Une photo, une histoire ; le SMB2 de Combriat

 

Salle OPS Cazaux
Salle OPS Cazaux. Au fond et à gauche le B2 de Combriat

Cazaux était la base sur laquelle se déroulaient les campagnes de tir Air-sol et Air-Air pour la FATAC (Force aérienne tactique). Période privilégiée durant laquelle on effectuait la finalité de la mission d’un avion d’arme, c’est à dire délivrer de l’armement. Pour accueillir les unités il y avait un escadron dédié à cet usage qui portait le nom d’escadron de passage. Comme dans tout escadron, il y avait une salle d’OPS décorée par les personnels qui y avaient séjourné ; c’est ainsi que sur la photo jointe juste au dessus, on peut voir sur la gauche, l’insigne du 2/3, puis celui d’un escadron de la 13 EC et juste dans le coin en haut, pas très visible sur cette photo, le soleil, un F100, un SMB2, un pilote éjecté au bout de son parachute et sur le casque du pilote (à l’aide d’une loupe) on peut lire le nom de COMBRIAT. 

Le B2 à Combriat
Le B2 à Combriat

Au départ, il n’y avait que le B2 de la 12 EC escadre dans laquelle volait un ancien pilote du 2/11, le capitaine COMBRIAT. Jeanjean qui appartenait au 2/11  et qui avait un excellent coup de crayon commença à dessiner un F100 plein arrière du B2 en train de le « membrer ». Et puis tant qu’à faire autant mettre une touche personnelle, montrer le B2 en perdition et son pilote au bout du parachute et puis lui donner un nom. 

Ce genre d’agacerie était monnaie courante à l’époque et Jeanjean se doutait bien que cela n’en resterait pas là et que lorsque un escadron de la 12 EC reviendrait dans l’escadron de passage,  son dessin serait complété. Et c’est pour cette raison qu’il ajouta un soleil juste derrière le F100 afin qu’un autre B2 ou chasseur ne puisse venir se « faire » le F100. 

Je ne sais pas si ces dessins existent encore. 

Jeanjean dans ces œuvres
Jeanjean dans ses œuvres

LEXIQUE D’ARGOT AÉRONAUTIQUE MILITAIRE

Les godasses

 

« La Tchatche, pétaf chez les Poulets, regardait d’un œil distrait le cocher se brêler dans son pointu. Il était adossé à la porte du cayon des schumacks, une glute à la main. Ce matin, il n’avait pas le boost ; un bouik dément lui tombait sur la bâche. D’abord, Zef, le chef de piste, un vieux chibane, lui gonfla le boudin pendant une demi heure avec sa bobone en dernier virage. A neuf heure quinze, une manip boireau sur les grosses couilles du soixante-trois faillit lui valoir six gros. II s’en tira raduc en bidouillant un bricolo bosniaque: il alla s’acheter une paire de bretelle. Il pensait que le hanneton qui s’envoyait en l’air allait, lui, avoir de la chance: il faisait un temps de curé.

Pas tout compris me direz-vous! c’est bien normal car ce dialecte particulier n’a cours que dans le milieu aéronautique et plus particulièrement sur les bases de l’Armée de l’Air. Comme beaucoup de corporation, les aviateurs ont voulu eux aussi préserver leur métier par un langage hermétique au béotien.

Ce lexique (non exhaustif) est le fruit d’un vécu sur le terrain, complété par les extraits d’un article sur le sujet écrit par ….(que l’auteur me pardonne), paru il y a …..  dans le mensuel AIR ACTUALITE.

Certaines expressions sortent du cadre de l’aéronautique militaire. Nous les avons listées dans la mesure où elles peuvent prendre une signification différente ou complémentaire lorsqu’utilisées par les aviateurs.
 

AFFIRMATIF – Adverbe. signifie oui.

Abrégé: Aff, Affirmat, ou Affirm.

– T’as le boost ? -Aff!

 AGRÉABLE – Interjection qui marque la satisfaction.

 A L’AISE – Interjection qui indique que tout se déroule bien, sans trop d’efforts. A l’aise Blaise ! : encore mieux.

 A L’ENCULETTE – Formation d’appareils volant les uns derrière les autres.

 ALLER AUX PAQUERETTES – Atterrir en campagne.

 ALLER DANS LA VERTE – Atterrir en campagne.

 ALLUMER – (les) Regarder avec beaucoup d’attention.

 ARPÈTE – Mécano engagé à Saintes. Certaines mauvaises langues appellent cette base « l’école du crime »

AVIATION EN PAPIER– (péjoratif) Ensemble des avions militaires entoilés.

 AVION – Désuet. Mot interdit à l’école de l’air.

 A PLUS – Contraction de « à plus tard ». S’adresse à des familiers.

 ASAP – (US) Traduction de As Soon As Possible: dès que possible.

MACHEPROT, tu me changeras la roue du trente-cinq !

–          Oui chef, ASAP ?

 ATTERRISSAGE – Suivant le nombre de rebonds, on dit « un atterrissage de capitaine » :3 rebonds; « de commandant’: 4 rebonds; de colonel: 5 rebonds, d’après le nombre de galons. Les étoiles ne sont pas comptées.

Atterrissage
Atterrissage

AVOIR LE BADIN– Aller vite. Etre énergique

 AVOIR LES TROIS ROUGES – (ou vertes) Avoir le train rentré (ou sorti)

 __________________________________________________________________________________________

BÂCHE – Casquette de l’aviateur. Le « pailleux » la porte « en porte-avions », c’est à dire à plat.

Bâche pilote
Bâche pilote
Bâche mécano
Bâche mécano

BAFFE TECHNIQUE – Permet à un mécanicien de dépanner une boite électrique ou électronique. Tout l’art du dépannage tient dans la façon de donner la baffe. Le PIM (voir ce mot) applique les baffes d’une manière désordonnée sans résultat probant. Le chibane (voir ce mot) ne donne qu’une seule baffe, savamment dosée à un endroit de la boite que seule son expérience lui dicte.

 BALANCER – Larguer. ex: Au top chrono, tu balances la purée: Au signal, tu largues les bombes.

 BALEINE – Gros avion ravitailleur du type C 135. On dit aussi « biberon ».

 BALISER – Se tenir sur ses gardes. Péjoratif: avoir peur, éviter de prendre des risques.

BARCASSE – Gros avion, généralement veau.

 BARON – Ami, collègue, camarade. Au pluriel: les barons. Aviateur militaire n’ayant rien à voir avec les barons de l’ancien régime.

 BASE – BALL – (US) Horizon artificiel.

 BATON DE MARÉCHAL – Précède un changement important d’activité (mutation, retraite…), ou suit le passage au grade d’adjudant chef. Sa possession permet de mettre la manette dans la poche.

 BEANS – (US) Un beans: pagaille, désordre. Aucun rapport avec l’américanisme « beans » qui signifie « des clous! ».

 BÉCONNARD – Rebond à l’atterrissage.

 BERLINGOT – Moteur à piston.

 BÊTE – l’avion d’armes. « LA bête »: l’avion qui impressionne.

 BÉTON – Le manche est dans le béton quand la commande est excessivement dure.

 BIDULE – Mot clé qui veut tout dire. Le mot qui vous manque. Voir aussi « bitard, bitoniau »

 BIDULER – S’agiter.

 BIFFE– Ensemble du personnel de l’Armée de Terre vu par l’Armée de l’Air.

BIGLER – (ou plus recherché: Biglouser), regarder avec attention.

BIGLO – Instrument qui orne la planche de bord d’un aéronef. Voir pendule.

 BILL – Généralement au pluriel « les bills »: Désigne un groupe de copains, de potes. Si les potes sont des super-potes on utilisera le terme « biloux ».

 BILLES – Etre dans les billes: se trouver au coeur du domaine de tir. Par extension: être à l’heure, être dans les tolérances d’un réglage.

BIRD-DOG – (U.S.) Radio-compas.

 BIROUTE – La manche à air du terrain; la cible remorquée en vol; la courbe des heures de vol du mois: avoir une belle biroute. Certain prétentieux la compare à leur sexe.

 BITE – Mot employé seul, signifie: sexe. Associée au couteau, elle constitue la caisse à outil principale du mécano. Travailler avec la bite et le couteau, c’est travailler avec peu de moyen. Travailler avec une bite usée et un couteau ébréché, c’est travailler avec encore moins de moyens.

 BITARD – Terme utilisé pour désigner un interrupteur, un bouton dont on ne connaît pas le nom exact.

C’est quoi ce bitard ?

–  Touches pas ! c’est le vide-vite !!

 BOBONNE – Epouse (légitime) de l’aviateur. A la rigueur, la fiancée.

 BOEUF– (Prononcer BEU). Jeune pilote vis-à-vis d’un ancien. Synonyme : Peintre.

 BOIREAU – Individu décevant, peu scrupuleux. Un coup de boireau est un coup moche, qui ne se fait pas. Contraire: Buck.

 BON AP – Interjection . Se dit à des collègues, sur le coup de midi quand on ne sait pas si ceux-ci ont déjeuné. Avant le déjeuner , elle signifie « bon appétit », après le déjeuner, elle signifie « bon après-­midi ».

 BOOST-  Survoltage. Esprit d’initiative. Grande activité, voire témérité. Avoir le » : avoir du tonus, être dynamique. Plus fort qu’avoir le badin.

 BOSNIAQUE – Adjectif. Peu orthodoxe. Quelquefois risqué.

 BOTTE – Unité de hauteur, pour foot. « Voler à 3000 bottes » :voler à 3000 Ft.

 BOTTER – 1 °- Agir violemment sur le palonnier.

2°- Botter le cul à qq’un. voir piéocuter.

3°-Botter les pneus de son avion: action technique (appelée aussi: coup de pied technique) qui permet en un seul geste de vérifier la pression de gonflage, ainsi que l’absence de jeu trop important dans l’axe de la roue. Accessoirement , permet d’évacuer la hargne accumulée au cours de la journée.

Coups de pied dans le pneu
Coups de pied dans le pneu

   BRÊLE – Individu dont la capacité de réflexion est limitée. Une brêle attend que ça se passe. Une mauvaise brêle est bête et méchant. Une                  pauvre brêle est un pauvre type. Les grands brêles et les petits brêles désignent les cours d’état major.

 BOUIK – Accumulation de beans. Situation conflictuelle désagréable qui ne fait qu’empirer pour terminer invariablement chez le commandant d’unité.

 BOUILLEUR – Moteur à piston.

