me demande : c’est vous le pilote ? Oui, enfin non lui dit-je, c’est mon collègue là-bas. Mais dites- moi c’était prévu ??? Non non. Nous ne faisons pas d’exercice de ce genre. Il sort alors une vieille chaine d’arpenteur toute rouillée, pour prendre avec son collègue des mesures par rapport aux balises d’éclairage du bord de piste.
Un petit camion grue est arrivé, mais il ne peut soulever que 6 ou 7 tonnes alors que l’avion vide en fait 7.2 plus environ 1 tonne de pétrole restant.
La piste internationale est bloquée. Pas le temps de tergiverser, les autorités veulent pousser l’avion dans la verte avec un bulldozer.
Il y a de quoi s’offusquer. Mais il n’a rien ce Jaguar. Un bidon ventral aplatit, un bout de saumon, un bout de volet, une quille et un bout de plan horizontal légèrement râpés.
Le cadre spécifique installé pour soulever l’avion, c’est parti. Un coup c’est l’avion, un autre ce sont les roues avant du camion qui se soulèvent puis on rapproche la flèche de la verticale et c’est reparti, l’avion les roues du camion, la flèche. Géniale l’équipe de mécanos du 3/11.
L’avion quitte enfin le sol. Un peu de pétrole s’écoule.
Panique chez les pompiers. Le chef du camion de pompier crie un ordre à un subalterne qui se rue sur une vanne du camion pour libérer une mixture marron et malodorante. Mauvaise pioche, la vanne n’est reliée à aucun tuyau. Le commandant de base qui surveillait les opérations se prend tout dans le dos. C’est l’Afrique patron…
Une fois soulevé à une hauteur suffisante, la grue ne pouvant pas déplacer l’avion en roulant sans risque pour ce dernier, la batterie est mise en route puis l’électro-pompe pour la sortie du train. Il rentrera, fier sur ses roues, remorqué par un tracma.
Quinze jours d’indispo. peu de pièces changées et il repartira en vol comme avant, meilleur à la lunette qu’auparavant dixit la mécanique.
Trois heures d’indispo. pour la piste internationale.
Un déroutement pour le Boeing.
Des tonnes de basket pour les 4 Jaguars du détam en place qui se posant en 04 non pas osé utiliser leur parachute (à choisir, je crois bien que les mécanos auraient préféré les parachutes à replier plutôt que les roues à faire).
Une bonne soirée aux Almadies pour un max de pilotes, de mécanos et le second de base de chez nous. Une fin heureuse, pleins de souvenirs à raconter. L’aventure continue.
Ah. J’avais oublié la fabuleuse question de la FATAC : mais que faisait un sergent P.O. dans un convoyage ?
Fifi.
La trajectoire du « roulage »La finale du roulageUn peu légère la grue !Finalement, le bidon a bien tenuAvec le bidon, le saumon fut une des rares pièces à changer !La salle d’ops Fifi, Olive, Le melon Teteille Noel N’djamena 1983
Daniel HARTMANN : 2 ème escadrille du 1/11, de novembre 1953 à octobre 1960
Le 19 août 1956, eut lieu, un meeting national de l’air. La 11e escadre de chasse, qui était chez elle, y participa activement.
La prestation du 1/11, avec un défilé à 16 avions suivis d’un simulacre d’attaque de la piste fut très remarquée. Les normes de sécurité de l’époque n’étaient pas aussi strictes qu’aujourd’hui, mais elles furent quand même allègrement dépassées, il existe de très belles photos de passage de F84F ventres à terre et plein pot sur la piste.
Jetais à l’époque interdit de siège éjectable, et voici pourquoi.
Le Siebel entier
Une semaine avant, je reçus l’ordre d’aller chercher à ROCROI, le générale Gardes, directeur des meetings nationaux. Le 12 août avait eu lieu un meeting à Charleville-Mézières, mais à la piste en herbe détrempée et un peu courte de ce terrain, on préférera une piste NATO en construction à 25 km de là. La piste de Rocroi était utilisable, mais les bretelles et autres « taxyway » étaient en chantier.
Pas de contrôle, pas de météo, un caporal et six hommes pour le gardiennage. Le sergent Potron, mécano à l’escadrille de liaison, avait préparé le Siebel NC701 numéro 84. Le moteur tournait, il n’y avait plus qu’à aller.
