Pilotes de chasse, je vous salue !

Pilotes de chasse, on vous salue

En fouillant dans mes archives, j’ai retrouvé cette photo sur laquelle on peut voir écrit  : « Pilotes de Chasse, je vous salue ». Photo prise par une caméra OM 40 sur Jaguar, et vieux souvenir du temps où j’étais en escadron, mais il m’était impossible de localiser précisément la ferme. 

J’ai donc lancé un « appel au peuple » sur FB car cette ferme et son inscription étaient très connues, notamment dans la FATAC, et la magie a opéré ; je vous mets ci-dessous les informations que j’ai pu récupérer à partir d’un post sur FB publié il y a quelques années  sur la page / groupe  FB de Joe Pelissier consacrée au Mirage III   et que je vous invite à visiter.  

Textes repris de la page FB de Joe 

Bon, à la question posée par PatMob Lbbn en début du post « Ou ça se trouve ? », la réponse est « Route de Ceaucé à Ambrières Les Vallées (53). A sa seconde question « et est-ce que ça existe encore ? ». La réponse est oui… mais l’occupant de l’époque, qui est à l’origine de cette fresque, a laissé cette ferme à sa nièce, seule héritière de la famille.

Et vous savez pas ?

Ben, je viens de discuter 30 minutes par téléphone avec ce bonhomme que j’ai retrouvé.

On en parle ?

Je veux oui…

Je garderais pour moi l’identité complète de Jean Claude et sa nouvelle adresse, pas très loin de là où il coule, avec ses 77 ans, une retraite bien méritée de…céréalier.

Sa passion pour les avions et les pilotes, il pense la tenir de la rencontre entre la Normandie d’où il est originaire et la seconde guerre mondiale durant laquelle il a assisté à bien des combats aériens et où les moteurs d’avions et sirènes d’alertes ordonnaient ses journées.

Lorsque, une fois adulte et installé dans la région de Mayenne, il construit son premier hangar, dans les années 75/80, tout de suite, il décide, seul, de peindre sur ses tuiles un grand bonjour destiné à ceux qui le fascinent encore. Les pilotes de chasse !

Un incendie malheureux en 88 ruine son œuvre. Qu’importe, il reconstruit un autre bâtiment et réécrit un autre message « en le changeant légèrement » dit-il. L’ancien ressemblait à « Pilotes de chasse, vous êtes tous sympas ».

Et depuis, il est survolé par des tas d’avions (de moins en moins déplore t’il) mais l’école de Tours, presque voisine lui a assuré un quota minimum de passage, à son grand plaisir. Une fois, un jeune homme en civil est venu le voir. C’était un élève pilote qui, lors d’un passage sur ses tuiles, avait été ému par cette passion si…démonstrative. Ils avaient discuté d’avions, d’avions et… d’avions. Puis, avant de le quitter, ce jeune garçon lui avait offert une entrée « VIP » aux portes ouvertes de la BA de Tours. Il y est allé, craignant d’avoir été oublié par le jeune militaire mais il était au rendez-vous, lui et ses amis. Ils ont pris en charge notre Jean Claude et lui ont fait passer « la plus belle journée de sa vie » dit-il !

Que devient ‘il ?

Malgré sa vue affaiblie, il monte toujours des maquettes et se félicite de quelques belles pièces au 32 et même des chasseurs au 1/24ème qu’il chouchoute et qu’il protège entre des centaines de revues diverses.

Quand je lui demande s’il possède quelques photos de sa maison-message… il avoue que non, une ou deux peut être mais pas plus et semble presque surpris que son œuvre puisse avoir tant de succès…

Modeste notre Jean Claude. Modeste et super sympa.

Mais je puis vous assurer d’une chose : si au gré de vos balades le « hasard » vous approche de Mayenne, passez le voir. Du temps, il en a à revendre… parler, il adore ça.

Une seule condition : parlez avions !

a Ambrières les vallées dans la Mayenne 48°25’54.09N 0°37’58.62O ! 

C'est ici !
C’est ici !

Cliquez sur ce lien et vous aurez la localisation précise 

 

LA 11EC en 1991

La 11EC en 1991

C’était il y a 30 ans, en 1991, que cet article parut dans « Air Actualités  ; certains éprouveront de la nostalgie et puis certainement pour d’autres, la conclusion laissera rêveur… ou songeur. 