BOUM – Rebond à l’atterrissage.

BOURRIQUE – Moteur de tout type .

BOUZIN – Piège (voir ce mot).

BOXONC’est le boxon ! Interjection qui exprime un constat de désorganisation plus conjoncturelle que structurelle. Assimilable au « bordel ».

 BRANLER LE MANCHE – (ou le bout de bois) piloter.

 BRASSER – Faire du vent, la ramener. S’agiter avec excès sans raison particulière.

 BREAK – (US) Virage brusque en vol, dislocation de la formation.

 BREAKER – (US) Verbe. Faire un break. Se taper un break. Quitter les lieux.

 BRÊLER (se ~) – S’attacher sur son siège.

 BRETELLESS’acheter une paire de bretelle: s’attendre à se faire engueuler. Remonter les bretelles à quelqu’un : l’engueuler.

 BRIQUES – Voler au ras des briques: Voler très près du sol.

 BRISCAR – L’ancien qui sait tout du métier . Le vieux briscar en sait encore plus. (synonyme: chibane)

 BROUETTER – Dans le transport, signifie transporter. S’applique à du fret autant qu’à des personnes.

 BUCK – Noble , distingué. Un coup de buck est le contraire d’un coup de boireau. (voir ce mot). On dit aussi Buckinge.

 BULLE – Le repos. L’inaction. Coincer la bulle: se détendre, ne rien faire, dormir.

 BULLER – Se reposer.

 BURINÉ PAR LES FILETS D’AIR – Se dit d’un visage ridé.

Burinés par les filets d'air
Burinés par les filets d’air

__________________________________________________________________________________________

C

CALEBARD – (ou calebut) Manque de qq chose. Etre en calebard: pas d’avion disponible. S’en mettre plein le calebard: Tirer beaucoup de G (voir cette expression).

 CAMION A BOMBES – Surnom affectueux attribué au JAGUAR.

 CAMION A VIANDE – Ambulance.

 CANARDS (les ») – Ensemble du personnel de l’escadron 1/10 VALOIS dont l’insigne de tradition représente un colvert.

 CASQUEAvoir les yeux au fond du casque: tirer des G à la limite du voile.

 CASSER DU BOIS – Endommager l’appareil à !’atterrissage.

 CAYON – Atelier de mécanique sur une base opérationnelle.

 CHANNEL – (Anglais). Fréquence radio.

 CHAPEAUX ELECTRIQUE– Casque de pilote d’où pendent les fils electriques de la radio.

 CHAPEAUX MOUX – Désigne les civils. Aller chez les chapeaux mous: pour un militaire : quitter l’armée.

 CHARBON – Mettre du charbon: augmenter les gaz.

 CHARRETTE – Voir piège.

 CHAUDIÈRE – Avion à réaction, jet. Synonyme: lampe à souder.

 CHAUSSETTES – Le train d’atterrissage. Descendre les chaussettes: sortir le train. Synonyme: Godasses.

 CHEASE – (US) Exercice mettant en oeuvre au moins six avions. Ne pas confondre avec « chise ». (voir ce mot).

 CHERCHER LA GROSSE BITE – Prendre inutilement de gros risques.

Précède au pire le camion à viande, au mieux la remontée de bretelle.

CHIADER – Peaufiner une action. – Chiades moi la PPV du 35 !

 CHIADÉC’est » : C’est compliqué, bien fait. Qui inspire le respect.

–          T’as vu le moulin du pointu?

–           – Ouaih ! il est chiadé!

 CHIBANE ou CHIBANI – Vieux pilote ou mécanicien expérimenté. Synonyme: Moustachu.

 CHISE – Source de sacs. Familier: c’est le chise: c’est le bordel. Synonyme: Beans.

CHOUFFER – Essayer de voir.

 CINQ – CINQ – Tout va pour le mieux.

 CIRAGER – Etre dans le cirage. Avoir le voile noir (ou rouge) suivant le signe des G que l’on tire. Voir Tirer des G.

 CLAMPIN – Etranger à l’escadron à la limite de l’intrus.

 CLEARANCE – (US) Autorisation du contrôle de la circulation aérienne.

 COCA-COLA – Voir Marilyn.

 COCHER – Le pilote (vu par la mécanique). Voir aussi: peintre et jockey.

 COCOÏ – (Ou cocoy, prononcer : cocoïlle). Commando de l’air, aussi appelé homme buisson ou mécano chien. Abrégé: coî.

 COINCER LA BULLE – Etre inactif. Se reposer. Se préparer à dormir, dormir.

 COUCOU – (Désuet) . Avion de la guerre 14 – 18.

 COUILLES – 10– Réservoirs de carburant. Voler en grosses couilles: voler avec des gros réservoirs.

2°- Vrille: Partir en couille.

3°- Vol rasant: Se traîner les couilles par terre.

4°- Ennuis mécaniques: Etre en couille. Voir aussi: Peau de couille.

 COLLIMATEUR – 1 ° Appareil de visée d’un avion d’arme.

2° (être dans le ») Etre visé par qq’un ou viser qq’un, en général pas pour son bien.

–          Après le coup de boireau qu’il m’a fait, je l’ai dans le collimateur!

 COUP DE BOIREAU – Coup tordu.

 COUP DE BUCK – Geste noble.

 COURSE – En dehors du vin de course pour les gloutch (voir ce mot) , se méfier de ce mot anglais qui veut tout dire à tel point que l’OACI le proscrit pour désigner la route (track), le cap (heading) et la trajectoire (path).

CRACHAT – Insigne de grand officier de la légion d’honneur par analogie à sa forme.

CRASH – Ecrasement, chute. Eviter autant que possible l’affreux verbe « crasher »: ou pire « scratcher » atterrir sur le ventre, atterrir en campagne, casser la voiture à l’atterrissage. Se vomir (voir ce mot).

CRASSE – Mauvais temps, très mauvaise visibilité (brume, brouillard, etc…)

 CRAVATE – L’hydre bien-aimée de l’aviateur et plus spécialement du chasseur. Désigne ce qui est destiné à étonner. Cravater. Faire de l’épate.

 Avoir la cravate à l’horizontale : faire de la voltige. 

 S’en jeter un derrière la cravate : Boire un coup

 CRÊPESe retourner la crêpe Faire du vol inversé, faire de la voltige. Par extension: se retourner en voiture.

 CREVARD – Celui qui collectionne le maximum d’heures de vol, quelquefois au détriment des copains. Crevarder: Rabioter, spécialement des heures de vol. Les pailleux sont des spécialistes du crevardage.

 CRIQUÉ – Avoir perdu une partie de ses facultés intellectuelles.

–          Gaffe! le juteux de semaine est complètement criqué?

 ______________________________________________________________________________________ 

 D 

DARRACK – Sorte de marteau utilisé par les mécaniciens pour tout réparer.. Les cochers font une allergie chronique à la vue de cet outil, considéré trop dangereux  pour leurs doigts.

Appelé aussi accélérateur de particules.

 DAUBE – Un mauvais appareil.

-Je n’ai pas envie de percuter le caillou avec une daube pareille !

 DÉCLENCHER – Perdre son sang froid. On dit aussi: Passer sur le dos.

 DERNIER VIRAGE – Pour une bobone tout près de l’accouchement.

 DITCHING – (US) Amerrissage de fortune. Voir gloutage.

 DOPPLER     –           1 °       Instrument de navigation dont l’antenne dépasse du dessous du fuselage d’un avion.

 2° Excroissance abdominale située autour du nombril de certains aviateurs dûe à la conjugaison du « modèle 8* » et de l’absorption excessive de glutes. 

Modèle 8: Document administratif qui autorise son détenteur à ne pratiquer aucune activité sportive.

Doppler
Doppler

DOUBLE (prendre en ») – Veiller sur quelqu’un jusqu’au lâcher. Se dit aussi: Cornaker.

 DROP ! – Interjection: Vite ! Synonyme: Affolez !

 DROPPER – (anglais) Laisser tomber.

 ______________________________________________________

 E 

ÉLEC – Mécanicien électricien avion. On dit: « Les élecs ».

 EMPAILLER – Percuter. Encadrer la planète. Se payer la biroute.

 EN COURTE FINALE – Pour une bobone: sur le point d’accoucher.

 ENVOYER EN L’AIR (s’ ») – 1 ° Voler. 2° Décoller.

 ÉTOUFFER – Faire oublier. Rendre sans importance.

–         Etouffes toi, tu es dans le collimateur!

ÉTOUFFER (s’») – Se faire oublier, passer inaperçu.

 ÉXPÉ – Abréviation: expérimentation.

_____________________________________________

F

FAIRE LA BRASSE COULÉE – Chercher à s’orienter quand on a perdu sa route en vol rasant.

 FAIRE PÉTER LA CALAMINE – Mettre les moteurs en route . S’applique aux moteurs à piston.

 FARCIR LE HANNETON (se ») – Voler avec un abonné. On sent dans cette expression l’enthousiasme de celui qui la prononce !

 FINGER – (US) Galerie, jetée d’aéroport.

 FOUGACON – 1 ° Sifflet à roulette. 2° (péjoratif) Fouga Magister.

 FOUTRE EN L’AIR (se ») – Voler.

 FRÉQUENCE – Terrain d’entente. On est sur la fréquence: on s’entend bien.

 FLINGUEUR – Chasseur.

 FUME ! – Interjection à connotation triviale exprimant la négation .

 ______________________________________________________________________________________________________________________

 G

GALLEY – (US) Office (commissariat de bord)

 GARDE MITE – Fourrier d’une unité dont l’activité essentielle est de compter les chaussettes et de distribuer annuellement les effets d’habillements. En principe, il a beaucoup d’amis.

 GAZIER – Aviateur, camarade. Voir aussi baron.

  GEORGES – Désigne le pilote automatique.

–         C’est Georges qui pilote !

 GIMMICK – (US) Le truc. Servit à désigner la bombe A tandis qu’elle était encore tenue secrète.

 GIVRE – Complètement perdu, au sens propre comme au sens figuré.

 GLOUTAGE – Amerrissage forcé. Voir ditching.

 GLOUTCH – Repas, en général bien arrosé.

 GLOUTER (se ») – Faire un amerrissage forcé.

 GLUTE – Canette de bière de préférence pleine.

Paye moi une glute 

– Fume !

 GODASSES – Le train d’atterrissage. Voir chaussettes. Sortir !es godasses: sortir le train

GONFLER LE BOUDIN – Casser les pieds à qqn.