Voyage aller sans histoire, verticale Rocroi, je cherche une aire à signaux, une biroute… rien. Je choisis donc la piste pour laquelle j’étais vent arrière. C’était très turbulent, et en étape de base, je me suis vite rendu compte que ce n’était pas le bon QFU. Donc remise de gaz, positionnement vent arrière pour l’autre QFU. Là nous nous apercevons la fumée d’un feu allumé par les gars d’en bas pour nous indiquer la direction du vent. La fumée courait au ras du sol à 90° de la piste, face à ma nouvelle étape de base.
Informé du vent, j’ai fait un atterrissage tout juste maîtrisé, du genre « posé pas cassé».
Accueil sympa des « bidasses » qui n’avaient pas de nouvelles de nos passagers. Moi, je n’étais pas trop pressé de tenter ma chance au décollage, et je voyais bien que Potron n’était pas trop inquiet aussi. Comme personne ne s’annonçait et que le temps passait, j’espérais que le général avait conscience de la difficulté, et qu’il attendrait que le vent se calme.
C’est alors qu’un véritable cortège de voitures est arrivé. Outre le général et ses trois secrétaires en uniforme, il y avait le préfet et toute une suite de notables, Léon Biancoto (champion du monde de voltige de l’époque) et Lucienne son épouse (que j’ai eu l’occasion de revoir plus de 30 ans après) que sais-je encore ?
Moi, petit sergent pilote, impressionné par tout cet aréopage, lorsque le général m’a tapé dans le dos en me disant « alors, on n’y va mon p’tit gars ? » Et bien j’y suis allé !
J’ai pourtant débuté ma carrière sur des avions à train classique, comme le Stampe ou le T6, j’étais lâché et pilotais régulièrement le Nord 1002, pas facile par vent de travers avec son train très étroit… Mais j’ai tout oublié en poussant les manettes !
L’avion est tout de suite partie à gauche dans le vent, j’ai immédiatement contré au moteur, le pied et le manche étant déjà en butée. Alors qu’il allait sortir de la piste à gauche, l’avion s’est ravisé est parti du côté droit, moteur gauche en surpuissance! Ce que voyant, je poussai le moteur droit à fond, et tirait sur le manche pour décoller avant de sortir de la piste à droite ! Mais nous étions loin du compte au point de vue badin.
À droite, il y avait une bretelle en construction, des fossés, des buses, des tas de terre, etc.… et c’est là que nous avons quitté la piste ! En plein dérapage sur la droite, les trains ont été fauchés, le moteur droit et son bâtis ont fait 30° vers la gauche, l’hélice entamant le cockpit 10 cm devant les genoux du mécano !
Le sergent Potron avait tout coupé, y compris les robinets coupe-feu, éjecté les sorties de secours au plafond du poste de pilotage, tout le monde descend !
Le général qui avait omis de boucler sa ceinture, avait un bras cassé. Deux de ses collaboratrices étaient légèrement blessées, la troisième, assise dos à la route était indemne. Potron avait une légère blessure au front, et moi, gravement blessé dans mon amour-propre. « Quand un décollage est mal partit, on insiste pas » me dit mon général en se tenant le bras.
Le soir, un Siebel piloté par le capitaine Moine, commandant de l’escadrille de liaison, est venu nous chercher. J’ai particulièrement apprécié qu’il m’installe à gauche pour le voyage retour (la place du commandant de bord), et en plus pendant le décollage, il se retourne ostensiblement sur son siège vers l’arrière, pour discuter avec les passagers. Il avait bien entendu « les antennes toutes dehors » et le vent s’était un peu calmé, mais j’avais vraiment besoin d’une telle marque de confiance à ce moment-là, et lui en suis reconnaissant encore aujourd’hui.
De retour à l’escadron je me suis fait charrier, mais j’ai été très soutenu par ma hiérarchie, ça non plus, je ne l’ai pas oublié.
En conclusion : ce sera 10 points négatifs et une incapacité au siège éjectable de deux mois, suite à un tassement de vertèbres. Pendant ces deux mois, j’étais « scotché » sur le siège pilote des « Siebel » et « Nord 1002 » de la liaison.
On a raconté par la suite, que dans le cadre de l’enquête, en l’absence de données météo, l’une des collaboratrices du général ayant déclaré avoir perdu son calot du fait du fort vent alors qu’elle se rendait à l’avion, elle serait passée en soufflerie à Chalet-Meudon, pour déterminer la vitesse du vent à laquelle elle perdait son calot.
C’est évidemment probablement faux, mais moi, ça me plaît c’est comme cela que je termine mon histoire lorsque je la raconte je la raconte souvent.