«Des actes plutôt que des paroles». A la veille de son quarantième anniversaire, la 11e EC de Toul honore toujours sa célèbre devise… Composée de quatre escadrons, le 1/11 «Roussillon», le 2/11 «Vosges», le 31/1 «Corse», le 4/11 «Jura» (stationné à Bordeaux-Mérignac), la 11°EC offre une polyvalence jamais égalée.

Stationnée sur la base aérienne 136 «Colonel Phelut» de Toul depuis 1967, la 11°EC est équipée d’une soixantaine d’avions d ‘attaque au sol Jaguar A et E (biplace d’entrainement), en comptant les 15 Jaguar du 4/11 à Bordeaux. Avec ces appareils, elle a participé à la majorité des opérations menées par les forces aériennes françaises dans le cadre de la force d’assistance extérieure : Mauritanie (opération Lamantin 1977/78), Tchad (opérations Tacaud en 1978-Manta en 1983-Epervier en 1986-187), Liban (opération Chevesne en 1984) et dans le Golfe tout récemment.

Depuis 1981, la 11°EC participe régulièrement avec l’US Air Force, aux exercices Red Flag sur le range de Nellis Air Force Base au Nevada. « Le jaguar est particulièrement robuste et polyvalent. La récente guerre du Golfe en a fait la preuve », explique le lieutenant-colonel Renard, commandant la 11°EC. Produit de la SEPECAT (Société européenne de production de l’avion école de combat et d’appui tactique), formée par Breguet Aviation et British Aircraft Corporation, il fait les beaux jours de la 11°EC escadre depuis 1975, date de son arrivée au 3/11. « Composée de quatre escadrons, la 11°EC résume à elle seule le terme opérationnel », affirme le lieutenant-colonel Renard.

A vocation offensive, l’escadre possède plus d’une corde à son arc et s’avère capable de mener à bien un grand nombre de missions : aveugler la défense adverse dans un premier temps, assurer ensuite l’interdiction dans la profondeur et en dernier ressort mener des actions aériennes en zone des contacts. Elle possède, pour ce faire, un arsenal performant : guerre électronique avec les brouilleurs offensifs aéronautiques (BOA), les brouilleurs offensifs sur zones (BOZ), les Barracuda, Barax, Phimat, attaque antiradar avec le missile AS 37 Martel, assaut avec tous les types d’armements conventionnels français et américains, reconnaissance photographique avec le Pod photo, et armement guidé laser avec le missile AS 30 laser ou la bombe guidée laser. « Cette impressionnante panoplie, cette polyvalence du Jaguar expliquent nos nombreuses actions sur les théâtres d’opérations extérieurs. Nous faisons partie du dispositif de la force d’assistance extérieure et nous sommes toujours prêts à partir », ajoute-t-il. Depuis six mois, les Toulois observent à nouveau le ballet incessant des quelque 45 avions de la plateforme. En effet, tous les avions sont, une fois n’est pas coutume, présents sur les parkings de la base.

OUADI-DOUM SQUADRON

Chacun des escadrons possède une histoire, un fait de guerre, glorieux ou tragique. Le 1/11 a acquis ses lettres de noblesse au Tchad avec le fameux raid sur Ouadi Doum en 1986. Sa mission principale qu’il partage avec le 3/11, est l’assaut conventionnel avec tous les types d’armement et plus particulièrement l’armement guidé laser (AGL). Sa mission secondaire est la défense aérienne de certains points sensibles. La spécialité AGL nécessite un entraînement rigoureux des pilotes et des personnels au sol. La désignation laser, procédé ultramoderne, est d’une gestion délicate : l’avion emporte non seulement le missile ou la bombe guidé laser mais aussi une nacelle ventrale afin d’illuminer la cible. Le Pod Atlis (traduisez « air tracking laser illumination system ») éclaire l’objectif visé avec un faisceau laser invisible à l’œil nu. L’Atlis contient aussi une caméra de télévision qui permet au pilote de voir la cible à plusieurs kilomètres, mais il peut également la faire illuminer par un opérateur au sol. Ces systèmes optiques sont délicats et l’Atlis demande une attention particulière de la part des mécaniciens, des armuriers au sol et des pilotes durant le vol. Ces précautions sont indispensables pour que le pilote puisse délivrer son armement à distance de sécurité sans être inquiété par la défense adverse. « Cette distance est de l’ordre d’une dizaine de kilomètres », explique un pilote. Elle permet à l’avion lanceur de rester hors de portée des défenses sol-air ennemies. Dès le largage, l’avion effectue un break (virage serré) qui l’éloigne de l’objectif. Durant le break, la nacelle de désignation laser continue d’éclairer la cible : le missile poursuit sa trajectoire et effectue une poursuite laser grâce à son autodirecteur. Le pilotage de la bombe, selon une loi de navigation en poursuite, consiste à annuler l’écart angulaire entre son vecteur vitesse et la direction de la tache laser. La précision du tir est de l’ordre du mètre, la guerre du Golfe en fournit de nombreuses preuves.