 GONFLEUR D’HÉLICE – Pionnier. Mécanicien (péjoratif).

 GOUGNAFIER – Bon à rien. Synonyme: dilbert (US).

 GRAISSE – La Graisse, la Mécanique: ensemble des mécaniciens d’une unité.

 GREMLINS – (US) Petits génies malfaisants qui détraquent tout à bord (surtout des monoplaces): mécanique, radio, instruments…

 GRENOUILLE – Le préposé à la météo.

La grenouille nous prévoit un temps de curé.

 GRISE (la) – Surnom du NORD 2501.

 GROS– 1°– Inadmissible, injuste, extravagant: C’est gros !

2°- Arrêts de rigueur (voir: pains).

 GUS – Un quidam, un camarade. Un gars.

 GUGUS – Pilote un peu clown. Jeune chien, généralement sympathique.

 __________________________________________________________________________________________

H

HANNETON – Officier ou sous officier navigant affecté en état major, considéré comme « abonné » dans les unités où il se rend régulièrement pour faire ses heures de vol.

__________________________________________________________________________________________

I

INDIEN – Officier subalterne d’état major: travaille avec une plume.

 __________________________________________________________________________________________

J

JOCKEY – Pilote. Premier pilote. voir aussi: cocher et peintre.

 __________________________________________________________________________________________

K

KRO– Boisson alcoolisée à base de houblon de marque Kronenbourg, très prisée en piste.

 __________________________________________________________________________________________

L

LABOUREUR – Terrien disposant de prés suffisamment grands, plats et sans obstacles, de boissons rafraîchissantes et surtout d’un téléphone où le pilote de planeur consent de temps en temps à se poser. L’accueil varie avec l’état des récoltes et le nombre de pilote de machines volantes ayant déjà utilisé les lieux.

 LÂCHER – Premier vol seul. Prise en main. Etre lâché sur qqch: bien connaître une question, un matériel. Pour un pilote, le lâcher suit le cornackage et précède l’huile, les plumes, le bassin à poissons de l’escadron.

 LAITIER – L’avion météo qui décolle le premier, au petit matin.

 LAMBDA – Moyen. Vachement lambda: au dessous de la moyenne.

 LAMPE A SOUDER – Avion à réaction. syn.: Chaudière.

 LOUIS XIV – Piloter à la Louis XIV: croiser les commandes.

 LOURDS – Le transport aérien militaire. La Grise vole chez les lourds.

 __________________________________________________________________________________________

 M 

MANETTE – Manette des gaz.Mettre la manette dans la poche: réduire son activité.

 MAYONNAISE – Faire de la mayonnaise: branler le manche.

 MANIGLIA – La manette des gaz.

 MANIP. – (Abréviation de manipulation). Exercice.

 MARILYN – Fuselage à double courbure ou fuselage en « taille de guêpe ».

 MATOS – (Abréviation de matériel). Tout objet de travail utilisé par le mécanicien.

 MORPIONS (de cabine) – Individu pas forcément imprégné de la chose aéronautique, qui prend son pied en s’installant dans n’importe quel cockpit et qui passe des heures à s’y croire en tripotant TOUS les bitards. Pour l’extraire de là, il est nécessaire d’être à plusieurs. (Syn: Rats de cabine)

 MIRONTON – Quidam peu qualifié. Par extension: étranger à l’aviation.

–          Qui c’est ce mironton ?

–           Un pousse cailloux

MORDRE LE COUSSIN – Se montrer très appliqué en pilotage

MOUSSE – 1 ° n.f. Canette de bière.

2° (rue des ») Célèbre rue rochefortaise bien connue des mécaniciens en manque d’affection….

 MOUSSER (se faire) – Raconter des histoires invraisemblables à ses copains, sans avoir peur du ridicule, dans le seul but de leur en mettre plein la vue.

 MOUSTACHU – L’ancien. Celui qui sait. Le vieux pilote, le vieux mécano. Un super moustachu est un chibani.

 MUSÉE – Au mess sous-officier, désigne la salle à manger des adjudants-chefs et des majors.

 __________________________________________________________________________________________

 N

NAV – La navigation.

–          Chiade la nav sinon on over-shoote !

 NÉGATIF – Adverbe: exprime la négation. Abrégé: Négat. ou nég.!

 NÉNÈS – Mécanicien ou pailleux engagé à la base de Nîmes. Généralement opposé à arpète.

 NEU-NEU – Désigne l’escadron Normandie-Niemen.

 NEZ – voir pifomètre.

 NO SHOW – (US) Défaillant. Passager qui ne se présente pas à l’embarquement.

 _____________________________________________________________________________                                                  O

OPEN JAW – (US) Billet pour un itinéraire assimilé à un aller et retour mais effectué sur deux parcours différents. Voyage en circuit ouvert. Voyage en fer à cheval.

 OPERATIONNEL – Bien au point. Bien entraîné. Dont on peut se servir avec profit.

OVER-SHOOTER – (US) Dépasser les limites, le domaine de vol.

___________________________________

P

PAILLE – La paperasse. Faire de ta paille: Se consacrer aux écritures. La paille fait saliver le pailleux, mais gonfle le boudin du mécano.

 PAILLEUX – Bureaucrate. Tout sauf pilote et mécanicien. Celui qui n’a aucune fonction à bord, qui vole occasionnellement.

 PAINS – Les arrêts. Les gros: arrêts de rigueur. Les petits pains: arrêts simples.

PAISIBLE – Avion qui vole tout seul.

PANIQUER – S’affoler.

PARAPLUIE – Prudence. Précautions. Ouvrir le parapluie: Se garantir des suites d’une affaire. Peu glorieux.

– ll vaut mieux entendre le claquement sec du parapluie qui s’ouvre que le bruit d’une carrière qui s’effondre !

Parapluie
Parapluie

PARC A FERRAILLE – 1 ° Endroit clos de la base où sont stockées les épaves d’avions, les trucs hors d’usages…

2° Lieu de débauche où l’aviateur en déplacement peut rencontrer des dames d’age mûr, voire bien mûr.

Le parc à ferraille, route de Royan, à la sortie de Rochefort était, à son époque, fort connu et réputé.

PASSER SUR LE DOS – Perdre son sang-froid. Voir déclencher.

Peintre en attente de peinture: Gus lambda en stand-by.

PAYER (se») – 1 ° Obtenir, gagner. 2° Percuter.

PEAU DE COUILLE – Matière plastique adhésive dont on recouvre les cartes.

PÉBROQUE – Parachute. Syn.: pépin.

PÉBROQUER (se ») – Sauter en parachute. Syn: Prendre l’escalier de service.

PÊCHE – Avoir la pêche: être en forme. Syn: Avoir !e paquet.

PÉDALER À CÔTÉ DU VÉLO – Se dit de quelqu’un qui a perdu une partie de ses facultés intellectuelles. Ne pas répondre à la question posée.

PÉDALES – Le palonnier. Prendre les pédales: prendre les commandes.

PEINTRE – 1 ° Celui qui est chargé de toutes les corvées.

2° Jeune pilote comparé à un ancien.

 3° Pilote à l’instruction : Le PIM.

4° Second pilote.

Etre peintre en escadre: N’avoir rien d’autre à faire que de voler.

 PELERIN – Passager. Par extension: l’étranger à l’escadron.

Qui c’est ce pèlerin ?

– C’est le garde mite des cocoï !

PELLES A PLAT – (Remettre) Se mettre les ailes à l’horizontale

PENDULE – Le badin. Par extension: tout instrument de bord, rond de préférence, muni d’un cadran gradué et d’une aiguille qui bouge, dont la faculté est d’indiquer un paramètre (vitesse, altitude, cap…) En principe, plus les unités exprimées sont incompréhensibles, plus l’instrument est chiadé

– Celui-ci me donne la pression en hecto-pascal par pouce carré !

Avoir les pendules à l’heure: Tous les paramètres sont bons.

PÉPIN – Parachute. Utiliser le pébroque est plus classe.

PERCUTER – Comprendre une explication, une blague avec un temps de retard.

 PERCUTER LA PLANETE – Voir se planter.

PÉTAFEUX-(ou PETAF)

1 °Armurier de l’escadron. Abrégé: pétaf.

2° Artilleur antiaérien. Syn: Tire boulettes.

Pétaf
Pétaf

PICK-UP – Ramassage.

PIÈGE – 1 ° Aéronef.

2° Le Piège: l’Ecole de l’Air.

PIEOCUTER – Soulagement nerveux consistant à intercepter l’arrière train d’un individu avec sa propre chaussure assujettie d’un élan vengeur.

PIEZOCUTE – Par analogie au précédent: Victime de rapide variation de pression. S’applique aux instruments anémométriques.

PIFOMÈTRE – Voir nez. Instrument utilisé en dernier recours. Le pifomètre à mercure stabilisé est une amélioration du précédent. Mesure pifométrique: mesure affectée de tolérances aussi larges qu’ élastiques.

PIM – Pilote à l’instruction. Mécanicien en instruction.

 PLANÈTE – Le sol. Percuter la planète: se vomir.

PLANTER (se ») – 1 ° Percuter le soi, se tuer.

2° se tromper.

3° Se planter dans le ciel: Cabrer exagérément.

 PLAQUE À VÉLO – Insigne de parachutiste.

 PLATANE – Le manche quand il n’est plus possible de le manoeuvrer. Voir béton.

PLUME – L’aile de l’avion.

PNEU– Déformation de P.N.  : Personnel navigant.

POINTU – A désigné le TRIDENT, désigne le MIRAGE. Par extension: avion à réaction.

Je fais du pointu au Neu-Neu !

PORTUGAIS – Officier supérieur à l’état-major des armées.

POULETS – Nom trivial donné aux trois alérions portés par l’insigne de tradition de l’escadron LORRAINE. L’armée de l’air en entier utilise ce terme… sauf le personnel de cet escadron.

PRENDRE SA RAFALE – Se faire eng…Se dit également: se faire rafaler.

PUCE – Avion vu au radar.

____________________________________________________________________________________ 

Q.G.O. – Dans le bleu (figuré).

__________________________________________________________________________________________

 R

RACER – Un bon avion.

 RADADA – Vol rasant. A remplacé le terme « rase-mottes » devenu désuet.

 RADAR – 1 ° Instrument de détection. Le radar du Mirage III était surnommé « le radar TEFAL » car non seulement il chauffait, mais de plus il n’accrochait pas.
2° (marcher au ») Se déplacer en état d’inconscience.