Le sergent HartmanHartman et sa bandeEn plein travailHartmann au 1/11
Un ordre de mise en place pour partir en OPEX est rarement arrivé pendant les heures ouvrables ; c’était la nuit, le weekend ou de préférence le vendredi vers 18H00 et souvent avec des conditions météorologiques limites.
SCRAMBLE A LA 7Par le Lcl Paimbault. Pilote de JAGUAR à l’EC 3/11 « Corse » de 1978 à 1985, Chef des Opérations puis Commandant de la 7ème Escadre de Chasse de 1990 à 1992.
C’est au mois d’octobre 1992 que les premières rumeurs d’un départ de la 7ème Escadre de chasse arrivèrent à Saint-Dizier. Il s’agissait en effet de pré positionner à nouveau 4 JAGUAR à N’Djaména, qui avaient dû être rapatriés en décembre 1991 en raison d’impératifs liés à la Guerre du Golfe.
Paulo à la descente de l’avion
En fait, trois mois se passent ainsi, sans date de départ réellement précise, néanmoins pilotes et mécaniciens entretiennent un niveau de préparation leur permettant de répondre, le cas échéant, à un départ inopiné (sage précaution). Fin décembre arrive, et la question cruciale se pose : doit-on maintenir un régime d’astreinte, durant les fêtes de fin d’année, pour le personnel lié à cette mission ou bien, compte tenu d’une situation apparemment calme en Afrique, peut-on laisser les gens se disperser à leur gré ? Finalement, la deuxième option est retenue et, comme « il est décidé » qu’il ne se passera rien entre le 23 décembre et le 06 janvier, les permissions sont signées.
Que pensez-vous qu’il arriva ?
L’option choisie échoua évidemment et le jeudi 02 janvier à 18 h 15, le général adjoint chasse de la FATAC appelle le Commandant de la 7ème EC : – « Vos valises sont prêtes ? OK, alors vous partez demain pour N’Djaména avec huit JAGUAR. Les consignes sont simples : mise en place le plus rapidement possible selon un trajet Saint-Dizier – Istres – Dakar – N’Djaména ». S’agissant de la position du personnel, il découle du choix qui avait été fait que seulement 30 % des effectifs sont présents, y compris parmi ceux qui étaient initialement prévus pour partir. Après avoir averti le Commandant de base de cet ordre, je réunis immédiatement les Commandants d’escadron ou leurs représentants afin d’initialiser un ramassage d’opportunité, non seulement pour constituer le détachement qui partira mais aussi pour réunir le personnel nécessaire à la préparation des avions ; nous disposons royalement d’une nuit devant nous… Le détachement est rapidement constitué par du personnel titulaire ou par des « spares » d’opportunité qui savent bien sûr qu’ils devront céder la place humblement, si les titulaires rentrent au dernier moment. Le marché est conclu comme cela et je suis véritablement encore désolé pour les « spares » qui ont vu régulièrement « leur plaquette tomber » au fil des arrivées de retardataires. Le Commandant d’escadron arriva lui-même in extremis, remontant promptement de la côte méditerranéenne dans la nuit du 02 au 03.
– Vendredi 03 janvier 1992 :
Au cours de cette longue nuit de labeur, les avions sortent, lentement mais sûrement les uns après les autres. Soudain, vers 1 heure du matin, l’observateur météo me contacte pour me communiquer l’information suivante : – « Mon Colonel, le brouillard s’installe; je crains fort que le C 130 qui vient chercher mécaniciens et pilotes pour Istres ne puisse se poser; le temps est trop mauvais; à peine 600 mètres de visi et cela se dégrade ». Instinctivement, je mets le nez à la fenêtre : rien; il fait nuit évidemment. J’ouvre la fenêtre et effectivement, les lumières des « girafes » sur le parking ne forment déjà plus qu’un timide halo dans une épaisse purée de pois.