« Le tir d’un tel armement nécessite une préparation de mission minutieuse », explique l’officier renseignement de l’escadron. « Lorsque nous recevons l’ordre de mission (Air Task), nous devons récupérer le maximum d’informations sur le site à attaquer. Pour ce faire, nous possédons soit des photos prises par nos pilotes lors de missions antérieures, soit des clichés réalisés par des F1 CR. L’analyse de la situation tactique va permettre de déterminer l’axe d’attaque en fonction de l’objectif, des défenses adverses, de l’armement que l’on emploie. L’effet pénétrant du missile convient pour certains types d’objectifs alors que l’effet de souffle de la bombe convient mieux pour d’autres, très ponctuels et durcis. »

LE 3/11 « CORSE »

Deux pilotes du 3/11, le capitaine Reboul et le lieutenant Colombier, équipier, se dirigent vers leurs avions stationnés dans les hangarettes. Quelques minutes après, ils effectuent la mise en route des deux réacteurs Adour (3,3 tonnes de poussée chacun) et s’alignent rapidement sur la piste. Ils décollent à 20 secondes l’un de l’autre et se rassemblent en formation offensive pour effectuer leur mission de pénétration. Après une vingtaine de minutes en TBA (très basse altitude), le leader se prépare à attaquer alors qu’il se trouve à une vingtaine de kilomètres de l’objectif. Il enclenche son système d’armes et fond, à 500 Kt, sur la cible. A une dizaine de kilomètres, il effectue un break serré de dégagement sans avoir pu acquérir la cible. La difficulté de bien choisir son axe et son angle d’attaque est résumée dans cette passe.

Le pilote tente une seconde approche en tenant compte de la première. Au moment d’acquérir la cible, il fait un léger cabré pour gagner quelques dizaines de pieds, effectue un demi-tonneau pour offrir la meilleure vue de la cible au pod Atlis, l’illumine tout en étant sur le dos puis repique en terminant sa figure. « Dès que le pod Atlis a accroché la cible, je peux redescendre à mon altitude minimale de vol sans être nécessairement obligé d’avoir la cible en contact visuel », commente le pilote. « Le fait de l’avoir sur mon scope (du pod Atlis) dans la cabine suffit largement ». A nouveau, à une dizaine de kilomètres de l’objectif, il dégage sur la droite. Cette fois-ci, tout en s’éloignant, le pod Atlis continue d’illuminer sa cible. Le missile, tiré fictivement, aurait fait mouche. Après avoir effectué plusieurs passes sur des objectifs différents, la patrouille de Jaguar rentre à Toul.

C’est au retour de vol, durant le débriefing, que le pilote ajoute : « Chaque vol est éprouvant, tant physiquement que psychologiquement. Seul un entraînement régulier et diversifié nous permet de dominer les difficultés des différentes missions à remplir ». Cet entraînement s’effectue avec des « maquettes » de missile : l’emport de missile avec charge réelle étant bien sûr exclu. « De même pour le pod Atlis, nous n’illuminons jamais en réel. Les seuls exercices de tir réel se passent sur des champs de tir militaires dans les Landes, à partir de la base de Cazaux. Elle est spécialement équipée pour nous recevoir, ainsi que toute autre unité de l’Armée de l’air, en campagne de tir ».

LE 2/11 « VOSGES »

Durant la guerre du Golfe, le 2/11 a effectué les mêmes missions de bombardement que les trois autres escadrons. Cependant, il s’est fait connaître plus particulièrement par l’exécution de la première mission de la FATac au Koweït, où un pilote a été blessé par balles et un avion est revenu du combat avec un réacteur explosé et l’autre en feu. Mission principale du 2/11 : détruire les radars adverses grâce au missile AS 37 Martel. Cette mission était auparavant celle de la 3°EC de Nancy. Le 2/11 se l’est vu confier en 1987, après que le 3/3 ait perdu ses Jaguar pour voler sur Mirage III E. Le 2/11 peut aussi être chargé de la mission de guerre électronique offensive de nos forces.

