TOUL : avant et après

TOUL : avant et après

           Un membre qui a encore la chance de voler sur avion d’arme, m’a fait parvenir 2 photos de la base de Toul. La première qui ressemble à une photo OM 40 a été prise par le nouveau capteur photo du Rafale : le POD RECO NG (au passage, admirez la définition de l’image). Les habitués auront reconnu le 2/11 avant les travaux menés pour faire de la base la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe. Et la seconde, prise par un appareil classique qui montre la base après l’installation des panneaux. La photo a été prise en altitude, ce qui permet de la voir dans son ensemble. On peut ainsi remarquer que le 3/11 a été quasiment préservé, qu’on devine certains morceaux de piste et qu’on voit les 3 hangarettes du 2/11 qui serviront au conservatoire de la BA 136 construit par ENR. Et accessoirement, on constate qu’il y a encore de la place au niveau de l’entrée de piste 22 et l’endroit où se trouvait la SALE.

Toul PNO solaires
La base de Toul après installation des panneaux solaires
Toul RECO NG
Le 2/11 vu par RECO NG

Conte de Noël

Conte de Noël

Pour finir l’année, je vous propose un conte qui m’a été envoyé par un des membres. Toute ressemblance avec des faits réels ou ayant existé est tout sauf coïncidence. Seuls les noms ont été changés et même les sens des pistes dont il est fait mention sont bons. Compte tenu du fait que cette histoire a été écrite il y a 2 ans maintenant, la première partie se déroule en 1976. Contrairement au récit du début, la fin est une « happy end story  » ; lisez la jusqu’au bout.

Bonne lecture

Conte de Noël 201179f3e7bea4_1103115773nouvelle_2005

Deux jours déjà ! Ça fait deux jours que Luc tente d’imaginer la scène.

De nuit à 450 nœuds, deux Mirage évoluent au dessus des Vosges en formation serrée. Une nuit étoilée, glaciale…

En dessous, tout le monde s’affaire à l’approche de Noël. Les petits s’agitent tout excités à l’idée des paquets qu’ils découvriront sous le sapin. Les grands songent à cette nuit de paix où la famille rassemblée oubliera pour quelques heures, travail, soucis, amertume, rancœurs pour fêter cet avènement, ce commencement où tous les hommes de bonne volonté …

Maintenir ses repères sur l’avion du leader, garder l’étagement légèrement négatif, conserver juste le retrait nécessaire, pas de coup de manche, quelques dizaines de tours en plus dans les virages à l’extérieur, Jean s’efforce avec son jet de faire corps avec l’autre avion.

Dans quelques jours, quelques nuits, il sera capable, seul, d’aller chercher de nuit à 30000 pieds un avion perdu sans radio, guidé initialement par un contrôleur qui mettra toute son expertise à faire se confondre les deux plots sur son écran radar. Ensuite tout reposera sur lui Jean et lui seul. Il devra s’approcher à quelques mètres de cette silhouette sombre appliquer les mesures de sureté, le ramener à bon port ou…le contraindre par la force, afin que les hommes de bonne volonté…

Pour l’instant, il s’accroche. Les gouttes de sueur envahissent son masque et le blinker sur l’indicateur d’oxygène bat la chamade. La voix sèche du leader claque dans ses écouteurs : «  Deux, changement d’aile !… ». Passer en étagement franchement négatif, prendre du retrait en diminuant les gaz, raccrochez les gaz, faire défiler le leader au dessus de l’horizon de gauche à droite…c’est quoi ce voyant qui vient de flasher sur le tableau de panne ?!!

…M… ! Où est le leader ?! Là à midi, à 20 mètres au dessus ! Des gaz, bon sang! La tuyère rougeoyante se rapproche…, trop vite ! Réduis ! Le fuselage sombre envahit brusquement toute la verrière… Le ciel s’éclaire d’une boule de feu, des débris fusent vers le sol, un parachute, un seul.

Luc et Matthieu, engoncés dans leur uniforme sous leur combinaison de vol, filent dans leur avion d’entrainement vers les Vosges. La cérémonie a lieu à 15h, en cette veille de Noël. La météo n’est guère favorable à leur arrivée. Mais Jean, c’était un ami, le premier de la promo qui disparait en « service aérien commandé ». Ils se doivent d’être là.