Et M…., c’est B…. ! – Il fait beau à Nancy ? Bon alors envoyez-y tout le monde en bus et faites dérouter le C 130. Très bien, mais au fait, comment va-t-on décoller en JAGUAR demain matin s’il fait ce temps-là ? Je dois rendre compte à la FATAC de cette éventualité. Qu’à cela ne tienne, l’Etat-major a bien évidemment une solution : le 4/11 va préparer 4 avions et, comme il fera beau à Bordeaux, eh bien ils partiront avec vos mécaniciens. Le tour est joué. – Et M….! A nouveau B….Le dispositif est en train de dégraisser; là, méfiance, car les exemples ne manquent pas de longs et laborieux préparatifs qui n’aboutissent à rien; tant pis, on continue. En revanche, je ne me vois pas du tout coincé ici pour une histoire de brouillard et en plus devoir céder la place. Peu importe, et au c.. la 11, il faut y croire. Jamais le météo n’a été autant consulté en une nuit, avec sans cesse la même question : « alors, ça va se lever, ou pas » ? Lorsque vers 3 h 30 du matin je prends ma 305 pour aller faire mes adieux et chercher ma valise à mon domicile, je manque de ne pas trouver mon chemin tant le brouillard est épais. En revanche, lorsque je reviens vers 5 h 45, le miracle s’est produit : nous avons un bon kilomètre de visi, en amélioration. A 6 heures précises, mes 5 pilotes sont là, tout le monde est habillé, armé, rasé et coiffé. Dehors il fait un temps de curée et le C 130 est bien posé à Istres avec l’équipe de convoyage : tout va bien. Un dernier coup de fil à l’OPO du COFATAC pour confirmer que c’est bien la 7 qui décolle, et c’est parti…
Décollage
Nous rentrons le train au petit matin et mettons « la manette dans le phare » au cap 180. Après un briefing sérieux à Istres en compagnie de l’équipage du C 135, nous nous envolons à midi et demi vers DAKAR où nous atterrissons 6 heures plus tard, après avoir attendu 30 minutes au-dessus du Club Med des Almadilles qu’un FOKKER 27 qui avait eu la bonne idée de perdre une roue au décollage résorbe son problème (c’est l’Afrique qui commence patron !). Enfin, dernière ligne droite, les 4 JAGUAR quittent Dakar le 04 janvier au matin pour atteindre N’Djaména 4 heures et demie plus tard. Dès l’arrivée à N’Djaména, nous préparons les premières missions le jour même pour les exécuter le 05 au matin.
La marque de fabrique
De tous mes séjours Africains, c’est le premier au cours duquel je vis autant de beau matériel : BMP, BRDM, porte-chars,T62, etc… un régal pour l’officier renseignement et les pilotes qui rapportent des films extraordinaires, dignes de ceux d’un « pilote intelligent »… Certes nous avons eu de la chance et de la réussite tant au niveau du ramassage du personnel que de celui de l’évolution de la météo, mais je crois que la chance n’est pas le seul facteur de réussite de ce trajet Saint-Dizier – N’Djaména exécuté en moins de 29 heures en pleine période de permission. Je suis en effet conscient que l’opiniâtreté des mécaniciens a joué pour beaucoup dans cette réussite et je profite de l’occasion qui m’est donnée pour souligner la rapidité et l’organisation dont, ont fait preuve certes les gens qui sont partis mais aussi ceux qui sont restés, après avoir abattu un travail de titan durant une nuit entière.
Parking à N’Djamena
Encore félicitations à tout le personnel ayant participé à ce départ imprévu; ce travail de qualité concrétise en quelque sorte l’attribution officielle de la mission FAE à la 7ème Escadre de Chasse
Il y a maintenant plus de 2000 photos sur le site et je rencontre des problèmes de classement et de présentation. Le concept album de famille, boite à chaussures dans laquelle on sort au hasard des photos a un coté sympa mais comporte aussi ses limites ; on finit par s’y perdre et s’en lasser.
Je profite du fait que Jeanjean m’ait envoyé pas mal de photos de son époque pour vous les présenter dans une galerie. Je pense que je serai amené à généraliser cette présentation. La structure ne changera pas, vous retrouverez les mêmes pages, mais celles-ci comporteront plusieurs galeries que je proposerai à priori par ordre chronologique. En référence figurera une date et dans la mesure du possible une référence qui pourra être une personne, un lieu, un évènement,…
Aujourd’hui c’est donc du 2/11 dont il s’agit ; vous trouverez le trombinoscope de l’escadron commandé par COMBRIAT et d’autres photos de la période 1974 (un peu avant et après). Ici je vous propose quelques photos et vous pourrez en consulter l’ensemble dans l’espace membre EC 2/11 VOSGES .
Je profite de l’occasion pour vous sollicitez ; envoyez moi vos photos ! Merci
1 ère escadrille2 ème escadrille1976-Guerriers-Djiboutimini comèteEchange escadronSt. Eloi
TURINA fait partie de ce club très fermé de pilotes qui se sont éjectés 3 fois au cours de leur carrière. La première éjection , c’était lors de l’épopée des 6 Mystère IV de Séville que je pense publier un de ces jours et la deuxième est racontée ci-dessous. Rendez vous pour le récit de la troisième.