Les pilotes de l’escadron sont donc spécialisés dans le domaine de la lutte antiradar et leur mission consiste à détruire les antennes adverses en « calant » le missile sur la même fréquence d’émission que le radar adverse. Une fois la cible acquise, le pilote tire en basse altitude son missile : celui-ci se dirige droit vers l’émetteur et le détruit, de manière autonome grâce à son autodirecteur. Comme tous les radars au sol n’ont pas les mêmes fréquences d’émission, le Martel en possède plusieurs en mémoire pour être sûr d’avoir une fréquence sur laquelle se caler. A l’impact, la charge du missile pulvérise l’antenne radar et dès lors, l’adversaire, rendu aveugle, ne peut endiguer le flot massif des chasseurs bombardiers de la FATac. Pour s’entraîner, les pilotes n’ont que l’embarras du choix : une source émettrice suffit. Ils emploient, là encore, une maquette munie d’un senseur qui restitue après le vol les différents paramètres de la mission : axe d’approche, hauteur, vitesse, etc. « C’est la mission des F 4 Wild Weasel américains », résume un pilote du 2/11. La mission confiée au 2/11 est primordiale car elle permet de « nettoyer » les ciels adverses de tous les systèmes de défense sol-air qui peuvent venir perturber la mission du 1/ 11 et du 3/11 ou de beaucoup d’autres escadrons.

A ceci s’ajoute une activité particulière : l’entraînement des forces à la guerre électronique. L’escadron doit jouer le rôle de « perturbateur électromagnétique » pour recréer des situations de guerre électronique sur champs de bataille. « En créant des ambiances dégradées, nous permettons aux autres unités de l’Armée de l’air de s’entraîner en ambiance GE. Par exemple, nous travaillons souvent avec la défense aérienne qui possède les E 3 F », explique un pilote. « Il existe différents types de brouilleurs », poursuit-il. « Il y a les traditionnelles nacelles « Barracuda », « Barrax » et « Phimat » qui font partie intégrante de la panoplie d’autoprotection d’un avion de chasse. Le « Phimat » diffuse des paillettes métalliques et le « Barracuda » ou le « Barrax » sont des appareils de contre-mesure électronique. Ensuite, il y a les moyens de guerre électronique tels que le BOZ, brouilleur offensif sur zone, le CALMAR ou le BOA, brouilleur offensif aéronautique ».

Salle d’OPS CNE CROCI

Le 4/11 « Jura », enfin, est le seul escadron de la 11° EC ayant perdu un pilote en quinze ans de missions de guerre sur Jaguar. Dans la salle des opérations qui porte le nom du capitaine Croci, les pilotes se souviennent.

Stationné à Bordeaux-Mérignac, le 4/11 déploie ses avions sur la façade Atlantique. Chargés de la mission d’assaut conventionnel en armement lisse ou freiné, les pilotes s’entraînent sur les champs de tir de Captieux ou Calamar. Lors de ces exercices, un certain nombre de bombes factices sont tirées. Cet armement possède le même poids, la même trajectoire balistique que le réel. « Le Jaguar emporte quelque 3,5 tonnes en charge externe (réservoir et armement) : ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le camion à bombes de l’Armée de l’air », affirme un pilote. La panoplie est impressionnante : bombes classiques, lisses ou freinées de 250 kg ou de 400 kg, bombes anti-pistes BAP 100, roquettes de 68 mm, armements à dispersion et deux canons de 30 mm. Sans oublier l’armement US !

La seconde mission de l’escadron est la reconnaissance photographique.

« Nous employons le réservoir pendulaire RP 36 P (P pour photographique) dans lequel se trouvent quatre caméras. Ces caméras filment les trois axes de déplacement de l’avion. Une filme devant, deux latéralement et la quatrième sous l’avion. Suivant la mission », continue le pilote, « nous emportons différents bidons. Nous avons un bidon pour filmer en très basse altitude avec des focales d’objectifs très petites et un second type pour les missions haute altitude. Avec de très grandes focales (600 mm) nous pouvons voler très haut et faire des photos avec une bonne résolution », rajoute-t-il. Après ce détour par Bordeaux, le Lcl Renard confie ses propres réflexions sur l’escadre : « Nous assurons de nouveau depuis notre retour du Golfe, la phase unité (passage de pilote à l’instruction à pilote opérationnel) de formation de nos pilotes en instruction. Ils assurent ainsi la pérennité de l’escadre. Cette formule permet de mettre en contact les jeunes pilotes tout de suite après leur lâcher sur Jaguar (soit une vingtaine de vols). Ils arrivent en unité et sont pris en main par des pilotes expérimentés qui terminent leur formation. Notre présence à Toul sans détachement nous apporte une plus grande sérénité. Bien évidemment, les pilotes à l’instruction retournent passer des tests en vol à Saint-Dizier. Nous conservons aussi notre quatrième escadron à Bordeaux ce qui nous permet de couvrir par nos missions la majeure partie du territoire et de nous entraîner sur des reliefs différents ».