 RADIO – 1 ° La radio: Ensemble des instruments permettant de communiquer avec l’extérieur. Sa fiabilité est toujours remise en cause par les cochers.
2° Les radios: Mécaniciens télec  spécialisés dans la gestion des parasites.

 RADUC – Contraction de « Ras du cul »: Tangent. D’extrême justesse.

 RAALER – Réprimander violemment.

 RAMER – Voler lentement, se traîner. Avoir du mal à suivre son leader.

 RAMEUR – Marin. Tout militaire servant dans la Royale.

 RASEMOTTE – Désuet. Mot interdit à l’école de l’air.

 RASE-POIL – Vol rasant.

RATS (» de cabine) – Voir morpions. Tout aussi nocif.

 REMONTER LES BRETELLES – Réprimander fermement. La remontée de bretelle est moins virulente que la prise de rafale, mais plus sévère que l’achat de bretelles.

 RÉPANDRE (se ») – Casser un appareil sans mort d’homme.

 RETAILLÉ – Remarquable, irréprochable, impeccable.

RIF – Incendie.

 ROULETTE (» de queue) – Désigne le plus petit aviateur placé à la queue de la section qui défile.

 RUPINER – Se dit d’un type exceptionnel: Il rupine !

__________________________________________________________________________________________

SAC – 1 ° Ennuis, incidents.

2° Situation inextricable résultant de l’accumulation de malentendus, beans ou chises.
3° Unité de désordre pour sac de noeuds ou sac de fèves.
4° Sac de sable: Passager d’un aéronef dont la seule fonction à bord est de servir de lest. Par extension: tous les passagers.
SCHUMACK – Mécanicien expert dans l’art de la confection de barbecues, de cendriers ou tout autre sorte d’accessoires à usage extra professionnel et qui, à l’occasion, répare des cellules d’avions accidentés.

 SHOOTER – Tirer en combat aérien.

 SIKI – Que l’on parachute avant le saut normal pour voir la direction du vent. Le siki peut être un mannequin, un colis, un homme.

 SOUFFLER DANS LES BRONCHES – Faire des remontrances.

 SOUQUER – Tirer des G (voir cette expression).

 SOUS-OFFICIER – Abrégé: sous-off. Oesophage surmonté d’une casquette et terminé par un sexe. Cette définition démontre la propension du sous-off à boire, à manger et à s’activer sexuellement.

 STAND-BY – 1 ° en attente
2° En attente à la recherche de la bulle.
3° Stand-by!- Attends !

 SUCER LE SAUMON – Pratiquer la patrouille serrée……très serrée (dans les nuages)

__________________________________________________________________________________________

 T 

__________________________________________________________________________________________TABAC – Coup de tabac: Violente rafale atmosphérique.

 TABLE DE BISTROT – Se dit d’un dernier virage en finale où l’on s’aligne jamais avec la piste.

 TAF – Contrat. Faire son tat. Respecter le contrat. Etre dans les normes.

 TAGAZOU – Avion d’aéro-club.

 TAILLER LA BRISE – Sauter en parachute. S’écarter de sa route. Par extension: partir.

 TARMAC – Aire devant les hangars

 TAPER UN BREAK – Voir break.

 TAPER DES G (se ») – Encaisser des G.

TAPIN – Avion de peu de valeur aéronautique. Syn: Piège.

 TAS DE BOIS – Avion en bois entoilé.

 TAS DE FERRAILLE – Avion. Prototype n’ayant pas encore volé.

TATONNER – Faire du pied à son piège.

 TAXIWAY – Piste de roulage. Voie de circulation pour les avions.

TCHATCHER – Parler en abondance de choses sans intérêt. Le tchatcheur est fui comme la peste.

 TELEC – Ensemble des mécaniciens électroniciens.

 TEMPETE DE CIEL BLEU – Beau temps. On dit aussi: temps de colonel ou temps de curé.

 TEMPS DE PRÉLAT – Encore plus beau que le temps de curé.
-Temps de prélat: hannetons en l’air. (Proverbe)

 TIRE BOULETTES – Artilleur antiaérien. Syn: pisse en l’air.

 TIRER DES G – Voir se taper des G. Souquer.

 TOP– (faire un ») Faire une pause pour mener une réflexion rapide, faire le point.

 TOTO – Le soldat des opérations, spécialisé dans les totaux.

TOUT DANS LA POCHE – Moteur plein réduit. Par extension: exprime l’inactivité.

TRAINE CON – Avion de liaison aux performances médiocres. Syn.: Traîne boeufs.

TRAPANELLE – Avion léger, cousin du tapin.

 TROTTOIR A PUNAISES – Manche d’une veste de général garnie d’étoiles.

__________________________________________________________________________________________
  V

VACHES (aller aux ») – Atterrir en planeur en pleine campagne.

 VALISE (Faire sa ») – Se préparer à évacuer l’avion.

 VEAU – Appareil répondant mollement aux commandes.

 VÉLOCE – Rapide. Qui comprends vite. Qui réagit vite. Futé.
VELU – Doué. Très fort.

 VENTILATEUR– Hélicoptère

 VERIN DE PAUPIERES – Très suggestif en parlant du sphincter anal !!!!

 VÉROLE–1° Appareil désagréable à piloter.
2° (petite ») Maladie qui s’attrape généralement en déplacement.

VIBROTIS – Petites vibrations aérodynamiques.

VOITURE – Aéronef (peu utilisé).

 VOLUTE – Manoeuvre de combat aérien.

 VOMIR (se ») – Faire un crash. Percuter la planète, le parpaing, le caillou.

__________________________________________________________________________________________

 W 

WAGON – Aéronef.

__________________________________________________________________________________________

Y

YELLOW TIME – Culte de l’extrait d’anis. En général, se célèbre entre 11 heures et midi, à plusieurs, autour de la table du cayon.

 __________________________________________________________________________________________

 Z 

ZEF – Vent. Le grand Zef Fête annuelle de l’école de l’air.

 ZIMBREC – Variante de bidule.

 ZINC – (désuet) aéronef, piège.

 ZOB – Outre le sexe de l’aviateur, ce mot, employé seul, accompagné d’un bras d’honneur, désigne le refus catégorique et irrévocable.
II est également employé dans la cérémonie dite « du banc des aviateurs » qui a été inventé pour commémorer les bons moments du métier.
-Et tous ensemble: 1-2-3-4-5
– ZOB ! (bras d’honneur à gauche)
– 1-2-3-4-5
– ZOB ! (bras d’honneur à droite)
– 1-2-3-4-5
ZOB ! – ZOB ! – ZOB ! OUAIH …
(3 bras d’honneur alternés gauche et droite) 

La coupe AIRCENT

Le graal

Au début de 1970, une seule idée trotte dans la tête de tous : la coupe AIRCENT. Le 2/11 se doit d’être brillant, aussi les « pims » et les « poms » sont répartis dans les deux autres escadrons. Un entraînement sérieux et musclé débute. Il est d’autant plus sérieux que l’année précédente, l’EC 1/11, sous les ordres du Cdt Letty avait participé à ce concours, et en avait tiré bon nombre d’enseignements qui allaient servir de base de travail. Le Cdt Letty terminait en ces termes : « il faut payer le prix, si l’on veut figurer dans ces concours internationaux ». Les résultats prouvent que nos méthodes sont bonnes, que nous tirons aussi bien que les autres. Il reste à parfaire tout cela l’année prochaine ». C’est ce que va faire le 2/11 « Vosges ».

Seuls les quinze derniers jours précédant le concours ont permis à certains de se régler. Grâce à un travail d’équipe, les mécaniciens réussissent à fournir un avion à chaque concurrent, appareil harmonisé par le pilote lui-même et maintenu disponible par l’établissement d’équipes de nuit au sein de la mécanique 2/11. Chaque appareil possède une cinquantaine d’heures de potentiel, et est équipé de canons et de lance-roquettes neufs, un mois avant le concours. Cette personnalisation parut nécessaire et particulièrement bénéfique à la victoire tant espérée.

Les vainqueurs
Les vainqueurs

Le concours AIRCENT consiste pour chacun des six pilotes, à effectuer sept missions : trois de navigation avec passage sur un objectif et un tir, et quatre missions uniquement de tir. La configuration est la suivante : 80 obus, 1 bombe de 50 kg et une roquette à tête inerte. Quant aux tirs, ils se déroulent de la manière suivante : une passe SKIP à une altitude 35′. Une passe roquette avec une altitude- mini 500′ et une ou deux passes canon au choix du pilote, ligne d’arrêt de feu à plus de 500 m. Tous les tirs se dérouleront sur le champ de tir de Suippes. Bien qu’invitée, la France pouvait prétendre donc concourir pour la coupe WALKER réservée à l’attaque conventionnelle. Trois mois avant l’épreuve, une première équipe de dix pilotes est formée. Ces derniers ne font pas de mission imposée, ne prennent pas la PO, n’exécutent pas de mission de défense aérienne, ni de vol de nuit. Ils s’entraînent uniquement au tir, à l’assaut et ils cultivent leur forme physique en faisant du sport. L’exploitation des résultats du 1/11 obtenus en 1969 prouvait à l’évidence que le concours AIRCENT se gagnait sur SKIP Bombing. C’est donc sur le bombardement que l’accent fut mis. Les méthodes de tir ayant été élaborées l’année précédente, il convenait de les adapter à la nouvelle altitude minimum autorisée. La météo réserva aux départements de l’Est des plafonds assez bas durant le mois de mars et avril. Peu gênant pour l’assaut, le SKIP, voire le canon, ces plafonds insuffisants ont considérablement gêné l’entraînement roquettes.

Tir SKIP en F100
Tir SKIP en F100

Le 1er juin 1970, six F100 se posent à Spangdahlen où une quarantaine de mécaniciens ayant rejoint par TRANSALL les attendaient. Accueil à l’américaine : efficacité et luxe de moyens. Dès la première semaine, la 2ème ATAF équipée de FIAT G91 se laisse décrocher et le combat se précise entre la France et la 4ème ATAF équipée de FIAT G91 et de 3 PHANTOM. La malchance éprouve le 2/11 ; une panne de freins au décollage fait perdre le bénéfice d’une mission entière puisque le règlement prévoit que chaque détachement est responsable de ses pannes et qu’il ne saurait être question de redonner un vol en cas de défaillance mécanique. Parallèlement, une bombe et deux roquettes refusent de partir et allègent d’autant le score du jour. En fin de semaine, la 4ème  ATAF est en tête talonnée à 10 points par le 2/11. Rien n’est perdu, le moral est d’acier. La seconde semaine débute mal et l’écart se creuse jusqu’à 45 points. Le mardi matin, trois pilotes de l’escadron rentrent de vol la mine faussement carton ». Rush sur les résultats de la 4ème ATAF… le «day-off » a changé de camp, l’escadron a repris les 45 points plus quelques autres qui permettent de passer en tête, explosion de joie… cris de guerre… ces minutes sont la récompense d’une préparation intense. Dès lors tout va bien, chacun remplit son contrat et, plus jamais la 4ème ATAF ne fut réellement inquiétante. Pour signer la victoire, les six dernières missions s’échelonnèrent entre 17 et 22 points… score qui prend toute sa valeur quand on sait qu’une mission à 15 points est une très bonne mission.