Éjection. Deuxième
Septembre 1967, depuis presque un an déjà, je vole sur F-100 à l’escadron de chasse 1/11 « ROUSSILLON », basé à Bremgarten, face à Colmar, de l’autre coté du Rhin. Le rideau de fer se porte bien et nous le côtoyons de temps en temps.
Coucher de soleil
Ce jour là, nous décollons de Cazaux où nous assurons le remorquage des cibles air/air au profit d’un escadron de Mirage de la 13 ième escadre de chasse basée à Colmar. Je suis pilote opérationnel en début d’entraînement pour obtenir la qualification de sous-chef de patrouille et nous effectuons à deux avions un « assaut » à très basse altitude. Un des points qui nous a été donné à « attaquer », est l’entrée d’un tunnel situé dans le Sud-Ouest de la France. La météo est bonne. Le leader, le sergent-chef J., sous chef de patrouille, est un bon camarade expérimenté et assez exigeant. C’est lui qui, pour l’instant, est en tête. Je suis donc son équipier et, sur la prochaine branche de navigation, nous échangerons nos rôles. Je prendrai sa place, il deviendra mon équipier.
F 100 PC allumée
Nous sommes à moins de deux minutes du tunnel et nous volons en formation d’attaque à 450 Kt (840 Km/h) et 600 pieds/sol (180 mètre de hauteur). Tout va bien, j’essaie de suivre la navigation tout en gardant ma place et en surveillant le ciel. A ces vitesses là, un avion extérieur à la patrouille peut se rapprocher très vite et le risque de collision est bien réel.
Soudain, un grand bruit qui ressemble à une explosion un peu étouffée retentit à l’arrière. Le moteur perd un peu de poussée, une discrète odeur de fumée arrive dans la cabine et de légères vibrations « titillent » mon épiderme. J’ai un coup au cœur. Instantanément, je réduis un peu les gaz et monte sous la couche vers 4.000 pieds (1.200mètres). Je préviens mon leader :
– Leader, je viens de ressentir « comme un choc » et d’entendre une explosion. Regarde dans quel état est mon avion.
– O.K. J’arrive.
Je pense être entré en collision avec « quelque chose » ou avoir perdu une des charges accrochées sous les ailes. L’inspection du leader, qui examine de près mon avion, ne donne rien. Il trouve cependant que mon réacteur fume beaucoup, même pour un J-57…
Par précaution, nous décidons de renter à Cazaux qui se trouve à une vingtaine de minutes de vol. Tout parait normal dans la cabine, mais je ressens toujours des vibrations inquiétantes et je dois remettre un peu de gaz pour tenir la vitesse de 400 Kt (740 Km/h), vitesse normale de navigation. Le leader surveille mon avion.
Boum. Une deuxième explosion, comme un coup de canon, se fait entendre et mes pieds sautent du palonnier. C’est un « beau » décrochage compresseur et, comme sur F-100 nous sommes assis sur la veine d’air qui alimente le moteur, c’est très impressionnant pour le pilote. Le leader voit une flamme de plusieurs mètres sortir de ma tuyère et croit que j’enclenche la post combustion, alors que je n’ai pas touché à la manette des gaz.
Nous décidons de rejoindre Toulouse, à un peu plus de 10 minutes de vol, pour faire un atterrissage d’urgence pendant qu’il en est encore temps.
Deux minutes plus tard, les décrochages du compresseur se font moins violents mais plus fréquents, la poussée et la vitesse diminuent doucement. Le leader m’informe que la fumée qui me suit devient de plus en plus dense et que des flammes apparaissent par instant à la sortie de la tuyère. Tout sauf une situation d’avenir !
La manette des gaz est à fond en avant, mais la vitesse diminue toujours. Je comprends que je ne pourrai probablement rejoindre aucune piste et que je dois préparer mon éjection, au cas où, en espérant que l’avion n’explose pas avant que j’aie trouvé une zone dégagée de toute habitation.
Maintenant, les décrochages du compresseur sont permanents. Ils font un bruit et des vibrations de marteau-piqueur assez impressionnants. Je dois descendre pour maintenir une vitesse qui me permet de contrôler l’avion. C’est la fin. Heureusement, sur la caméra du viseur, devant mes yeux, une bande « dymo » de couleur verte indique : « siège fusée ». Tous les avions n’étaient pas encore équipés de ce type de siège éjectable et, dans ma tête, je pars du principe que tant que l’avion est en l’air, le siège me sortira de là.