A la veille de son quarantième anniversaire, lorsque la 11ème escadre de chasse se tourne vers son passé, elle voit une multitude d’opérations qui la situent parmi les grandes escadres qui ont fait la gloire de l’Armée de l’air française depuis 1914. A l’approche de l’an 2000, elle demeure l’outil indispensable pour l’Armée de l’air de demain. ■

Sgt Olivier Terras n° 447 novembre-décembre 1991

Ci-joint, les photos accompagnant le texte de l’article 

M 2000 vs JAGUAR

        Ce weekend, la lecture du dernier « Hors-série » du Fana , m’a remis en mémoire une mission d’entrainement au combat entre deux M 2000 et 2 JAGUAR, histoire anecdotique bien évidemment et nullement représentative de ce qui se déroulait habituellement.

        Cela se passe à l’EC 1/11 de Toul fin 1984 ou début 1985, un vendredi en début d’après-midi ; l’EC 1/2 de Dijon venait de toucher les premiers Mirage 2000 C, avion de nouvelle génération aux commandes électriques procurant une manœuvrabilité n’ayant aucune commune mesure avec celle des avions précédents tels que les M III, JAGUAR, F1,… La semaine se terminait tranquillement et en salle d’OPS au 1/11, le marqueur passe le téléphone à Moise, un des deux commandants d’escadrille : « Mon Capitaine, c’est pour vous ». C’était l’EC 1/2 qui cherchait désespérément un plastron pour une mission de combat DAC 4 (2 avions contre 2) et qui après avoir fait sans succès le tour des escadrons de défense aérienne venait solliciter en désespoir de cause un escadron de Jaguar. Moise s’adresse à Alban le commandant d’escadron : « Chef, c’est le 1/2 qui nous propose une DAC contre eux et on a deux avions dispo en lisse ; on prend ? ». La réponse d’Alban ne s’est pas fait attendre : « J’achète ».

      Mouvement d’incompréhension au sein des pilotes présents ; « Chef, ce sont les gros bras de la DA (défense aérienne), les dignes descendants de Guynemer et avec leurs avions électriques, ça va être une tuerie ! ».

        « On verra bien ».

         Briefing, décollage, transfert avec Menthol et montée au niveau 400. A titre personnel, je n’ai jamais compris la suffisance des pilotes de la DA qui considéraient que le Jaguar ne pouvait pas voler au-dessus du niveau 200 ; ce fut souvent l’origine de bien de désillusions…

           Et la présentation pour les 4 avions débuta caps opposés, les Jaguar n’ayant que leur yeux (et l’aide du contrôleur) pour acquérir le visuel. Et là, surprise : les 2 M 2000C sont dix milles pieds plus bas et …. en train de faire un cross-turn (virage à 180°) qui les placent juste devant les Jaguar. A la décharge des M 2000, il faut dire que leurs radars RDM (les tous premiers) étaient surnommés « Téfal », du même nom que celui du fabricant de poêles de cuisine qui selon une pub célèbre « n’accrochaient pas ». Pleine charge PC pour les Jaguar, demi-tonneau pour mettre le nez bas, accélération pour rattraper les M 2000 et annoncer sur Lilas 2, la fréquence commune aux 4 avions (et au contrôle) « Fox 2, Fox 3 sur les 2 M 2000 » (ce qui signifie tir missile et tir canons), « Out tirés, prêts pour une autre présentation.

        Et ce fut reparti pour un tour qui fut en fait un remake parfait de la première présentation. Incroyable : les Jaguar au FL 400, les M 2000c au 300, cross-turn, PC et encore une fois sur Lilas 2 « Fox 2, Fox 3 » ; fin du show.

    Je me souviens du retour d’Alban et de son N°2 dans la salle d’OPS :

       – « Alors chef ?  

       – Tirés !

       – Vous vous êtes faits tirés ?

      – Non, non, c’est nous qui les avons tirés ! »

       Et voilà Alban en train de nous raconter ce que je viens d’écrire précédemment avec bien évidemment un sourire jusqu’aux oreilles.

       « Tout le monde au bar, c’est moi qui rince ».