Le palmarès de la coupe WALKER remportée par l’Escadron de chasse 02.011 «VOSGES» est de 586 points contre 540 à la 4ème ATAF et 393 à la 2ème ATAF. Par équipe, le 2/11 se classe premier en navigation, en tir canon et en bombardement. Individuellement, les pilotes se classent 3ème, 4ème, 5ème, 6ème, 8ème et 9ème en navigation, 1er, 3ème, 4ème et 5ème en tir canon, 3ème, 4ème 5ème, 7ème  et 8ème bombardement.

Le 2/11 devient alors le meilleur escadron de l’OTAN.

La FATAC ne pouvait pas rester indifférente
La FATAC ne pouvait pas rester indifférente
L'équipe vainqueur pilotes et mécanos
L’équipe vainqueur pilotes et mécanos
Préparatifs des festivités
Préparatifs des festivités

Le JAGUAR A22 du pôle aéronautique d’AVORD

Le Jaguar A22

 

Initialement cet article ne devait être qu’un Quizz mais se limiter à cet aspect,  aurait occulté le travail de ceux qui s’occupent de la restauration du Jaguar A22. 

La sonde du A22

Le A22 a une particularité qui apparaît bien sur la photo ci-dessous ; il a une sonde sur le coté droit qu’on ne retrouve pas sur les autres Jaguar. Histoire de pouvoir comparer, je vous ai mis une photo d’un Jaguar « lambda » . (lambda ou presque car c’est celui que le Barbu a planté en Afrique). 

La sonde du A22 de couleur noire qui se trouve sous la sonde
La sonde du A22 de couleur noire qui se trouve sous la sonde
Un Jaguar
Un Jaguar « normal » sur lequel il n’y a pas cette sonde sur le coté droit

Cette sonde est reliée à un câblage de couleur orange, ce qui laisse supposer qu’elle a été installée à titre d’essai par le CEV ou l’industriel. Si quelqu’un a des informations à ce sujet, je suis bien évidemment preneur. 

Le pole aéronautique d’AVORD

Comme son nom le laisse supposer, ce pole est installé à AVORD et dirigé par Alain BLANCHARD ; Alain est une référence dans l’Armée de l’Air, puisqu’il totalise plus de 6000 heures d’AWACS. Aujourd’hui à la retraite, il s’occupe de ce pole qu’il a fondé et pour avoir une bonne idée de ce qu’il représente, le mieux est d’aller sur son site http://www.poleaeronautiqueavord.fr/. Alain est un passionné et consacre beaucoup de temps et d’énergie à faire vivre  son musée ; je vous ai mis une photo de lui prise lors de ma visite à Avord. 

Alain Blanchard devant le A22.
Alain Blanchard devant le A22.

Si vous passez du coté d’Avord et que vous êtes intéressé par l’aéronautique, je vous conseille vivement d’aller visiter le musée d’Alain ; si c’est le cas choisissez un moment où Alain est présent et vous bénéficierez de ses commentaires. La majorité, pour ne pas dire la totalité des pièces de son musée ont une histoire qu’il se fera un plaisir de vous raconter. A titre d’exemple, il m’a appris pourquoi les trappes moteur qui servent à passer les extincteurs en cas d’incendie au sol ont été renforcées par les parties rouges qui figurent sur la photo jointe ci-dessous ; lors de tir de leurres Infra-rouge du lance leurre plaqué Alkan, certains venaient taper le capot moteur et endommageaient ces fameuses trappes.

Les trappes renforcées
Les trappes renforcées

Quelques autres photos du pole aéronautique 

Projet d'extension
Projet d’extension
Le A22 ; il lui manque la poutre pour accrocher le bidon ! Si vous savez où il peut en trouver une, faites le savoir !
Le A22 ; il lui manque la poutre pour accrocher le bidon ! Si vous savez où il peut en trouver une, faites le savoir !
Les anciens de la 11EC ne seront pas dépaysés
Les anciens de la 11EC ne seront pas dépaysés
Vue d'une des salles du musée ; à gauche on devine une planche de bord d'Alphajet, juste derrière une Durandal et à coté un canon DEFA de 30 mm
Vue d’une des salles du musée ; à gauche on devine une planche de bord d’Alphajet, juste derrière une Durandal et à coté un canon DEFA de 30 mm

Le Corbeau et le Renard des SPA 91 et 97

SPA 91 SPA 97

 

Comme annoncé précédemment, Le Moine est bien à l’origine de l’histoire du Corbeau et du Renard. Il raconte. 

Le Moine au 2/11 quand il volait sur F100
Le Moine au 2/11 quand il volait sur F100

J’ai été affecté en débarquant à Bremgarten à la deuxième escadrille du 2/11, la SPA 97. C’était bien entendu la meilleure, bien que ce titre ait été largement contesté par la 1ère escadrille, la SPA 91. Leurs arguments de totale mauvaise foi, c’est certain, reposaient sur le fait qu’ils étaient la PREMIERE escadrille, et que sur l’écusson du 2/11, l’aigle survolait toujours les hermines.

Les insignes de la SPA 91 et de la SPA 97
Les insignes de la SPA 91 et de la SPA 97

Au bout de quelques années de réflexion, et en regardant bien l’insigne, j’ai trouvé que le soi-disant aigle ressemblait plus à un corbeau maigrichon qu’à ce noble rapace. Et en regardant mieux, tels que les insignes escadrilles étaient disposés, la UNE coiffant la DEUX, ça faisait penser à la fable de La Fontaine. En effet, le corbeau tenait bien dans ses pattes un fromage tout blanc, et le triangle pouvait se transformer en tête de renard, les bandes blanche devenant les yeux et les hermine les pupilles. Il n’était pas question de dire à la UNE  que leur oiseau n’était qu’un vulgaire corbac sans risquer de sévères représailles. Il fallait donc « suggérer ». C’est alors que j’ai commencé à dessiner le renard, et après quelques esquisses laborieuses, je suis arrivé au renard assis tel que tu le connais. A partir de là, il fallait le présenter « officiellement » en fanfare.

Notre commandant d’escadrille était alors Jean-Claude Valais.

J’ai donc montré à ce dernier mon dessin, et je lui ai proposé d’en faire un écusson qu’on porterait discrètement sur notre sous-vêtement car il n’avait rien de réglementaire : règlement-règlement. En descendant la fermeture éclair de la combinaison de vol, l’insigne apparaîtrait aux yeux certainement émerveillés de nos petits camarades de la UNE qui ne pourraient manquer de comprendre « presque  immédiatement» l’allusion…

La patte d'hermine devenue renard
La patte d’hermine devenue renard

Aussitôt dit, aussitôt fait. J’ai brodé le premier modèle de l’écusson, mais oui, puis j’ai continué avec Jacqueline Valais pour fournir tous les pilotes. Nous avions acheté un pull rouge léger à col roulé garanti ignifugé (sécurité des vols oblige) aux tailles de chacun et nous avons cousu l’écusson à la bonne place. Comme tu vois, un pilote de chasse sait tout faire, surtout « un de la deux » ! Nous nous sommes ainsi présentés un beau matin à l’escadron, tous dans nos belles tenues de vol négligemment ouvertes sur un renard goguenard. Ce fut tout d’abord un grand silence, puis un léger soubresaut qui s’est transformé en un énorme éclat de rire et le renard a été ainsi adopté par l’escadron.

L’affaire s’est ensuite corsée, car ayant obtenu laborieusement mon BCP, j’ai eu l’honneur d’être nommé à la tête de la UNE. Aïe ! Les allusions à voix basses concernant cet abandon du rusé renard pour rejoindre le corbac et son fromage prenaient de l’ampleur au fur et à mesure que la date fatidique approchait. Il fallait donc réagir, le défi était lancé. Je me suis dit qu’il fallait utiliser le corbac avec son fromage pour y placer, sans le montrer, le renard rusé dans la position qu’il fallait. Le deal était placé bien haut.…Et si on oubliait le fromage pour revenir au crane entre les pattes du corbac : j’avais la solution !

J’ai dessiné le corbac tel que je le présentais  dans notre cahier de marche, et j’ai donc replacé le crane à la place du fromage, mais j’ai mis pour les pupilles, dans les orbites du crane: les deux hermines. Plus de doute, le corbac avait gagné, il tenait le crane du défunt renard entre ses pattes.

Le corbeau nouvelle mouture
Le corbeau nouvelle mouture

Un drap dérobé chez moi dans la pile bien rangée par Hélène et dont nous devions, d’après mes dires, nous débarrasser depuis longtemps a parfaitement fait l’affaire. La taille du drap était nécessaire car le message se devait d’être aux format grand-écran. Ainsi, le jour « J » que tous mes compatriotes de la DEUX attendaient avec affiches et casseroles, juste avant que les manifestations ne débutent, j’ai déroulé mon drap sur le tableau d’ordres… et il y a eu un grand silence, puis un trémoussement pour se terminer par un énorme éclat de rire, et l’écusson de la UNE a été adopté par tout l’escadron…

Le Moine devant le tableau d'ordre
Le Moine devant le tableau d’ordre

Pour terminer cette longue histoire, au risque d’abaisser la haute image des responsabilités qui m’étaient confiées, je n’ai pas voulu laisser la DEUX présenter seule la combinaison de vol négligemment ouverte à la gloire du renard. J’ai donc remis en jeu mon titre de meilleure petit main de l’escadron et j’ai repris  laborieusement l’ouvrage dans le plus grand secret, seul car ma brodeuse avait suivi son mari vers d’autres cieux, pour habiller correctement la UNE du 2/11, la meilleure bien entendu!!!