Je vérifie la bonne position du « Zéro seconde » sur la poignée du parachute et je cherche, pas trop loin, un endroit où « planter » l’avion sans qu’il fasse trop de dégâts au sol.
Côté parachutisme, je me sens prêt.
A Nancy, l’année précédente, nous avions comme instructeur sur Mystère IV, un pilote membre de l’équipe de France de parachutisme et chef de la section sportive de parachutisme de la base d’Ochey. J’avais donc repris les sauts, fait pas mal de chute libre à Azelot et à Lunéville et continué à sauter quand j’avais été affecté sur F-100.
Je sautais régulièrement à Colmar et à Bremgarten avec les commandos parachutistes de la base. J’avais à peu près 250 sauts et je devais profiter de mon séjour à Cazaux comme remorqueur de cibles, pour passer le test vrille (en chute libre) à Biscarosse où se trouvait le Centre National de Parachutisme. C’était le seul organisme habilité à délivrer aux militaires ce test qui leur permettait, dans le cadre des sections sportives militaires, de sauter à plus de 2000 ou 2500 mètres.
Devant moi se trouvent un village et quelques fermes isolées. A ma droite le Lot, qui longe une pente assez escarpée, haute d’une centaine de mètres. Au-delà, un plateau qui semble désert. C’est là que je vais essayer de « planter » l’avion. Ma vitesse est faible, de l’ordre de 220 Kt (400 Km/h) et je vois des cultivateurs qui travaillent dans les champs. Je me dois de rester les ailes horizontales, pour ne pas descendre et pouvoir m’éloigner d’une ferme, avant de virer vers la pente et de sauter.
Je suis bas, peut-être à moins de 200 mètres du sol, quand la ferme glisse sous mes ailes.
Je vire à droite en direction du plateau et, avant d’avoir fini mon virage et remis les ailes horizontales, je comprends. Le plateau sur lequel j’avais prévu d’écraser l’avion monte dans mon viseur. Je suis trop bas. Un instant de panique me noue les tripes. C’est pourtant le moment de penser vite et bien. En réalité, il n’y a plus rien à faire. La seule issue c’est de sauter, et vite.
L’avion est face à la pente, ailes horizontales. Je tire sur le manche pour annuler, autant que possible, la vitesse verticale de descente, place mes pieds dans les cale-pieds du siège et remonte les accoudoirs pour éjecter la verrière et dégager les détentes qui commandent l’éjection.
Accoudoirs relevés, sans verrière et sans rideau devant les yeux, la vue sur le paysage est imprenable. La pente escarpée fait face à l’avion, l’eau du Lot arrive sous mes pieds. Je suis fasciné et tétanisé par le spectacle. Je regarde, plus haut que moi, les arbres sur lesquels je vais m’écraser.
Du fond de moi, une petite voix s’élève et semble dire :
– Qu’est ce que tu attends ? La partie n’est pas finie, il te reste encore quelque chose à faire.
– Ha, oui, les détentes.
Avec un réel effort de volonté, je me force à ouvrir mes mains, crispées sur les accoudoirs, et j’actionne les détentes. La sortie de l’avion se fait « en catastrophe », très bas.
L’avion disparaît sous le siège en rétrécissant, un peu comme dans un dessin animé. Je le vois qui percute la pente à une bonne centaine de mètres devant moi. Une boule de flammes et de fumée grossit rapidement, car il reste 4 à 5 000 litres de carburant et quelques centaines d’obus à bord. C’est un spectacle grandiose auquel les lois de la gravitation et de l’aérodynamique me poussent à participer, d’autant plus que je le parachute me parait bien lent à s’ouvrir. Qui va gagner ?
Dès que je peux (coup d’œil en haut, le parachute finit à peine de se déployer), je tire sur les suspentes pour m’éloigner de l’incendie. Le vent est avec moi. Je m’estime à 50 mètres du sol.
Coup d’œil en bas, le Lot. Pas d’accord pour me mouiller les fesses. Je tire plus fort sur les suspentes et saute une haie d’arbres sur la rive. Derrière, des vignes. Pas d’accord pour être transformé en « sucette ». Quelques tractions, un lancé de jambes, je me pose debout entre deux rangées de piquets.
Je suis en bon état, content. J’ai évité l’incendie, la rivière, les piquets et les tendeurs des vignes.
Je souffle un grand coup.