Luc va faire l’approche finale en piste 12 de la place arrière, en suivant précisément les ordres du contrôleur GCA, ainsi Matthieu pourra surveiller et voir la piste  afin d’assurer l’atterrissage. D’après la météo le plafond des nuages correspond juste aux minima sur ce type d’avion.

« 2° gauche, cap 118,…bien sur le plan de descente, maintenez le taux,…2° gauche, cap 116 qui vous ramène sur l’axe,… bien sur le plan, bien sur l’axe, 116 votre cap… » Luc s’accroche à la maquette, le conservateur de cap, le badin, l’altimètre, le vario … horizon, vitesse, horizon, cap, horizon, altimètre, horizon, vario, horizon, vitesse…Luc balaie de son circuit visuel ses paramètres de vol rapidement, corrige, maintient…la hauteur de décision approche… « Matthieu, tu vois quelque chose ?.. » « Rien, si ce n’est le pare-brise qui commence à givrer ». La voix du contrôleur de finale se fait entendre : « vous arrivez à vos minima, piste en vue ? »… « Euh, non ! On remet les gaz ! » Pleins gaz, 22600t/mn, maquette à cabrer, vario positif, train sur rentré, badin…… L’équipage fonctionne parfaitement. On tente une nouvelle approche. Le contrôleur sait pourquoi. Matthieu a pris les commandes car c’est le plus expérimenté. Il s’efforce à son tour de rester parfaitement sur la trajectoire de descente. Les caps et le plan sont parfaitement tenus. Luc jette de temps en temps un coup d’œil sur les entrées d’air qui commencent à se couvrir de givre…décidemment, c’est vraiment un avion d’entrainement de beau temps. Sur les avions de combat, le givrage est rarement un problème. Luc surveille l’altimètre qui déroule. Dans une minute, on devrait voir la piste, il faudra voir la piste !

« Vous arrivez à vos minima ! …»

La voix du contrôleur vient d’annoncer le verdict. « Mais comment ?… On a 700 pieds indiqués, pour 200 pieds de minima !! »… « Vous êtes à vos minima ! Remettez les gaz ! » Mais qu’est ce que c’est cette histoire ? Matthieu a avancé les manettes en butée…19800T/mn, le badin n’augmente pas, stable à 125 nœuds, le vario positif est de l’ordre de 100 pieds par minute. N’oublions pas de rentrer le train. Le vario se hisse à 300 pieds par minute. Le badin n’augmente toujours pas. Luc se penche, l’entrée d’air du moteur droit est à moitié obturée par de la glace ! Idem à gauche ! « Bon sang, Matthieu, on givre comme des vaches ! ». En 12, il y a du relief en face, il faut virer vers le nord. Inclinaison à gauche de 10°. La vitesse chute à 120. « On est bons cette fois-ci, la cérémonie aura lieu dans trois jours sur notre base, pour nous ! » On va impacter…

En dessous, les personnels de la base marchent en prenant garde de ne pas glisser sur le verglas vers le hangar où deux Mirage encadrent Jean faisant face à sa famille et ses amis. Les autorités arrivent en voiture. Ils entendent très bas au dessus d’eux le sifflement caractéristique d’un avion qui demeure invisible…et qui part vers l’est.

20 mn plus tard, à l’arrondi sur la piste 22, deux énormes plaques de glace se détachent des ailes…

18h .Martine arrive à la maison avec Fabien dans les bras, tout emmitouflé.  Luc est dans le fauteuil, pensif. « Alors, comment était la cérémonie ? » « On n’a pas pu se poser… »  Martine comprend en observant la pâleur de son visage que son mari a vécu des instants difficiles dont il ne parlera pas. Elle n’insiste pas. Il aime son métier. Elle a accepté au départ d’avoir peur sans lui et pour lui…

L’anticyclone est bien établi depuis quelques jours sur l’Europe de l’ouest. L’air est vif et la couche de neige tombée il y a une semaine sur le Luchonnais s’est bien stabilisée sur les pentes au dessus de la station de ski. Les équipes d’entretien ont fait un remarquable travail de préparation des pistes qui, dans deux jours, au lendemain de Noël accueilleront des milliers de vacanciers en mal de glisse, de soleil et de sensations.