       Grosse ambiance au bar pour fêter l’évènement ; les ploucs, les péquenauds de la FATAC, sur leurs barques à fond plats avaient mis la misère aux chasseurs aux yeux bleus sur leur terrain de prédilection ! Je ne sais plus qui a eu l’idée, mais il n’était pas possible d’en rester là ; on envoya un message à l’EC 01/002 décrivant notre déception devant les performances de leur avion et notre incompréhension quant à leur tactique de combat. Je crois qu’on a aussi mis en copie les autres escadrons de la 2EC et peut être aussi l’escadre.

         Ce message fut très moyennement apprécié par le 1/2 qui le lundi suivant à l’heure de l’embauche nous proposa une revanche et qui reçut de notre part une réponse des plus hypocrites « Désolé les gars, mais on n’a pas les avions dans la bonne configuration et puis avec l’Afrique, il faut qu’on se consacre à notre mission, on n’a pas que ça à faire, désolé ».

         S’il fallait trouver une morale à cette anecdote, j’irai la chercher dans le règlement de l’aviation de Chasse « Ne jamais sous-estimer son adversaire »

LA ONZE EN OPEX en BD

La Onze en OPEX

Ayant eu connaissance de la parution d’une BD dédiée à la Onze EC par les réseaux sociaux, je suis allé sur le site donné en référence. L’auteur Didier WYKURTZ, est un ancien mécano de l’escadron 4/11 qui a vécu personnellement des grandes heures de la Onze et la présentation de la BD semblait être de bonne facture ; l’affaire était bien engagée. 

Pour vraiment se rendre compte de ce qu’il y avait dans le livre, le plus simple était donc de se le procurer ; pas très facile car il a fallu contacter l’auteur qui paradoxalement n’était pas très enclin à ce  qu’on lui fasse un peu de pub. 

Le dessin est très agréable, style « trait fin » et de bonne qualité puisqu’on peut reconnaitre sur quelques planches des pilotes et/ou mécaniciens en poste aux moments des faits racontés. 

Quant au fond, j’ai été agréablement surpris par l’exactitude des faits racontés et le souci du détail. En général les dessinateurs de BD prennent quelques libertés en ce qui concerne les événements reproduits ce qui n’a rien de vraiment choquant puisque c’est un peu la nature de la BD qui l’autorise. Or, ici rien de tel ; Didier WYKURZ a fait un gros effort de documentation pour retracer avec le plus d’exactitude possible les histoires qu’il raconte. 

Pour ceux qui sont passés par la Onze, cette BD permettra de se remémorer quelques grandes heures de l’Escadre mais elle a aussi l’avantage de constituer un support graphique sur lequel on pourra  s’appuyer pour raconter comment cela s’est réellement passé. 

Pour les autres, grace à cette BD, ils pourront connaitre les grands moments de la Onze et constater que cette escadre avait vraiment quelque chose de spécial. 

J’ai un seul regret ; la BD commence par quelques anecdotes relatives aux débuts de l’auteur dans l’Armée de l’Air et se termine à la fin de l’année 1991, date de la dissolution de l’Escadron 4/11. Et comme il le précise très justement, « après » il y a eu ACONIT, CRECERELLE, TURQOUISE et la fin de la période Africaine qui j’espère feront l’objet d’un tome II. 

Avec l’aimable autorisation de l’auteur, une planche du livre qui permettra d’avoir une meilleure idée de ce qu’il contient. 

Si vous êtes intéressé 

https://www.thebookedition.com/fr/la-onze-en-opex-edition-completee-p-397824.html

La onze dans la guerre du Golfe
La onze dans la guerre du Golfe

Visite de TRAB

Visite TRAB

TRAB (Toul Rosières Air Base), après vous avoir raconté l’histoire de la construction de la piste par les Américains que vous pouvez retrouver en suivant le lien Toul Rosières, je vous propose une visite de la base telle qu’elle était avant que la France en reprenne le contrôle. 

Pour nos amis d’outre-Atlantique qui ont été affectés pendant la période TRAB cela rappellera beaucoup de choses ; ça sera aussi le cas pour ceux qui ont pratiqué la BA 136. 

La majorité des bâtiments ont gardé leur fonction d’origine, mais certains ont disparu (bowling, mess de l’EC 1/11,…)  et d’autres ont été utilisés  de matière complètement différente : l’école qui est devenue l’ETIS, la prison, le BX, la clinique dentaire… qui furent transformés,…. Et que dire du tribunal et de la prison ! Lors du « Memory Day », un MP, ancien de TRAB m’avait parlé longuement de cette prison qui a vu défiler pas mal de monde et qui finit (si ma mémoire ne me fait par défaut) en centrale électrique. 