Mon leader tourne au dessus. J’enlève mon parachute, dégrafe ma mae-west pour lui faire des grands signes et gesticule en courant, pour lui monter que tout va bien. A lui de faire passer l’info.
Des cultivateurs me rejoignent :
– Qu’est ce qu’on a eu peur. On pensait qu’il n’y avait plus personne dans l’avion. On a d’abord cru qu’il allait nous tomber dessus dans les champs, ensuite qu’il allait tomber sur la ferme et puis on a vu le parachute, alors on arrive. Tiens, bois un coup avec nous. Des émotions comme ça on sait ce que c’est, ça creuse.
Ils m’offrent à boire un breuvage de leur cru qui sent très bon mais que je refuse poliment, prétextant un contrôle d’alcoolémie par les gendarmes, comme après chaque accident. Ils compatissent et proposent de m’entraîner chez eux pour boire un sirop.
A ce moment la sirène des pompiers se fait entendre. Leur camion apparaît et s’arrête à quelques centaines de mètres. Nous les voyons descendre une barque de leur camion, alors que, de l’autre coté de la rivière, les obus commencent à exploser dans l’épave qui brûle.
Je demande à un jeune garçon, à bicyclette, de les prévenir que je suis sain et sauf, qu’il n’y a plus personne dans l’avion et qu’il ne faut pas s’approcher de l’épave à cause du risque d’explosion. Nous les rejoignons au moment où ils allaient mettre une barque à l’eau. Ils veulent être certains qu’il n’y a pas de blessé, promeneur ou chercheur de champignons, autour de l’avion. Je les dissuade se s’approcher car les obus continuent d’exploser.
Avec les cultivateurs, nous retournons à la ferme pour nous désaltérer. Ils m’apprennent que nous sommes sur la commune de Parnac.
Un Commandant de gendarmerie se présente alors, avec son chauffeur et une escorte. Il me prend à part et, avec un air de conspirateur, me demande ce que je transportais. Je suis étonné qu’un aussi haut gradé soit déjà là et je ne comprends pas bien sa question. Me prend-t il pour un receleur ou pour un contrebandier ?
Après quelques échanges verbaux, il m’explique qu’il a été prévenu qu’un avion « porteur de la bombe atomique » s’était écrasé sur ses terres. Il y a un an seulement que les F-100, ne sont plus « nucléaires ». Rassuré, l’officier repart, laissant à ses troupes locales le soin de poursuivre le travail.
Transport à la gendarmerie, interrogatoire sérieux et amical par le chef de la brigade de Luzech.
Nous sommes un peu perturbés par l’animation et le bruit qui règnent sous les fenêtres qui donnent sur la rue. Les habitants du lieu sont rassemblés et tenus informés par un des témoins de la ferme qui raconte l’histoire avec force détails. Beaucoup veulent « voir le pilote », certains se font la courte échelle, d’autres sautent derrière les vitres. Je n’ai malheureusement pas grand-chose à dire car je ne connais pas la cause de la défaillance de mon moteur.
Le gendarme insiste gentiment pour avoir des détails. Il est un peu triste et semble très malheureux.
Puis il me dit :
– S’il vous plait mon lieutenant, donnez moi des détails. Vous comprenez, ici une histoire pareille ça n’arrive pas tous les jours. Alors, si je n’en ai qu’une page sur mon carnet, les gendarmes des autres brigades vont se moquer de moi.
Je commence donc à lui raconter ma journée et le début du vol. Il me remercie du fond du cœur, commence à écrire et envoie un de ses hommes calmer mes « supporters ».
J’ai une copie du rapport d’enquête, avec les dessins de l’épave faits par la gendarmerie du lieu. Je trouve que le travail est remarquable.
Arrivée de l’hélicoptère H 34 de Cazaux, passage un peu ému au dessus de ce qui reste de mon bel avion qui continue de brûler doucement, sous le contrôle des pompiers.
Retour à la base, passage par l’infirmerie où je négocie une soirée au mess (plutôt qu’une nuit en observation) pour mener une vie normale au milieu de mes camarades. Le lendemain, radio de la colonne vertébrale à Bordeaux et, le surlendemain, reprise des vols sans état d’âme.
J’ai été très sensible au fait que ce soit l’adjudant « W », le chef de piste, qui me brêle pour ce premier vol. Depuis bien longtemps, il laissait ce soin aux jeunes « pistards », à l’exception peut-être du commandant d’escadron, pour le défilé du 14 juillet, au décollage vers Paris à la tête de ses troupes.