Luc apprécie toujours ces vols en montagne les veilles de fêtes, comme s’il s’agissait d’un cadeau que l’on peut ouvrir par anticipation, avant les autres…comme pour préparer un avènement dans le calme et la solitude quelques heures avant la frénésie de la fête. Déjà, les doubles traces de ses skis s’étaient imprimées sur la neige, la glisse était bonne et les 90 cv du moteur suffisaient largement pour assurer un décollage en toute sécurité avant les rochers situés en contrebas de l’altisurface. Encore une approche puis il s’arrêterait pendant quelques minutes pour admirer  ce paysage magnifique et prendre une ou deux photos avant de redescendre vers la vallée pour mettre la main avec ses amis aux derniers préparatifs du réveillon.

Le capot calé sur la tâche brune marquant le point d’aboutissement, la vitesse bien stabilisée à 100km/h, on remonte le nez de l’avion souplement, ça touche, un poil de gaz pour assurer la glisse,  pied à fond à gauche, manche à droite et vers l’avant, le nez bascule doucement vers l’aval, pied vers le haut, manche à gauche et au ventre, l’avion se cale dans ses traces gentiment…gaz réduits. Luc arrête le moteur et pendant quelques instants ferme les yeux. Quel silence !

Seul à 2000m au milieu de nulle part à savourer ces instants magiques mais néanmoins à quelques minutes de vol de …la civilisation !

Contact batterie, essence ouverte, mélange enrichi, un peu de gaz, magnétos, démarreur…l’hélice brasse l’air sur quelques tours, pas d’allumage ! Luc recommence la procédure calmement. Dans ces cas là, il faut rester calme, s’accrocher aux items de la procédure de démarrage et normalement ça doit démarrer. Sauf que là, l’hélice brasse l’air sans succès, le moteur lui est aux abonnés absents….

Luc attend une dizaine de minutes. Il frissonne légèrement. Malgré son anorak,  le froid commence à se faire sentir à cette altitude en fin d’après midi…Il ne va pas tout de même passer le réveillon par     – 20°C dans son avion. Nouvelle tentative qui achève la batterie…Et bien c’est gagné ! Sortir les raquettes et descendre dans la vallée après avoir prévenu au portable l’aéroclub qu’il est toujours vivant, que l’avion est en panne, qu’il redescend à pied vers le prochain village et averti les amis qu’il risque d’arriver un peu tard !…

Luc est en train de rassembler ses idées lorsqu’un bruit de raquettes se rapproche de l’avion. Coiffé d’un béret et drapé dans une immense pèlerine brune, un homme d’une bonne soixantaine d’années, marche vers l’avion d’un pas empressé. Eh bien au moins, je ne serai pas seul pour faire de la raquette, pense Luc.

L’homme lui adresse un geste et demande : «  des problèmes ? » «  Oui, je suis en panne ; impossible de démarrer le moteur et en insistant, j’ai vidé ma batterie » L’homme s’approche du capot l’air intéressé. «  Vous avez un peu d’outillage ? ». Luc le regarde d’un air surpris. « Presque rien, mais pourquoi ? » L’autre lève les yeux vers lui et presqu’en s’excusant « oh, je suis, enfin j’étais de la partie, je peux essayer de regarder ». «  Vous croyez ? Il est tard, il faut descendre sinon on va se retrouver de nuit en pleine montagne » «  On peut toujours essayer, si ça ne marche pas, je vous redescendrai, je connais bien le terrain même de nuit ! »

Il reste encore une bonne heure avant le coucher du soleil. Luc regarde l’homme qui, un peu hésitant au début, s’affaire maintenant dans le moteur. Les minutes passent, le soleil décline vers les crêtes. Au bout d’un moment, l’homme relève son visage, et pour la première fois, il sourit. « Je crois que j’ai trouvé. Dans cinq minutes, on met en route, on fait le point fixe. Je vous lancerai à la main ! Ensuite, on recapotera, et vous pourrez partir !  »    Luc le regarde d’un air incrédule. «  Vous croyez ? »

Cinq minutes après :…contact, magnétos ? L’homme cale bien ses pieds dans la neige et des deux mains   lance vigoureusement la pale d’hélice…le moteur cafouille une fois. A la deuxième tentative, le moteur démarre et s’installe dans un doux ronflement qui pour Luc ressemble à un chant de Noël.

Luc le laisse tourner quelques minutes avant de le couper pour remettre les capots. Il descend de l’avion et vient presque sauter au cou de son Messie. L’homme lui donne une tape amicale sur l’épaule. Son visage est lumineux.