Echange escadron avec les Hollandais . On peut voir l'insigne d'escadrille sur le sous vêtement de Fayolle, Le Moine et le commandant d'escadron Albert-Lebrun
Echange escadron avec les Hollandais . On peut voir l’insigne d’escadrille sur le sous vêtement de Fayolle, Le Moine et le commandant d’escadron Albert-Lebrun

Centenaire de la SPA 91 et de la SPA 97

Les insignes de la SPA 91 et de la SPA 97

 

Les 2 escadrilles SPA 91 et SPA 97 qui appartiennent au prestigieux Régiment de Chasse « NORMANDIE NIEMEN » fêteront leur centenaire le 16 Mai prochain à Mont de Marsan, base aérienne de stationnement actuel du Régiment. Cet article a pour but de retracer l’histoire de ces deux escadrilles ; il sera amené à être complété régulièrement. 

A partir de 1952, les deux escadrilles ont été réunis pour former l’escadron « 2/11 VOSGES », et même si la notion d’escadrille reste très présente au sein de l’escadron, leur histoire est commune. C’est pour cette raison que l’historique des SPA 91 et SPA 97 est retracé de façon unique puis les faits marquants seront ceux de l’EC 2/11.

Historique écrit en 1972 pour le 20 ème anniversaire de l’escadron 2/11

HISTORIQUE

1917, la lutte durait depuis trois ans déjà, la victoire n’était qu’une question de préparation, on ne voulait pas négliger les armes nouvelles. L’aviation s’était révélée indispensable, on formait quantité de nouveaux groupes, ainsi naquirent les

La SPA 91 – Avril 1917.   Les détachements de chasse NIEUPORT de la 8 ème armée N° 505 et 506 sont réunis et forment l’escadrille N91, équipée de Nieuport. En Janvier 1918, elle équipée de SPAD7 et SPAS3 et elle prend le nom de SPA91.

L’escadrille 91 fut commandée par le lieutenant JOURDAIN à sa création, puis par le capitaine LAFONT le 29 Avril 1918 et enfin par le lieutenant HIRCH en Septembre 1918. De sa création à la fin des hostilités, sept pilotes trouvèrent la mort en service aérien commandé ; cependant, l’escadrille comptait 6 avions abattus dont 5 homologués et un DRACHEN.

Nieuport 23 du LTT JOURDAIN
Nieuport 23 du LTT JOURDAIN
  1. La guerre est terminée, la situation commence à se stabiliser et la démobilisation impose la dissolution de nombreuses escadrilles, et c’est ainsi que fut dissoute la SPA 91 le 9 Juillet.

En 1955, l’Ecole de l’Air qui se crée a la mission de former les officiers pilotes. L’une des escadrilles d’instruction en vol, la 4 ème reprend les traditions et l’insigne de la SPA 91. Mais en 1940, l’occupation allemande impose la dissolution de l’escadrille.

Plus de précisions sur http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille091.htm

La SPA 97 –  De la même façon que l’escadrille 91, l’escadrille 97 naquit le 1 er Juillet 1917 par la fusion des détachements de NIEUPORT, N510 et N 519 stationnés sur le terrain de FROIDOS (Meuse). A sa création, l’escadrille 97 était dotée de NIEUPORT 23 et 24B et en Aout 1917, elle reçut les N24 et N 24B. Plus tard, le 8 Décembre 1917 elle est équipée de SPA 7 et 13 plus modernes.

De Juillet 1917 à la fin des hostilités, l’escadrille 97 perdit 8 de ses pilotes mais infligea de lourdes pertes à l’ennemi : 16 avions et 8 DRACHEN. L’escadrille fut successivement commandée par : le capitaine de CASTEL à sa création, le capitaine CONNEAU le 18 Octobre 1917, le lieutenant QUERTEAU le 10 Octobre 1918. Après la guerre, la SPA 97 devint la 2ème escadrille du 1er groupe du 3ème régiment de Chasse en garnison à Châteauroux. Le 12 Septembre 1933, le 3ème régiment est transformé en garnison à Châteauroux. Le 12 Septembre 1933, le 3ème régiment est transformé en escadre et a deuxième escadrille (SPA97) est dissoute.

1938, la situation politique internationale se tend et on recrée des anciennes unités ; c’est ainsi que le lieutenant MERLE crée le 16 Janvier l’escadrille 574 qui reprend les traditions et l’insigne de la SPA 97 ; en Avril 1939, le capitaine BLANCHET en prend le commandement. Equipée de DEWOITINE 371 à sa création, ceux-ci seront remplacés en Novembre 1939 par des MORANE 406 plus modernes. Le 15 Mai 1940 à Bizerte SIDE EL AHMED, elle fusionne avec l’escadrille 572 pour former le groupe de Chasse III/5 sous les ordres du commandant BENSON. Le 18 Juin, le Groupe III/5 et le Groupe I/10 sont chargés de la défense de la TUNISIE. Le 24 Juillet 1940 après l’effondrement que l’on a connu, le Groupe est dissous. Plusieurs pilotes poursuivront la lutte sous d’autres cieux.

http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille097.htm

Le 2/11 « VOSGES » – Le 1er Octobre 1952, à REIMS, après les bouleversements de la 2 ème guerre mondiale et le retour d’Indochine, la 11 ème Escadre de Chasse se forme avec des éléments venus d’un peu partout. C’est ainsi que naquit l’Escadron 2/11 « VOSGES » comprenant 2 escadrilles qui reprennent les traditions des SPA 91 et SPA 97.

Les premiers mois dans le froid de locaux mal adaptés sont difficiles mais le déménagement à LAHR et les beaux lui redonneront toute sa vitalité, le rendant opérationnel très rapidement. LAHR ne sera qu’une courte étape, car en Juin 1953, c’est le retour en France à Luxeuil. Bientôt de nombreux pilotes seront détachés en ALGERIE pendant qu’en France la vie du 2/11 se poursuit normalement. En 1956, le F 84G Thunderjet est remplacé par le F 84F Thunderstreak supersonique en piqué qui lui-même sera remplacé par le F100 Super Sabre. La guerre d’ALGERIE va bientôt se terminer, la plupart des pilotes sont rentrés et la France se dote de l’arme nucléaire ? Ce seront les F100 qui en seront les vecteurs jusqu’à ce que les MIRAGE IV prennent la relève. C’est dans ce but que le 2/11 va s’installer à BREMGARTEN en Allemagne pour s’intégrer au système de défense de l’OTAN en Juin 1961. En 1967, la France quitte l’OTAN ; les Américains quittent leurs bases et c’est dans l’une d’entre elles, TOUL ROSIERES, que la 11 ème Escadre vient s’installer en Octobre pour poursuivre sa mission.

A partir de 1952, même si la notion d’escadrille reste très vive au sein d’un escadron, il devient difficile de les distinguer lorsqu’on retrace l’histoire de l’unité à laquelle elles appartiennent. 

QUELQUES FAITS MARQUANTS

1961 ; l’escadron déménage à BREMGARTEN 

Déménagement BREM
Déménagement BREM
On entend parler Français
On entend parler Français

1963  Le 2/11 VOSGES est déclaré apte à la mission nucléaire 

Le 2/11 devient
Le 2/11 devient « atomique »
Et déjà la Saint Eloi
Et déjà la Saint Eloi

1965 

Un M III de la 2 revu et corrigé par la mécanique
Un M III de la 2,  revu et corrigé par la mécanique
Dans le genre
Dans le genre « Conneries habituelles »

1968

C’est à cette époque qu’on voit apparaître les personnages du « Corbeau » pour la SPA 91 et du « Renard » pour la SPA 97 ; pas impossible que ce soit une idée de Le Moine… 

NDLR ; le dit « Le Moine » est bien à l’origine du « Corbeau et du Renard » et il l’a raconté à Jeanjean qui a eu la gentillesse de me transmettre l’histoire que je vous raconterai prochainement.  

L'aigle a évolué en Corbeau et l'insigne aux pattes d'hermine sert de museau au Renard
L’aigle a évolué en Corbeau et l’insigne aux pattes d’hermine sert de museau au Renard
Et les aventures du Corbeau commencent
Et les aventures du Corbeau commencent

Se « faire » une barrière en F 100 était pratiquement monnaie courante ; il faut dire que le F 100 faisait partie de ces avions pour lesquels la mission « commençait au break ». C’était pointu et à Toul il y avait même une qualif « lâché de nuit en piste 22 » car elle était en pente descendante, donc propice aux engagements barrière. Il y avait bien un parachute frein de queue, mais il faut reconnaître que  son ouverture était des plus aléatoires. Piste 22, mouillée, panne parachute et c’était la barrière assurée… Mais comme ça ne suffisait pas, certain(s?) l’engageait au décollage. 

Effectivement, il a eu beaucoup de chance sur ce coup là !
Effectivement, il a eu beaucoup de chance sur ce coup là !
Combriat passe les 100 000 heures de vol à la 11EC
Combriat passe les 100 000 heures de vol à la 11EC

1969

Pilotes décembre 1969
Pilotes décembre 1969

1970 

L’EC 2/11 remporte la coupe AIRCENT qui oppose les différentes escadres de l’OTAN. Bien que ne faisant plus partie de cette organisation, la France était représentée par un escadron de la 11EC, peut être du au fait que c’était la seule escadre à voler sur avion américain ? 