Pour moi, jeune lieutenant, c’est une vraie reconnaissance des mécanos, un peu comme une décoration. Nous nous sommes regardés, nous nous sommes souris et, je crois, nous nous sommes compris.
Entre temps j’avais récupéré et « planqué » la poignée du parachute.
Cet accident a été le premier d’une série d’événements qui, en quelques jours, ont perturbé un peu mon existence de jeune pilote.
Histoire d’une autre époque même pas imaginable de nos jours ; tirée de RNV, le bulletin de l’Amicale de la 11EC
Une mission insolite en F84
En Septembre 1953, jeune sergent pilote, je suis à la 11E.C, depuis juillet, après une transformation au CTF 84 (F 84 E) de Reims.
En Avril, j’étais rentré des USA au terme d’une campagne de tir, en ARIZONA sur P 51 Mustang. Je suis donc un néophyte quand pour des manœuvres « Mariner » je suis désigné en « spare » pour une manip à 16 avions, sous les ordres du Capitaine Chanliau, Commandant l’escadron 3/11 Jura.
Briefing général : attaque des navires de la flotte britannique dans le port de Portsmouth. J’écoute d’une oreille distraite, et note au crayon épidermique quelques points particuliers, le cap entre autres. En tant que spare, je peux somnoler dans le fond de la salle, près des radiateurs.
Au retour à l’escadron, coup de tonnerre, je ne suis plus spare mais no 2 du leader général : Chanliau Mastic Rouge … et nous allons aux avions.
Les mécaniciens s’affairent autour de mon avion, je perds un certain temps avant de pouvoir m’installer et à peine ai-je mis la radio, que j’entends la fin d’un message
« …. Autorisé à rouler pour la 04 ». Je dis « Mastic rouge 2 » et tout s’enchaîne « Rouge 3…Rouge 4 Mastic vert leader 2…3…4 ».
Un avion sort du parking et je pars à sa poursuite. Il roule vite le diable et n’attend pas ses équipiers. Pire, il fait un rolling-take-off.
F 84 au décollage de Luxeuil
J’en fais autant obsédé par l’idée de le rattraper. Que nenni ! « Plus rien à l’horizon ». Désolé, je stabilise à 20.000 pieds et que vois-je, stupéfait, un avion prend position à ma droite et un autre à ma gauche et derrière les autres patrouilles de quatre qui se rassemblent.
J’éprouve un instant de profonde déprime : je suis leader général et ma carte que je n’arrive pas à sortir de ma poche. Mon Dieu merci, il fait beau et j’ai gardé le cap épidermique ; là-bas ce qui scintille, ce doit être la mer.
Très vite c’est la mer, la côte anglaise ce qui émerge d’une faible brume.
« Ce n’est pas moi qui parle, c’est le Diable ».
« Portsmouth ». Pour les Mastic objectif à 11 heures, échelon refusé à droite.
Comme je plonge 2 Vickers Super-marine « Swift » me passent si près que je peux compter les rivets ; je n’en reverrai de si près que dans un musée.
Un porte-avions dans mon collimateur, c’est l’Hermès, j’en jurerais, ma ciné mitrailleuse tourne. Je remonte vers 7.000 pieds sur ma lancée. « Pour les Mastic nouvelle passe ». Je replonge au milieu d’une invraisemblable mêlée. Dans la descente je croise des Mastic qui remontent. Je passe au ras des mâts d’un gros navire et … je prends le cap retour. Pour moi l’inverse du cap aller. Je ne savais pas que le retour devait se faire sur Reims. Les avions rassemblent sur moi, 20.000 pieds 85 % de RPM « .
F-84G Luxeuil 1952
« Ici Vert 3, 400 au forward ». Le pétrole, la belle affaire ! Un peu plus tard un autre annonce « 600 au main ». C’est ce que j’ai, tout baigne. Le paysage est familier.
« Pour les mastic fréquence Tour Luxeuil formation snake ». Luxeuil annonce la « 22 » en service.
Il n’y eut pas de débriefing. L’avion de Chanliau était en panne et l’avion que j’avais tenté de suivre faisait un vol local de contrôle. J’avais été le spare parfait.
Comme je remonte le taxiway et que je vire à gauche devant la Tour je vois le 15eme avion en finale et que vois-je, sur le parking du 3/11 : le Capitaine Chanliau…
Le Capitaine Chanliau au milieu de sa bande
Je ne fus ni félicité, ni puni, on me laissa macérer dans mes doutes …
Georges CAUVIN dit << Jo >>