« Vous savez Monsieur, il y a exactement trente six ans, jour pour jour, j’étais mécanicien sur une base de l’Armée de l’Air et nous assistions aux obsèques d’un de nos pilotes victime d’une collision en vol de nuit deux jours avant. Il y avait beaucoup de monde. Tous ses copains pilotes n’avaient pas pu venir, il faisait très mauvais. Les avions remettaient les gaz sans pouvoir se poser. On ne pouvait rien faire, on se sentait impuissants. Depuis, le 24 décembre est toujours pour moi un triste anniversaire. Aujourd’hui, j’ai pu rendre service et  ce ne sera plus pareil… »

Luc n’en croyait pas ses oreilles. Il prit l’homme dans ses bras, le serrant contre lui : « Merci ! Pour moi aussi, ce ne sera plus la même chose. Je vous souhaite un très joyeux Noël ! »

Puis il redémarra le moteur. Les étoiles commencaient à scintiller dans le ciel. Au décollage, à travers les larmes dans ses yeux, il lui sembla voir les visages de Jean et de Matthieu qui souriaient.

Décollages cravate

Encore un décollage pour faire plaisir a la mécanique. Fifi

Décollages cravate

Je n’ai jamais été un grand fan de ces jeux Bretons (aller savoir pourquoi Breton),  qui n’amènent quasiment rien et qui peuvent couter très chers. Ce sont des jeux type « top dernier virage » qui consiste à mettre le moins de temps possible entre le début du break et le toucher des roues, et qui peut se finir par une grosse frayeur plein charge PC à 30° de la piste ou pire encore, en vrac quelques centaines de mètres court de la piste.

Mais comme disait Fafa  un de mes anciens chefs :  « que celui qui n’a jamais pissé dans un lavabo, lève la main ! ».

Comme tout un chacun j’ai pratiqué ces sports surtout dans un contexte africain où il faut l’avouer, on était un peu les rois du ciel. Mais je dois reconnaitre que certains étaient particulièrement doués ; était ce maitrisé ? Je vous laisse juge en vous proposant quelques photos de décollage « non standard » pour lesquels on est même en droit de se demander si ce n’est pas un montage.
Si vous avez un avis ou d’autres photos, je suis preneur et je les publierai.

Pour les esprits chagrins, je voudrais simplement leur dire que ces photos datent de pratiquement 30 ans et qu’il y a prescription.

Premier JAGUAR à Toul

Premier JAGUAR à Toul

C’est en Novembre 1975 à l’escadron 3/11 que le premier Jaguar, un biplace, s’est posé à Toul. C’est un moment fort car cette arrivée symbolise le passage de témoin entre le F100, “l’avion d’homme” et un avion tout neuf qui allait par la suite écrire des belles pages de l’histoire de l’aéronautique.
La transition ne fut pas des plus faciles et je me souviens d’une colère du LCL Richalet commandant d’escadre, menaçant lors d’un briefing météo, ceux qui avaient la nostalgie des avions américains, de les envoyer à Nancy sur T33 au CEVSV (les tontons maquettes de l’époque). Ambiance

Je vous joins 3 photos de son arrivée mais j’avoue manquer de détails à ce sujet et je suis donc preneur d’informations.

Je vous ai déjà présenté la photo des pilotes, mais à l’époque il était question d’un convoyage ; si quelqu’un peut me dire ce qu’il en est….

Je vous mets les infos que je viens de recevoir via Facebook par un commentaire de C.Meyer

07 Février 1975 à 16h56Z : posé à Rosières du 1er Jaguar de la 11, le 11-RA E29. Le vendredi 13 Juin suivant se posent 4 Jaguar E (aux commandes CDT Salmon, CNE Boudet, Jantet et Robert, les 4 premiers pilotes de Jaguar de la 11ème E.C). A la prise de Commandement du 3/11 par le CDT Sauvebois du 2 Septembre 1975, il y a 8 Jaguar (tous des E) à l’Escadron…. Courant octobre le Corse dispose de 11 biplaces. En novembre, ce sont les premiers monoplaces qui sont arrivés, le chef de file étant le 11-RK A48.

Quant à la photo des pilotesce n’est pas la bonne. C.meyer (again) :

La 3ème photo est celle du PN de la 1ère mission CAFI Toul-Djibouti du 10 Décembre 1975. 6 pilotes pour 3 Jaguar E : 11-RC E30, 11-RH E33, et 11-RX E36 de la photo.