Je vous souhaite une bonne visite. 

Il m’a semblé préférable de présenter cette visite sous PDF car je ne possède pas les documents originaux et après plusieurs essais non concluants  (Word, JPEG,…), j’ai constaté que c’est cette forme qui offre la meilleure qualité. Il est possible de télécharger le fichier PDF.  

[gview file= »https://www.pilote-chasse-11ec.com/wp-content/uploads/2021/04/TRAB_annexe-2.pdf »]

Je voudrais rappeler encore une fois que ces documents sont l’œuvre de Gérard BIZE  qui nous a quitté au début de l’année 2017

15ème anniversaire ; photos

15ème anniversaire

Pour commémorer l’anniversaire de l’arrivée des Jaguar à la 11ème Escadre de Chasse à Toul, 2 monoplaces ont reçu une décoration particulière. 

Philippe HUCHOT, officier de renseignement a profité d’un backseat derrière le LCL ARRAULT, commandant d’escadre à l’époque, pour faire toutes ces photos que je vous propose dans cet article. A titre personnel, j’en avais déjà vues, mais prises au sol ; j’ignorais qu’il y avait deux Jaguar peints pour cette occasion. 

Loin de vouloir concurrencer la page Facebook de Paco « Jaguar, un avion, une carrière »      , j’ai préféré vous mettre en ligne toutes les photos envoyées par Philippe car certaines d’entre elles vous rappelleront bien des souvenirs.

Elles sont d’ailleurs disponibles pour ceux qui veulent les utiliser.  

Avis de recherche : le propriétaire retrouvé 9 ans après.

Le casque de Christian

         Il y a 9 ans, j’avais mis en ligne un avis de recherche  « https://www.pilote-chasse-11ec.com/avis-de-recherche/« . Le sujet était simple ; Christian BAVARD collectionneur voulait retrouver  Christian ROLLAND, ancien pilote du 4/11 le propriétaire du casque.

Aucune réponse jusqu’à ce que Christian ROLLAND me contacte il y a 2 mois, via « l’Amicale de la 11EC » ; par le plus grand des hasards, il était tombé sur l’article et était bien entendu très intéressé de récupérer son bien. Après quelques échanges de mails (joints ci-dessous en copie), le contact fut établi et le casque restitué à son propriétaire.

« Initialement volé par un officier mécano de l’AA en qui j’avais toute confiance, cette personne a fait la connaissance du collectionneur Christian Bavard à qui il a « cédé » mon casque devant son insistance pour le récupérer (bonne initiative de sa part sans quoi je n’aurai jamais revu mon casque). 

Christian est une belle personne qui a accepté volontiers de me le rendre. Il possède chez lui, ce que je qualifierai de musée, une très belle collection de l’AA (mannequins, multiples combinaisons de vol, casques, cabines de pilotage…)

C’est un passionné qui malheureusement n’a pu réaliser son rêve de pilote.

A l’occasion, je vous invite à le contacter pour visiter cette magnifique collection. 

Et également merci à Christian d’avoir accepté de me rétrocéder mon casque, ce qui n’était pas évident pour lui au vu de sa passion. 

Amicalement,

Christian Rolland »

« Peut-être même accepteriez vous de parler un peu de mon association, de ses collections et surtout de ses expositions.
Afin de nous faire connaitre des nombreux anciens présents sur votre site.
Il faut savoir qu’elle n’existe que grâce à ces anciens qui nous cèdent quelques objets qui dorment souvent depuis très longtemps au fond d’une malle ! Equipements de vol (combinaisons, chaussures, gants ….), patchs, documents et objets divers.
Je peux si vous l’acceptez vous fournir quelques photos représentatives de nos actions de préservation et présentation.

Bien amicalement.

Christian BAVARD
Association « Traditions Aéronautiques et Maquettisme »

Un grand merci à Christian BAVARD et si vous allez du coté de COGNAC, n’hésitez pas à rendre visite à son association et si vous avez quelques souvenirs « aéronautiques » qui trainent au fond du grenier et dont vous ne savez pas quoi faire, prenez contact avec lui, vous ferez un heureux. 

Le site de son association est en cours de réfection et n’est donc actuellement pas accessible. Mais l’association a une adresse mail pour tous contacts : asso.traditions-aeronautiques@laposte.net  Ils se proposent de réaliser des expositions a tous ceux qui seraient intéressés !