L'escadron EC 2/11 gagne la Coupe AIRCENT ; l'équipe vainqueur mécanos/pilotes
L’escadron EC 2/11 gagne la Coupe AIRCENT ; l’équipe vainqueur mécanos/pilotes
Le commandant DEVEAUD se prosterne devant le Graal
Le commandant DEVEAUD se prosterne devant le Graal

1971 

Campagne de tir ; Jeanjean en train de peindre les 2 insignes
Campagne de tir ; Jeanjean en train de peindre les 2 insignes

1973

La Une en 1973
La Une en 1973
La Une en 1973 suite
La Une en 1973 suite
La Deux
La Deux
La Deux suite
La Deux suite

1975

Turina s'éjecte pour la troisième (et dernière) fois
Turina s’éjecte pour la troisième (et dernière) fois

1976

Ouvrard dernier PI sur F100
Ouvrard dernier PI sur F100
Le colone Boichot, ancien du 2/11 revient à Toul
Le colone Boichot, ancien du 2/11 revient à Toul
SMLRS arrive du CAFDA
SMLRS arrive du CAFDA

SMLRS (sa majesté le roi soleil) arrive de la 10 EC. Il est à l’image des ses collègues de la DA ; très forts en gueule à l’arrivée, beaucoup moins fiers devant la grande FATAC et ses missions basse altitude… 

1977

Adieu F100. Le 2/11 dernier escadron équipé lâche ses derniers F100
Adieu F100. Le 2/11 dernier escadron équipé lâche ses derniers F100
Dernier vol au dessus de la FATAC 1ère RA
Dernier vol au dessus de la FATAC 1ère RA
Octobre 1977, début de l'aventure Africaine. Çà commence par l'opération Lamentin en Mauritanie
Octobre 1977, début de l’aventure Africaine. Çà commence par l’opération Lamentin en Mauritanie
Rufus, Tintin, Momo, Trieu, Duduche et Billy font partie des premiers à partir
Rufus, Tintin, Momo, Trieu, Duduche et Billy font partie des premiers à partir

1978

Le gros sous la neige. Les rigueurs de l'hiver lorrain
Le gros sous la neige. Les rigueurs de l’hiver lorrain
Opération TACAUD. Effectivement Tintin va prendre le tube Pitot pour une barre fixe, sauf qu'il n'a pas la même résistance et il va finir par plier à la grande satisfaction de l'OAT
Opération TACAUD. Effectivement Tintin va prendre le tube Pitot pour une barre fixe, sauf qu’il n’a pas la même résistance et il va finir par le plier à la grande satisfaction de l’OAT….

1979

1979 TACAUD NDJ et-ou LBV. Ouvrard, Bébert, PEC, Momo, Michel, Billy
1979 TACAUD NDJ et-ou LBV. Ouvrard, Bébert, PEC, Momo, Michel, Billy. Ici sur la plage de Libreville
N'Djamena. Ca se battait dans la ville et les mercenaires étaient venus se réfugier sur la base. Leurs armes étaient gardées (?!?) en salle d'OPS
N’Djamena. Ca se battait dans la ville et les mercenaires étaient venus se réfugier sur la base. Leurs armes étaient gardées (?!?) en salle d’OPS. Billy, PEC, Ouvrard, Michel, Momo
Et le 2/11 se voit confier la mission GE (accompagnement électromagnétique des forces)
Et le 2/11 se voit confier la mission GE (accompagnement électromagnétique des forces). Ici le Jaguar en configuration 2 BOA et Phimat 6F64 !
Le bar au cours d'une manœuvre quelconque
Le bar au cours d’une manœuvre quelconque
Les deux drilles Momo et tintin chez les biffins. C'est beau l'interarmées
Les deux drilles Momo et Tintin chez les biffins. C’est beau l’interarmées !

1980 

Les récompenses : médailles et témoignages de satisfaction
Les récompenses : médailles et témoignages de satisfaction
La compo de l'équipe du 2/11
La compo de l’équipe du 2/11
 Carrasco le commandant d'escadron see fait embarquer dans le panier à salade de la compagnie bleue., accusé d'être un incendiaire
Carrasco le commandant d’escadron se fait embarquer dans le panier à salade de la compagnie bleue, accusé d’être un incendiaire.

1981

Du coté du second, Amarger, ce n'est pas mieux...
Du coté du remplaçant de Carrasco, Amarger, ce n’est pas mieux…
Beaucoup de changements pour la rentrée de septembre
Beaucoup de changements pour la rentrée de septembre

1982

Le Gros se pose sur le bidon à Dakar
Le Gros se pose sur le bidon à Dakar
Le résultat
Le résultat

1985

1985 Réouverture 2-11
1985 Réouverture 2-11

1986

Le ravitaillement en vol n'est pas un sport de masse ! Résultat d'un affrontement âpre entre un Jaguar et une perche de C135
Le ravitaillement en vol n’est pas un sport de masse ! Résultat d’un affrontement âpre entre un Jaguar et une panier de C135. Pour ceux qui aurait des doutes, c’est bien un Jaguar vu de face !
Remise d'insigne d'escadrilles. Il était beau quand il était jeune l'inspecteur !
Remise d’insigne d’escadrilles. Il était beau quand il était jeune l’inspecteur !

1987

1987 DETAM Bangui. Photo prise à la villa des pilotes
1987 DETAM Bangui. Photo prise à la villa des pilotes
Le 2/11 récupère la mission MARTEL du 3/3
Le 2/11 récupère la mission MARTEL du 3/3
1987 Ferrando devient commandant du 2/11 dans l'allegresse générale
1987 Ferrando devient commandant du 2/11 dans l’allégresse générale

1988

1982 ; les pilotes
1982 ; les pilotes
1988 BCP de Guy
1988 BCP de Guy
1988 Ferrando s'en va. Tonio prend le relais
1988 Ferrando s’en va. Tonio prend le relais

1990

ANTOINE passe les 5000 heures de vol
ANTOINE passe les 5000 heures de vol
 Prise commandement de Mansion
Prise commandement de Mansion
Le SAV de la GE va avoir du travail
Le SAV de la GE va avoir du travail

1991

Guerre du Golfe ; première mission
Guerre du Golfe ; première mission
Le débriefing
Le débriefing

[ngg_images source= »galleries » container_ids= »62″ display_type= »photocrati-nextgen_basic_thumbnails » override_thumbnail_settings= »1″ thumbnail_width= »100″ thumbnail_height= »75″ thumbnail_crop= »1″ images_per_page= »90″ number_of_columns= »5″ ajax_pagination= »1″ show_all_in_lightbox= »0″ use_imagebrowser_effect= »0″ show_slideshow_link= »0″ slideshow_link_text= »[Show as slideshow] » order_by= »sortorder » order_direction= »ASC » returns= »included » maximum_entity_count= »500″]

Cette mission a fait l’objet de 3 articles 

1993

Juste parce que c'est une belle photo
Juste parce que c’est une belle photo
Après deux mois de DETAM en Afrique
Après deux mois de DETAM en Afrique

1994

2-11 Newlook
2-11 Newlook
Paricipation à Delibarate force en Bosnie
Participation à Delibarate force en Bosnie
La fin heureuse d'une invrasemblable éjection
La fin heureuse d’une invraisemblable éjection (récit à venir)

1995

 Ensemble missions Crecerelle
Ensemble missions Crecerelle
 Retour de la première mission
Retour de la première mission
Pilotes du DETAM Crecerelle
Pilotes du DETAM Crecerelle
 Première victoire d'un Jaguar sur un Rafale
Première victoire d’un Jaguar sur un Rafale

1996

 Dernière campagne de tir
Dernière campagne de tir

Tir MARTEL sur Ouadi-Doum ; c’était il y a trente ans

Tir Martel

 

Vous pouvez trouver un article publié en 2015  sur le tir MARTEL de l’EC 3/3 sur un Flat Face de la base de Ouadi-Doum, et je n’en aurai pas écrit d’autre si je n’avais pas retrouvé par hasard des photos du tir prises par l’EV 130 qui était la caméra embarquée du Jaguar. Antoine, « le grand Tonio » y  racontait l’affaire comme lui seul sait le faire et à la suite j’avais ajouté un paragraphe que j’avais intitulé « la petite histoire », dans lequel je racontais que la décision d’envoyer les Jaguar équipés de MARTEL n’avait tenu qu’un cheveu. 

La petite histoire

Pour compléter cette histoire et tous les détails que seul Tonio est capable de donner, je voudrais rajouter ce qu’il s’est passé en marge de ce tir. C’est vrai qu’à cette époque le contexte politique est compliqué et preuve en est du nombre d’avions d’armes présents à N’Djamena : 12 Jaguar, 4 F1C et autant de F1CR. La France veut marquer le coup et frapper un objectif militaire. Deux options sont étudiées et préparées ; la 1 ère et celle qui fut réalisée fut ce tir Martel. Mais pour tirer un Martel, il faut que le radar émette ce qui n’était le cas qu’épisodiquement. Et c’est comme ça qu’en tant que chef de détachement des autres Jaguar de l’EC 1/11, je reçus l’ordre de préparer une mission « spare », l’attaque d’un terrain d’aéroclub situé dans le Tibesti et sur lequel stationnaient des Macchi. 8 Jaguar armés chacun de deux paniers de 36 roquettes de 68 mm, à l’évidence on allait en faire du petit bois de ces Macchi.

L’Atlantic 2 qui était aussi à N’Djamena avait décollé en avance et devait astiquer le 16 Nord pour intercepter les émissions des radars du terrain de Ouadi-Doum. Une heure limite avait été fixée et si aucune détection n’était perçue à ce moment, c’était la mission spare qui décollait. Le COMAIR, le LCL PECCAVY que j’avais eu comme commandant d’escadron au 2/11 était à bord de l’ATL et c’était à lui que revenait la responsabilité de déclencher la mission de frappe. A l’heure prévue toujours aucune détection de radar et normalement j’aurais dû partir. Au lieu de rentrer, il interpelle le commandant de bord de l’ATL « aujourd’hui, c’est mon anniversaire, on fait un dernier run ». Et c’est sur la branche retour du dernier run que les Libyens ont mis le Flat Face en route.

Je me souviens encore, être dans la salle d’OPS équipé avec mes 7 autres pilotes en train de regarder le chrono et les autres pilotes de la 3EC ; l’ambiance était particulière. Le compte à rebours était proche de la fin ; tout le monde était tendu, prêt à courir aux avions quand tout d’un coup, quelques minutes après ce qui aurait dû être le top départ pour moi, l’officier de permanence est entré brusquement dans la salle d’OPS en annonçant le mot code « Chalumeau » qui signifiait qu’une émission radar avait été captée. Et c’est ainsi que ce furent les pilotes du 3/3 qui se sont rués aux avions.

Chalumeau devrait rappeler des souvenirs à certains car c’était un mot code utilisé lors de certains exercices nucléaires ; c’est vrai que Peccavy venait de la 4EC, une escadre de M IIIE dont la mission principale était la mission nucléaire tactique.

Comme quoi l’histoire ne tient pas à un grand-chose ; une date anniversaire et à quelques minutes. Ce jour-là la chance n’était pas de mon côté.

Les photos du tir. 

Tir Martel
Tir Martel.  Départ du missile. La conduite de tir de l’avion était des plus simples ; le chiffre « 1,5 » au centre correspond à la distance restante à l’objectif, soit 15 Nm
Tir Martel
On distingue bien le missile devant l’avion
Tir Martel
Missile toujours bien visible en bas à gauche. Le pilote commence à virer à gauche

A l’occasion de l’anniversaire des 30 ans du tir MARTEL sur le Flat Face de Ouadi-Doum, l’EC 3/33 Ardennes a organisé le 1 er Mars une commémoration sur la base de Nancy à laquelle ont participé quelques  anciens qui avaient vécu et/ou  participé à cet événement.