Don’t act ; en bref, un peu tout faux sauf la photo des mécanos et de l’avion.

 


Première_équipe_pilote_au_3.11_2
La première équipe de pilote Jaguar à la 11EC (à confirmer)
1975_JAG_E29_première_équipe_mecano_à_la_11_filtered
Première équipe mécanos
1975_JAG_1°_arriv_BA136
Arrivée du premier Jaguar à Toul

La plaquette de la 11EC.

Plaquette de la 11EC

Pour présenter la 11ème Escadre de Chasse, je vous propose une plaquette qui a été éditée en 1987, soit 10 ans avant la dissolution. 

Vous retrouverez le mot du commandant de la FATAC/1èreRA  et une présentation générale qui pour moi reflète bien l’état d’esprit de l’époque.

Bonne visite 

Photos de groupe – 3/11 à Skrydstrup en 1969

Cet article est le premier d’un nouveau genre ; régulièrement je vous proposerai des photos de groupe que vous pourrez retrouver dans la  rubrique « Les reconnaissez vous ? » Là, il faudra m’aider et me donner les noms manquants. Et puis, si comme Platini, vous pouviez raconter une anecdote qui se rattache à cette photo, j’en ferai un article et pourquoi pas une compilation qui sait on jamais pourra faire l’objet d’une publication.

Skrydstrup_1969_09_noms
Détachement du 3/11 à Skrydstrup en 1969

 

 

 

 

 

 

 

Anecdote du détachement après une soirée d’accueil danoise à la bière et de grand coup de skool..!! les danois possédaient également des F100…..

L’activité aérienne devait reprendre le lendemain et en vue de cette soirée toute les préparations avaient été faites la veille  (ppv, divers dépannages) de façon à être prêt pour le lendemain sans être trop sollicité. Donc soirée franco/danoise fini à ???  et le lendemain  8 heures début de la journée..

Jusque là pas de problème ; tout se déroule parfaitement. A savoir que sur ce terrain le plein des avions se faisait dans une alvéole avec tuyau de refueling et un problème de place s’étant posé avec notre arrivée sur le terrain, un de nos avion fut garé à cette emplacement.

Départ de la première patrouille : cdt DECRAENE et sgt KOMAJDA ; après le décollage, le n°2 annonce un  « shimmy » (il serait bon que la partie vol et procédure soit décrite par un pilote acteur de ce vol) toujours est-il qu’au sol l’info passe …. Le leader fait sortir le train pour inspection et constate que le noseweel a le compas débranché du train, ce qui signifie donc plus de direction de la roulette au sol. L’atterrissage sera difficile d’autant plus que le n°2 est récemment affecté à l’EC, donc peu d’heures de vol. Quelques tours dans le ciel danois et le posé se déroule très bien pendant la première phase pendant laquelle le pilote d’une main de maître maintient l’avion cabré au maximum.  Une fois la vitesse perdue et la roulette posée, la roue avant incontrôlable et libre de ses mouvements rendit l’avion impossible à diriger et celui-ci après quelques mètres sur la piste finit sa course dans l’herbe. Intervention de la mécanique !! Là, il a fallu demander aux Danois, les moyens de le dégager ; le parler de la mécanique était le français et que le français (nous sommes en 1969) pour les autres c’était le danois et l’anglais ! Les traducteurs seront nos pilotes et même avec de la bonne volonté ils n’arrivaient pas toujours a traduire. L’esprit astucieux de la mécanique finit par trouver une solution pour dégager cet avion mais cela prit un moment, temps pendant lequel le bruit courut  que les danois voulaient utiliser un bulll  pour dégager le F100 !!!! Finalement l’avion fut remis en piste sans dégât.

Quel est le mystère de cette défaillance ? Pour les français les avions avaient été préparés la veille mais pendant dans la soirée les danois ont eu besoin de faire un plein et ont donc déplacé le F 100 français et pour cela ont débranché le nosewheel  pour le tractage et lors de la remise en place, ils ont rebranché le compas du noseweel mais sans le visser. Voila l’explication de cette sortie de piste au Danemark. Quelques jours plus tard, après avoir fait diverses compétitions de Karting sur la base,..un DC3 (dakota) nous emmena voir la petite sirène

Ce fut le premier détachement du sgt Komajda qui par la suite se fit remarquer par ses excellents scores en campagne de tir

F 100 de Sculthorpe

F 100 à Schultorpe

Quand je suis arrivé à la 11EC en novembre 1976, il restait 4 ou 5 F100 sur le parking de la SALE, dont un biplace. J’ai pu en faire un tour en place arrière de Guillon pour accompagner 2 monoplaces qui étaient restitués aux Américains à Sculthorpe ; pour la petite histoire, ce jour là il y avait tempête de ciel bleu sur toute l’Europe et c’était la première journée « sécurité des vols » (sans aucun vol) organisée dans l’armée de l’air. Pour ceux qui ont pratiqué cet avion d’homme, j’ai eu droit au retour à la panne parachute en piste 22.