Quelques photos

Pierre AMARGER nous a quittés

Amarger commandant du 2/11

        Pierre AMARGER était un pur produit de la FATAC puisque n’ayant connu que la 11ème et 7ème Escadre ; arrivé PIM au 2/11 il y fit toute sa carrière, car après son escadrille et 2 ans à Salon pour encadrer les jeunes élèves, il était revenu pour commander l’escadron. A la suite il fit mouvement vers Saint Dizier pour prendre l’Escadre. 

        Pierre était quelqu’un d’entier, avec qui c’était plutôt blanc ou noir  laissant peu de place au gris et par conséquence qui ne laissait pas grand monde indifférent. Il avait une foi inébranlable en « la mission » comme il disait, mais cela présentait l’avantage de savoir où on allait, n’hésitant pas à monter au créneau lorsque la cause à défendre lui paraissait juste. 

      C’est aussi vrai que cela l’amenait à avoir des comportements ou attitudes très tranchées et parfois surprenantes. Je me souviens qu’à l’issue d’une mission d’entrainement BCP lambda, il était rentré dans une colère noire, car le candidat leader de la patrouille avait réagi trop mollement à son ordre en vol d’effectuer un break face à une menace fictive ; le débriefing s’était résumé au seul mot qu’il avait écrit sur le cahier d’ordre « NUL ! ». 

     Il en était de même pour les avions sur lesquels il avait volé ; à la fin de sa carrière, il avait probablement plus d’heures de Jaguar que de F 100, mais la référence (et de très loin) était cet avion américain, cet avion d’homme qui possédait en autre,  une position de la manette de train qui permettait de le rentrer de force à travers les trappes si celles-ci étaient récalcitrantes. Il faut aussi dire qu’il avait dû s’éjecter sur Jaguar du coté de Dieulouard suite à un foudroiement qui avait provoqué un feu moteur. 

      Il a connu les premiers pas de la Guerre Electronique » et s’était beaucoup investi dans le domaine et dans ses conséquence opérationnelles. C’est lui qui avait transformé le « Jink » ramené du premier Red Flag en attaque double manivelle (en fait qui n’était que simple), qui a facilité et poussé la mise au point et l’installation du lance-leurre de queue et qui avait demandé (sans succès) de transformer l’outil de maintenance des Crotale en simulateur car il avait la capacité de restituer l’efficacité des contre-mesure face à ce système sol-air. 

Toujours très attaché à la 11EC, il était l’auteur de plusieurs articles publiés sur ce site ; 

 Mise en service et prise en compte des CME (Contre Mesure Electronique) de 1976 à 1993

La Défense des couloirs de Berlin

– F 100, surprise à l’atterrissage

Henri HAYE dit « La Fouine » nous a quitté

Henri HAYE dit "La Fouine"

Henri HAYE est décédé ce matin. 

« La Fouine » figure de l’Armée de l’Air a effectué plus de 14 000 heures de vol dont 4000 heures sur F 100 . « Un des plus beau carnet de vol de l’Armée de l’Air » , telle était la phrase que le Colonel PACHEBAT, commandant la 8EC avait prononcé lors de son départ à la retraite.

Je lui avais consacré un article https://www.pilote-chasse-11ec.com/henri-hay-dit-la-fouine/  et Frédéric LERT, journaliste au « Fana de l’Aviation » en avait rédigé un autre d’une quinzaine de  pages https://www.pilote-chasse-11ec.com/fouine/  , articles qui étaient le reflet d’une carrière aéronautique exceptionnelle. 

On te souhaite un bon dernier vol et toutes nos pensées accompagnent tes 3 enfants Stéphane, Lionel et Christelle. 

La Fouine lors de la remise de la médaille militaire
La Fouine lors de la remise de la médaille militaire

Ravitaillement sur biplace

Ravitaillement ; comme si on y était !

Après vous avoir proposé les procédures de ravitaillement sur Jaguar A (monoplace) revues par « Engie », je suis tombé par hasard sur le chapitre « Ravitaillement » de l’UCE 109-1 MANUEL de l’Equipage du Jaguar biplace. Bizarrement, ce chapitre ne figure pas dans l’UCB 105-2 qui est le nom de la documentation équivalente pour monoplace. 

Mais comme on a tous commencé la transformation RVT par quelques vol sur biplace, là encore cet article rappellera pas mal de choses à ceux qui ont pratiqué. 

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Ravitaillement biplace vu du C135