Une superbe journée très riche en émotions ; un grand merci au 3/3 pour la qualité de l’accueil et l’organisation parfaite de cette journée sur laquelle je reviendrai. 

Quelques photos prises pour l’occasion que vous pouvez retrouver sur la page FB de l’Armée de l’Air.

Un Flat Face et le A100 qui a tiré le missile
Un Flat Face et le A100 qui a tiré le missile
Le M2000D vanille chocolat spécialement décoré pour l'occasion
Le M2000D vanille chocolat spécialement décoré pour l’occasion
L'escadron 3/3 et les invités
L’escadron 3/3 et les invités
Les autorités :le commandant de la base et le commandant d'escadron
Les autorités :le commandant de la base et le commandant d’escadron
 Guitou devant le M2000D vanille/chocolat à son nom
Guitou devant le M2000D vanille/chocolat à son nom
La carte de LA mission
La carte de LA mission
Autour de THE carte
Autour de THE carte
La salle d'OPS à l'époque où on peut voir le Guitou, Minet, Sausback, Taquet,...
La salle d’OPS à l’époque où on peut voir le Guitou, Minet, Sausback, Taquet,…

On a failli perdre Manta Air

Manta

On a failli perdre MANTA AIR

L’opération « MANTA » a été déclenchée en Aout 1983 et en novembre, je me retrouve chef du détachement JAGUAR à N’Djamena.

Comme bien souvent à cette époque, la mise en place s’est effectuée de manière chaotique et l’installation sur la base aérienne des forces Françaises et Zaïroises qui comprenaient notamment quelques Mirage 5 s’est faite dans la précipitation.

C'est le 4/11 qui avait fait la mise en place ; Marty et Leballe
C’est le 4/11 qui avait fait la mise en place ; Marty et Leballe

Le chef des commandants fusiliers de l’Air était le capitaine JEAN, un ancien artificier de l’Armée de Terre. Nos rapports étaient excellents et lors d’une de nos discussions, il m’avait fait part de l’une de ses craintes « Tu vois dans ce bâtiment-là, l’ancien MVC de la base, il y a 25 tonnes de munitions appartenant à l’Armée Tchadienne qui sont stockées en vrac. Et ce n’est pas tout car il y en a autant de l’armée Zaïroise dans un des hangars qui jouxte celui des JAGUAR à l’aéroport militaire. Si ça saute, ça va faire un beau feu d’artifice et pour avoir vu un dépôt de munition sauter au Liban il y en a pour plusieurs jours avant que ça s’arrête. Et puis et surtout, je pense qu’il ne restera pas grand-chose des bâtiments, des Jaguar, F1C, Transall,… ».

Je lui demande s’il a prévenu le COMELEF et il me répond que oui, mais qu’à l’évidence, ça ne fait pas partie de ses préoccupations immédiates. Il m’amène dans l’ancien MVC et commence à me faire l’inventaire ; des obus de tout calibre, des mines anti-char empilées en équilibre instable, des roquettes… Effectivement il faudrait quand même faire quelque chose.

Plan de la base avec en bas à gauche les emplacements MVC et LC 0
Plan de la base avec en bas à gauche les emplacements MVC et LC 0

Au milieu du détam, un matin, je suis au camp Dubut de l’Armée de terre dans la salle d’OPS en train de discuter avec le COMAIR.
L’officier de permanence, capitaine de l’armée de terre repose le téléphone et s’adresse au sous-officier présent :

« Allez me chercher le général de toute urgence »

« Joli thorax » tel était son surnom arrive peu de temps après.

« Mon général, il y a un bâtiment qui brûle sur la base aérienne »

« Je m’en fous » répondit-il (sic)

« Oui, mais dans le bâtiment il y a 25 tonnes de munitions, mon général »

« Envoyez les pompiers immédiatement »

« Mon général, il y a des munitions à l’intérieur  qui vont exploser»

« Qu’ils se sacrifient ! » (sic)

Entre temps, j’avais briefé le COMAIR sur le danger que représentait cet incendie, et il m’avait demandé de remonter sur la base et disperser les moyens afin de limiter la casse.

Investi de cette mission je fouettais les 40 CV de la 4L tout en réfléchissant à ce que j’allais bien pouvoir faire en arrivant là-haut. Et là-haut, je découvre devant l’ancien MVC un attroupement d’une centaine de personnes ; en matière de dispersion, ça commençait assez mal. Je descends de voiture pour aller voir les mécanos Jaguar et F1 présents et leur demander d’évacuer la zone, quand soudain je vois le capitaine JEAN.

« Ne t’énerves pas, c’est fini » me dit-il.

« Il s’est passé quoi ? »

« Je passais devant le bâtiment, quand tout d’un coup, il y a eu une détonation provenant de l’intérieur. Mon premier réflexe a été d’aller me planquer sachant que tout allait péter. Mais j’ai eu une hésitation et pendant ce temps-là, un coopérant qui travaillait dans un Algéco juste à côté est sorti pour voir d’où provenait le bruit. Et là, je me suis dit qu’il fallait y aller. On ouvre la porte du hangar complètement enfumé quand tout d’un coup retentit une deuxième détonation. Par réflexe je baisse la tête et dans l’obscurité on distingue des caisses en train de brûler ; plus précisément, c’est le conditionnement qui était constitué de sorte de copeaux de bois qui se consumait. A nous deux, on en sort 3 ou 4 et à notre grand soulagement la fumée se dissipe. »

« En fait, ce sont des électriciens locaux qui sont intervenus sur la boite électrique du bâtiment. En faisant une mauvaise manip, ils ont provoqué un court-circuit au niveau des fils qui ont généré des étincelles qui elles-mêmes sont tombées dans les caisses d’obus ouvertes. Le conditionnement a commencé à se consumer et sous l’effet de la chaleur, les obus ont dépoté. On a sorti les caisses qui brûlaient et ça a suffit ».

Si vous connaissez la base, l’ancien MVC est le bâtiment qui est situé au bout du chemin qui va du LC0 vers les OPS. Au bout du chemin après avoir passé le petit pont, vous êtes obligé de tourner à droite ou à gauche ; le MVC est le bâtiment juste en face. Si vous allez sur le côté droit, vous pourrez voir (à moins qu’on l’ait repeint, ce qui est peu probable) deux trous d’environ 20 cm de diamètre, distant d’un mètre et à 50 cm de hauteur et qui ont été rebouchés : ce sont les traces des 2 obus qui ont dépoté… J’avoue que j’ai oublié les détails : quel type d’obus, est ce qu’il y avait la charge et si oui où sont-elles allées,…

Le capitaine JEAN fut bien évidemment récompensé, mais de l’avis général ce fut petit bras malgré la bravoure dont il a fait preuve et l’ampleur de la catastrophe évitée. Et ceci explique peut-être cela : une récompense importance était quelque part une preuve du constat d’échec des responsables qui n’avaient pas voulu traiter le problème en amont. Et puis il faut dire aussi que JEAN avait une forte personnalité qui parfois dérangeait. Il ne s’embarrassait pas toujours de détails comme le soir où, dans le hangar qui est juste à côté de la salle d’OPS et qui servait de bar, n’arrivant pas à se faire entendre, il sortit son revolver et tira 3 coups en l’air. Il fit trois trous bien alignés et distant de quelques centimètres. Là aussi je pense que les trous doivent encore exister…

DETAM 2/11 novembre-décembre 1983
DETAM 2/11 novembre-décembre 1983

PS : compte tenu de l’importance des opérations en cours, le paysage sur la base a beaucoup changé. J’ai demandé à un collègue qui effectuait une mission à N’Djamena de me faire quelques photos du MVC. Il reste bien un bâtiment, mais ce dernier a été entièrement refait et pour ce qui est du hangar, il est actuellement occupé par les forces Tchadiennes et impossible d’accès. Dommage pour les photos preuves….

Une photo, une histoire : hiver polaire

Photo de la banquise

 

C’était l’époque où il faisait froid en hiver. On est en Janvier 1982 et le thermomètre est descendu à -15°C. Ce n’est pas un record mais ça fait froid et la piste est complètement gelée.

Quelques photos qu’on croirait prises sur la banquise ou dans un village lapon. Dernière chose, les photos ont été prises au 1/11. 

Photo de la banquise
Photo de la banquise

Sans le mirador, on croirait vraiment que la photo est prise sur la banquise

Hangar du 1/11
Hangar du 1/11

On est à l’entrée du 1/11 et la route est à peine praticable ; imaginez la piste et les taxiways !

Devant le hangar
Devant le hangar

Comme il s’agissait d’un jeudi matin qui était réservé au sport, tout le monde (pilotes et mécanos) a été casser la glace, pour il faut le reconnaître, assez peu de succès. 

Village lapon ?
Village lapon ?

A gauche le bâtiment en bois servant de bureau de piste et de vestiaire pilote ; particularité du 1/11

Et voilà le travail !
Et voilà le travail !

Expédition en terre Adélie. De gauche à droite : Brun, Wagner, Toto ( ?), Hardouin

Bonne année 2017

bonne-annee-2017

 

Avec ce souvenir de l’escadron 1/11 sous la neige, je vous souhaite une très bonne et heureuse année 2017.

Histoire de se rappeler 2016, voici le lien vers le top 5 des articles que vous avez préférés.

Cette nuit où j’ai vu le soleil trois fois. Histoire d’un vol de nuit à N’Djamena qui par la faute du leader a failli très mal se terminer pour l’équipier qui raconte.

F1C en vol crépusculaire
F1C en vol crépusculaire

3D nous a quitté. Article qu’on voudrait ne pas avoir à écrire. 3D parti trop tôt était une figure de l’Armée de l’Air.

3D et sa
3D et sa « coupe » Comète

La sélection en vol. Denis Turina nous fait part de ses réflexions en ce qui concerne l’élimination de pilotes lors de leur phase de progression ou en unité. Problème on ne peut plus délicat à résoudre.

La formation en vol
La formation en vol

Le JAGUAR Marine. Extrait du livre dédié à Jean Mari SAGET, F BESSE nous raconte l’histoire du JAGUAR qui a failli être acheté par la Marine.

Jaguar à l'apontage
Jaguar à l’appontage

La saga du E23 continue. Un point sur le projet de remettre le JAGUAR E23 en vol ; ça avance !

JAGUAR E23
JAGUAR E23