En fait c’est Pierre Amarger qui m’a donné l’opportunité de parler de Sculthorpe en m’envoyant  l’adresse suivante   http://www.fightercontrol.co.uk/forum/viewtopic.php?f=17&p=40747 . Vous y retrouverez les photos de F100 portant encore les insignes de la 11EC.

Je vous joins une anecdote qu’il m’a envoyée par la même occasion.

Je pense que beaucoup vont penser à nos expéditions vers ces bases anglaises et au retour en « Grises » de l’ escadron de convoyage de Chateaudun . Une petite anecdote à ce propos : nous étions 3 pilotes dans la soute du Nord-Atlas , il faisait nuit , et donc , naturellement , nous dormions bercés par le ronflement régulier des 2 moteurs Hercules . Soudain , les deux moteurs s’ arrêtèrent  simultanément  et un parfait silence se fit : juste le sifflement de l’ air sur la peau de la Grise . Autant dire que dans l’ instant nous étions sur nos pieds , très inquiets mais totalement impuissants . Nous avons eu le temps d’ imaginer un atterrissage de nuit en campagne ….

L ‘équipage qui avait fait une grosse connerie , a rapidement remis  en route et sans problème les deux  moteurs qui ne demandaient qu’ un peu d’ essence pour fonctionner !

F100 Sculthorpe

Atterrissage sur le bidon à DAKAR

Jaguar A 157 atr sur bidon Dakar 02.

Dans la vie, il y a deux sortes de pilotes : ceux qui un jour se sont posés en oubliant de sortir le train, et ceux qui sont susceptibles de le faire.

Ce devait être un convoyage simple, standard, normal. (1)

La mise en place des trois avions (spare compris) eut lieu le jeudi 4 mars 1982, sur la Base Aérienne d’Istres.

Après le briefing de convoyage, avec l’équipage du ravitailleur, on se retrouvait tous logés à l’hôtel à Istres. (2)

Le lendemain, le vendredi 5 mars, à part un lever encore plus matinal lié à cet hébergement en ville, tout se déroulait normalement jusqu’à la première panne du KC 135 qui nous obligeait à annuler temporairement la mission. (3)

Je ne saurais dire, aujourd’hui, combien de pannes il a eu ou si, tout simplement, cette panne a duré toute la journée ; je sais que nous avons effectué plusieurs briefings, donc plusieurs tentatives de décollage, mais le dernier avait porté plus spécialement sur la détermination de l’heure limite d’envol pour tenir compte de l’heure de la nuit, au niveau de vol, au large des canaries, pour le dernier ravitaillement en vol. Nous n’avons pas eu à affronter ces conditions extrêmes. La mission a été reportée au lendemain.

Nous avons rejoint nos chambres mais cette fois sur la Base : le personnel féminin de la RAM (région aérienne méditerranée) avait terminé son rassemblement et donc vidé les lieux.

Le second jour, le samedi 6 mars, tout se passa bien et nous prîmes notre envol, normalement ; je n’ai pas souvenir d’un quelconque problème en vol, lors de ce convoyage mis à part l’atterrissage.

Nous venions de terminer notre dernier ravitaillement, le petit complément de sécurité et nous entamâmes notre descente vers l’aéroport international de Dakar, pour laisser la place, auprès du Boeing, aux quatre avions du détachement ; ils profitaient de ces convoyages pour faire des entrainements Ravito.

Malgré les conditions VMC, le VOR fut indispensable pour rejoindre la verticale piste de cet aéroport noyé dans la « Brumasse » ; nous sommes partis au break et je me souviens d’avoir essayé de ne pas perdre de vue, ni mon équipier, ni la piste.

Au moment de toucher des roues, il me reste encore cette sensation d’enfoncement (parce que trop haut) et, très rapidement, une curieuse analyse du bruit entendu me fait annoncer :  » j’ai éclaté les pneus » puis  » Je roule sur les jantes »…

Ensuite tout se passe rapidement, je contrôle cet avion, au pied jusqu’au bout, et je le vois s’immobiliser en même temps que l’aile droite bascule au sol, comme un planeur ; je n’ai toujours pas réalisé. Je coupe les réacteurs, ouvre la verrière et, voyant quelques flammèches au niveau du bidon, me débrêle, saute au sol et courre vers le bord de piste pour m’éloigner de cet avion que j’imaginais prendre feu. Après quelques dizaines de mètres, je découvrais un spectacle ahurissant : un avion, train rentré, calme et serein, posé sur son bidon ventral et son saumon d’aile droite.

Je m’attendais à toute autre chose et je commence à comprendre ce qui s’est passé : la piste, l’équipier, la piste, l’équipier…mais au fait où est-il mon équipier ? On me rassure rapidement en m’annonçant qu’il s’est dérouté à Thiès (4) ; enfin une chose positive : ce déroutement avait été briefé à chaque fois que nous avions fait une tentative de départ d’Istres !!!!!!!!

Tout aussitôt, et là rien ne vous étonnera de la part de nos mécanos, arrive un tracma avec sa remorque de roues, puis une grue. Le commandant en second de la Base de Ouakam (5) est rapidement là également et me réconforte très chaleureusement quand monte en moi, à postériori, toute l’émotion liée à l’analyse de la situation et aux conséquences d’un atterrissage où j’aurais été subitement conscient de « ma non sortie de train » : remise de gaz, décalage de l’allumage des PC, couple et probablement une catastrophe qui n’aurait rien eu en commun avec cet atterrissage de vélivole.

Je suis revenu vers cet avion pour finir le travail (coupure des instruments et de tout contact électrique……) et constate que je suis sorti à gauche, par habitude ou réflexe, et que j’ai sauté à terre d’une hauteur bien plus importante que si j’avais accompli la même action du côté droit (l’avion s’était affaissé sur son aile droite !!!) ; très rapidement les mécanos sont montés sur les ailes, ont ouvert les trappes adéquates et accroché l’avion aux élingues de la grue. Ce jaguar s’est retrouvé suspendu à la grue mais le déplacement de l’ensemble a commencé à donner à l’avion un mouvement de pendule. « Arrêtez tout : cet avion n’a rien et nous risquons d’avoir de plus gros dégâts en le faisant tomber au sol » s’est écrié le commandant en second de la base ; l’avion est resté suspendu à la grue un certain temps qui n’a pas permis de trouver rapidement un chauffeur de semi-remorque (la base était fermée ; voir renvoi 5). Je ne sais dire qui a eu cette idée géniale :  » Si on mettait un groupe et qu’on actionne la manette de train, on pourrait sortir le train au complet, reposer l’avion au sol et le tracter  » ! Pourquoi n’y avions-nous pas pensé plus tôt ? En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ce fût fait et l’avion se retrouva sur le parking du détachement jaguar avec un bidon ventral diminué de moitié, un saumon d’aile râpé (le droit) ainsi qu’une quille arriérée.

Si mon équipier s’était posé à Thiès, les quatre jaguar du détachement décidaient de se poser sur la piste transversale et secondaire (rarement utilisée) et je pus assister au dégonflage des seize pneus qui avaient souffert d’un freinage d’urgence ; j’avais peut-être réussi le plus bel atterrissage de ma vie mais j’avais aussi foutu un sacré bordel ; heureusement, le trafic de l’aéroport international de Dakar-Yoff, à cette époque de l’année et à cette heure-là n’était pas très important: il n’y eu que trois avions déroutés au Cap-Vert dont le Boeing ravitailleur (6).

Après ne mon passage à l’infirmerie et les examens effectués n’ayant montré aucune anorexie où toute autre anomalie qui aurait pu justifier cet « accident », je me retrouvais à table avec tout le personnel de ce détachement dont un de mes camarades de promotion était le chef. J’ai eu tout le loisir d’entendre les louanges des pétafs (armuriers) qui n’en revenaient pas de voir qu’après démontage et essais, rien n’avait souffert au niveau du ventral hors le bidon qui découpé comme il l’était ressemblait à ce genre de matériel que l’on voyait dans les ETIS pour la formation du personnel.

Ce n’était pas fini, il fallait rendre compte, rédiger les messages et les comptes-rendus S.V (sécurité des vols). Les Moyens Opérationnels de la Base (des transporteurs) comptaient sur l’expertise du détachement et attendait le retour du Boeing, avec notre commandant en second d’Escadre à bord.

La bible, en matière de Sécurité des Vols, nous imposait la rédaction d’un compte rendu d’incident léger ; on avait beau la retourner dans tous les sens, la bible était la bible et je m’en trouvais fort aise. « Ça ne va pas ! Vous me voyez téléphoner au GRAND YAKA (7) et lui dire qu’un jaguar a eu un incident léger, en lui détaillant ce qui s’est passé » s’exclama notre futur commandant d’Escadre. Je crois qu’il mit longtemps à se décider mais après avoir repris la bible dans tous ces chapitres et renvois ou annexes qui la rendaient barbare, il fallut bien se rendre à l’évidence : je venais de commettre un incident léger !!!!!!!!! (8)

Je passe rapidement sur le coût de la soirée que j’ai offerte au restaurant des Almadilles pour fêter cette « résurrection » pour m’attarder sur la remise en condition du Jaguar « incidenté » ; le matériel reçu et remonté en lieu et place de celui qui avait été endommagé, l’avion faisait un vol de contrôle et était déclaré bon par le chef de détachement en place. Que nenni, c’était sans compter sur le jugement dubitatif de nos officiers mécaniciens d’état-major ! Force Schumac (chaudronnier) fut envoyée avec lunettes et tout le nécessaire à mesurer l’avion et ses distorsions éventuelles subies lors de cet atterrissage sur le bidon ventral. Et bien non ! Cet avion remesuré était moins tordu qu’à sa sortie d’usine (9).

J’ajouterais que c’était mon premier convoyage en tant que leader, que mon numéro 2 (on le surnommait Fifi) effectuait son premier convoyage après transfo-ravito et qu’une grue Pinguély (capable de transporter un jaguar sans risque de renversement) attendait tranquillement dans le port de Dakar que les formalités de dédouanement fussent accomplies.

Voilà tout est dit sur ce convoyage normal qui s’est déroulait de façon anormale mais dont je garderais toujours le souvenir du « plus bel attero de ma vie ».

(1) Deux avions pour une relève de potentiel avion au sein du détachement en place à Dakar.

(2) La Région Aérienne Méditerranée (RAM: peut-être qu’à l’époque elle portait encore le numéro 4) accueillait tout son personnel féminin sur la Base pour un congrès/séminaire ou quelque chose d’équivalent; toutes les chambres de l’hébergement étaient occupées.

(3) L’immatriculation du Boeing était CC : Charlie deux fois ; on le surnommait surtout « Casse-Couille ». Je ne sais pas si cela est arrivé à tout le monde, mais quand j’étais en présence de cet avion et d’un certain « Boomer», dont j’ai maintenant oublié le nom, tous les ingrédients étaient réunis pour se confronter à quelques problèmes.

(4) Il est peut-être le seul à s’être posé sur ce terrain de déroutement.

(5) Normalement les bases outre-mer fonctionnaient sur un rythme de six matinées travaillées et du dimanche chômé, avec un total d’heures de fonctionnement équivalent à celui effectué en métropole. Ce samedi 6 Mars était le premier samedi de l’application d’un régime différent : cinq matinées travaillées et le week-end chômé.

(6) Le Directeur des vols de ce convoyage était notre commandant en second d’escadre qui profitait de ce convoyage pour mettre les pieds pour la première fois en Afrique en prévision d’une éventuelle reprise des opérations africaines sous son futur commandement.

(7) On le surnommait le GRAND YAKA parce que c’était un grand chef !

(8) Il y a accident quand il y a mort d’un membre de l’équipage ou d’une personne tierce extérieure : ce n’était pas le cas ! Grave ou léger, seul le montant des dégâts causés ou subis fixe la limite entre les deux statuts : malgré le coût des équipements à renouveler (bidon, saumon et quille), le montant du préjudice fut bien inférieur à cette limite.

(9) Le jaguar avait une structure travaillante en nid d’abeille et la cellule avait une norme dans une fourchette autour du zéro.

 

NDLR ; Fifi ne s’est pas posé à THIES. Il nous raconte sa vision des choses juste après.